Les amants d’Emma

C’est l’histoire d’Ignace, à la tignasse rousse. C’était un gaillard un peu paillard, qui était champion de bilboquet ainsi que de hockey. Il aima Emma qui préparait l’ENA. Les deux tourtereaux ayant des centres d’intérêt différents ne s’entendirent pas très longtemps, à notre grand désespoir.

Emma rencontra un comte qui lui conta fleurette et elle oublia Ignace, ce qui nous désole. Mais Ignace, le tenace, ne l’entendit pas ainsi :

—      A moi comte, deux mots, dit-il en reprenant une phrase célèbre. Allons en découdre sur le champ.

Luc, le fils du duc, qui passait par là, glissa dans l’oreille d’Ignace qu’il serait imprudent de provoquer le comte en duel puisqu’il était champion olympique d’escrime. Ignace qui ne manquait pas d’à-propos (notons-le au passage) se reprit :

—      A moi comte, deux mots.

—      Oui ! De quoi s’agit-il ? Répondit le comte qui ne se doutait de rien.

—      Vous soupirez pour Emma, qui m’aima ! Dit Ignace fièrement.

Le comte répondit d’une pique :

—      Moi, je soupire ? Dit-il avec un sourire que nous pourrions qualifier de narquois. 

C’est alors qu’Emma héla les deux hommes :

—      Veuillez arrêter de soupirer, soupirants ! Je ne suis à personne, dit-elle, avec un léger sourire insolent.

Ignace et le comte en furent bien marris. Mais, comme c’était l’heure du match, ils s’installèrent tous les deux sur le divan d’Emma et commandèrent une pizza.

Moralité : sachons où sont nos priorités !

 

 

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