Archive pour la catégorie 'Non classé'

Histoire polissonne

11 juin, 2021

Le professeur

Professe

Qu’il faut aller à confesse

Et non pas dans les pince-fesses

Ou sur les tire-fesses.

C’est un fesse-mathieu !

Voici qu’il s’affaisse

Dans ses faisselles.

C’est lui qui fait ce bruit.

Mais bon dieu, c’est bien sûr !

9 juin, 2021

Dieu soit loué !

Adieu,

Homme odieux !

Tu pars dieu sait où !

Tu n’es pas radieux ?

Encore moins mélodieux ?

Tu n’es pas studieux.

Tu es plutôt fastidieux.

L’étudiante de Nantes

7 juin, 2021

A Nantes,

Une étudiante,

Sous sa tente,

Chante

Pour sa tante

Qui vit d’une rente

A Mantes.

C’est une enseignante

Qui la hante.

Aude est dans l’Aude

4 juin, 2021

Dès l’aube,

Dans l’Aude

J’ose

Une ode

A Aude,

Devant son home.

Je suis son hôte.

J’ôte

Mon heaume

Devant mon auge.

Liberté d’expression

3 juin, 2021

« Je vais faire une annonce ! »

« Pourquoi annoncez-vous que vous allez faire une annonce ? »

« Pour attirer l’attention sur ce que j’ai à dire ! »

« Vous avez raison. On a tous quelque chose à dire au reste du monde et je trouve qu’on ne prête pas assez d’attention à ce que chacun a envie de dire. »

« Oui, on devrait pouvoir dire ce qu’on veut dire, même si ça n’intéresse personne. En gros, ça s’appelle la liberté d’expression. »

« Moi, j’ai envie de dire que je ne sais pas quoi dire. »

« C’est déjà une avancée. Le problème, c’est que le langage est limité, chaque fois qu’on dit quelque chose, il y a de grandes chances pour que cela ait été dit par quelqu’un d’autre. »

« Ce n’est pas parce que quelqu’un a dit ce que je veux dire que ça devrait m’interdire de le dire ! Il y a mille manières de dire : il fait beau aujourd’hui. »

« Vous avez raison : s’il faut toujours dire quelque chose d’original, on ne va pas se dire grand-chose. Les journées vont être longues. »

« C’est de là que proviennent les problèmes d’incommunicabilité entre les hommes : la peur de dire toujours la même chose et de passer pour un vieux ringard. »

« C’est vrai qu’en général, je préfère la fermer plutôt que de dire : il fait beau aujourd’hui. Mais ça pose un autre problème : si je ne dis rien, Thérèse en déduit que je fais la gueule. »

« De là, la nécessité de savoir dire n’importe quoi. Pas trop souvent, mais quand même un petit peu, ça peut arranger les choses dans les couples et au bureau. »

« On devrait avoir un crédit quotidien de n’importe quoi. Chaque jour, chacun de nous aurait droit à une heure pour dire les conneries qui lui passent par la tête. »

« Oui, mais certains gourmands sont capables de dépasser leur crédit. Il faudrait prévoir des sanctions pour éviter les abus. »

« Euh… il y a un petit problème : qui va juger que ce que je dis c’est n’importe quoi ? »

« Moi ! Si je pense que vous dites n’importe quoi, j’aurais le droit de porter plainte et le Tribunal sera là pour trancher. »

« Voilà qui va encore encombrer la Justice ! Et puis comment sauriez-vous que j’ai dépassé mon quota de n’importe quoi ? »

« Nous pourrions penser à un boitier électronique que vous porteriez en sautoir et qui afficherait le nombre de conneries que vous avez sorties depuis le début de la journée. »

« Pourquoi pas ? Après tout, il existe bien des trucs qui comptabilisent mon nombre de pas quotidiens. Les coréens devraient nous inventer un compte-conneries. »

« Ce serait bien. Comme ça, ça m’éviterait de vous parler si vous avez dépassé votre contingent journalier. Cela vous rendrait service. »

« Il faudrait prévoir un crédit exceptionnel pour ceux qui arrivent à dire des choses complètement idiotes, mais qui peuvent être géniales. De la sérendipité verbale en quelque sorte. »

Le rythme

1 juin, 2021

« Cher élève, nous avons tous besoin de rythme, c’est-à-dire d’un retour périodique et régulier d’un repère constant. Le premier mouvement de ce type dont nous avons besoin, c’est le rythme des saisons qui se succèdent. »

« C’est donc pour ça, maître, que nous sommes déroutés lorsqu’il fait froid en été, et chaud dès qu’arrivent les frimas de l’hiver. »

« Exactement. C’est aussi pour cela que nous sommes gênés dans certaines circonstances. La succession habituelle de nos jours et de nos nuits est dérangée par le changement de fuseaux horaires, par exemple. »

« Je connais un autre exemple de rythme, maître. C’est le chuintement des vagues qui s’écrasent sur la plage dans un mouvement parfait de va-et-vient. »

« Oui, élève ! Nous avons aussi le tic-tac de l’horloge. Rien ne pourra déranger le mouvement de l’aiguille. »

« Et la poésie, maître ? »

« Encore une sorte d’expression rythmée avec la succession de formes verbales identiques. Ce n’est pas par hasard si c’est sans doute le genre littéraire le plus ancien. Les premiers hommes avaient un besoin profond de s’exprimer de manière mélodieuse et rythmée. »

« Et que ce passe-t-il maître lorsque nous ne sommes entourés d’aucun bruit ? »

« Nous nous ennuyons, nous nous inquiétons… bref, nous sommes dans un silence parfait qui nous fait peur. On parle souvent de silence angoissant. Sans rythme, nous ne sommes pas très à l’aise. »

« Si je comprends bien, le rythme est basé sur la répétition et la répétition, ça rassure. »

« Oui, je pense que c’est aussi pour ça que les enfants aiment qu’on leur lise toujours la même histoire avant d’aller dormir. »

« C’est donc aussi pour cela que je cherche de la musique quand je rentre chez moi. »

« Oui, je crois que la musique remplit ce rôle de se substituer aux rythmes naturels de la vie, pour soulager nos angoisses existentielles. »

« Pourquoi dit-on qu’un roman ou qu’un chant manque de rythme, maître ? »

« C’est en général parce que le roman ou le chant manque de périodicité des temps forts et des temps faibles qui – dans une bonne œuvre – raisonne en vous. »

« Voilà donc une piste de réflexion. Nous, pauvres humains, nous fonctionnons de manière rythmée, à commencer par notre cœur. »

« Ne parle-t-on pas en effet de rythme cardiaque ? Tout ce qui devient arythmique trouble notre personne. Mais ne confondons pas : lorsque vous vous rendez tous les matins chez le même boulanger, c’est peut-être un rythme, mais ça s’appelle aussi la routine. »

« Néanmoins si la boulangerie change de nom, nous sommes troublés pendant un instant. C’est comme un rythme brisé. C’est pour ça que j’aime bien ma routine quotidienne. »

« Ce qui vous est reproché par ceux qui estiment avoir un tempérament aventurier. »

« En résumé, maître, le rythme cyclique, c’est le principe fondamental de la vie individuelle et collective. Il est possible de briser ce cycle, mais c’est toujours une prise de risque. »

L’émir aima Emma

28 mai, 2021

A Hem,

L’émir

Offrit des émaux

Et un émeu

A Emma

Qui les aima.

Elle émit

Un émail

Aimable

A son aimé

Luc, son coq et son phoque

22 mai, 2021

Près du lac

Luc

Un mec

Qui a un coq

Et un phoque

Danse le rock

En buvant un bock.

Son bac,

Il s’en moque,

Car il a du fric.

Le repas du yéti

19 mai, 2021

Pour les spaghettis,

Le Chianti

Et le clafoutis,

Le Yéti

A de l’appétit.

Il jette des confettis

Et fait des graffitis,

Comme un petit

Abruti.

 

A notre rayon fruits et légumes

15 mai, 2021

Poireaute un instant,

J’ai paumé ma pomme,

Je dois ramener ma fraise.

A Cassis

Et à cette date,

Je me ferai de l’oseille avec les groseilles.

Je vendrai mes marrons au baron

Et mes noix au roi.

A Orange

Je donnerai mes nectarines à la marine

Et des coings dans un coin.

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