Archive pour la catégorie 'Non classé'

Le muet et sa muse

3 décembre, 2021

Le muet

Mutin

Murmure

Une musique

En musardant

Dans un musée

Municipal.

Sa muse

Muse

Et l’amuse

Dans ces murs.

C’est qui le chef ?

2 décembre, 2021

« C’est moi le chef ! »

« Quelle arrogance, mon cher ! »

« J’ai toujours eu envie de prononcer cette phrase. Il faut dire que je ne commande pas grand-chose dans ma modeste vie. A la rigueur ce que je vais manger à la cantine… et encore je n’ai que choix entre deux plats chauds ! »

« Vous exagérez, vous avez bien d’autres occasions de décider ! »

« Vous rigolez ! Si je dis : c’est moi le chef ! à Josiane, elle va fort mal le prendre, parce qu’elle croit que c’est elle le chef ! »

« Au bureau, c’est pareil, je ne me vois pas en train dire que je suis le chef à mon patron. »

« Qu’est-ce que vous voulez… vous et moi faisons partie du peuple, c’est-à-dire de ceux qui ne décident jamais rien. »

« Vous avez pourtant l’air d’un homme sévère et décidé ! »

« Pfff ! Je n’ai même pas décidé de mes vacances. J’ai été obligé d’aller dans le Périgord, chez la mère de Thérèse, comme chaque année ! »

« Il y a pire. Grâce au progrès technologique, nous décidons de moins en moins. Quand je rentre chez moi, le salon s’allume tout seul, même si je veux rester dans l’obscurité. »

« Chez moi, c’est la machine à café qui démarre sans qu’on lui demande… maintenant ce sont les essuie-glaces de ma voiture. Au bureau, j’ai un message pour me rappeler mes réunions, même quand je n’ai pas envie d’y aller. »

« Il y a de l’abus. Heureusement, je peux encore donner des ordres à mes gamins. »

« Ils en tiennent compte ?»

« Pas vraiment. Ils font souvent le contraire, mais je fais celui qui ne s’en aperçoit pas. L’essentiel, c’est que je fasse preuve de mon autorité. »

« Moi, il y a longtemps que je ne suis plus le chef à la maison. »

« Alors comment faites-vous ? »

« Il y a bien des manières de manager son chef. Avec mon patron, j’applique une technique qui a fait ses preuves. Il suffit d’avoir l’air d’appliquer ses décisions avec enthousiasme. Souvent, ça suffit : il est tellement pressé de prendre d’autres décisions qu’il a oublié la précédente. »

« Intéressant, je vais essayer avec Josiane. »

« Les patrons, c’est comme les femmes, pour s’en tirer il suffit de leur laisser l’impression que c’est eux qui commandent. En général, ils s’en satisfont. »

« C’est assez hypocrite et manipulatoire. »

« Oui, ça s’appelle la comédie de la vie. Il y a moyen de vivre malgré les chefs. Quand on vous donne un ordre qui ne vous plait pas, laissez trainer, ou alors imaginez des obstacles ou encore dites que vous n’aviez pas compris que c’était à vous de le faire. En toute dernière extrémité, dite que c’est de la faute de l’informatique qui déconne, ça marche souvent. »

 

 

 

 

Chapeaux !

30 novembre, 2021

Il fait très froid ce matin. La mère de Jojo lui passé sa cagoule de laine avant son départ à l’école. Seul son petit nez rougi dépasse de ce bonnet.

Jojo espère ne pas coiffé le bonnet d’âne cette année, mais il n’y a rien de sûr.

Monsieur le curé traverse la place à grandes enjambées. Un petit vent d’automne fait voler les feuilles d’automne. Le prêtre doit avancer en tenant sa barrette d’une main pour qu’elle ne s’envole pas.

Dimanche dernier, l’évêque est venu célébrer la messe. Il portait des vêtements dorés et une mitre magnifique.

Georges pour faire l’intéressant porte une casquette à l’envers. Il espère faire rire Madeleine, une jeune fille qu’il courtise, qui ne porte qu’un modeste foulard.

Cet été, pour amuser la demoiselle, il portait un canotier.

Pour faire le drôle, il arrive aussi qu’il sorte muni d’un sombrero.

Un militaire couvert de médailles surgit dans le paysage. Jojo pense que c’est un général où quelque chose comme ça parce qu’il porte un képi.

C’est le temps des semailles. Le père Gus mène ses deux bœufs aux champs. On le distingue de ses bovins, car il porte un béret baissé sur l’avant de la tête.

Max, le chef du restaurant « Les amis » respire l’air du matin sur le pas de sa porte. Il a déjà posé sa toque sur sa grosse tête.

Madame Poulichon s’avance à petits pas vers l’église. Elle a passé sa mantille car elle est très pieuse. Elle va assister à la messe du matin.

Quant à madame Suchet dont on connait la frilosité, elle a revêtu un gros manteau poilu et une chaude parka sur la tête. Elle a son panier à la main pour faire son marché.

Voici qu’arrive Monsieur Dupin, c’est un homme d’affaires très sérieux qui porte une serviette noire sous le bras. Il est coiffé d’un haut-de-forme et vêtu d’une redingote. Comme c’est un vieux célibataire, personne ne lui a dit qu’il n’était plus à la mode.

Un cheval élégant passe. Il est monté par une cavalière émérite : mademoiselle de la Myrtille, la fille du baron ; elle montre une allure distinguée avec ses longs cheveux qui s’évadent de sa bombe.

Prudence ! Deux hommes vêtus de longs manteaux traversent : ils regardent à droite et à gauche avec des airs louches de mauvais malfrats. Pour mieux passer inaperçus, ils portent des borsalinos de feutre assez luxueux.

Pour demander leur chemin, il s’arrête auprès du garde-champêtre Maurice qui soulève son tricorne pour les saluer, car Maurice est très civil.

A petits pas pressés, sous son fichu rose, la bonne du curé se dirige vers la boucherie de monsieur Legros. Monsieur l’abbé a envie de déguster un poulet à midi.

Deux gamins ont passé des heaumes en carton et rejouent, avec de grands cris guerriers, un tournoi des chevaliers du Moyen-Âge à l’aide de balais.

Quant à moi, je sors tête nue, mais je vais chez monsieur Boudarin, le chapelier du village, pour m’acheter un galurin parce c’est obligatoire.

Du beau monde !

29 novembre, 2021

Le berger s’occupe du verger.

Le vagabond fait des bonds

La vedette a des dettes.

Le turbulent est lent.

Le troubadour vogue sur l’Adour.

Il y a du tintamarre sur la mare.

Elle danse, c’est tendance.

Le soupirant soupire.

Tout ça, ce n’est pas net, ce sont des sornettes.

Le bâtard et le bohême

27 novembre, 2021

Il est tard

Dit le bâtard

Au bohême

Venu de Bohême.

Guette

Huguette

Qui est dans la guinguette

Pendant que je fouille

Dans ses bafouilles.

Les petites choses d’avant

21 novembre, 2021

« Je fais la raie de ma coiffure à gauche. »

« C’est politique ? »

« Non, comme je suis droitier, c’et plus facile pour passer la brosse quand je me peigne. »

« En effet, je n’y avais jamais pensé. Je vais changer la mienne de côté. On ne pense jamais assez au côté pratique des choses. »

« Depuis, le début des temps, l’homme n’arrête pas d’inventer des trucs pour se rendre la vie plus simple. Par exemple la poubelle à pédale. »

« Ou alors la cuillère spéciale pour servir des glaces à la fraise ou à d’autres choses. Moi, avec une simple cuiller, j’en met de partout. »

« On ne plaindra jamais assez nos grands-pères qui devaient se bagarrer avec leurs parapluies alors qu’ils tombaient trois gouttes. Alors que nous, nous le faisons d’un simple mouvement du pouce. »

« Heureusement qu’on a trouvé des systèmes pour ouvrir et fermer des tubes de dentifrices, avant le dentifrice débordait, ça séchait. C’était assez dégoutant. »

« Remarquez que nos grands-pères avaient inventé des trucs utiles qu’on a abandonnés à tort. Je pense par exemple au fixe-chaussette qui me rendrait bien service. »

« C’est-à-dire que notre civilisation moderne nous met en demeure d’être élégant, ce qui explique la disparition des bretelles, pourtant bien pratiques pour tenir les pantalons. »

« J’aimais bien aussi le panier dédié au secouage de la salade. On était sûr de ce qu’on mangeait. Aujourd’hui, on vous vend la salade en sachet, on n’est jamais sur qu’elle a été lavée et secouée comme il convient. »

« Bon ! Soyons modernes ! Ne nous laissons pas envahir par les regrets ! Vive le progrès ! Bientôt, nous serons servis par des robots au restaurant. »

« Je sais, les japonais y sont déjà. Mais on ne pourra plus engueuler le serveur parce que c’est trop cuit ou pas assez assaisonné. »

« Et la commande de votre télé, vous ne trouvez pas ça pratique ? »

« A condition de ne pas la confondre avec la télé commande des volets. Et puis, il y a plein de boutons dont je n’ai pas encore compris l’usage. Dans le temps, c’était plus simple : on se levait de son fauteuil et on appuyait sur un bouton. »

« Bon ! Alors le robot qui lave parterre, vous n’allez pas me dire que ça ne facilite pas les choses. »

« Euh… si vous voulez, mais moi, je suis resté très serpillère. La vieille serpillière s’en sort mieux dans les coins sombres où le robot de veut pas aller ! »

« Vous devriez fonder le club de tous ceux qui regrettent les objets du passé. Vous l’appelleriez « Les anciens de la serpillère ! »

« C’est une bonne idée, nous pourrions parler de nos bretelles, de nos télés en noir et blanc, de nos vieux torchons à vaisselle et des moulins à café qu’il fallait tourner à la main, ce serait le pied. »

« Et les pots de confitures ? »

« Je reconnais que votre progrès seraient enfin utilise, s’il inventait la machine à ouvrir les pots de confiture.

Pédestrement

19 novembre, 2021

Je suis venu à pied

Jusqu’au pied-à-terre de Georges

Qui doit m’attendre de pied ferme.

Il ne me croyait pas capable d’arriver chez lui, je lui ai donc fait un pied de nez.

J’étais exténué, je ne pouvais plus mettre un pied devant l’autre.

C’est que je ne suis pas du genre à garder deux pieds dans le même sabot.

Je suis quelqu’un d’important. Je ne me mouche pas du pied.

Bref ! Chez Georges, j’ai pu enfin mettre les pieds sous la table.

Il m’a dit que je retombe toujours sur mes pieds.

Il m’a assuré que je ne lui casse pas les pieds. Voilà qui tombe bien : ce n’est pas mon genre non plus.

J’étais à pied d’œuvre.

Pour ainsi dire au pied du mur, qu’il avait commencé à construire.

En le regardant faire, je prenais mon pied.

Il s’y prenait comme un pied.

Je ne pouvais pas l’aider, j’étais trop bien habillé de la tête aux pieds.

Je résistais pied-à-pied à l’idée de travailler.

Il m’a demandé plaisamment si je m’étais levé du pied gauche.

Je n’ai pas pris sa question au pied de la lettre.

J’ai plutôt apprécié qu’il travaille d’arrache-pied.

Parfois, je lui conseillais de lever le pied.

Il m’a fait remarquer que j’avais les doigts de pied en éventail, ce qui était exact.

J’ai mis les pieds dans le plat.

Pour lui enlever une épine du pied

J’ai proposé de le remplacer au pied-levé.

Il me dit qu’il fallait avoir les pieds sur terre

Car je n’étais pas sur un pied d’égalité avec lui.

Je perdis pied,

Il prenait mon contre-pied.

Je n’aurais pas du le mettre sur un piédestal.

C’était bien fait pour mes pieds.

Je repartis à pied.

Avoir des opinions ?

16 novembre, 2021

« Je suis catégorique ! »

« A quel sujet ? »

« Je ne sais pas, mais quel que soit le sujet je suis catégorique. J’ai des opinions bien tranchées, moi. Je ne suis pas un mou du genou ! »

« C’est dommage ! C’est bien d’avoir un doute de temps en temps ; ça fait progresser. »

« Vous rigolez, les doutes, c’est pour les peureux qui refusent de s’engager. Ce n’est pas mon cas. Quand je pense quelque chose, je m’y tiens ! »

« On ne peut pas vous influencer un peu ? »

« Et encore quoi ? Je vous dis que je suis un dur ! N’essayez pas de me faire changer d’avis ! »

« J’ai pourtant l’impression que vous êtes toujours de l’avis du plus fort ! »

« Et alors ? Il faut avoir un peu de jugeotte. J’aime bien avoir raison et le fabuliste a dit que c’est la raison du plus fort qui est toujours la meilleure. Il suffit de savoir qui est le plus fort. »

« Si on avait tous suivi ce raisonnement, on en serait encore à penser que la Terre est plate. Heureusement que des savants avaient une autre opinion, mais ils étaient minoritaires. »

« Et alors ? Ce n’est pas parce qu’on est moins nombreux qu’on n’est pas le plus fort. »

« Bon ! Etes-vous pour ou contre le fait de repousser le départ à la retraite ? »

« Attendez ! Il faut que je consulte les sondages ! Je veux aussi entendre ce qu’en pensent les journalistes des actualités télévisées ! »

« Si je comprends bien, vous ne pouvez pas vous forger une opinion par vous-même ? »

« Non, monsieur ! Moi, je me documente, c’est ça qui me permet d’être aussi sûr de mes opinions ! »

« J’en conclus que ce sont les sondages et le journal de 20 heures qui forgent l’opinion publique. Ne vous sentez-vous pas un peu manipulés ? »

« Je vous vois venir. Vous êtes de ces gauchistes qui pensent qu’on aurait intérêt à réfléchir avant d’émettre une opinion ? »

« Ce serait peut-être mieux, non ? »

« Pas du tout ! En adoptant l’opinion des plus nombreux, je suis sûr que si nous faisons erreur, je ne serai pas tout seul. Tandis que vous qui faites dans l’originalité, vos erreurs vous enfermeront dans une triste solitude. On se moquera de vous ! »

« Pour le moment, c’est moi qui me gausse de vous ! Vous étiez prêt à croire dur comme fer que la Terre est plate ! Ha ! Ha ! quel benêt vous faites ! »

« Vous faites le malin, mais moi au moins, je n’ai pas été claironné partout que c’est Christophe Colomb qui a découvert l’Amérique, alors qu’on sait que les Vikings l’avaient précédé. »

« Moi, j’ai su changer d’opinion devant des preuves historiques. »

« C’est bien ce que je pensais, monsieur n’a pas le courage de ses opinions. Monsieur change d’avis comme de chemise ! »

Il fait froid dans le cachot

15 novembre, 2021

Dans un cachot

Un manchot,

Un peu gaucho,

Un peu facho,

Un peu macho

Goûte un gaspacho.

Sous son poncho,

Il n’a pas chaud

Malgré son réchaud.

Regards

14 novembre, 2021

« Monsieur, vous êtes un impertinent. »

« Ah mince, qu’est-ce que j’ai encore fait, madame ! »

« Vous ne m’avez pas regardé, alors que tout le monde se complait dans l’admiration de mon allure et de mon visage. »

« Oui, mais la plupart des femmes n’aiment pas qu’on les mate. »

« Oui, et alors ? Vous n’allez tout de même pas nous reprocher nos contradictions. Ce serait la meilleure. Quelle insolence ! »

« Bon, alors, il faut faire comment ? »

« Vous pouvez me regarder sans me mater. Je n’ai pas besoin de vos regards dégoulinant d’arrière-pensées libidineuses. »

« Je vais tenter un regard bovin, ça vous dirait ? »

« Vous recommencez à être effronté. Je suis vivement contrariée. Nous frisons l’attitude sexiste, ce qui est puni par la loi. »

« J’ai une idée : qu’est-ce que vous diriez d’un regard oblique ? Je ferais semblant de regarder ailleurs, tout en vous observant sur le côté. »

« Non, ça ne va pas du tout. Je mérite toute votre attention. Ne commencez pas à me lancer des regards de vieil hypocrite. »

« Donc, si je comprends bien, il faut vous regarder sans vous observer. Qu’est-ce que vous penseriez d’un regard absent ? »

« Non plus. Vous n’avez pas à penser à autre chose en ma présence. Ce serait extrêmement impoli et même insultant. »

« Euh… je ne voudrais pas chipoter, mais vous-même, je trouve que vous avez un regard arrogant, c’est assez dérangeant. »

« Mais je vous regarde comme je veux, mon petit bonhomme. Vous ne croyez tout de même pas avoir mon regard malicieux dès notre première rencontre ? »

« Je n’irai pas jusqu’à espérer que vous puissiez papilloter des yeux en ma présence, mais vous pourriez quand même avoir une légère lueur d’intérêt au fond des yeux. »

« Non mais vous ne voulez pas un regard brûlant d’amour, pendant qu’on y est. Je soutiens votre regard, c’est déjà bien assez. »

« Bon, allez, je vais tenter un regard humide de reconnaissance. Comme ça ! »

« C’est catastrophique, monsieur. Même mon chien n’oserait pas me regarder comme ça. Vous n’avez pas le regard du canin intelligent. »

« D’habitude mon regard canin est toujours considéré comme fourbe ou ironique, et je me prends des gifles. »

« Vous ne savez pas me regarder, monsieur ! »

« Et vous non plus. D’abord, madame, vous pétillez ! Si ! si ! Vous pétillez du regard ! »

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