Archive pour la catégorie 'Non classé'

Sans haine

19 avril, 2019

Depuis Rennes

Les rennes

De la reine

La mènent

Sur scène,

Jusque dans le Maine

Sans peine

Avec sa laine,

Quelle veine !

 

L’envol de l’aigle

1 avril, 2019

Un cri aigre :

A tire-d’aile

L’aigle

Prend ses aises

Dans les airs

Sans haine

Avec ceux qui l’aiment

Et qui l’aident.

Ouille !

18 mars, 2019

J’ai la trouille

De cet arsouille.

Quelle bouille

De fripouille.

Il me fouille

Et me dépouille.

Vite la patrouille !

Grouille !

Tous bornés.

17 février, 2019

« Vous êtes un peu borné, vous ! »

« Je suis comme tout le monde. Vous aussi vous êtes plutôt limité. »

« C’est vrai, nous ne sommes ni très cultivés, ni très intelligents. »

« C’est bizarre que nous en soyons conscients. D’ordinaire, les gens limités ne sont pas conscients de leurs limites, c’est d’ailleurs pour ça qu’ils sont limités. »

« Ce n’est pas évident de connaître ses limites et encore moins de les reconnaître. Moi, par exemple, je me suis aperçu que je suis incapable de parler de littérature. »

« Et moi alors, je ne sais même pas faire cuire des spaghettis. »

« Pour se connaître mutuellement, le mieux c’est de se dire ce dont on n’est pas capable. »

« Oui, on pourrait imaginer que chacun se balade avec une pancarte autour du cou sur laquelle seraient listées ses limites. »

« Ce serait pratique. J’aurais tout de suite su que Georgette n’aimait pas faire le ménage ni tondre le gazon. Cela m’aurait évité une surprise. »

« Et moi, j’aurais été au courant que mon patron n’aime pas être contrarié par un avis différent du sien. »

« Bon, vous avez raison. Je propose qu’on réfléchisse à nos limites et qu’on se les échange par mail. »

« Parfait. Comme ça, si nos domaines d’action ne se recouvrent pas, nous éviterons de nous parler. »

« Attention, il y a toujours des bonnes âmes qui vous racontent qu’il faut savoir dépasser ses limites pour s’ouvrir aux autres. Il faut s’enrichir les uns les autres et patati et patata… »

« Moi, si je suis trop différent de mon voisin, je ne vois pas la nécessité de lui rendre visite dans son domaine. Dépasser mes limites, c’est déjà très pénible, alors vous pensez bien que je ne vais pas me fatiguer à connaître les vôtres. »

« Finalement, moi j’aime bien qu’on me dise que je suis limité, ça me rassure. »

« Moi aussi, j’aime bien être borné. Comme ça, je sais qui je suis et je ne suis pas un vagabond ! »

« On peut être cons, mais on est chez nous et on y est bien  ! »

Un dominateur

11 décembre, 2018

-          Je vous concède que vous avez raison.

-          Comment ? Vous me donnez raison ? Vous ne vous opposez pas à moi ? Voilà qui ne m’arrange pas tellement !

-          Et pourquoi ? Puisque je vous donne raison !

-          Si vous êtes d’accord avec moi, je ne vais pas pouvoir donner la pleine mesure de mon tempérament de contradicteur ! C’est très gênant !

-          Vous tenez absolument à briller ? Vous êtes complexé ou quoi ?

-          Pas du tout. J’aime bien avoir raison et dominer mes interlocuteurs par la puissance de mes arguments.

-          Désolé, mais je suis d’accord avec vous.

-          Vous n’êtes pas très intéressant.

-          Et si je m’élevais vivement contre votre caractère prétentieux, ça pourrait le faire ? Vous pourriez vous distinguer par l’élégance de vos réparties.

-          C’est trop dangereux. Il se pourrait que vous ayez raison. Je ne vais tout de même pas m’incliner devant votre discours.

-          Alors de quoi on parle ?

-          D’abord, je ne sais pas si j’ai envie de parler avec vous ?

-          Vous savez bien que vous avez découragé tout le monde.

-          Bon, alors parlez-moi de vous. Je pourrais peut-être vous contrarier. Comme vous n’êtes pas passionnant, on va peut-être s’entendre.

-          Vous allez blesser mon amour-propre.

-          Parce que vous avez de l’amour-propre ? C’est bien. Je vais pouvoir le piétiner par la pertinence de mes arguments.

-          Et si on ne parlait pas ?

-          Si vous voulez, mais je vous préviens : je vais être encore meilleur. J’ai des silences extrêmement éloquents.

-          Oui, mais moi, je peux me taire de manière très ironique.

-          Alors, je vais vous lancez des regards. J’ai une série de regards fulgurants qui vont vous figer sur place.

-          Vous tenez à ce que je vous réponde par un visage glacial. Je vous préviens que vous avez intérêt à vous couvrir par ce que je peux être très froid.

-          Vous n’y mettez pas beaucoup du vôtre. Il faut absolument que j’arrive à vous dominer dans le débat. Si mes arguments sont insuffisants et si je ne peux pas prendre un avantage physique, je vais être très malheureux.

-          Je suis navré. Qu’est-ce que je pourrais faire pour vous ?  Peut-être pourriez-vous hausser les épaules d’un air désabusé quand je parle ?

-          Vous êtes sûr ? Ça ne vous dérange pas ? Je ne voudrais pas être importun. Ce n’est pas mon genre.

-          Je vous en prie, si ça vous permet d’avoir l’impression de prendre l’avantage sur moi, ne vous gênez pas.

-          Vous êtes très compréhensif.

-          C’est normal. Dans le débat, il faut que chacun se sente valorisé. Vous pouvez même me dire que je dis n’importe quoi, ce qui ne m’empêchera pas de le dire.

-          C’est trop ! Je vous remercie.

Un casseur

5 décembre, 2018

Ce casse-cou

Casse-pied

Jacasse

Puis casse-croûte.

Dans une casserole.

Il nous casse les oreilles.

Quelle bécasse !

Ce n’est pas cocasse.

C’est un vrai casse-tête.

Mais si !

7 novembre, 2018

Messire,

Ces messagers

Messins

Ne sont pas le messie,

Mais c’est pas le diable non plus.

Ces messieurs

Sont des mécènes.

Avec eux, allons à la messe.

Emploi du temps

27 septembre, 2018

« C’est confus. »

« Qu’est-ce qui est confus ? »

« Tout. La vie est confuse. Tout se mélange. Les sentiments, les problèmes de fric, les gamins qui font des conneries, la téléréalité, la malbouffe… »

« Vous me paraissez bien sombre. Vous ne citez que des épisodes malheureux, mais vous pouvez aussi vivre des moments de grâce : une promotion, la victoire en coupe du monde, votre femme qui vous prépare le p’tit déj »

« Alors là, ça ne risque pas.  Je ne me fais pas d’illusion, mais le problème n’est pas là. Le problème c’est que tous les emmerdes m’arrivent en même temps en s’emmêlant les uns dans les autres, pour que je ne m’en sorte pas. »

« Soyez ordonné, prenez l’un après l’autre. Par exemple, le lundi vous expliquez à votre femme que vous l’aimez toujours, le mardi vous dites à votre banquier que vous allez avoir l’héritage de votre grand-mère, le mercredi vous filez une baffe à votre gamin pour avoir mis la pagaille dans les toilettes du collège… »

« Euh… vous ne connaissez pas Josiane, elle veut que je l’aime tous les jours que Dieu fait. Mon banquier, tant qu’il n’a pas le faire part de décès de ma grand-mère entre les mains, il ne croira pas grand-chose. Quant à mon gamin, il ne met pas la pagaille que le mercredi, c’est tout le temps… »

« Bon alors, dites votre amour à Josiane entre 8 et 10 heures, à 11 heures vous appelez votre banquier pour le calmer, à midi vous flanquer une claque à votre gamin… tous les jours, ça lui fera les pieds. A 13 heures, vous vous engueulez avec votre voisin de bureau, à 14 heures vous filez à votre cours de pilate, etc.. »

« Et pour me reposer, je fais comment ? »

« Parce qu’en plus, vous voulez-vous reposer ? »

« J’aimerais bien un créneau si c’était possible. Et puis aussi, un autre créneau pour me livrer à des activités qui me permettent de me réaliser. La lecture par exemple… »

« Alors là, vous exagérez. Enfin, je vais voir. Entre 16 heures 16 heures 10, j’ai un petit creux pour vous relaxez. Vous pourriez en profiter pour relire tout Balzac ! »

« 16 heures, ça ne va pas ! C’est l’heure à laquelle mon patron revient de son golf. Il veut voir tout le monde à ce moment-là. »

« Alors, j’ai un autre créneau à vous proposer entre 2 heures et 2 heures 15 du matin. Josiane dort, vous êtes tranquille. »

« Josiane dort peut-être, mais pas sa mère. 2 heures, c’est le moment qu’elle choisit pour appeler pour dire qu’elle a peur du noir. »

« Pff… quel bazar ! »

« Bon excusez-moi. J’ai rendez-vous chez le dentiste, j’ai mon cour d’aquagym, Je dois récupérer ma bagnole chez le garagiste… tout ça à la même heure, évidemment. »

Il a pété un cable

21 septembre, 2018

Dans ma cabane

Je passe mon caban.

Dans mon cabas,

Je mets un cabillaud.

Puis, je vais au cabaret,

Avec mon cabot

Et sa caboche

Cabossée

Encouragements et félicitations

14 août, 2018

« Recevez mes félicitations ! »

« Oh, je n’ai pas fait grand-chose, vous savez ! »

« Je sais, je sais ! Mais je félicite tout le monde pour le cas où vous auriez fait quelque chose de bien qui m’aurait échappé. »

« C’est-à-dire que je n’ai pas fait grand-chose de bien récemment. »

« Cherchez bien. Parfois, on fait des choses correctes sans s’en apercevoir. Vous n’auriez pas manger 5 fruits et légumes par jour, par exemple ? »

« Non, c’est bien trop astreignant. »

« Bon, alors … quand je ne vous félicite pas, je vous encourage… »

« Vous m’encouragez à quoi ? »

« A faire quelque chose de bien. »

« Pourquoi faites-vous tout ça ? »

« Il y a tellement de gens qui s’autorisent à critiquer leurs voisins, voire même à mépriser leurs modes de vie. Moi, j’ai décidé de délivrer des messages positifs. »

« C’est sympa. Vous ne critiquez même pas les barbecues des Dugenou qui enfument tout le quartier ? »

« Non, je ne critique pas, sinon ils ne m’inviteront plus. Je les encourage au contraire à suivre des cours de barbecues. »

« Et pour mon mariage, vous ne m’avez pas félicité. Pourtant ça se fait ! »

« Oui, mais là, j’ai un problème … Je préférerai délivrer des encouragements. Je vous féliciterai quand vous aurez tenu le coup au moins 10 ans. C’est comme le coureur au pied du Galibier, on l’encourage d’abord et on le félicite au sommet. »

« Vous pourriez aussi me couvrir de louanges pour ma récente promotion professionnelle. »

« Non, là, ce serait un peu exagéré. Vous avez bassement intrigué pour l’obtenir, il n’y a pas de quoi vous féliciter, à la limite je peux vous congratuler pour le caractère sournois et la bassesse de vos manœuvres. »

« Vous croyez que ça me fait plaisir d’être sournois ? C’est là que j’aurais besoin d’un message positif. »

« Bon d’accord ! Je vous félicite vivement, j’ai rarement vu une promotion aussi peu méritée, arrachée grâce à de magnifiques flatteries de la direction ! Félicitations ! »

« Je vous remercie, arrêtez ! Je suis très ému ! »

« Ce n’est rien mon ami, je vous encourage à être encore plus obséquieux. Une belle carrière vous attend ! »

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