Un tissu de tissus

12 mars, 2018

Le Prince de Galles

Et Serge

L’écossais

Sont à Vichy.

Ils sont dans de beaux draps !

Ils ne jouent pas sur du velours,

Mais ils ont le cuir épais.

Ils se nourrissent de purée mousseline.

Cette histoire est un tissu de mensonges !

On sait tout !

11 mars, 2018

« Moi, j’aime bien observer sans être vu. »

« En gros, ça s’appelle espionner ! Ce n’est pas très bien ! »

« Ah bon ? C’est un peu indiscret ? »

« Pas un peu. Beaucoup. »

« Je vous ferais remarquer qu’avec les nouvelles technologies, on peut facilement savoir ce que vous faites, qui vous êtes, qui vous fréquentez ! »

« C’est vrai ! Mais qu’est-ce que vous voulez que ça me fasse que le monde entier sache que je vais chez ma belle-mère tous les dimanches ? »

« Vous pourriez ouvrir une espèce de forum pour que les américains ou les lapons vous plaignent. Sur votre site, vous pourriez aussi constituer une bibliothèque de bonnes astuces pour échapper à la visite obligatoire chez belle-maman. »

« Bonne idée ! Voilà qui pourrait me rapporter un peu d’argent. »

« C’est vrai que vous en avez besoin, j’ai consulté votre compte en banque sur Internet, ce n’est pas la gloire. »

« Parce que vous pouvez aussi consulter mes comptes ? »

« Tout à fait. Je peux aussi vous dire que la semaine dernière vous étiez en stage à Marrakech. Enfin, c’est ce que vous avez raconté à votre femme, parce que d’après votre carte bancaire, vous avez déjeuné à Brive-la-Gaillarde, probablement à deux. Petit coquin, va ! »

« Bref, tout le monde m’espionne. »

« Oui, c’est comme ça, maintenant. Je ne vous dis pas avec les procédés de géolocalisation ! Je sais très bien où vous êtes allé samedi soir. Polisson, va ! »

« Et le respect de la vie privée ? »

« Aujourd’hui, vous devez être transparent, sinon vous êtes un être secret, cachottier donc suspect. »

« Suspect de quoi ? »

« Je n’en sais rien. Mais si vous êtes suspect, on ne peut pas vous faire confiance. Donc personne ne vous offrira un emploi. Conséquence : chômage, pauvreté, etc… Vous voyez où ça peut vous emmener. Quand vous serez SDF, je vous apporterai une couverture. »

« Donc, il faut être transparent. Est-ce que ça ne s’appelle pas un régime un peu totalitaire ? »

« Tout de suite les mots qui fâchent. Ce n’est pas totalitaire. Simplement, pour votre bien, la société doit connaitre votre situation financière, matrimoniale (l’officiel et l’autre), vos goûts culinaires, vos destinations de vacances, vos lectures, vos chanteurs préfères, l’équipe de foot de vos rêves, et évidemment, la taille de vos sous-vêtements et de vos chaussettes…. Bref, on s’occupe de vous, c’est sympa, vous ne trouvez pas ? »

On râle ?

10 mars, 2018

Sur le littoral,

Dans une cité florale,

Un caporal

Et un agent électoral

Passent l’oral

D’un examen préfectoral

Pour entrer dans une chorale.

Ils ont le moral.

Voilà le P !

9 mars, 2018

Sur le Popocatépetl

Un hippopotame

Et un hippocampe

Assis sur un parallélépipède

En polypropène

Jettent de la poudre de perlimpinpin

Pour faire pousser des petits pois.

Saperlipopette !

 

Gloria

8 mars, 2018

« Vous êtes merveilleuse, Gloria. »

« C’est tout ? »

« Vous êtes exceptionnelle, admirable, unique, inouïe, incroyable. »

« Décrivez-moi mieux que ça ! »

« Votre chevelure flamboyante aux reflets d’acajou irradie les foules sur votre passage et laisse derrière vous des nuées de fragrances musquées et enivrantes. »

« Vous trouvez que je mets trop de parfum ? »

« Pas du tout. Je suis subjugué. Et que dire de votre visage aux traits fins et délicats qui évoque celui de la Madone, tout en dégageant une impression paradoxale de douceur et de fermeté. »

« Et mes yeux, comment ils sont mes yeux ? »

« Diaphanes comme deux perles de rosée accrochées aux premiers bourgeons d’un matin de printemps. Quant à vos lèvres, j’en parle avant que vous me posiez la question, ce sont deux pétales de rose qui s’épanouissent parfois en découvrant deux rangées de perles de nacre, prêtes à mordre le premier importun qui viendrait à se comporter en fâcheux. »

« Bon, ce n’est pas mal. Un peu poétique, mais enfin pas mal. Et mon cou ? »

« Votre port de tête, chère Gloria n’a d’égal que l’élégance et la délicatesse féline d’une reine. La perfection du dessin de vos épaules éblouit les soupirants les plus blasés… enfin, ceux qui ne se sont pas trouvés pitoyablement écartés par le mépris superbe et glacé de l’unique regard que vous leur avez accordé. »

« On progresse. Vous n’allez tout de même pas me parler de ma poitrine, ça ne se fait pas. »

« Je n’y ai même pas pensé, chère Gloria. Je n’ai observé que la fraîcheur de votre décolleté parsemé de taches d’or qui bouleversent l’ordre naturel des sens… »

« Ne nous attardons pas sur mon décolleté… »

« Votre silhouette aux courbes voluptueuses et sensuelles suscitent des vagues d’émotion et des frissons de trouble dès que vous entrez… que dis-je … dès que vous apparaissez sublime et nimbée de l’aura de votre beauté virginale. »

« Oui, mais enfin, je ne voudrais pas être prise pour une molle du genou. »

« Votre allure résolue et votre pas hardi enlaidissent les démarches hésitantes et maladroites de tous ceux qui osent encore vous côtoyer. »

« Et mes mains ?»

« Vos mains sont, chère Gloria, comme deux papillons rose qui butinent de fleurs en fleurs dans un chaud soleil d’été. »

« Et mes jambes ? »

« Là, il faudrait que vous souleviez votre robe, chère Gloria. »

Les tirets

7 mars, 2018

Dans ce cul-de-sac,

Le hors-la-loi

A reçu en tête-à-tête

De l’eau-de-vie,

Un pot-de-vin,

Et je-ne-sais-quoi.

Après le cessez-le-feu,

Il aura un non-lieu.

Les soucis quotidiens

6 mars, 2018

« Vous êtes de bonne humeur, ce matin ? »

« Je ne sais pas. C’est comment la bonne humeur ? »

« C’est quand vous voyez la vie sous un jour optimiste. Vous êtes gai, enjoué. Vous racontez des blagues, on aime vous fréquenter. »

« Euh… c’est peut-être beaucoup demander. Vous comprenez… il faut supporter le patron, ma femme, mes gosses, la Sécu, la télé… »

« Alors, vous êtes de mauvaise humeur. Vous êtes sombre. Vous pensez que tout va mal, vous n’aimez personne. Vous êtes susceptible. »

« Non, je ne suis pas ça. Je dis simplement que dès que je mets un pied parterre, j’ai plein de soucis qui m’assaillent la tête. C’est quelle humeur, ça ? »

« C’est bien ce que je craignais. Vous êtes d’une humeur normale, c’est-à-dire pas d’humeur du tout. On en est tous là, tous les jours. On doit avoir des soucis quotidiens, c’est obligatoire. On n’a pas le droit d’être dépressif, ni joyeux pour autant. »

 « Si je comprends bien, on a tous des problèmes, mais des problèmes homologués, convenables, en quantité raisonnable. Ni trop, ni pas assez. »

« Evidemment ! Vous allez me dire que vous pourriez payer des domestiques pour s’occuper de ces petits problèmes quotidiens, mais vous vous ennuieriez très vite et vous seriez obligé de vous inventer de nouvelles préoccupations. »

« J’en déduis qu’on ne peut jamais avoir l’esprit libre et dégagé, ouvert à l’air du temps, prêt à s’enthousiasmer pour une fleur qui s’ouvre ou un oiseau qui chante sous votre fenêtre. »

« Et encore quoi ? les esprits libres sont très dangereux. Ils peuvent réfléchir aux conditions de leur vie, bref devenir subversifs… »

« C’est mal de réfléchir ? »

« Oui. Ce n’est pas votre job, vous avez les journaux télévisés pour réfléchir à votre place, c’est bien suffisant. »

« Euh… c’est-à-dire que je suis un être humain quand même. « 

« Je vous vois venir, vous allez me dire que vous avez envie de vous cultiver. C’est ça le problème des gens à humeur « normale », comme vous avez les soucis de tout le monde, tous les jours, vous finissez par vous ennuyer. Alors, vous voulez lire, aller au cinéma, au théâtre et ça n’en finit plus ! »

« Si je comprends bien, l’ennui, c’est le début de la subversion ! »

« Absolument, c’est pour ça que le pays va si mal.  Je vous résume la situation : tout le monde est d’humeur normale. On a tous les mêmes problèmes, tous les jours. On s’ennuie, alors on se créé un problème plus important que les autres qui nous met de mauvaise humeur (c’est plus facile que de se mettre de bonne humeur)  : fraude fiscale, divorce, démission…  ou alors pire, on se cultive, on commence à lire, à réfléchir… Et c’est le début de la fin. »

Aïe ! Aïe ! Aïe !

5 mars, 2018

Ça caille.

Je suis sur la paille.

Je sens l’ail.

Je suis plein de failles.

Je sniffe un rail.

Tu me railles

Tu me tailles.

Bye.

Un garnement

4 mars, 2018

« Je dois vous réprimander. »

« Ah bon ! Qu’est-ce que j’ai fait ? »

« Vous préférez peut-être que je vous admoneste ou alors que je vous morigène ? »

« Je n’ai pas vraiment de préférence, mais je ne sais toujours pas ce que j’ai fait de mal. »

« Moi non plus, mais vous avez sûrement fait quelque chose de mal aujourd’hui.  Sinon, ça veut dire que vous êtes le Bon Dieu. »

« Je ne pense pas l’être, ce qui n’empêche pas que je me conduis toujours bien. »

« Non, ce n’est pas possible. Vous avez fait un écart quelque part. Par exemple, vous avez certainement oublié de descendre la poubelle en partant de chez vous, ce matin. Volontairement, évidemment. En espérant que votre épouse le fera. »

« Mince ! Comment vous le savez ? »

« C’est le numéro 1 au palmarès des écarts journaliers. »

« Ensuite, vous avez traversé en dehors des passages protégés, ce qui est formellement interdit par la loi. »

« Oui… c’est pas très grave… et puis il n’y avait pas de flic. »

« Au bureau, vous avez commencé par un stage auprès de la machine à café, dont la durée a largement empiété sur votre temps de travail. »

« Vous en avez de bonnes. Si on veut être au courant des derniers potins, il faut savoir s’informer aux bons endroits. »

« Don je vous houspille. Et encore … je passe sur la manière désinvolte dont vous avez demandé à Juliette de faire vos photocopies en prétextant que vous n’avez pas le temps, alors que vous avez passé un quart d’heure à lire le journal. »

« Tant que ça ? »

« Et hier soir, quand vous avez prétendu que vous étiez trop fatigué pour aider votre femme à la cuisine. »

« Il faut dire que ça me pompe un peu. J’ai besoin de toute mon énergie.  Euh… petite question : est-ce que tout ça vous regarde ? »

« Evidemment ! Si tout le monde fait comme vous, où va-t-on ? Tous ces petites fautes finissent par en faire de très grosses !  Donc, je vous dispute pour que vous vous comportiez un peu mieux ! »

« Je vous remercie de m’aider, mais vous m’énervez un peu. »

« Et voilà ! En plus, vous vous dressez contre les leçons de morale que je me donne la peine de vous administrer. Mais qu’allons-nous pouvoir faire de vous mon pauvre ? »

« Ma maman se posait déjà la question… »

A tort et à travers

3 mars, 2018

Près du torrent,

Un torero

Qui a le torticolis

Elève une tortue

Au regard torve.

Quand elle sort de sa torpeur,

Il la torée

Avec un torchon.

Ce n’est pas une histoire torride.

 

1...34567...336