Elle !

8 juillet, 2017

Il gèle.

La belle

Michelle

Me hèle

Pour jeter du sel

Avec une pelle.

Je m’en mêle

Avec zèle

En me sentant des ailes.

Aïe ! Aïe ! Aïe !

7 juillet, 2017

Sur la muraille

Il y a des failles.

Ça caille

Malgré mon chandail

En maille.

Il n’est pas à ma taille

Et il sent l’ail.

En plus je baille.

Ce n’est pas un détail.

Pas terrible, le mec !

6 juillet, 2017

« Cher monsieur, vous savez que vous ne me plaisez pas du tout ! »

« Allons bon ! Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? »

« D’abord, vos lunettes à montures noires. Où avez-vous pris que c’est la mode ? »

« C’est ma sœur qui m’a conseillé de les prendre. »

« Elle devrait sortir un peu plus, votre sœur. Et vos grands yeux verts écarquillés, c’est votre sœur aussi ? Vous avez l’air complètement halluciné. Vous fumez ? »

« Pas du tout. J’essaie de m’intéresser au monde qui s’agite autour de moi. »

« Vous avez aussi un peu de couperose sur les joues et le nez. Vous êtes sûr que vous ne buvez pas ? »

« Certain. Un peu de jus de fruit de temps à autre. »

« Et votre tour de taille ! Qui c’est qui ne fait pas d’abdo-fessiers ? »

« Je n’aime pas trop. Par contre, j’ai de très belles épaules. »

« Bon ! Passons à vos tics. Vous vous rongez les ongles : je trouve ça horripilant ! Surtout le bruit de l’ongle qui craque sous votre dent. »

« Je suis un peu nerveux, il est vrai. Mais je suis d’un naturel très convivial. »

« A propos de dents, il en manque. Votre sourire est catastrophique. Essayez au moins de ne pas vous marrer.  Vous arrivez à manger normalement ? »

« Un peu de purée et des épinards, ça passe bien. »

« Et votre démarche, vous l’avez vue votre démarche ? Même un canard retraité n’oserait pas marcher comme vous. »

« Je vais tenter une démarche altière. C’est sûr que les canards qui barbotent sur la mare municipale vont être impressionnés. »

« Venons-en à votre culture. Si on peut appeler ça de la culture. Il faudrait commencer par abandonner votre hebdomadaire de télé comme unique lecture. »

« J’ai lu les Trois Mousquetaires, quand même ! »

« Et votre caractère ? »

« Qu’est-ce qu’il a votre caractère ? »

« Rien. Le problème, c’est que vous n’en avez pas. On vous sent un peu mollasson. Vous ne pourriez pas vous révolter un peu ? »

« C’est-à-dire que je suis assez satisfait de mon sort. »

« Et voilà, satisfait, content de lui. Comment voulez-vous m’intéresser dans ces conditions ? »

Filature

5 juillet, 2017

Je suis

Près du puit.

Puis,

Je le suis,

Lui,

Sans bruit,

Dans la nuit

Et sous la pluie.

Il frappe à l’huis

En mangeant un fruit.

Biture express

4 juillet, 2017

« Barman, ce n’est pas compliqué, c’est comme psy. On écoute les gens, on prend l’air intéressé, ils sont contents et ils recommandent un verre. »

« C’est fou ce que les gens ont besoin d’être écoutés… »

« … et de boire un coup. Moi, je suis obligé d’aller boire chez les concurrents, sinon je dois me confier à moi-même. »

« Et qu’est-ce qu’ils vous racontent vos clients ? »

« Que la vie est une vacherie ! Rares sont ceux qui s’estiment contents de vivre. Généralement, on ne confie pas son bonheur à un barman. »

« Et qu’est-ce que vous répondez ? »

« Je réponds : certainement, monsieur ! »

« C’est nul. Vous les encouragez dans leur déprime. »

« Ils n’ont pas besoin de moi. Moi, mon job, c’est de les faire boire des alcools chers, je ne vais tout de même pas les réconforter avec un jus d’orange. »

« Vous devez avoir beaucoup de solitaires. »

« Des largués par leurs conjoints surtout… qui me disent que les hommes ou les femmes sont tous ou toutes des sal…. »

« Et je suppose que vous leur répondez : certainement, monsieur (ou madame). C’est comme monsieur (ou madame) voudra. »

« Les femmes sont moins nombreuses, elles se réconfortent avec une copine qui a eu le même problème et qui leur confirme que tous les hommes sont bien des enc… »

« C’est gai, votre boulot. Et quand les gens sont complètement torchés, vous faites quoi ? »

« J’appelle Hubert qui arrive pour les ramener chez eux dans son taxi. Il va jusque dans leur chambre pour les border. Tout ça nous rapporte gros. On a donc fondé une entreprise ‘Biture express’. On peut se saouler et se faire ramener tranquillement. Dans la formule premium, nous envoyons le toubib le lendemain pour soigner la gueule de bois. Nous avons des formules d’abonnement pour les habitués, si ça vous intéresse. »

« Non pas vraiment. Je préfère aller voir le curé pour mes problèmes existentiels. Il ne boit que du thé. »

« Ah ! La concurrence low-coast ! »

« Votre activité est quand même un peu odieuse. Vous exploitez la misère humaine. »

« Ce n’est pas pire que le buraliste qui vous vend un billet de loto en vous faisant croire que vous allez être très riche. Ou le vendeur de téléphone qui vous promet que vous pourrez communiquer avec le monde entier. »

« Vous avez raison. Je reprendrais bien un scotch, s’il vous plait. »

Histoire cucul

3 juillet, 2017

Lulu

A fait bobo

A bébé

En jouant à dada

Avec Riri.

La nana

De papa

Lui fait mimi

Puis appelle sa tata

Qui vend des bibis.

Un grand modeste

2 juillet, 2017

« Je ne suis pas du genre à me vanter. »

« C’est bien ça. Il y a tellement de gens qui ramènent leurs fraises. »

« Vous avez vu ce que j’ai fait ? »

« Non. De quoi s’agit-il ? »

« Et voilà ! J’en étais sûr. Dès qu’on se la pète pas un peu, personne ne fait attention à ce que l’on fait. »

« Comment voulez-vous que je le sache si vous ne me le dites pas ? »

« Mais puisque je vous dis que je ne suis pas du genre à me vanter. »

« Dites-moi ce que vous avez fait de bien et je me répandrais en louanges. Je peux également m’exclamer d’admiration. »

« Bin, non… Moi, je ne la ramène pas. Je me distingue en toute discrétion, ce qui n’empêche pas que vous pourriez vous intéresser à mon travail. »

« Et je fais comment ? »

« Rien qu’à mon air modeste et pénétré, vous pourriez deviner un immense talent qui se cache derrière cette façade discrète. »

« Ce serait plus simple si vous m’exposiez votre œuvre. »

« Si je vous fais part de mon travail, j’aurais l’impression d’attendre des félicitations, ce qui me gênera. Je serais surement obligé de vous dire que je n’en mérite pas tant. »

« C’est un scrupule qui vous honore, mais vous méritez sans doute ma considération. Pourquoi vous en priver ? »

« Parce que je serais obligé de vous retourner un compliment, ce qui risque de faire passer ma prestation au second plan. »

« Vous ne seriez pas un peu compliqué, vous ? »

« Si. Mais justement, vous pourriez vous dire que cette complexité dissimule assez mal un être aux capacités hors normes. »

« D’accord, d’accord. Donc, je vous complimente sans savoir pourquoi. Je sens bien que derrière ce tempérament un peu chafouin, il y a un homme de grande envergure. »

« Vous avez raison. Si tout le monde suivait mon exemple, il y aurait un peu moins de plaisants qui viendraient faire leurs malins à la télé. »

« Je vous félicite pour votre grande réserve et votre mépris pour les honneurs artificiels. »

« Ce n’est rien, ce n’est rien. J’ai toujours eu l’habitude de faire mon devoir sans me vanter. C’est la moindre des choses. »

« Bon, alors maintenant, qu’est-ce que vous avez fait de si glorieux ? »

REvoilà le Z

1 juillet, 2017

Dans le bar, près du zinc

Un zigoto

Zonard

Et zigzagant

Fait le zouave.

Il sème la zizanie,

Ce zozo

Zélé.

C’est un zéro.

C’est le cas

30 juin, 2017

En Alaska,

Erika

En parka

Relooka

Monika

Qui dansa la polka

Avec un judoka

Buveur de vodka

Et joueur de balalaïka.

Un romantique

29 juin, 2017

« Je fais partie de ces andouilles sentimentales qui aiment bien aimer et aussi qu’on les aime. »

« Oh, mon pauvre ! Ce n’est pas trop dur ? »

« Si un peu ! Les gens se moquent de moi. »

« C’est qu’aujourd’hui, vous n’êtes plus à la mode. Il faut se ficher complètement des sentiments. Et quand on en a, il faut faire comme si on en n’avait pas. »

« Je peux écrire des vers romantiques à ma bien-aimée ? »

« Sûrement pas. Elle va s’écrouler de rire. Pourquoi pas aller lui chanter quelque chose sous son balcon pendant que vous y êtes ? »

« Bon alors, je l’emmène sur la plage abandonnée, au mois de novembre, quand il n’y a personne et nous courrons dans les vagues avec de grands rires d’adolescents. »

« A la rigueur, mais elle risque d’avoir froid. »

« C’est que j’ai envie de me sentir transporté, moi ! »

« Ce n’est pas possible. Il faut gérer vos affaires de cœur comme un processus industriel, avec des objectifs, des contrats de mission, tout ça…. quoi ! De toute façon, ce sera un truc à durée déterminée. »

« Evidemment, si on commence comme ça, ça ne va pas aller loin. »

« D’abord, vous avez une copine ? »

« Bin… non. J’essaie simplement de construire une offre commerciale, mais si je ne peux même plus proposer des mots doux ou des diners à la chandelle, je fais comment ? »

« Il vous reste les sorties en boite. »

« Là où la musique est tellement bruyante que personne n’entend ce que je dis. »

« Oui, de toute façon, ce n’est pas très intéressant. L’essentiel, c’est de s’enivrer à deux, de façon à ne plus savoir ce que l’on fait ensuite. »

« Bon d’accord. Et le lendemain, je l’emmène sur une plage déserte pour se rouler sauvagement dans les vagues… »

« Pas du tout. Le lendemain, elle file à toute allure parce qu’elle a une réunion de service. Avec un peu de chance, elle dit : on s’appelle. »

« Donc, je lui envoie des fleurs à son bureau. »

« Toujours pas, parce que ses copines vont se marrer bêtement et elle a horreur de ça. »

« Alors, je fais quoi. Je ne vais pas aller à la plage tout seul ! »

« Vous ne faites rien. Si rien ne se passe, c’est bon signe. On est dans une époque où ne rien faire est une démonstration d’affection. Dites-vous bien qu’elle pourrait vous dire de lui lâcher les baskets. Et vous traiter de gros naze par la même occasion. »

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