Il faut mettre sa ceinture en voiture

10 août, 2018

Je suis immature.

Dans ma voiture,

Je mange de la confiture

Et de la nourriture,

Sans ceinture.

J’ai pris une bonne biture.

Quelle aventure,

Arthur !

Une matinée à la plage

9 août, 2018

A la mer, on se baigne dans l’eau avec des centaines de gens inconnus. Après on se demande si elle est bonne. Il y a toujours quelqu’un pour dire qu’elle est un peu froide, mais qu’une fois qu’on est dedans, ça va beaucoup mieux.

Ensuite en sortant du bain, on a froid, on grelotte, on se dépêche de retrouver sa serviette de bain parmi des dizaines d’autres en faisant l’hypothèse qu’elle n’a pas été volée.

Puis on s’allonge au soleil dans le but d’attraper un coup de soleil. Quelqu’un dit qu’il faudrait se mettre de la crème. Alors, on sort le tube de l’an dernier. Il est tout cabossé, l’embout est un peu sec, mais on finit par en extraire un truc graisseux qu’on se met de partout. Si on n’est pas fâché avec son voisin ou sa voisine, il ou elle vous en passe dans le dos. Si bien qu’en s’allongeant de nouveau, on graisse la serviette de toilette.

Voici que passe le vendeur de chouchous qui crie : chouchou ! On achète très cher un paquet de cacahuètes qui donnent soif, ce qui nous entraine en direction du marchand de glaces vers lequel on accourt en se brulant les pieds sur le sable parce que le soleil cogne. Le marchand n’a pas le parfum qu’on veut, alors on est légèrement contrarié et on prend fraise-chocolat. On s’en met plein les doigts et ça ne désaltère pas du tout.

De retour sur sa serviette, on cherche le livre qu’on a apporté parce qu’il est bon de profiter des vacances pour se cultiver un peu, vu qu’en ville on travaille et qu’on n’a pas le temps. Une légère brise marine se lève et finit par tourner les pages avant qu’on ait fini de les lire ce qui nous énerve. En plus, tenir le livre à bout de bras, ça fatigue, alors on se tourne sur le ventre et on se met sur les coudes, ce qui finit par fatiguer aussi les épaules.

Très logiquement, avant midi, on prend un ballon de volley-ball dans la figure. Un joueur accourt pour récupérer son bien et s’excuser. On dit que ce n’est rien parce que c’est les vacances et que si on se fâche pendant les vacances, ce n’est plus les vacances.

C’est bientôt midi. Si on est un homme, on a le temps de détailler ses voisines de plage et de les mater un peu, car elles sont très déshabillées. Ça peut également marcher en sens inverse.

C’est midi. Il est temps de se mettre à l’abri, parce que le soleil, on a lu qu’il ne faut pas trop en abuser. On a plein de sable entre les doigts de pieds et ailleurs. Dans les familles, il y aura des bagarres pour prendre la douche en premier.

Puis on va au restaurant parce qu’on est en vacances. Pas trop cher le restaurant, parce qu’on a un budget à surveiller. Comme ce n’est pas trop cher, la terrasse est bourrée de monde. On s’installe dans un trou minuscule qui vient de se libérer et qui est plein de miettes des occupants précédents.

Comme on est à la mer, on commande un plateau de mer à plusieurs, même si on n’aime pas les crustacés. On prend aussi un bon petit rosé du coin. Le serveur est surbooké et on attend trois-quarts d’heure en ayant faim. Puis on dit que c’est bon. En fin de repas, on ne sait pas quoi prendre, alors on reprend une glace à la fraise.

Puis on rentre chez soi, légèrement aviné pour faire la sieste. On se dit qu’il faudrait quand même faire quelque chose. Alors quelqu’un dit qu’on pourrait aller voir l’église du village, même si on ne connait pas celle de son quartier. Ensuite, on enverra une carte postale, mais on ne sait pas encore à qui.

A votre adresse

7 août, 2018

« J’habite avenue Victor-Hugo. »

« C’est bien. C’est classe. On voit tout de suite un immeuble cossu sur une avenue large et bien fréquentée. C’est fou tout ce qu’une adresse peut dire sur un individu. »

« Et vous ? »

« Moi, j’ai un deux pièces situé rue des Marmites. »

« Effectivement, on imagine la petite rue sans personnalité, bordée de maisons à un étage, lézardées, aux rideaux de fenêtres sales. Les trottoirs défoncés, le revêtement est troué… Bref, vous ne devez pas payer cher. Deux solutions : soit vous êtes pauvre, soit vous êtes un original qui vit dans un boui-boui pour pouvoir vous éclater sur d’autres dépenses. »

« Populaire… on dit que mon quartier est populaire pour ne pas dire pauvre, ça ne se fait pas. C’est stigmatisant. »

« Je comprends. Mais vous devriez rebaptiser votre rue. Rue de la Marmite… on sent tout de suite que la mairie n’en avait rien à faire de votre rue et qu’elle l’a baptisé du premier nom qui est passé par la tête du dernier des employés de ses services. »

« Vous avez raison. Il faudrait trouver un homme célèbre ou un héros qui a vécu dans notre quartier. Il y a bien Stanislas Bricolaud, le gérant de la superette. Il a du mérite de gérer encore quelque chose et ça lui ferait plaisir d’habiter dans une rue qui porte son nom. »

« Pourquoi pas ?  Ça vaut mieux que d’habiter dans une rue dont personne ne connait celui dont le nom a servi à la baptiser. Prenez par exemple la rue Roger Mouchard… Eh bien, elle est déserte. Tout le monde à déménagé puisque personne ne connaissait Roger Mouchard. A la mairie, on ne savait pas non plus … »

« Moi, je préfèrerai une vedette locale, Yannick Boulloche, l’avant-centre de l’équipe de foot. Comme ça, j’aurais l’impression d’habiter un peu chez lui. »

« Ne vous plaignez pas trop, il y en a qui habitent impasse des Mouches. Les mouches… c’est n’importe quoi. Pourquoi pas … les moustiques. Et surtout « Impasse », on a l’impression qu’ils vivent dans une rue qui n’est même pas terminée. On comprend que le maire n’ait pas voulu lui donner un nom correct. »

« Il y a de la ségrégation sociale même dans les noms de rue. »

« Oui, absolument.  Moi, il va falloir que je trouve un appart’ sur un boulevard. Je ne peux pas rester sur une avenue avec mon standing ! »

« Vous avez raison, il faut toujours regarder vers le haut. Je vous conseille le boulevard Amédée Laricot. »

« Qui c’est Amédée Laricot ? »

« Je n’en sais rien, mais comme il a bénéficié d’un nom de boulevard, il n’y a plus personne pour s’inquiéter de savoir qui est Amédée Laricot. Au contraire, ce nom énigmatique apporte une touche de snobisme supplémentaire à ceux qui y vivent. »

Celle qui casse tout

6 août, 2018

A Annemasse,

J’ai dormi comme une masse.

Je suis lasse

Et basse.

Je casse

Une tasse,

Hélas !

Quelle connasse !

Ça me dépasse.

Les cerveaux

5 août, 2018

« Vous avez apporté votre cerveau ? »

« Oui, je l’ai toujours avec moi. »

« Il faut aussi avoir l’autre, le cerveau qui est dans votre ventre. C’est plein de neurones dans l’estomac et les intestins. »

« C’est vrai qu’il est important aussi, mais difficile à raisonner. Chaque fois que je vois le patron, ça me fait mal au ventre. Je n’y peux rien ! »

« Moi aussi. Chaque fois que je croise Dugenou, j’ai des maux d’estomac. Mon premier cerveau dit pourtant au second de se calmer, mais c’est peine perdue. Le second cerveau fait un peu ce qu’il veut. »

« C’est vrai, il est très autonome. Chaque fois que je mange des épinards, il n’est pas du tout d’accord. Et il me le fait savoir, si vous voyez ce que je veux dire. »

« Il faudrait un troisième cerveau dont la fonction serait de raisonner le deuxième. Après tout, Dugenou n’est pas si désagréable que ça… »

« Oui, mais alors, où on le mettrait ce troisième cerveau. Nous n’avons pas tant de place que ça. Tout est occupé. »

« C’est juste. En plus le troisième cerveau devrait être doté d’une capacité à raisonner pour expliquer à ce chenapan de deuxième cerveau que ce n’est pas la peine de s’énerver quand Dugenou apparait quelque part. »

« Le problème serait que, dans ces conditions, le premier et le troisième cerveau pourraient entrer en contradiction. Vous imaginez le bazar si l’un dit que Dugenou est sympathique et l’autre qu’il est imbuvable. »

« Oui, j’entends d’ici le second cerveau – celui du ventre – dire aux deux autres qu’il y aurait intérêt à se mettre d’accord. »

« Si on va par là, il faudra imaginer une instance de régulation entre les cerveaux. Une sorte de président des cerveaux. »

« … Qu’on n’a toujours pas de place de loger. »

« Donc, on a bien raison de dire que dans une organisation, il faut une seule tête pensante. Le premier cerveau doit commander le second qui doit arrêter de faire ce qu’il veut. Point barre. »

« Certes, mais il faut une organisation bottom-up. Le deuxième cerveau doit pouvoir envoyer des informations au premier. Ce n’est pas ce dernier qui se coltine les épinards à digérer. »

« Vous avez raison. Un organigramme participatif est le mieux. Il faut écouter ce que notre cerveau du ventre a à nous dire. »

« C’est notre intérêt, sinon il s’énerve et il nous fait des maladies. »

« Donc il faut le cultiver, comme nous cultivons le premier cerveau. Certains parlent de l’intelligence du cœur. Parlons de l’intelligence de l’estomac et le monde ira mieux ! »

Salade de fruits

4 août, 2018

La nana

A un avocat

A la noix.

Il s’appelle Olive.

Il est du coin.

Il a un peu le melon

Et pas la pêche.

C’est une bonne poire.

Il va ramener sa fraise.

Ce n’est pas la der !

3 août, 2018

Dans le ciel de Madère

On voit un canadair.

Sur son dromadaire

Kader

Ne manque pas d’air.

Sa mère, sur l’embarcadère,

Lit son hebdomadaire

A la lueur d’un lampadaire.

 

Les retardataires

2 août, 2018

« J’arrive tout le temps en retard en réunion. »

« Je le sais. Et vous le faites exprès. »

« Oui, ça oblige les autres à m’attendre, ça me donne de l’importance. »

« Moi, comme je ne suis pas très important, j’arrive à l’heure. »

« Je vous remercie. Heureusement qu’il y a des gens comme vous qui arrivent à l’heure. S’ils n’existaient pas, je ne pourrais pas arriver en retard. »

« En effet, si tout le monde était en retard, tout le monde serait à l’heure, ce qui n’arrangerait pas vos besoins de reconnaissance. »

« Je vous ferais remarquer que j’arrive en retard avec discrétion. »

« En fait, il y a plusieurs manières d’arriver en retard. Vous vous utilisez la manière faussement discrète, vous faites semblant de ne déranger personne, tout en poussant une ou deux personnes avec un sourire contrit. En plus, ce genre de pratique vous évite d’être désigné volontaire pour faire le compte rendu de la réunion. »

« Vous connaissez d’autres manières d’arriver en retard en réunion ? »

« Oui, vous avez celui qui dérange tout le monde, en clamant qu’il s’excuse parce qu’il avait des urgences à régler et qui a le culot de demander qu’on lui résume le début de la réunion. »

« Vous avez raison. En plus, il pousse de grands soupirs exaspérés pour bien montrer qu’il est débordé par toutes ces réunions qui – par ailleurs – lui permettent de mettre en évidence l’importance de sa fonction. La preuve c’est que la présence de cet homme ou de cette femme  est demandé(e) de partout ! »

« En plus, ce genre de personnage est de ceux qui partent avant la fin de la réunion en prétextant qu’ils en ont une autre pour laquelle ils vont se faire un plaisir d’arriver en retard. »

« J’en connais même qui s’en vont en prétextant d’autres réunions, au moment où ils sentent qu’on va aborder des questions gênantes pour eux. »

« Il faudrait faire comme pour les départs en avion, obliger les gens à arriver en avance. Et puis fermer les portes, une fois que c’est commencé. »

« Vous aurez toujours celui qui a croisé des travaux ou un accident en venant en voiture. Ou encore celui qui est bien désolé, mais qui n’a pas trouvé à se garer. »

« Tant pis pour eux. En fait, moi, je propose une sanction contre tous ceux qui font exprès d’arriver en retard. On les obligera à porter un panneau rouge autour du cou, ce qui signifiera qu’il est interdit de leur parler pendant 15 jours. « 

« Leur ego en prendront un sacré coup. Est-ce que deux cartons rouges pourraient se parler entre eux dans votre système ? »

« Non, bien sûr, sinon tous les gens voudront un carton rouge pour être tranquilles. Nous aurons alors une avalanche de retards en réunion. »

Le Nippon qui nie.

1 août, 2018

Le niais

Nippon

Nie.

Il n’est ni

Sur le Nil

Ni

A Nice

Ni

Dans son nid

Avec Nina

A Niort.

Et après ?

31 juillet, 2018

« Vous croyez qu’il existe quelque chose après la mort ? »

« Je n’en sais rien moi ! Certains disent que oui, d’autre que non. »

« Pff… on est mal renseigné ! Comment on s’en sort ? »

« On ne s’en sort pas. L’homme est condamné à douter. Et dans le doute, il tend à bien se conduire pour éviter toute condamnation dans l’au-delà. »

« Il y en a qui pourtant se conduisent mal. »

« Oui, ce sont des aventuriers. Si l’au-delà existe, ils ne devraient pas être récompensés, ou alors je ne comprends plus rien. »

« Enfin… la seule chose de clair, c’est qu’on ne sait pas grand-chose. Si le paradis existe, on ne sait même pas à quoi ça ressemble. »

« En fait, ce qui peut éventuellement nous survivre, c’est une espèce de truc éthéré qui peut s’appeler l’âme…ou autrement… mais rien n’est sûr ! »

« Et comme on n’a jamais vu se promener une âme en liberté dans la nature, on n’est toujours pas plus avancé. »

« Tout ça, moi, ça me confirme une seule conclusion, c’est que l’homme ne se limite pas à son enveloppe corporelle. Il y a des tas de trucs immatériels : l’âme, l’esprit, l’imagination, l’intuition, l’intelligence… qui nous permettent d’être là tout en étant ailleurs. »

« Vous avez raison… La question est la suivante : si le corps disparait, tout ce fatras incorporel subsiste-t-il et si oui, où va-t-il ? »

« Je pense qu’il ne va nulle part puisque ça n’a pas de dimension physique. Si bien qu’au cas – par exemple – où l’âme des anciens n’ont pas disparu, elles sont partout. »

« C’est pour ça que certains croit qu’elles ont besoin de se réimplanter dans un humain ou un animal. Elles en ont marre d’être partout.»

« Oui, je n’exclus pas que mon chat soit mon grand-père ou alors Napoléon Bonaparte. »

« Si le paradis existe, ils sont au paradis auquel cas votre chat, c’est votre chat. »

« Finalement, on ne sait rien de l’après, alors on est obligé d’inventer des trucs qui nous rassurent, soit le paradis, soit la réincarnation. »

« L’autre solution, c’est : rien. Je n’arrive pas bien à concevoir comment se présente le néant. Certes, je l’ai connu avant ma naissance, mais je ne m’en rappelle plus. »

« Ce qui fait que le néant est le néant, c’est que justement, on ne peut pas le décrire. C’est aussi justement pour ça que certains rejettent l’hypothèse du néant. Les hommes sont coincés par leur besoin d’imaginer quelque chose de concret. Rares sont ceux qui sont à l’aise dans l’abstrait. »

« En conclusion, pour comprendre quelque chose, il faudrait arrêter de raisonner comme des êtres humains. »

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