L’épicier espion

8 septembre, 2017

C’est épique !

A l’Epiphanie

L’épicier

Et ses épithètes :

Epilé

Et Epicurien,

Epie

Mes épinards

Qui viennent d’Epinal.

L’histoire du rhinocéros joueur

6 septembre, 2017

En Ecosse

Le rhinocéros

Colosse

Se cabosse

Contre le carrosse

De ces gosses.

Il a une bosse.

C’est rosse.

Un menteur

5 septembre, 2017

« Je suis un menteur. »

« Vous n’avez pas honte ? »

« Ou, mais attention, je suis un fieffé menteur. C’est le haut de gamme. C’est comme un menteur qui serait décoré de la Grand-Croix du Mensonge. Je ne suis pas un vulgaire mythomane qui invente des histoires à dormir debout.

« Mes respects, Monseigneur ! »

« En plus, je suis un menteur invétéré, ce qui veut dire que ça me tient depuis longtemps. D’ailleurs papa et maman était de sacrés menteurs. ‘Sacrés’ ne voulant pas dire dans ce contexte qu’ils ont été bénis par la religion. Bien au contraire. »

« Vous avez une belle réputation ! »

« Absolument. Tout le monde me reconnait comme menteur. C’est un fait indiscutable, validé par les meilleurs spécialistes. Je suis un menteur patenté. »

« Comment se fait-il que vous vous vantiez d’être menteur. D’habitude, ils se cachent. Vous vous rendez compte que vous êtes immoral ? »

« Je dirais plutôt que je suis éhonté. Je ne ressens aucune honte à mentir. Je mens comme vous vous respirez. »

« C’est grave ! »

« Non, je ne suis pas un menteur pathologique. J’essaie de mentir efficacement. Et puis d’abord qu’est-ce que mentir ? C’est dire le contraire de ce que je sais être vrai. Mais je peux très bien me tromper sur la véracité d’un fait, donc ce que je sais vrai peut être faux, donc au final je ne mens pas toujours. Je suis un menteur de bonne foi. »

« En plus vous êtes un peu manipulateur. Vous vous arrangez avec la vérité. »

« Evidemment. Vous ne trouvez pas qu’il y a une sorte d’arrogance à se croire tout le temps détenteur de la vérité. Le menteur lui est modeste. Il prend une distance raisonnée avec le Vrai. »

« Le résultat, c’est qu’on ne peut pas se fier à ce que vous dites. »

« Pas forcément, ça dépend de ce que je dis. Si je dis :’je mens’, vous pouvez comprendre que je dis la vérité, puisque je suis un menteur et par conséquent que je suis bien un menteur. Si je dis la vérité, je confirme que je suis un menteur. Vous pouvez donc en être sûr puisque je vous le confirme tout en étant un menteur. Nous sommes tout proche du célèbre paradoxe du menteur. Vous me suivez ? « 

« Vaguement. Mais si vous me dites qu’il pleut, je peux sortir sans parapluie. »

« Oui, si je mens pour vous tromper. Auquel cas je serais un ‘sale menteur’. Mais moi, je mens propre. Je ne tiens pas à vous jouer un vilain tour. »

« Je vous en remercie. »

De l’eau encore de l’eau !

4 septembre, 2017

Allo !

C’est moi, le socialo

Un peu mégalo.

Je suis à Saint-Malo,

A la pêche au cachalot

Avec un métallo,

Un ballot

Pâlot.

Je n’ai pas tiré le gros lot.

Vive le ON

3 septembre, 2017

« Qui c’est ce ‘on’, dont tout le monde parle ? »

« Je n’en sais rien. En fait, j’oserai dire qu’en général, ‘on’ ne sait pas qui est le ‘on’. Si je le savais, j’emploierais un autre pronom personnel. »

« Pourtant, ‘on’ fait quelque chose : on dit, on pense que… C’est donc quelqu’un qui agit, mais ‘on’ (celui qu’on ne connait pas) ne sait pas qui est ce ‘on’ (c’est-à-dire lui-même). Vous me suivez ? »

« Tout à fait, Georges. Mais quand je vous dis ‘on y va ?’, je pense à nous deux. Evidemment si je dis ça alors que nous sommes 50, je ne sais plus à qui je m’adresse et c’est la pagaille. Il faut faire attention avant de dire ‘on’ ! »

« Remarquez, ce serait plus simple si vous me disiez ‘nous y allons ?’ au lieu de ‘on y va ?’. »

« Vous avez raison, mais si je dis ‘nous y allons’, j’ai l’air de vous donner un ordre ce qui n’est pas mon genre ! Si j’emploie le ‘on’, c’est pareil, sauf que je me réfugie derrière une entité inconnue qui nous donnerait un ordre à tous les deux. »

« Nous y voilà. Le ‘on’ permet de dire n’importe quoi en attribuant le n’importe quoi à n’importe qui ! »

« Absolument, moi quand je suis gêné, je dis ‘on’ pour ne pas voir d’histoire. C’est plus pratique ! Par exemple, quand j’affirme une opinion, je dis ‘on sait bien que’. Je fais comme si tout le monde savait ce que je suis en train de dire, alors que je n’ai aucune idée du nombre de gens qui le savent ! »

« C’est un peu tordu comme raisonnement. »

« Oui, sur le plan intellectuel, c’est nul. Mas enfin c’est pratique. »

« Si je comprends bien quand j’emploie le ‘on’, je commets une petite lâcheté. Ou alors une hypocrisie ce qui ne vaut pas mieux. »

« Pas forcément. Si vous dites ‘on a frappé’ à la porte, vous avouez votre ignorance sur l’identité de la personne qui cogne. Le ‘on’ est légitime. »

« Est-il possible d’évoquer un mouvement de foule avec le ‘on’ ? »

« Oui, le ‘on’ permet d’évoquer un groupe aux contours indéfinis de personnes. Exemple : dans ce salon, ‘on fume’, ‘on boit’, ‘on discute’… Il est souvent nécessaire d‘évoquer une atmosphère, je trouve que c’est la meilleure utilisation du pronom impersonnelle puisque c’est bien d’un groupe de gens dont on parle et non d’un individu. »

« Oui, ça n’empêche pas que ‘on’ n’emploie le ‘on’ quand on n’a pas envie de se fatiguer. Par exemple, si je dis ‘on dirait qu’il va pleuvoir’, c’est pour éviter d’avoir à dire ‘je pense qu’il va pleuvoir’, ce qui pourrait m’être reproché si je me trompe. Pour être parfait, il faudrait dire : « je pronostique qu’il va pleuvoir, mais il existe une probabilité non nulle pour que ma proposition soit fausse. »

« C’est un peu tarabiscoté. Finalement, ‘on’ aime bien le ‘on’ pour sa capacité à simplifier. »

Mot à mot

2 septembre, 2017

Au dimanche des Rameaux

Momo

Avec son marmot

Et son jumeau

Vend des émaux

Dans son hameau

Près de Meaux,

Sans un mot

Et sans maux.

Un père Perse

1 septembre, 2017

Chez les Perses

Il y a une personne,

Un père, c’est sûr.

Il a les yeux pers,

Perspicaces

Qui percent

A travers les persiennes.

C’est un persifleur

Qui mange du persil

Avec ses pairs.

Ne rien faire

31 août, 2017

« Les médecins ont découvert récemment que ne rien faire est vital pour la santé et pour la mémoire. »

« Moi, je ne suis pas médecin, mais il y a longtemps que j’ai eu cette intuition. »

« Attention, il ne s’agit pas de paresser comme vous. Il faut se laisser aller de façon à ce que les nouvelles informations que nous recevons de toutes parts s’organisent entre elles et par rapport aux informations anciennes. »

« Il est vrai que nous sommes bombardés chaque jour d’une multitude d’informations dont certaines pourraient nous être épargnées. Qu’est-ce qu’on a à en faire de la dernière tenue de la reine d’Angleterre, hein ? »

« Rien, en effet. Mais comme on vous charge la tête de ce genre de renseignements, il faut que vous preniez le temps de l’éliminer. »

« D’accord, donc je vais me poser plus souvent. Ce sera de la faute des autres et notamment des journalistes qui n’en manquent pas une pour me raconter n’importe quoi. »

« C’est difficile de ne rien faire intelligemment. »

« Ne craignez rien, je m’entraine durement. »

« Il ne faut pas avoir un sentiment de culpabilité. Encore moins une sorte de déprime parce que vous n’avez rien à faire alors que vous avez autour de vous plein de gens qui sont débordés. »

« Le pire, c’est que les débordés sont les plus valorisés. Il ne s’agit pas de dire au bureau que vous n’êtes absolument pas débordé, c’est très mal vu ! »

« On a même vu des suicidaires qui disaient avoir tout leur temps, alors qu’il était question de leur donner un boulot supplémentaire. »

« Ne rien faire est une activité réservée à des aventuriers. Ceux qui explorent les méandres de leur esprit et de leur mémoire. C’est très risqué. Il faudrait les couvrir de lauriers au lieu de les traiter de fainéants. »

« C’est vrai qu’il ne faut pas confondre, les fainéants sont ceux qui refusent de travailler. Nous, ce qu’on veut c’est ‘ne rien faire’. »

« Euh … mon patron n’est pas tout à fait d’accord. Il m’a demandé si, entre deux séances de non-activité, je ne pouvais pas consacrer quelques minutes à mon poste de travail. »

« C’est un réflexe classique. Il n’a pas compris que ne rien faire, n’a rien à voir avec prendre une pause ou un temps de repos. »

« C’est exact. Désormais, après ma pause-café, ma pause-cigarettes, je vais instituer un moment de non-action ce qui devrait me mener jusqu’à l’heure de la cantine. »

« Vous avez raison. La sagesse est de notre côté. Laissons les gens débordés se noyer tous seuls. Passez-moi la crème solaire. »

L’histoire du berger barbare

30 août, 2017

Claire, c’est clair.

Tu as les chocottes, Cocotte.

Car j’ai hébergé un berger

Au buste robuste,

Au mental monumental.

Il a la barbe d’un barbare.

C’est un barde avec des hallebardes.

Voici qu’il se dépêche d’aller à la pêche.

Ce n’est pas glamour, amour.

 

Histoire de ponctuer

29 août, 2017

Comme d’habitude, la virgule, très empruntée ne savait pas où était sa place. Elle s’infiltrait n’importe où, parfois là où personne ne l’attendait si bien qu’on respirait à contre-temps au lieu de poursuivre la lecture.

Par contre, le point lui était très sûr de lui. Là où il se posait, il n’était pas question de passer. Il fallait stopper sa course et réfléchir avant de la reprendre.

Parfois le point appelait judicieusement un confrère en renfort. Ils se superposaient l’un sur l’autre pour signifier que ce qui suivait était important.

Le point-virgule trouvait malin de se transformer en agent double. Il trouvait sa place en découpant une phrase après avoir observé les alentours pour constater qu’il n’y avait ni point, ni virgule.

Le point d’exclamation, lui, n’avait pas de problème existentiel. Il permettait tout simplement de s’exclamer. Avec lui, on sentait que ça ne rigolait pas. Il avait vocation d’affirmer ce qu’on disait sans détour et même de se disputer.

Son frère, le point d’interrogation avait une fonction bien précise. Sans lui, il n’était pas question de se poser des questions. Que serait devenu le monde, si personne n’avait pu s’interroger ?

Quant aux points de suspension qui sortaient toujours en groupe de trois, les autres les considéraient comme des polissons, parce qu’on ne savait jamais vraiment ce qu’ils avaient derrière la tête. Comme leur nom l’indique, ils laissaient tout en suspens, sans apporter de réponse précise.

Un autre coquin était le tiret. C’était en fait une famille de nomades qui se posaient ici et là, souvent pour permettre aux gens de parler entre eux. Les autres ne savaient pas toujours les reconnaitre et les dénommer. Entre le tiret long, le tiret court, le cadratin… On se perdait : ils se ressemblait tous. Il semble même qu’un parent éloigné se soit imposé sans vergogne : le tiret semi-cadratin.

Les parenthèses regardaient tout ce monde d’un œil impavide. C’était deux sœurs jumelles qu’on appelait à la rescousse dès qu’il fallait expliquer quelque chose de manière plus précise. Et elles fonctionnaient par deux. Il n’était pas envisageable d’employer celle d’ouverture sans celle de fermeture.

Quelquefois, entre elles, les parenthèses invitaient des cousins : les crochets, dont le rôle obscur était d’apporter une précision au sein de leur explication.

Les frères guillemets étaient dans le même cas puisqu’ils allaient toujours par deux. Ils avaient une fonction de faire-valoir pour mettre en évidence un mot ou une expression qui avait envie de se pavaner. Parfois les guillemets se glissaient dans un texte pour donner malicieusement une note d’ironie aux mots employés.

Il restait le cas d’un étranger sans papier : l’apostrophe. Aucun dictionnaire ne lui reconnaissait le statut de signe de ponctuation. Les autres ne l’aimaient pas. On lui reprochait de ne pas influer sur le sens, la sonorité et le rythme de la phrase. Mais quand même… pour éviter des chocs malencontreux de mots, il était bien pratique.

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