Au restau…

13 novembre, 2018

« On se fait une bouffe ? »

« Pourquoi faut-il donc manger pour établir une relation ? »

« Parce qu’une fois qu’on a accepté un repas, il faut trouver des sujets de conversation de l’apéro jusqu’au café, ce qui fait au minimum une bonne demi-heure d’échanges. Le repas permet d’établir du lien social. »

« Pour bien faire, il faudrait que je puisse me sauver dès l’entrée si la conversation ne me plait pas. Mais ça ne se fait pas, ce n’est pas bien élevé. »

« Exact, une fois que vous vous asseyez en face de l’autre, il faut converser jusqu’au bout. »

« Et si je m’aperçois que je n’ai rien à dire à mon interlocuteur ? »

« Eh bien, il faut trouver : ce que vous mangez est-il bon ? Le temps est-il plus clément que l’année dernière à la même époque ? Avez-vous passé de bonnes vacances ? N’hésitez pas à piocher dans les sujets sans intérêt. »

« Mais il ou elle va s’apercevoir que je dis des choses complètement nulles. »

« Certainement. S’il ou si elle est polie, il ou elle renchérira dans le domaine de la nullité en vous parlant de la fuite d’eau dans sa maison de campagne. »

« Alors là, je suis bien incapable de soutenir une conversation sur le sujet, je ferai sûrement la gueule, ce qui va l’énerver. »

« Donnez-lui des informations sur votre santé, il vous détaillera la sienne. La santé, c’est le sujet de conversation préféré des gens. Si vous pouviez pâtir de plusieurs pathologies, ce serait pas mal. »

« Le problème, c’est que je suis en excellente santé ! »

« Ce n’est pas de chance. Il vous reste la politique. Mais je recommande de ne pas l’attaquer avent le dessert. Avaler l’entrée, le plat principal et le dessert en face d’un féroce adversaire politique, cela risque de vous gâter la digestion. »

« En cas de désaccord, que faire ? »

« Evidemment, on évite de s’envoyer des plats de sauce piquante à la figure. Vous pouvez émettre un rire grinçant en disant que vous constatez que vous n’êtes pas d’accord et que vous respectez bien entendu l’avis de votre interlocuteur. A partir du moment où vous dites que vous le respectez, ça détend l’atmosphère, même si vous ne respectez pas. Mais au moins, vous pourrez finir votre crème caramel tranquillement. »

« Arrive le moment de payer la note. »

« Je recommande de ne pas dire : on partage. Si c’est une femme, ça ne se fait pas. Si c’est un homme, c’est très risqué, il peut très bien reprendre le menu et vous démontrer qu’il n’a rien bouffé tandis que vous vous êtes empiffrez. »

« C’est gênant ! »

« Le mieux, c’est de farfouiller dans votre portefeuille pour trouver votre carte bancaire. Mais farfouillez assez longuement pour lui laisser le temps de vous interrompre en vous disant : laissez, c’est pour moi. »

Allons aux halles

12 novembre, 2018

Dans le hall,

Il râle

C’est trop sale

Pour jouer à la balle.

En plus, ce mâle

Est pâle

Il a la dalle.

Il faut qu’on le cale

Avant d’aller au bal.

L’intelligence

11 novembre, 2018

« Vous êtes contagieux. »

« Qui ? Moi ? Qu’est ce que j’ai encore fait ? »

« Rien, mais comme vous n’êtes pas très intelligent, je suis bien obligé de devenir bête aussi pour me mettre à votre niveau.  Sinon, vous allez me trouver prétentieux et le résultat, c’est que nous allons vers un conflit. »

« En effet, ce serait dommage ! »

« Le mieux, ce serait que je ne vous fréquente pas, mais c’est encore moi qui vais avoir tort. On va me dire que je vous ostracise. »

« En effet, ce ne serait pas bien de me bannir de votre environnement. »

« Tout compte fait, en prenant quelques précautions, je vais quand même vous fréquenter. En parlant avec des moins intelligents, je me sens tout de suite valorisé. »

« Je comprends, je vais tâcher de rester nul pour vous rendre service. »

« Je vous en remercie parce qu’en parlant trop souvent avec des gens intelligents, j’ai peur de devenir bête. On n’est toujours l’idiot de quelqu’un. »

« En effet, moi-même, je suis suivi par des imbéciles. »

« Je comprends mieux pourquoi vous êtes sérieusement atteint vous-même. Il aurait fallu que vous soyez plus prudent. »

« J’essaie de me décontaminer en lisant ou en allant au théâtre ou au musé, mais la guérison est longue. »

« Faites attention à ne pas élever votre niveau trop vivement, vous pourriez pâtir de ce changement trop soudain. Une crise d’intelligence est vite arrivée. »

« Vous avez raison, je vais me cultiver à petits doses en prenant garde de ne pas dépasser votre niveau. Je ne voudrais pas vous rendre malade. »

« C’est bien. D’autant plus que j’ai atteint un niveau d’intelligence que j’aurais du mal à dépasser. Il ne faut pas surévaluer ses capacités naturelles. »

« A propos qu’est-ce que c’est que l’intelligence ?

« Alors là, avec cette question, on voit bien que vous n’êtes pas près de l’atteindre. »

« Mais vous, vous savez ? »

« Evidemment, puisque j’en ai plus que vous ! N’essayez pas de me démontrer que c’est un concept multiforme et qu’il y a plusieurs façons d’être intelligent dont l’une – comme par hasard – serait votre spécialité. »

« J’en déduis qu’on parle d’une chose qu’on ne sait pas définir, sauf que certains en possèdent plus que d’autres. »

« Exactement. Si on commence à définir l’intelligence, ça va ficher le bazar parce qu’on ne sera pas sûr que les plus intelligents soient vraiment les plus intelligents. »

C’est mal !

10 novembre, 2018

Quelle malchance !

Malborough

Malbouffe.

Ce malandrin

Est bien malavisé.

Il a pris un malaise,

Ce n’est pas un malabar.

C’est un mâle

Malformé.

 

Go ! go ! go !

9 novembre, 2018

Je vais tout de go

A Chicago

Jouer au jeu de go

Et lire Victor Hugo.

Puis, je planterai du sorgo

Sous le ciel bleu indigo

Avec Diego

Un gringo

Dingo

Qui vient du Congo.

Un saint ?

8 novembre, 2018

« Je vais me faire béatifier. »

« Vous êtes au courant que c’est le pape qui décide d’une éventuelle béatification ? »

« Oui, mais j’ai un bon dossier. Il l’a sûrement remarqué. »

« On peut savoir ? »

« J’ai été sympa et gentil avec tout le monde. J’ai donné aux Resto. J’ai aidé autour de moi, même Dugenou qui me doit toujours 100 balles. »

« C’est peut-être un peu juste. Pour être bienheureux, il faut montrer des vertus de manière exemplaire ou héroïque. »

« Si vous croyez que c’est facile de se montrer sympa avec le patron ou offrir des fleurs à sa secrétaire Mademoiselle Patouillard. Et prêter de l’argent à Dugenou, ce n’est pas héroïque ça ? »

« Non, pas tellement. Vous avez fait ce que tout le monde fait. Moi aussi, je suis bien obligé de faire des sourires à mon patron. »

« Ah bon ? Vous donnez aux Restos aussi ? Vous aidez les vieilles personnes à traverser les rues ? »

« Tout à fait. »

« Je me trouve quand même héroïque parce que je suis gentil avec tout le monde, et l’inverse n’est pas vrai. Regardez… J’ai aidé Mollard à déménager… Eh bien, il vient de me piquer un dossier !  Figurez-vous qu’il m’a demandé pourquoi je lui faisais la gueule ! »

« Pour être béatifier, non seulement il faut faire le bien, mais il faut aussi accepter avec une égalité d’âme qu’on vous fasse du mal. »

« Bon… Si je comprends bien, je ne dois pas casser la figure à Mollard. Voilà qui tombe bien, il est plus costaud que moi. »

« En plus, vos petites histoires de bureau n’intéressent absolument pas le pape. Il faut faire quelque chose d’extraordinaire. Par exemple, partez au bout du monde pour sauver des enfants de la maladie ou de l’ignorance. »

« D’accord, mais alors il faudrait me payer l’hôtel et le voyage. »

« Vous rigolez ! Vous devez souffrir autant que ceux que vous sauvez et peut-être plus encore. »

« Alors, si on se donne du mal pour faire du bien à mon voisin de bureau, ça ne compte pour rien ? »

« Si !  Ça compte. Vous vous sentez mieux. Vous avez bonne conscience ! »

« J’aurais la conscience encore plus libre quand Dugenou me rendra mon fric. »

« Soyez généreux. Un bienfait n’appelle pas forcément un bienfait en contrepartie. Il ne faut pas attendre de récompense de vos bonnes actions. »

« C’est un peu décourageant. »

« Certes, mais vous montrerez que vous êtes fait d’un autre bois que ces misérables tâcherons cupides, égoïstes et mesquins qui vous entourent. »

« Et pour se faire canoniser, c’est compliqué ? »

Mais si !

7 novembre, 2018

Messire,

Ces messagers

Messins

Ne sont pas le messie,

Mais c’est pas le diable non plus.

Ces messieurs

Sont des mécènes.

Avec eux, allons à la messe.

Ma doctrine

6 novembre, 2018

« Moi, j’ai créé une doctrine. »

« Vous, non ! »

« Et pourquoi, non ! »

« Une doctrine, c’est une école de pensée qui a vocation à devenir universelle. Karl Marx, par exemple, a créé une doctrine ou alors Auguste Blanqui. Il faut être très intelligent pour créer une doctrine. »

« Ah bon ? Et quand je pense quelque chose, ce n’est pas une doctrine ? »

« Non, c’est une opinion personnelle, tout au plus ! Votre opinion, c’est votre opinion, mais ce n’est pas une explication du monde qui vous entoure. »

« Par exemple, si je dis que Dugenou et mes collègues de travail cherchent à briller comme des hypocrites devant le patron pour obtenir une promotion, ça n’explique pas le monde ? »

« Non ce qui explique la marche du monde, c’est que les hommes se déchirent entre eux depuis la nuit des temps pour obtenir des avantages, bien dérisoires la plupart du temps. »

« Et l’hypocrisie, ce n’est pas une doctrine ? »

« Non plus, c’est le résultat d’une combinaison : on se bat comme des chiens les uns contre les autres, mais on fait comme si on était copains, parce que la civilisation n’admet plus les combats à mort. »

« Bon, alors si je ne peux pas créer de doctrine, il faudrait que j’en choisisse une qui me fixe une ligne de conduite. Qu’est-ce que vous me conseillez ? »

« C’est-à-dire qu’il y en a beaucoup et aucune qui soit meilleure qu’une autre ! »

« Par exemple, je pourrais essayer le naturisme qui enseigne que l’homme doit physiquement s’intégrer à la nature, mais je ne veux pas me mettre tout nu. J’ai ma pudeur quand même ! »

« Euh… Désolé, mais le naturisme habillé, je ne sais pas si ça existe. »

« Je pourrais être monarchiste, peut-être ? »

« C’est original, il en faut, mais je vous signale que nous ne sommes pas près de voir revenir un roi sur le trône de France ! »

« Et l’hénologie ? Personne ne connait, je n’ai rien compris, mais je pourrais dire que c’est ma doctrine. »

De part en part

5 novembre, 2018

Parmi

Les particuliers

De Paris,

Une partie

Est partie,

Après une party,

Par ici

Ou Par là.

C’est parfait.

C’est mal !

4 novembre, 2018

Quelle malchance !

Malborough

Malbouffe.

Ce malandrin

Est bien malavisé.

Il a pris un malaise,

Ce n’est pas un malabar.

C’est un mâle

Malformé.

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