C’est le Z !

20 juin, 2018

A Zanzibar,

Revoilà ce zazou,

Ce zozo

Qui zozote

Et zézaye.

Il sème la zizanie

En zigzagant

Sur son zinzin.

C’est un zéro.

Deux sauvages

19 juin, 2018

« Je suis une bête sauvage. »

« Ah bon ? Vous allez rire : moi aussi ! »

« Je suis un être libre. Je fais ce que je veux !  Je ne respecte pas les conventions sociales, moi. »

« Moi, encore moins. Par exemple, je vis dans un tonneau. Pas de problème de logement ! Pas d’étrennes à la concierge ! Pas de disputes avec les voisins ! »

« Pas mal, mais moi je n’ai pas de boulot et je n’en cherche surtout pas. Pas d’horaires, pas de voisin de bureau ! Je ne suis jamais surbooké, moi ! »

« D’accord, mais moi j’ai fait encore mieux : j’ai eu un travail, mais je l’ai laissé tomber du jour au lendemain, sans prévenir personne, pour bien marquer mon indépendance d’esprit ! »

« C’est bien, mais je fais encore plus fort. Moi, je n’ai pas de Smic, de Rsa ou de machins comme ça.  Bref : aucune aliénation ! »

« Alors vous vivez de la charité publique ! »

« Oui, et si ça ne marche pas, je mords les gens comme le véritable animal sauvage que je suis. »

« D’accord, mais j’ai remarqué que vous lisez, c’est un début de civilisation, alors que moi, je n’ai jamais ouvert un livre. Je suis complètement inculte. Je ne sais rien. Ce n’est pas moi qui risque de me laisser emprisonner par la pensée dominante. »

« Pardon, pardon ! Je n’ouvre que des documents bêtes à pleurer. Par exemple, les hebdomadaires de télé. Et je ne regarde que les images, moi, monsieur ! »

« Je vous ai vu aussi sourire aux gens. Vous voyez bien que vous essayez de vous intégrer dans la société ! Tandis que moi, je fais la gueule ! Inutile d’essayer de m’amadouer par des flatteries ! Un vrai sauvage, je vous dis ! »

« Pas du tout ! Je souris hypocritement pour qu’ils me donnent de l’argent. Je suis un sauvage, mais rien n’empêche d’être un sauvage astucieux et malhonnête ! »

« Vous avez vu ? Moi, je n’ai pas de bagnole ni télé ! Quand je vois tous ces gens prisonniers de leurs volants, je les plains. Vive la sauvagerie libre ! »

« En même temps, vous seriez bien en peine de vous achetez une voiture. Vous n’avez pas un rond. En revanche, moi je vole les voitures et tout ce dont j’ai besoin. C’est ça, la vraie liberté ! »

« Oui… enfin… les flics ne sont pas d’accord. Ils vous mettent en prison de temps en temps tout de même, non ? »

« Peut-être et alors ? Je sui libre en prison, voilà tout ! »

« Allez, j’ai deux sandwichs, je vous invite à mon festin royal. Vous avez la liberté de refuser bien entendu ! Nous sommes entre sauvages libres ! »

L’amoureux d’Evreux

18 juin, 2018

A Evreux,

Il est amoureux

Et heureux.

Il n’est pas affreux

Ce ténébreux

Vigoureux.

Il n’est ni miséreux

Ni sulfureux.

C’est un pieux.

Ce n’est pas moi !

17 juin, 2018

Monsieur le commissaire, je nie tout en bloc.

En classe, je n’ai jamais recopié mon devoir de maths, le lundi matin à huit heures moins le quart, sur celui de Dugenou, lui qui sacrifiait tous ses dimanches après-midi à écrire l’original pour tout le monde.

Non, je n’ai jamais déclaré une grave maladie, les jours de composition d’histoire. Il se trouve que malencontreusement, certains virus frappaient ce jour-là.

Non, je n’ai jamais fait semblant d’oublier mes affaires de gym pour éviter de faire quinze tours de stade ou mes affaires de piscines pour ne pas me taper dix longueurs de bassin.

Comment ? Prétendre que j’étais champion de moto-cross pour attirer l’attention de la belle Sylvie ! Comme si c’était mon genre !

Ce n’est pas moi non plus qui ai recopié un poème de Théophile Gautier pour lui faire croire que j’avais fait des vers à son intention et que j’étais, par conséquent, un grand romantique !

Moi ? Lancer un pavé dans la vitrine du Mac Do pour exprimer ma révolte d’adolescent ? Certainement pas, vous devez confondre, monsieur le commissaire. A la rigueur, je dis bien : à la rigueur, j’ai – peut-être – jeté une petite tomate sur les forces de l’ordre. Et encore, je ne suis pas sur qu’elle n’ait pas atterri sur les premiers rangs des manifestants. 

Je n’ai absolument pas conduit la voiture de mon père sans le permis que la puissance publique tardait à m’attribuer. C’est faux ! Même pour épater la belle Sylvie !

Quoi ? Qui fait courir le bruit que je me serais introduit au stade, dans la tribune des supporters, pour flanquer la pagaille ? Hein ? Il y a des videos ? Qu’est-ce que ça prouve ? Vous savez bien que tous les supporters ont le même air d’abrutis !

J’aurais envoyé mon copain Dumoulin pour pointer à ma place à Pôle Emploi ? Alors là, c’est risible ! Ce n’est pas de ma faute, si avec un bonnet enfoncé jusqu’aux oreilles, nous avons à peu près la même allure.

Comment ? Je vous aurais insulté anonymement par Internet ? En émettant des doutes sur la moralité du comportement de votre maman ? Monsieur le commissaire, c’est impossible, je ne la connais pas. Je ne saurais me prononcer sur ses habitudes.

Les pieds de cannabis retrouvés dans ma chambre ? C’est un coup monté, monsieur le commissaire. La fleuriste me les a fourgués alors que j’avais l’intention de cultiver paisiblement un rhododendron de manière à faire un exposé très intéressant en classe de sciences nat.

Les huit téléphones portables trouvés dans mon casier auraient été des portables volés ? Quelle ignominie ! Je les ai achetés à des vendeurs de rue. Oui, à un prix défiant toute concurrence ! C’est interdit maintenant de faire de bonnes affaires ?

Le croissant volé à monsieur Boulard, le boulanger… Bon, là j’avoue…. Mais je lui ai expliqué comment je faisais. C’était pour rendre service à cet honnête commerçant.

Dansons la salsa.

16 juin, 2018

Pas de sarcasmes !

Dans la Sarre,

On a trouvé dans un sarcophage

Un tsar

En sarong.

C’était un Sarrazin

Qui pêchait des sardines

En dansant la sarabande.

Dans le fond …

15 juin, 2018

Je vais exprimer le fond de ma pensée

En regardant le fond de ma coupelle

Où ma glace fond.

J’ai fait mes fonds de tiroir.

Je n’ai plus de fonds.

Je touche le fond.

Je ne ferai plus du ski de fond.

Je ne serai plus mineur de fond.

Pourtant, dans le fond,

J’ai un bon fond.

Réconciliation

14 juin, 2018

« Il faudrait que nous nous réconciliions. »

« Non, ça ne va pas être possible. »

« Et pourquoi donc ? »

« Nous ne sommes pas d’accord sur le fait que c’est vous qui avez tort. Comment se réconcilier dans ces conditions ? »

« C’est vrai, d’autant plus que c’est vous qui avez tort. »

« Nous pourrions nous réconcilier partiellement. Nous serions en paix le lundi, le jeudi et le samedi, par exemple. »

« Je préfèrerais le dimanche. Comme ça, vous pourriez m’invitera à déjeuner. Ce serait une sorte de gage de paix. »

« Le mieux, c’est que nous nous réconciliions sur des sujets à propos desquels nous sommes d’accord. »

« C’est-à-dire que si nous sommes d’accord, il n’y a pas besoin de nous réconcilier puisque nous n’étions pas fâchés. »

« C’est vrai ! Il faut se concentrer sur nos sujets de désaccord. Je vous propose d’entrer dans une phase de négociation pour examiner les conditions dans lesquelles une paix durable pourrait s’installer entre nous. »

« D’accord, nous pourrions partager les torts. On pourrait dire que j’ai à moitié tort et vous avez à moitié tort. »

« Je ne vois pas comment je pourrais avoir à moitié tort dans le fait que vous m’avez volé mon agrafeuse. »

« Pardon, pardon ! Vous avez doublement tort : d’abord d’avoir laissé trainer votre agrafeuse sur votre bureau, ensuite en prétendant qu’elle vous appartient alors qu’elle a été payée par le budget de la société. Nous sommes donc en présence d’une agrafeuse collective. »

« Pardon, pardon ! Elle m’avait été attribuée ! Je ne dois pâtir du fait que vous perdez toutes vos affaires. »

« Je suis peut-être un peu brouillon, mais moi je suis généreux : je prête mes affaires, moi ! Tenez ! Je vous prête mon agrafeuse. »

« Si je comprends bien, vous me prêtez mon agrafeuse ! »

« Bon, je propose qu’on mette en place une application qui dirait à qui appartient l’agrafeuse à un moment donné. Et pourquoi pas, le paquet de trombones que vous ne m’avez jamais rendu. »

« Très bonne idée. Voilà enfin une utilisation intelligente des nouvelles technologies. Mais il n’est pas question que je vous rende mon fauteuil. »

« Ni moi, votre secrétaire. Je vous propose donc de ne pas nous réconcilier. »

« Entendu, cher ami. Enfin un point d’accord entre nous. »

L’histoire de l’enfant et de ses éléphants

13 juin, 2018

Cet enfant,

Dans son pantalon bouffant,

Suivi par son faon,

Joue de l’olifant

Pour appeler ses éléphants

Qui arrivent triomphant

En philosophant.

C’est ébouriffant !

Bon anniversaire !

12 juin, 2018

« Vous avez vu ? Je viens d’attraper 50 ans. »

« Ah bon ? Comment aurais-je pu m’en douter ? »

« C’est écrit sur Facebook. Et dans ces conditions, il est d’usage de m’envoyer un message. »

« Vous savez tout de même que les gens ont des messages préprogrammés et qu’ils envoient le même à tout le monde. »

« Oui, je sais, je fais la même chose. Mais c’est une manière de ne pas se sentir seul. Quand je vous dis : bonne journée, vous vous doutez bien que je me fiche de la journée que vous allez passer. Sur Facebook, c’est pareil, vous devez me souhaiter bon anniversaire, même si vous n’en avez rien à faire. »

« Je comprends. La civilisation nous conduit à faire des choses sans raisons valables. Et le progrès technique reproduit cette démonstration d’hypocrisie sociale. »

« Remarquez bien que rien ne vous empêche de vous intéresser sérieusement à l’âge que j’ai. Fais-je un bon cinquantenaire ? Ai-je conservé ma vigueur de jeune homme ? Ou bien ai-je acquis un peu de cette sagesse propre à l’âge avancé ? »

« Je vois… je vois… Voilà beaucoup de questions intéressantes, mais figurez-vous qu’aujourd’hui, j’ai plein de rendez-vous ! »

« Je vois ce que c’est. Monsieur n’a pas le temps de s’intéresser à moi. Ne vous inquiétez pas, vous n’êtes pas le seul. Parmi tous les messages que j’ai reçus ce matin, aucun ne s’est inquiété de savoir si j’abordais le prochain demi-siècle avec sérénité et maturité. Un tel souci ne figure pas dans les messages préprogrammés. »

« Comme quoi l’informatisation permet de se délivrer beaucoup d’obligations, mais escamote un peu la nécessité d’approfondir les relations humaines. »

« Oui, je crains qu’un jour, le langage soit réduit à quelques mots programmables, c’est-à-dire qui n’impliquent pas un échange de sentiments. »

« Bon, j’ai une idée au lieu de vous envoyer un message : bon anniversaire tout sec, je vais vous envoyer ce même message avec une icône qui représentera un thermomètre, comme ça vous ressentirez la chaleur de mon intention. Est-ce que ça vous va ? »

« C’est mieux que rien, à condition d’être vigilant, il ne faudrait pas que votre thermomètre indique une température négative, ce qui me froisserait. »

« C’est vrai qu’il faut faire attention aux émoticônes. L’autre jour j’ai expédié quelques mots au patron, mais je me suis trompé d’émoticône. Il a crû que j’étais écœuré par ses nouvelles directives. »

« Résumons-nous, monsieur le directeur-adjoint, puis-je considérer qu’en dépit de votre lourde charge de travail, vous me souhaitez un bon anniversaire avec chaleur ? »

« Tout à fait Dugenou ! Vous voyez : je sais combiner l’intérêt des technologies avec ma gestion des rapports humains. Nous gagnons ainsi beaucoup de temps ! »

Méli-mélo

11 juin, 2018

Au Mali

Amélie

Au goût de mélisse

Chante une mélopée.

Tandis qu’à Saint-Malo

Mélodie

Fredonne sa mélodie.

C’est un méli-mélo

Mais ce n’est pas un mélo.

123456...344