Choses diverses

25 février, 2009

Les vases sont fâchés. Ils ne se parlent plus. Il n’y a plus de vases communicants.

Le participe est passé tellement vite que je n’ai pas eu le temps de l’accorder, dit l’élève.

Mon identité est complexe, elle vaut plus qu’une pièce.

J’ai suivi une manifestation monstre, mais j’ai été déçu, il n’y avait pas de monstres.

La manifestation se déroulait dans un quartier sensible, tout le monde pleurait.

Il alluma la lumière, on se  demande bien ce qu’il aurait pu lui faire d’autre compte tenu du fait que la pièce était éteinte lorsqu’il est entré.

Monsieur Artaban était-il vraiment fier de lui ?

Pourquoi dit-on qu’une chandelle est fière ? Il n’y a pas de quoi…

Il ne faut pas tuer la poule aux œufs en chocolat surtout si l’on aime le chocolat.

Il faut prévenir les maladies… qu’elles risquent de provoquer des malades.

Un enfoiré

23 février, 2009

Ouragan Apaisé déambulait dans le village en réfléchissant gravement aux évènements qui agitaient la tribu. La fraîcheur matinale obligeait les vieilles squaws à se couvrir d’une couverture en sortant de leurs tipis. Mais le Comanche savait que le soleil qui se dissimulait encore, s’élèverait bientôt, haut dans le ciel. Les femmes étaient déjà revenues de leur corvée de bois sec, elles avaient allumé des feux pendant que les enfants se chamaillaient en tournoyant autour de leurs jupes. Les guerriers âgés vérifiaient des armes alors que les jeunes gens étaient partis pour la chasse depuis longtemps.

Ouragan Apaisé connaissait chacun des membres de cette tribu. Il aimait à s’arrêter auprès de chaque foyer pour converser avec les uns et les autres. Il appartenait aujourd’hui au Conseil des Sages et ses avis étaient reconnus pour leur pondération et leur subtilité. Lorsqu’il était enfant, ses amis recouraient déjà à ses services pour trancher des litiges.

Présentement la situation politique de son village présentait une grave difficulté. Cheval Fourbu venait de rejoindre les mânes de ses ancêtres sans laisser de descendant de sexe masculin. Il était évidemment inenvisageable de consacrer l’une de ses filles à la tête de sa tribu. Le Conseil des Sages avaient longuement délibéré pour décider de l’attitude à adopter devant une situation que personne n’avait connue à ce jour.

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La marquise revient….

22 février, 2009

L’homme du peuple aborda le Roi.

- Que veux-tu manant ? s’indigna le Roi

- Oui que veut-il ce manant ?  répéta servilement la suite du Roi d’une seule voix.

L’homme du peuple dit qu’il s’appelait Martin et non pas manant et qu’il voudrait un peu plus d’argent pour vivre.

-          De l’argent ? Combien gagnes-tu par mois ?

L’homme du peuple répondit qu’il ne gagnait rien étant donné qu’il était corvéable et taillable à la merci de son seigneur. Le Roi se dit, qu’en effet, il y avait là un petit problème social.

La Marquise qui fort opportunément, se trouvait dans la suite royale, sentant vibrer la sensibilité de sa Majesté toujours très à l’écoute de son peuple, fit une proposition salariale :

-          Sire, trois pièces d’or pour ce brave homme ! Ce pourrait être une bonne plate-forme pour démarrer d’éventuelles négociations !

-          Très bonne idée, Marquise !

Le Roi se tourna vers son Ministre des Finances, lequel avait déjà signifié à sa Majesté que les caisses royales étaient épuisées sans compter les dettes de la Reine auprès de ses fournisseurs vestimentaires qui se révélaient particulièrement insistants.

-          Ministre ! Comptez donc trois pièces d’or à ce brave homme ! Soyez donc un peu à l’écoute des plus fragiles de notre peuple ! Parbleu !

La Marquise frétilla d’aise : elle venait de marquer un point aux dépens de ce Ministre qu’elle honnissait, Monsieur de Bercy.

Mais l’homme du peuple, ayant empoché sa subvention, ne s’éclipsa pas.

-          Quoi, encore ? S’impatienta sa Majesté

-          Sire, je voudrais de la considération !

-          De la quoi ?

Pris au dépourvu par un mot qu’il ne connaissait pas, Sa Majesté se tourna vers la Marquise en l’interrogeant du regard. La Marquise qui, elle non plus, n’avait jamais entendu parler de considération pour le peuple, hésita un instant. Puis, elle interpella le Ministre des Finances :

- Vous avez entendu Monsieur de Bercy ? Veuillez donner un peu de considération à ce brave homme !

Le moral des français est beaucoup plus élevé que ce qu’on raconte……

21 février, 2009

Epargnant au revenu modeste, ravi d’ouvrir un livret A dès l’ouverture de sa banque…

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La vie en bleu

21 février, 2009

- Je n’ai encore jamais vu ça !…. 

Le docteur Garofalo, psychiatre reconnu dans les milieux scientifiques, n’avait effectivement jamais vu un tel cas… ou plutôt jamais entendu de telles fariboles. L’homme qui se tenait devant lui, dans son cabinet, lui décrivait des symptômes étranges.

Il souffrait d’une obsession : il disait ne supporter que la couleur bleue. Il était constamment habillé en bleu de la tête au pied, y compris à ce qu’il assurait, les sous-vêtements. Son crâne rasé était teint en dégradé de bleus. L’homme portait visiblement des lentilles qui lui donnaient un regard bleu gris. L’ensemble lui conférait une allure inquiétante.

La façade de la villa où il vivait avait été également été repeinte en bleu roi. Cette fantaisie lui avait valu les foudres de l’administration qui ne pouvait pas laisser dépareiller un charmant paysage rural par une horreur pareille. Le procès engagé par l’Etat contre l’homme durait depuis des années. Toutes les voies de recours étaient loin d’être épuisées. Condamné par plusieurs instances, l’homme allait saisir la Cour Européenne des Droits de l’Homme, c’était une question vitale pour lui. L’été, il passait ses vacances entre ciel et mer, sur un voilier dont les structures et les voiles arboraient plusieurs tons d’indigo. Là, vêtu d’un short et d’un maillot de la même couleur, il coulait deux mois de l’année perdu au milieu de l’azur. Enfin seul et paisible.

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Les malheurs de Lucien Grognasson

20 février, 2009

Lucien Grognasson est enrhumé. La tête comme un caisson, le nez qui coule, l’humeur en berne. Pour ce qui est de la mauvaise humeur, le voisinage a l’habitude, il peine à faire pire. Voici qu’il croise dans l’escalier Mademoiselle Dulampion, toujours aussi fraîche. D’un joli mouvement de tête, elle salue gaiement Monsieur Grognasson :

-          Bien le bonjour, Monsieur Grognasson, comment allez-vous aujourd’hui ?

Lucien Grognasson saisit la balle au bond. Il dit qu’il va très mal, qu’il a surement la grippe. On dit qu’elle est chinoise cette année et donc certainement mortelle.

Mais Mademoiselle Dulampion connait bien notre homme :

-          Voyons ! voyons ! Monsieur Grognasson, ce n’est sans doute qu’un gros rhume…

Monsieur Grognasson n’est pas ravi qu’on minimise son affection. Il répond qu’il avait un cousin qui croyait aussi souffrir d’un rhume et qui n’en est jamais revenu. C’était durant cette drôle de guerre.

La queue de cheval de Mademoiselle Dulampion s’agite affectueusement :

-          Je vais vous donner le remède de ma grand-mère, Monsieur Grognasson : vous coupez un oignon en deux sur votre table de nuit et il vous débarrassera de vos microbes pendant que vous dormez ! Ce n’est pas merveilleux ?

Monsieur Grognasson ne trouve pas. Il faudrait une consultation médicale et des remèdes qui aient l’air beaucoup plus sérieux qu’un oignon. Même coupé en deux.

La nuit suivante, Monsieur Grognasson essaie le truc de Mademoiselle Dulampion. On ne sait jamais, se dit-il. Le lendemain les fosses nasales de Monsieur Grognasson sont largement dégagées. Il croise de nouveau Mademosielle Dulampion à laquelle il est bien obligé d’avouer son succès thérapeutique.

Mais, du coup, Monsieur Grognasson est abattu : il n’a plus de motif à avancer pour se faire plaindre ! A tout hasard, il claudique un peu en rentrant chez lui. Mais Mademoiselle Dulampion est déjà partie de son pas souple et léger. Cette jeunesse n’a pas beaucoup d’attention pour ses aînés, tout de même !

Un peu d’Histoire….

19 février, 2009

Le 11 février 1352, la cérémonie du  sacre du  Roi Charles le Bel se déroulait dans la cathédrale de la bonne ville de Reims dont Maître Tisserand était l’un des notables les plus connus par l’ampleur de sa pratique, laquelle l’entraînait à fréquenter les hautes dames de
la Cour, et l’un des commerçants les plus réputés par la finesse des soieries qu’il faisait venir d’Orient grâce à d’intrépides voyageurs qu’il savait récompenser de leur hardiesse.

Vêtu de son meilleur mantel pour se protéger de la froidure, notre homme sortit de sa demeure bourgeoise, dès le jour, pour tenter d’apercevoir le nouveau souverain. Sur la place du Marché, la foule s’agitait comme la fourmilière dérangée par le pas du promeneur ; la rumeur incessante de la cohue était dominée par les cris des bonnes femmes énervées ou les chansons grotesques des pochards avinés. Des jongleurs montraient leur dextérité à un cercle de curieux ; sur une estrade, des comédiens donnaient une pantomime silencieuse où il était question d’un roi de pacotille ridiculisé par ses courtisans, sous les railleries du public qui s’esbaudissait ainsi que tous les peuples le font lorsqu’on se moque des Grands qui nous gouvernent.

Maître Tisserand aperçut enfin la taverne de Maître Barbichet. Devant sa porte, un marchand de vin faisait rouler ses barriques en hurlant qu’on lui fasse place. En descendant les trois marches qui menaient à la salle commune, il eut déjà les narines assaillies par des relents délicieux de la cuisine de Madame Barbichet et les oreilles abasourdies par le chahut des clients excités par le nectar de Maître Barbichet, lequel surgit en tendant les bras au nouveau venu.

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Poème surréaliste

18 février, 2009

Un tas de problèmes

Un flot de mensonges 

Un lot de consolation ou alors de chaussettes 

Un monticule ridicule 

Un amas de contradictions

Des tonnes de complexes

Une cargaison mal arrimée et pas arrivée

Des wagons de marchandises avariées

Un empilement prêt à s’effondrer

Des entrelacs de carcasses rouillées

Un torrent de montagne

Une montagne qui accouche

Un paquet mal ficelé

Un tombereau de fumier

Un ramassis de brigands

Une avalanche de bonnes nouvelles

Une meule de foin ou alors de fromage

Une palanquée de réformes

Une marée humaine

Une bordée d’injures

Et trois perles de rosée

Une controverse historique

17 février, 2009

 Il est un fait historique peu connu des spécialistes du XVII ème siècle. Pendant que sa Majesté Louis XIV s’éclipsait pour guerroyer aux frontières du royaume, il avait coutume de confier le pouvoir à un cousin éloigné dans lequel il avait entièrement confiance. Il se nommait « Louis XIV bis ». Malgré sa petite taille et son teint cuivré par le soleil, il avait une allure faite de noblesse et d’élégance qui forçait le respect des courtisans. Son goût des belles lettres et des arts plaisait aux dames de la Cour qui se pressaient lors de ses apparitions dans l’espoir d’être remarquées.

En ce bel après-midi de printemps, Louis XIV bis déambulait, très à l’aise dans le pourpoint modestement paré qu’il avait coutume de porter sur ses terres languedociennes. A ses cotés, l’abbé Dufourneau suait sang et surtout eau dans sa soutane d’ecclésiastique et son embonpoint de gastronome.

-          Voyez-vous Dufourneau, pour vous l’Art s’arrête à la chaste reproduction de quelques bondieuseries éthérées…..!

-          Certes, votre Majesté. Mais vous savez que notre sainte mère l’Eglise condamne fermement toute reproduction du corps humain dans un autre contexte.

-          Mon bon Dufourneau, pour résumer ma pensée, je dirais que votre Eglise n’entend rien à l’Art…

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Comment occuper un bloggeur ?

16 février, 2009

Le bloggeur pourrait donner son avis sur l’incompréhension dans le couple ou alors la misère du monde, en pestant contre l’injustice, ou alors sur la suprématie de la tarte aux pruneaux sur la mousse au chocolat en valeur énergisante.

Mais quand il pense à tous les pauvres tarés qui construisent frénétiquement leurs blogs sur ce genre de thèmes en s’imaginant que le monde entier attend leurs pauvres opinions, le bloggueur est découragé.

Et puis de toute façon, sur les rapports entre les hommes et les femmes, ça fait plusieurs siècles que ça dure, si quelqu’un avait la solution, tout le monde serait au courant.

Quant à la misère du monde, le bloggeur qui –notons-le- est matériellement très à l’aise puisqu’il a le temps d’écrire sur son blog, ne se sent pas très bien placé pour en parler.

Pour ce qui est de la recette de la tarte aux pruneaux, le bloggeur n’est pas sûr de mobiliser les masses populaires sur ce sujet.

Il pourrait parler de rien, c’est-à-dire du néant. Mais que dire sur rien ? Le bloggeur lance un jeu : que dire de rien ?

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