Tout va bien!

2 mai, 2009

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La fin du monde ?

2 mai, 2009

Au milieu des ruines, quatre tables, dressées avec fantaisie, les attendaient. Elles se faisaient face deux par deux, si bien que les convives pourraient discuter à leur aise. Marcus Pouliquen avait trouvé quatre chandeliers et leurs bougies qui jetaient, présentement, une lueur vacillante sur les lieux désolés.

En ce 28 mars 2098, Marcus Pouliquen figurait parmi les quatre survivants du grand séisme tellurique qui avait emporté la France la semaine précédente. Les hommes avaient torturé la Terre jusqu’à l’épuisement. Depuis une décennie, raz-de-marée, tremblements du sol, sécheresses et cataclysmes en tous genres s’étaient succédés à un rythme de plus en plus vif. Les scientifiques avaient calculé que le genre humain s’éteindrait définitivement le 29 mars. A l’issue d’une secousse ultime de l’écorce terrestre, le soleil disparaîtrait à jamais de la vue des Terriens et leur vie s’éteindrait.

Les quatre survivants qui s’étaient regroupés sur le sol français avaient décidé de passer leur dernière soirée ensemble sur ce qu’ils pensaient être les restes du Champ de Mars. Paris était réduit à un chaos indescriptible : crevasse, amas de béton, échafaudages tordus. Les principales artères étaient méconnaissables. Marcus Pouliquen avait repéré néanmoins le gigantesque entrelacs de ferraille à l’endroit où se dressait la Tour Effel. Il invita donc ses compagnons à vivre là leurs derniers instants qui étaient aussi ceux du monde qui fut humain.

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Jeux de mots (suite et sûrement pas fin)

1 mai, 2009

Le soupirant soupire sur la soupière pleine de poussière.

L’empereur Sylla, si las, prononça une seule syllabe, s’assit là, puis vacilla.

Tonton tond ton thon, venu velu.

Le strasbourgeois, atteint de strabisme, s’assied sur le strapontin avec son stradivarius.

Une poulette a fait une boulette sous la houlette de Paulette.

Déçu, il enterre le bilan de l’Inter de Milan.

Elle est gaffeuse et affreuse avec son agrafeuse.

Debout longtemps, il jeta des boulons tant et plus, puis des bouts longs de bouleau ainsi que beaucoup de bouts courts.

Il a lancé un pétard qui tarde à tarabuster le tartare.

Après avoir distribué des étrennes, la reine a la migraine et égrène sa peine.

En cuisinant une marmelade dans la marmite, le mormon et la maman de la marmaille marmonnent.

Dans sa supérette, Laurette chante l’opérette.

J’apprends par cœur, avec cœur, la vie de Jacques Cœur.

La vie d’un autre

30 avril, 2009

Je menais pourtant une petite vie très tranquille. Comptable dans une imprimerie familiale, je ne craignais pas pour mon emploi, comme tant d’autres. A cette époque, les affaires marchaient plutôt bien. Paradoxalement, depuis l’avènement de l’ordinateur, alors qu’on nous promettait la civilisation du « zéro papier », les foyers étaient de plus en plus envahis de messages publicitaires dans les boîtes aux lettres. Certes, les computers permettaient des manipulations merveilleuses, mais les hommes et les femmes de ma génération ne pouvaient s’empêcher de tirer sur papier leurs photos de vacances, leurs diplômes ou leurs relevés bancaires. Tout ce que l’industrie de l’imprimerie comptait de fins stratèges en avait donc déduit qu’il existait entre l’être humain et la manipulation du livre, du journal, du bulletin, de la lettre, un rapport affectif et quasi charnel qui résisterait à l’écran, à la technologie et au temps. En un mot, nous nous frottions les mains.

Le patron André Soupiron avait hérité sa maison d’une longue lignée d’imprimeurs. Et il avait su la maintenir à flots en s’adaptant à toutes les évolutions. André Soupiron vivait comme un homme simple qui gouvernait une cinquantaine de salariés de façon simple. Point de leçon de management, mais du travail, de la rigueur, de la discipline et de la convivialité. Il savait fermer les yeux sur les écarts quand il sentait qu’ils n’étaient pas causés par la mauvaise foi, la paresse ou l’incompétence. Mais, il ne transigeait pas avec les fainéants, les troublions, les casseurs d’ambiance ou d’autres choses.

Je partageais mon bureau avec Mademoiselle Perruchon, la secrétaire de direction, au-dessus de l’atelier. Vingt-cinq ans de boutique derrière elle, Mademoiselle Perruchon connaissait tout et tout le monde. Quand son bec d’aigle et son regard d’acier, derrière ses lunettes à fortes montures, se posaient sur vous, vous saviez déjà qu’elle connaissait par avance l’objet de votre question. Beaucoup ne l’aimaient pas, mais André Soupiron ne pouvait s’en passer tant elle se montrait efficace et donc précieuse. Mes premiers rapports avec Mademoiselle Perruchon avaient été difficiles pour ne pas dire coincés. Mais j’avais appris à la connaître : il suffisait d’être déférent et de louer, par moments, sa compétence pour obtenir d’elle beaucoup plus que ne l’imaginaient ses détracteurs.

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Compte à rebours

29 avril, 2009

- treize à la douzaine ou treize à table, invite donc ta mère, ça fera quatorze,

- douze apôtres ou alors les douze signes du zodiac : je suis bélier, si ça intéresse.

- onze joueurs de foot avant l’expulsion de l’arrière gauche,

- dix petits nègres ou alors dix de der ou alors je vous répète dix fois la même chose

- neuf à la coque ou propre comme un sou

- huit heures du soir, mets les infos,

- sept péchés capitaux ou alors sept petits nains, huit si l’on compte Blanche-Neige, et neuf avec la sorcière,

- six œufs ou bien six mètres au saut à la perche, c’est beaucoup,

- cinq filles du docteur March (le pauvre) ou encore cinq heures, c’est la sortie des bureaux, c’est pas trop tôt,

- quatre mousquetaires ou quatre barré ou bien ne coupez pas les cheveux ainsi,

- trois mousquetaires (avant qu’ils ne rencontrent d’Artagnan) ou bien trois coups de cuiller à pot, ni vu ni connu, je t’emballe,

- deux font la paire ou alors deux et deux font quatre quand tout va bien,

- un Hun,

- zéro pointé ou encore zéro est arrivé,

- moins un ! Il fait froid pour la saison !

Et toc !

28 avril, 2009

Chez moi, tout doit être parfait. Dans le moindre détail. Je suis toujours en train de ranger, de laver, d’épousseter, de nettoyer. Je passe l’aspirateur trois fois par jour, je vérifie mes robinets toutes les heures. Je casse les pieds à mon entourage pour des babioles. Dès que mon mari déplace un bibelot dans le salon, je me précipite pour le remettre en place. Au centimètre près : j’ai pris des mesures. Je suis intraitable.

C’est grave, je suis sûre que c’est grave : je dois avoir un TOC où alors quelque chose comme ça. Et puis, en plus, j’utilise des expressions qui reviennent à tous bouts de champ dans mes propos : « C’est un détail, mais….. », par exemple ou alors « Soit dit en passant… ». Remarquez bien que mon mari dit toutes les cinq minutes : « Mon pauvre chérie… », ou alors « J’en mettrais pas ma main au feu… », ou encore « Ca fait pas un pli… ». C’est très énervant. Les gamins, ce n’est pas beaucoup mieux. Lorsqu’ils déclarent d’un air hautement convaincu : « C’est clair… », vous pouvez être sûr que ce ne l’est pas et qu’ils sont justement en train de préparer un coup tordu.

Ma copine Juliette m’a conseillé de consulter un psy. Je l’ai écouté, d’ailleurs j’ai intérêt : c’est ma dernière vraie copine.

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Lucien Grognasson prend les affaires en mains

27 avril, 2009

Monsieur Grognasson n’en démords pas : 

- C’est facile de dire que tout est la faute à la crise!

- Il y a cinquante ans, on avait moins d’argent mais la France allait beaucoup mieux!

- Remettons en vigueur les vieilles recettes qui marchent!

Lucien Grognasson a des solutions !

L’équipe de France de foot, ça ne va pas du tout!  Les célèbres footballeurs de 1958 jouaient un ton au-dessus. Il faut rappeler Kopa, Fontaine et Piantoni et jouer en WM comme au bon vieux temps.

D’ailleurs, il n’est pas content du gouvernement non plus. Il pense immédiatement à proposer le Ministère de l’intérieur à Léon Blum et puis peut-être les Affaires étrangères à Clémenceau, ça ira mieux.

A la télé, les programmes sont lamentables! Il inaugurera dès la prochaine rentrée sa nouvelle grille. Denise Glaser et son Discorama reviendra le dimanche à l’heure du gigot dominical. Puis, il mettra Le Manège Enchanté et Nounours en prime time etla Séquence du Spectateur de temps en temps.

Quant à l’économie nationale, il faut qu’il s’en occupe également. Il va remettre en circulation les anciens francs de 1959 qu’il avait gardés entre ses piles de draps, à gauche dans l’armoire de sa chambre.

C’est quand même pas difficile!

Un secret du vatican

26 avril, 2009

Sa Sainteté Jean-François Ier se montrait d’une grande maladresse. Au début de son règne, ses  écarts de conduite s’expliquaient sans doute par une inadaptation naturelle à ses fonctions sacrées, sur la fin je pense qu’il jouait adroitement de sa gaucherie. Le pape ne pouvait effectuer une sortie officielle sans proférer une bourde diplomatique ou commettre une gaffe politique. Pendant ses audiences, il lui arrivait fréquemment de tancer ses interlocuteurs dans un langage simple et direct qui n’avait jamais été entendu dans les couloirs du Vatican.  

Dès son sacre, la presse internationale commença à brocarder le nouveau pape dans toutes les langues. Mais aucun journaliste ne sut jamais la vérité sur son élection et son pontificat. La vérité que je tiens de Monseigneur l’Archevêque Célestino Biaggi sur son lit de mort, je suis à ce jour seul à la connaître.

Je suis l’abbé Gianluca Martinelli. En ce 27 septembre 2018, je viens de confesser Monseigneur l’Archevêque Celestino Biaggi avant que Dieu ne le rappelle à Lui. Lié par le secret de la confession, je ne trouve pas d’autre moyen de me délivrer du lourd secret qu’il m’a confié : je l’écris.

Il y a deux ans, notre très Saint-Père, le regretté Benoit XVI décéda. Ses funérailles et sa succession furent organisées selon les règles édictées par son prédécesseur Jean-Paul II en 1996.

Monseigneur Biaggi, en tant que Maître des célébrations liturgiques du Saint Père, fut chargé de la gestion matérielle du conclave.

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Une histoire à l’eau de mer

25 avril, 2009

Ce matin, je prends mon thé sur la terrasse. Des écharpes de brumes s’attardent encore sur mon horizon maritime, mais je sais qu’elles se lèveront rapidement et que le ciel se dévoilera, lumineux, superbe. Comme tous les matins d’ailleurs.

Le vol affolé des mouettes en quête de leur pitance du matin me distrait un instant.

Autre rite journalier : l’hélicoptère a déposé les domestiques à six heures. Maria s’active dans la chambre. Alexandre s’occupe du petit déjeuner. Pierre travaille déjà dans la roseraie, sécateur en mains.

Lorsque j’ai acquis cette île perdue au milieu de l’Adriatique, j’avais l’impression d’avoir acheté le paradis pour moi seule. Personne ne la connaissait, elle ne figurait sur aucune carte. En construisant une villa de 20 pièces, dotée de tout le confort moderne sur les hauteurs de l’île de Birighi, je pensais même avoir inventé le paradis de mon vivant. Voilà dix ans, que je m’y suis assignée à résidence.

J’avais oublié un acteur insinuant et perfide : l’ennui. En dégustant la confiture de figues qu’Alexandre se procure chez le producteur, je suis obligée de m’avouer que je n’ai aucune idée de la manière dont je vais occuper ma journée. La question était la même hier et les jours d’avant et sera identique les jours suivants. Je ne suis dotée d’aucun don botanique. Pierre s’occupe admirablement de mes massifs, je n’ai plus que la peine de cueillir le fruit de ses efforts. Sur le plan artistique, le bilan n’est pas meilleur : les efforts méritoires de mes parents pour m’inculquer un peu de solfège sont enterrés depuis longtemps. De toutes façons, si une envie soudaine de musique classique me taquine, j’ai les moyens de convoquer immédiatement les meilleurs solistes européens pour un concert privé.

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Un peu de maths, ça ne fera de mal à personne

24 avril, 2009

Marcel est étudiant en maths. Il a chez lui l’intégrale de Serge Lama et une collection de produits dérivés de la morphine. Son comportement est donc tangent par rapport à la loi normale. Certains soirs, son taux d’alcoolémie croît de manière exponentielle. Parfois il sort en se soustrayant à son cercle familial et prend froid à ses sinus.

Marcel multiplie les paraboles pour essayer d’expliquer son chemin sinusoïdal. Il pense qu’il doit explorer ses limites faute de quoi son chemin va tendre vers l’infini et il ne trouvera pas de solution à son équation personnelle. Un jour, il verra la vie sous un angle droit, de manière carrée, avec hauteur et pourra tracer une parallèle avec la ligne droite suivie par son père ou entrer en corrélation positive avec le coefficient de détermination de ses aïeux.

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