Euh… !

27 janvier, 2018

Je forme des vœux

Pour ces deux

Gueux

Qui font un jeu

Avec des œufs

En criant : meuh !

Comme des bœufs,

Près du feu,

Tout en fumant de la beuh.

C’est le C

26 janvier, 2018

Près du lac

Le duc

Sur son roc

Se moque

Du mec

Sans bac.

Il n’ira pas en fac.

C’est Luc

Un blanc-bec.

Les choses qui comptent

25 janvier, 2018

« Quelles sont les deux choses les plus incontestables sur Terre ? »

« Qu’est-ce que vous entendez par là ? »

« Les deux choses qui s’imposent d’elles-mêmes, comme des vérités immanentes que personne ne songe à remettre en cause. »

« Le foot à la télé et le gratin dauphinois. »

« Pas du tout. »

« Alors quoi ? »

« Le soleil et la pluie.  Essayez – par exemple – de contester le soleil, vous m’en direz des nouvelles ! »

« Si on va par là, il y a aussi la vie et la mort. »

« Non ! La vie, les médecins la contestent en essayant de l’allonger. Par le fait même, ils contestent la mort. Certains en seraient même revenus ! »

« Bon d’accord, le soleil et la pluie. Et après ? »

« Et après, je trouve que c’est fantastique de penser que dans trois cent ans, les soucis majeurs des hommes seront le soleil et la pluie. Les présentatrices de bulletin météo ont une longue carrière devant elles. »

« C’est vrai, les parapluies et les ombrelles seront des objets qui traverseront les siècles, voire plus. »

« Oui, mais ils évolueront. Je pense que nous aurons bientôt des drones-ombrelles et des drones-parapluies qui suivront leurs propriétaires pas à pas, pour les protéger des ardeurs du soleil ou des pluies diluviennes. »

« Ce serait pas mal, en effet. J’ai toujours tendance à oublier mon pépin, quand je me rends quelque part. Le drone-parapluie me rendrait un fier service en me suivant sans que j’y pense ! »

« Pendant que j’y pense, on pourrait aussi imaginer un drone-service. Ce serait un drone qui nous suivrait en se chargeant de tout ce qu’il ne faut pas oublier quand on part de chez soi le matin : portefeuille, carte bancaire, carte de parking, téléphone portable… »

« Oui et par moment, il ne nous suivrait pas, mais il nous montrerait la direction, ça m’éviterait d’oublier de passer à la boulangerie pour acheter une baguette en rentrant chez moi, ou d’aller au pressing pour récupérer la jupe de Josiane. »

« En plus, vous pourriez coupler votre drone et votre hologramme. »

« Ah bon, comment ça ? »

« Imaginez que vous n’avez aucune envie d’aller chez votre belle-mère. Vous envoyez votre hologramme qui sera guidé par votre drone et hop ! Le tour est joué ! »

L’enterrement du corsaire

24 janvier, 2018

Le corpulent

Cordonnier

Avec  sa cornemuse

Cornaque

Le cortège

Derrière le corps

Du corsaire

Corse

Dans son corbillard.

Vivement le mois de mars !

23 janvier, 2018

« Quel est le mois de l’année que vous préférez ? »

« Moi, c’est le mois de mars, à condition que Pâques tombe en avril. »

« C’est curieux comme choix. »

« Non, c’est le mois le plus tranquille. Il n’y a aucune fête, rien à célébrer. On se contente d’égrener paisiblement 31 jours, sans être obligé de se demander ce qu’on va faire pour honorer la saint-Truc ou la saint-Bidule. »

« Pourtant, vous avez le mois de mai qui est pas mal avec pleine de ponts ! »

« Non, justement ! On est obligé de se demander ce qu’on va faire pendant les ponts. En plus, il y a un vice fondamental dans le mois de mai, c’est que le 8 tombe 7 jours après le 1er, si bien que si le 1er mai est un dimanche, le 8 est aussi un dimanche et vous l’avez dans l’os ! »

« Et le mois d’août ! Ne me dites pas que vous n’aimez pas le mois d’août ! »

« Je hais le mois d’août. C’est encore un mois où il faut absolument « partir ». Résultat on se retrouve à plusieurs millions sur les autoroutes, suant comme des porcs, puis sur les plages pour prendre des ballons de volley dans la figure. Ou pire encore dans les aéroports pour dormir parterre parce que les pilotes sont en grève. »

« Moi, j’aime bien le mois de février. Le ski, les soirées au coin du feu, tout ça… »

« Vous trouvez ? Les routes sont enneigées, vous vous gelez les doigts parce que vous ne savez pas monter vos chaînes sur vos pneus et au final vous avez le plaisir de passer une nuit dans un centre d’hébergement en attendant que la route soit dégagée. »

« Vous ne voyez que le mauvais côté des choses. »

« Vous avez raison. Le mois de février a deux avantages. Le premier, c’est la Chandeleur, j’aime bien les crêpes. Le second, c’est qu’il est le mois le plus court, ce qui permet d’arriver rapidement au mois de mars. »

« Je ne vous parle pas du mois de décembre, évidemment ! »

« Il ne vaut mieux pas. Chercher des cadeaux qui vont finir au fond des placards. Bouffer comme quatre pour avoir mal à la tête le lendemain. Souhaiter la bonne année à des gens qui se fichent de celle que vous allez passer. Merci bien ! »

« Et le mois d’octobre, ce n’est pas mal, non ? Il n’y a rien. »

« Justement, comme il n’y avait rien, on est allé chercher Halloween chez les Américains. Le résultat, c’est comme je n’ai jamais de bonbons pour les enfants qui viennent sonner chez moi, je passe pour le vieux rapiat du quartier. »

« On n’a encore pas parlé de novembre. »

« C’est le pompon ! Aller sur les tombes sous lesquelles on finira bientôt. Merci ! C’est bon pour mon moral ! »

« Juillet et septembre, je suppose que ce n’est pas la peine d’en parler ? »

« Juillet, c’est le tour de France que les français ne gagnent plus depuis 40 ans ! Septembre, c’est le souvenir de ces jours maudits pendant lesquels j’ai eu mal au ventre à chaque rentrée des classes. »

« Il nous reste janvier. »

« Non plus, c’est le mois pendant lequel je passe mon temps à me dire qu’il va falloir se taper une dizaine d’autres mois complètement pourris. »

Cécile change de job

22 janvier, 2018

En Suisse

La sensass

Cécile

A des soucis.

Elle cesse

Le saucisson.

Elle fait sécession

Et va à Soissons

Faire du social.

Le corbeau et le renard (suite)

21 janvier, 2018

« Qui est le plus blâmable, le courtisan ou le courtisé ? Le corbeau et le renard ? »

« Pour moi le plus sympa, c’est le renard. Il n’a fait que profiter astucieusement des faiblesses maladives du corbeau ! »

« Certes, mais enfin, ce qu’il a fait, c’est techniquement un vol de fromage, c’est immoral et c’est puni par la loi. »

« Primo, la loi n’existe pas entre animaux, à part la loi du plus fort. Secundo, la loi ne règle pas tous les rapports entre êtres vivants. »

« Et la morale qu’est-ce que vous en faites ? »

« Vous trouvez morale cette façon qu’a le corbeau de se prendre pour le meilleur chanteur de tout le voisinage ? »

« La morale n’a rien à faire là-dedans. Qu’il soit le meilleur, c’est peut-être faux, mais ce n’est pas illégal de le dire. Moi, je peux prétendre que je suis le meilleur joueur de pétanque du quartier, ça ne dérangera personne. Le corbeau est comme un honnête homme, victime d’un vol. C’est tout ! »

« C’est comme ça. Il y a un domaine où la règle n’existe pas. Le jour ou le délit de prétention ou de suffisance existera, on sera tous en prison. Pour le moment, c’est le plus fort ou le plus malin qui s’impose. C’est une survivance des temps préhistoriques. »

« Si je comprends bien, pour vous, c’est l’honnête corbeau qui a tort. »

« Votre corbeau, il n’est pas honnête avec lui-même. S’il l’était, il saurait que ce n’est pas lui qui chante le mieux dans la forêt et de loin. En plus, il n’est pas très malin. »

« Vous déplacez le problème. La question ce n’est pas d’être malin, c’est que le fromage appartenait au corbeau. Point barre. Si vous êtes plus malin que moi, ça ne vous autorise pas à me voler ma machine à laver. »

« Votre corbeau est doublement idiot. D’abord de se prendre pour ce qu’il n’est pas, ensuite pour ne pas aller féliciter le renard pour sa ruse. Il aurait pu se faire que l’amour-propre du renard soit flatté et qu’une fenêtre de négociation s’ouvre. »

« Donc, vous vous êtes partisan de négocier avec un voleur ? »

« L’autre solution aurait pu être que le corbeau casse la figure au renard. »

« On peut au moins reconnaître au corbeau la modestie d’avoir compris qu’il était plus faible physiquement ! Il n’est donc pas si prétentieux que ça ! »

« C’est vrai. Lorsqu’on est le moins fort et qu’on le sait, on discute. Le corbeau aurait dû opposer sa ruse à la ruse du renard. A la rigueur, il aurait pu s’allier avec d’autres. Par exemple, payer des hommes de main pour aller reprendre son bien par la violence. »

« Euh … il faudrait d’urgence une suite à cette fable… »

« Et alors, pour vous qui est la plus blâmable, la fourmi ou la cigale ? »

La basse-cour

20 janvier, 2018

Il fait un froid de canard

Ça caille !

Chemin faisant,

Il rencontre des nids de poule,

Mais il est fier comme un paon.

Ce n’est pas une poule mouillée,

Il ne vit pas comme un coq en pâte.

Il ne sera jamais le dindon de la farce.

Et encore moins un pigeon.

Alain et Constance

19 janvier, 2018

Alain ne fait pas le malin

Cette vedette à des dettes,

Mais il a une entente avec sa tante

Et avec Constance dans ces circonstances.

Celle-ci verse des larmes et s’alarme.

C’est une bonne poire qui donne de l’espoir.

Elle se met du fard quand elle a le cafard.

Elle n’est pas nette cette minette.

Vite !

18 janvier, 2018

« Je suis hésitant. »

« Comment ça hésitant ? Il faut aller plus vite. Regardez ce que je fais, moi, je suis un homme qui va droit au but. »

« Oui, mais vous pouvez vous tromper. Le seul avantage que vous avez, c’est que vous tombez dans l’erreur plus rapidement que les autres. »

« Et alors ? Je n’ai pas peur de me tromper. Hésiter ce n’est pas très courageux, moi je suis quelqu’un de viril. Décision rapide, exécution rapide. »

« Certes, mais vous tireriez du bénéfice à comparer les avantages et les inconvénients des différentes solutions qui s’offrent à vous. Je ne sais pas si c’est courageux, mais au moins c’est intelligent. »

« C’est ça, oui. Prenez donc votre temps à réfléchir. On voit bien que vous n’êtes qu’un intello, pas un homme de décision comme moi. »

« Lorsque vous vous trompez, vous perdez encore plus de temps que je n’en passe à réfléchir. En plus, vous vous sentez légèrement coupable puisque vous n’avez pas réfléchi à ce que vous faites. »

« Et vous, c’est pire ! Quand vous vous trompez, vous le faites en ayant bien réfléchi. Vous perdez du temps deux fois. »

« Oui, mais moi je sais pourquoi je me suis planté, je n’en fais pas un fromage. Je prends le temps d’analyser les causes de mon échec et je recommence en modifiant les modalités de mon action. »

« Vous vous rendez compte de ce que vous dites ? Droit au but ! »

« Votre problème, c’est que vous bondissez sur la première solution qui passe à portée de mains, en vous fermant la possibilité d’en trouver d’autres. »

« Dites tout de suite que je suis idiot. »

« Pas forcément, mais vous vous fermez à l’innovation. C’est important d’innover, c’est ce qu’on appelle le progrès ! »

« Alors si je comprends bien, parce que je n’aime pas lambiner, je suis anti-progressiste. »

« C’est un résumé un peu expéditif, mais il y a de ça. La rapidité de décision et d’action n’est jamais une preuve d’efficacité. »

« Je vois ! Monsieur est en train de faire l’éloge de la lenteur, pour justifier sa tendance à l’inaction, voire à la paresse ! »

« Je vous dis qu’il faut prendre le temps de cerner le problème et puis d’envisager toutes les solutions, même l’inaction. Dans certains cas, ne rien faire peut être une solution préférable à d’autres plus risquées. »

« Et ma réputation de fonceur ? Vous me voyez, moi, choisir de ne rien faire ? »

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