Aux armes !

24 novembre, 2018

A Armentières,

Sonne une alarme.

Dans ce vacarme,

Le gendarme

Qui a du charme,

S’arme

Sans finir son jambon de Parme,

Ni sa marmelade.

Pour tous les âges

23 novembre, 2018

Dans le village,

Le sage,

Le mage,

Et le page

Font le ménage

Avec courage,

Sans ambages,

Sans rage,

Contre des gages.

Histoire trouble

22 novembre, 2018

Cette beauté

Ne sera pas dotée.

Elle a fauté,

Elle a fricoté.

C’est culoté !

C’est un pas de côté.

Elle est très mal notée.

Cette empotée.

Les 4 saisons

21 novembre, 2018

« Il y a 4 saisons. C’est comme ça et pas autrement. »

« On ne pourrait pas en glisser une cinquième ? Par exemple entre l’hiver et le printemps ? Il y a toujours 4 ou 5 semaines pendant lesquelles on ne sait jamais si l’hiver est encore là, ou si c’est déjà le printemps. Le résultat, c’est que je ne sais jamais comment m’habiller. »

« Non, c’est interdit. Le nombre de saisons est limité. »

« Alors créons-en une toute petite de 15 jours, du 1er au 15 septembre. Je n’ai pas tellement le moral à cette époque. C’est la rentrée avec tous les soucis que ça procure. L’été s’enfuie et pourtant elle est toujours là, résistant vaillamment. Ça me remplit de tristesse. »

« Non, je vous dis ! On ne touche pas aux saisons. Si tout le monde rajoute la saison qui lui fait plaisir, je ne sais si vous voyez le bazar. »

« Alors, on pourrait en supprimer une. L’hiver, par exemple. Comme ça, on ne pourra plus parler des rudesses de l’hiver. »

« Et la poésie du blanc manteau qui s’étend sur la campagne, vous en faites quoi ? Et le chiffre d’affaires des stations de ski, vous en faites quoi ? »

« Pfff ! les poètes pourront toujours s’en tirer en décrivant les feuilles mortes de l’automne qui tourbillonnent dans le vent. Quant aux skieurs, ils feront du ski de printemps, c’est très chic, le ski de printemps ! »

« Pas question ! Si on touche aux saisons, qu’est ce qu’on fait des 4 saison de Vivaldi ? Vous vous rendez compte du nombre d’entreprises qui seront obligées de changer leur musique d’attente téléphonique. »

« Ah oui, je n’y avais pas pensé. D’autant plus qu’on ne peut pas faire revenir Vivaldi pour qu’il nous fasse la musique des 5 saisons. »

« Donc, on ne touche pas aux saisons ! Je vous vois venir : si vous changez les saisons, vous allez vouloir de nouveaux mois. On n’y comprendra plus rien. »

« Vous êtes un peu ringard. Les indiens avaient déjà manipulé les saisons à leur guise en étendant l’été jusqu’au 31 octobre. Vous connaissez l’été indien ? « 

« Il a fallu que Joe Dassin déterre cette vieille histoire ! »

« J’ai une idée. On pourrait garder les mêmes saisons, mais chacun aurait la liberté de les faire commencer et finir quand il voudrait. »

« Vous n’avez pas plus nulle comme réforme des saisons ? »

« Par exemple, moi, j’arrêterai l’été au 31 août et je commencerai l’automne au 1er septembre, comme ça, ce sera plus clair. J’affronterai les rigueurs de la rentrée avec plus de conviction. »

« Et pourquoi pas arrêter l’hiver au 31 décembre pendant que vous y êtes ? »

« Super-idée ! D’habitude, le mois de janvier est très déprimant. On pourrait le faire glisser au printemps. Les commerçants seront ravis d’organiser leurs soldes de printemps en janvier ! Quinze jours d’hiver pendant les fêtes de fin d’année, ça nous suffirait largement ! »

Emploi, chômage, esclavage

20 novembre, 2018

« Et si on rétablissait l’esclavage ? »

« Ça ne va pas la tête ? Nous sommes au XXIe siècle quand même ! »

« C’était pourtant pratique ! Il n’y avait pas de chômage à l’époque ! »

« Nous n’en sommes plus là. Maintenant, il y a le droit et les contrats de travail pour protéger les salariés. »

« Vous êtes conscient que, bientôt, on emploiera les gens pour une heure de travail comme chez les anglais ? »

« Ça n’a rien à voir. Maintenant, il y a le droit et les contrats ! »

« Vous allez sans doute me dire qu’il n’y a que ceux qui veulent se faire exploiter qui sont exploités. »

« Vous m’y faite penser : je vais augmenter ma femme de ménage. Il est vrai que lorsqu’on emploie du personnel de maison, on se sent toujours un peu coupable. Au temps de l’esclavage, j’imagine que les seigneurs aussi se sentaient aussi un peu coupables ! »

« Pas tellement, ils passaient leur temps à guerroyer ou à festoyer. Les préoccupations sociales leur échappaient un peu. »

« Aujourd’hui, les conditions de travail ont évolué, heureusement. »

« Vous trouvez ? Les femmes de ménage dans les bureaux bossent à partir de 5 heures du matin pour nettoyer votre bureau que vous pourriez d’ailleurs nettoyer vous-même. Mais vous n’avez pas envie de vous tirer du lit avant huit heures. Votre paresse crée du boulot, mais du mauvais boulot ! »

« Je devrais être remercié de salir un peu. Figurez-vous que le bureau de mon voisin Dugenou est toujours impeccable. Je lui ai dit qu’il ne participait pas à la lutte contre le chômage. »

« Vous vous rendez compte du point où on en est. Pour soutenir la création d’emplois, il faut être mauvais citoyens. C’est grâce à votre gamin qui est un petit casseur qu’on augmente en flèche les emplois dans le domaine de la sécurité publique ! »

« Et vous ! ne me dites pas que vous faites exprès de ne pas trier vos déchets pour créer des emplois de trieur dans les entreprises de recyclage ! »

« Si justement ! La population mondiale ne va pas cesser d’augmenter, il faut d’urgence trouver tous les moyens pour endiguer le chômage. Tout le monde ne pourra pas être ingénieur informatique ! »

« Moi, je veux bien, mais alors pas d’esclaves, hein ! »

« Bon d’accord ! Je vous signale qu’au train où ça va on va bientôt employer des gens à cirer nos meubles, nos souliers, à nous faire à manger, à regarder la télé à notre place, à faire nos enfants, à les élever … il ne restera qu’un autre mot à inventer que celui «d’esclaves » »

« D’accord, mais tout cela sera encadré par des contrats légaux et tous les excès seront punis. »

Quel mauvais cuisinier !

19 novembre, 2018

Ouille !

Cet homme-grenouille

Touille,

Ecrabouille

Pour faire sa tambouille.

Au menu, des nouilles

Avec de la rouille.

Mais il cafouille,

Alors il a la trouille.

Confession

18 novembre, 2018

« Je m’accuse d’avarice, de jalousie, d’égoïsme, d’envie, de colère, de paresse, de gourmandise et d’orgueil. »

« Mais mon pauvre, on en est tous là. A partir du moment où votre principale préoccupation, c’est vous-même, vous collectionnez tous ces défauts. »

« Je sais. En fait l’état naturel de l’homme, c’est de vivre avec cette collection de péchés. Parfois, par mégarde, il s’occupe momentanément des autres, alors il fait preuve d’une vertu, mais c’est comme un soubresaut dans un océan de médiocrité. »

« Eh bien, on est bien monté ! Vous êtes d’un pessimisme noir. »

« Je tiens à ne pas me prendre pour ce que je ne suis pas, c’est pour ça que je vous confesse tous mes péchés. Je sais que ce sont les péchés de tout le monde. Je ne suis même pas capable de commettre de péchés originaux, c’est pour vous dire où j’en suis. »

« Allons, allons, mon ami, vous avez certainement quelques vertus. »

« Oui, j’ai aidé une vieille dame à portée ses sacs, mais c’était un peu pour avoir la conscience tranquille. Non seulement on vit tous dans le péché, mais en plus on se fend d’une bonne action de temps à autre pour ne pas s’apercevoir de nos vilénies. »

« Bon… Calmons-nous. Prenons par exemple la gourmandise. Vous me paraissez au contraire d’un appétit très frugal. »

« Vous rigolez, dès que je suis tout seul, je me rue à la pâtisserie de la mère Michon et hop ! A moi deux ou trois choux à la crème ! »

« Et la paresse ? Vous n’êtes pas plus paresseux que les autres… »

« … qui ne sont pas eux-mêmes très courageux. Au bureau, je fais comme tout le monde : je traîne devant la machine à café en attendant que le temps passe. Vous trouvez ça bien ? »

« Il est vrai que la nature du travail, c’est de fatiguer. On se demande pourquoi refuser de se fatiguer est un péché. »

« Donc, je retire la paresse de mes défauts ? Et la jalousie, vous n’allez pas me l’enlever. Bien sûr que je voudrais avoir la nouvelle bagnole que vous venez de vous acheter ! »

« Je dois dire que j’en suis assez content, mais tout le quartier voudrait la même. Décidément, vous vivez dans le marécage de vos péchés comme tout le monde. La nouvelle, ce serait d’apprendre que vous avez fait une bonne action pour en sortir ! »

« Je sais : je vous ai parlé et en plus, je m’excuse pour tous mes défauts. »

« Je vous accorde mon pardon, mais comme vous avez les défauts de tout le monde, il ne faudrait pas que j’aie à confesser la moitié du département. »

« Comptez sur moi, je ne dirais pas que vous m’avez absous ce qui est sympa, puisque je vais pouvoir repartir de zéro. Aujourd’hui, ça va mais dès demain, je vais être radin, avare, orgueilleux, etc… 

« Et vous reviendrez vous confesser tranquillement dans huit jours… »

Double jeu

16 novembre, 2018

Eloi n’est pas hors-la-loi,

Il sort de l’asile avec Basile.

Par le car d’Oscar,

Ils vont à Arles, chez Charles.

Ils retrouvent Thomas qui a mal à l’estomac,

Le beau Thibaud,

Adam et sa brosse à dents,

Ainsi que Virgile, le vigile.

Il manque Victor qui a tort.

Privé de dessert !

15 novembre, 2018

« Oui, mon enfant, c’est comme ça la vie. Il y a des sommets et des creux. Et quand on est au sommet, il ne faut pas trop faire son malin parce que tout bouge et qu’on peut très facilement se retrouver dans un creux. Inversement, si on est en bas, on peut toujours grimper en haut en faisant des efforts. »

« Si je comprends bien, pépé, c’est comme dans la nature : il y a des vallées, des montagnes et des plaines. »

« Tout à fait mon enfant. Mais il ne faut pas trop de plaines. Si tout était plat, on s’ennuierait et on finirait par se disputer entre nous, vu que – comme tu le sait – l’oisiveté est mauvaise conseillère. »

« Donc, d’après ta philosophie, il faut toujours faire des efforts soit pour gravir les sommets, soit pour ne pas en tomber. Autrement dit, interdiction de glander ! »

« Exactement. Tu fais des efforts et après tu auras la récompense d’avoir vaincu ta fatigue. »

« Euh… oui, mais non… il y a le crédit, pépé. »

« Comment ça : le crédit ? »

« Oui, le crédit. Tu n’as pas besoin de faire des efforts pour économiser de l’argent. Tu demandes un crédit à ta banque et tu peux te payer une bagnole tout de suite. »

« Très mauvais exemple ! Nos aïeux avaient horreur de s’endetter. »

« Ou alors, tu es le fils d’un chanteur à la mode. Tu as tout de suite un boulot sans trop te fatiguer à grimper des sommets. »

« Oui, bon d’accord, il y en a qui se font déposer sur les sommets de la vie en hélicoptère, mais crois-tu que ces privilégiés soient heureux ? »

« Je ne sais pas, mais en tous cas, ils sont moins fatigués que moi qui me tape des devoirs de maths et toutes les grimpettes de l’existence. »

« Euh… y’a bien un moyen pour ne pas finir éreinter. C’est de regarder le paysage en t’élevant. En regardant vers le bas, on a le droit d’être content de soi, et puis ça évite la frustration qu’on peut ressentir en constatant toute la montée qui reste à gravir. »

« Bon d’accord, pépé. Mais toi as-tu gravi tous les sommets ? »

« Non, j’en avais ma claque. Je me suis installé à mi-hauteur est je me suis marré en regardant tous ceux qui crapahutaient pour arriver en haut. »

« C’est un peu dérisoire comme attitude, mais ça ouvre des perspectives. Après tout pourquoi ne pas s’installer au rez-de-chaussée et vivre les doigts de pieds en éventail, en plaignant tous ceux qui se précipitent dans l’ascenseur ou sur l’escalier. »

« Tu ne vas tout de même pas me faire le coup de Diogène qui se fichait de tout sauf de bénéficier d’un rayon de soleil. »

« Il savait être heureux en se contentant de peu. »

« Arrête tes insolences. Tu tiens à être privé de dessert ? »

Ca sent le roussi !

14 novembre, 2018

Dans sa cambrousse

C’est la brousse.

La rousse

A la frousse.

On la détrousse :

On lui vole sa trousse,

Et son Larousse.

Que son chemin, elle rebrousse !

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