Un casseur

5 décembre, 2018

Ce casse-cou

Casse-pied

Jacasse

Puis casse-croûte.

Dans une casserole.

Il nous casse les oreilles.

Quelle bécasse !

Ce n’est pas cocasse.

C’est un vrai casse-tête.

L’apprenti méchant

4 décembre, 2018

-          Je vais essayer d’être méchant. 

-           Faites gaffe, si vous faites du mal aux autres, il faut vous attendre à ce qu’ils vous le rendent. 

-          Ce qui ne serait pas très beau de leur part. Je trouve que le goût de la revanche est tout à fait détestable. 

-          Mais enfin pourquoi voulez-vous être méchant ?

-          J’ai essayé d’être gentil, mais ça n’a pas été une grande réussite. Je me dis que je suis plutôt formaté pour être méchant.

-          Vous pourriez être ni gentil, ni méchant, ça se fait !

-          Ben… personne ne fera attention à moi ! Vous trouvez ça sympa ? Si vous aviez quelque chose pour me faire remarquer qui ne soit ni de la gentillesse, ni de la méchanceté, ça m’intéresse.

-          Bon… alors d’accord. Essayez d’être méchant, mais je vous aurais prévenu. Comment comptez-vous vous y prendre ?

-          Je ne sais pas trop. Je pourrais peut-être vous insulter pour commencer.

-          Non, ça ce n’est pas être méchant, c’est pour vous passer vos nerfs, ça ne dure qu’un instant. Après vous être défoulé, vous vous retrouvez tout bête.

-          Si je vous pousse dans l’escalier, ça compte pour une méchanceté ?

-          Oui, mais une fois que je serai rétabli, nous ne serons pas très avancés. Pour être un vrai méchant, il faut que vous vous inscriviez dans le long terme, sinon vous risquez de redevenir gentil. 

-          Vous avez raison, il faudrait que je sois méchant jusqu’au bout des ongles, mais inventer tous les jours des méchancetés, ça me coûterait beaucoup d’énergie.

-          Remarquez, vous pouvez toujours faire des méchancetés gratuites, ça ne coûte rien.

-          Mon problème, c’est que je n’aime pas tellement faire du mal aux autres. Il n’y aurait pas des méchancetés douces, ça m’arrangerait ?

-          Non, je ne connais pas de méchancetés douces.

-          Je pourrais peut-être essayer d’infliger des blessures d’amour-propre.

-          Faites attention ! Ce sont les plus longues à cicatriser. Les gens vous en voudront pour très longtemps.

-          Ah ! Parce que les gens auront le droit de me détester si je suis méchant ? Vous faites bien de me le dire. C’est que j’aime bien être aimé moi.

-          Alors, soyez un gentil !

-          Je vous ai dit que je ne sais pas faire ! Suivez un peu. L’idéal, ce serait que je puisse être méchant sans que personne ne s’en aperçoive.

-          Ça n’existe pas non plus.

-          Rien n’est fait pour m’arranger. Et si j’étais méchant le lundi et le mardi. Et gentil le reste de la semaine ? Comme ça, tout le monde serait content !

-          Ceux qui vous rencontreraient le lundi ou le mardi pourraient vous rendre la pareille pendant les autres jours…

-          Je leur dirai d’attendre la semaine suivante, pour que je puisse leur répondre dans mes jours de méchanceté.

-          Arrêtez donc de vous poser ces questions. De toute façon, les gens ne reconnaissent jamais être méchants, surtout les vrais méchants.

Des garnements

3 décembre, 2018

Le potache

Cette potiche

Est un pot-à-tabac.

Son pote

Aime le pot-au-feu

Et chante des pots-pourris

Dans son potager,

Dès potron-minet.

La confusion

2 décembre, 2018

-          Quand on y réfléchit, c’est fou le nombre d’informations qu’on reçoit en une journée.

-          En plus, tout se mélange : les discours du pape, le PSG, les problèmes conjugaux de ma tante, les manifs, l’anniversaire de mon gamin, le jour de golf du patron, le dernier film de Dicaprio…

-          Il ne faut pas s’étonner si certaines nous échappent.

-          Il ne faut pas non plus s’étonner si nous devenons tous des êtres confus.

-          Oui, nous sommes bien obligés de faire des priorités. Par exemple, les crises conjugales de votre tante ne m’intéressent pas du tout.

-          Le mieux se serait que tout ça s’organise par journée. Le pape pourrait intervenir le lundi, le PSG jouerait le mardi, ma tante d’épancherait le mercredi, etc…

-          Euh… ce sera difficile d’expliquer au pape qu’il ne doit pas bouger le mercredi, parce que c’est le jour de votre tante !

-          En fait, chaque fois que nous recevons une information, il faudrait lui attribuer un coefficient d’importance. Par exemple, la santé des doigts de pied de Neymar, moi je mets 2 sur 10.

-          Oui, mais pour moi, c’est important. Si le PSG est éliminé, c’est tout le foot français qui va en pâtir. Donc Neymar : 8 sur 10.

-          Le problème, c’est que nous n’avons pas la même échelle de valeurs. Dans ces conditions, comment trouver un sujet de conversation qui nous intéresse tous les deux ?

-          On pourrait faire une nouvelle application sur nos smartphones. Chacun de nous deux attribue une note à chaque information, on fait la moyenne et nous nous occupons uniquement des notes les plus élevés.

-          Non. J’aurais du mal à expliquer à ma tante que ses affaires personnelles n’ont aucune importance au motif que vous préférez discuter du PSG.

-          Donc nous restons dans la confusion, si je comprends bien.

-          Oui, la confusion, c’est la vie, mon vieux. Si tout était rectiligne, claire, ordonné, on s’ennuierait. Là, comme toutes les informations vous tombent sur la tête en même temps, vous pouvez exercer votre libre-arbitre en les hiérarchisant. Quoi de plus humain ? 

-          Vous avez raison. Finalement, c’est mon chat qui a de la chance !

-          Quel rapport ?

-          Il n’a que deux informations à traiter : ai-je quelque chose dans mon auge ? ai-je une place pour faire ma sieste au chaud ?

-          C’est vrai qu’il ne se foule pas beaucoup votre chat. Il ne risque pas la confusion des idées. Mais, nous on n’a pas les moyens de limiter notre capacité d’absorption à deux informations par jour.

-          Il parait que c’est le sommeil qui se charge de remettre en ordre toutes les informations que nous recevons en une journée.

-          Voilà qui me donne un argument supplémentaire pour revendiquer la sieste au bureau. Une demi-heure de sieste après déjeuner, et hop ! Je pourrais repartir frais et dispo pour l’après-midi.

-          Euh… en général, les patrons ne sont pas tellement d’accord.

-          C’est vrai. Le mien préfère que je mélange tout : les affaires, le PSG, le pape, ma tante…

Echecs

1 décembre, 2018

Il a pris sa veste.

Puis il s’est cassé les dents,

En prenant une pelle.

Après, il est tombé dans lac

Où il a vasouillé.

Alors, il a pris une gamelle,

Et allumé un long feu,

Pour faire du chou blanc.

Le parti des mauvais

29 novembre, 2018

« Je vais fonder un parti. »

« Encore un ! On va finir par ne plus rien comprendre. Vous êtes de droite, de gauche ou alors de nulle part ? »

« En fait, je milite pour le droit d’être mauvais. Mon parti, ce sera le lieu de tous ceux qui pensent comme moi. »

« Et vous trouvez ça bien d’être mauvais. »

« Oui. Réfléchissez avant de vous énervez. Aujourd’hui, il faut être bon partout : bon salarié, bon mari, bon père, bonne mère, bon éducateur, bon consommateur, bon épargnant, bon sportif, etc. Et si vous n’y arrivez pas, les journaux vous donnent toutes sortes de conseils pour y arriver. Ne pas suivre ce profil d’excellence est très mal vu. »

« Et alors ? »

« Et alors, les gens vivent dans l’anxiété de ne pas être bon quelque part. Moi, je veux qu’ils arrêtent de se mettre la rate au court bouillon. Si on considère qu’être mauvais dans un domaine est un droit fondamental, il n’y a plus de raison d’être stressé. »

« Vous fondez donc le parti des mauvais. Le problème, c’est que personne n’aime reconnaitre ses faiblesses. »

« C’est bien dommage. La course à l’excellence fait beaucoup de dégâts : dépression, burn-out, mauvaise estime de soi… Moi, je propose de la bonne santé à partir du simple constat que personne n’est parfait. »

« C’est vrai que moi-même, je ne suis pas génial 24 heures sur 24, ni 7 jours sur 7. »

« Donc, dans mon programme, il y aura des formations pour apprendre à ne pas s’en faire outre mesure si on est mauvais sportif, mauvais consommateur, mauvais amant… « 

« On a le droit de faire des progrès dans votre parti ? »

« Oui, si on veut. Mais alors, tranquillement, au rythme qui fait plaisir à chacun. Et si on n’y arrive pas, ce n’est pas grave. Le droit d’être mauvais, c’est aussi le droit d’échouer. Il faut absolument que les gens se décontractent, la vie collective deviendrait moins stressante. »

« Et si on est mauvais quelque part, on a le droit de rester mauvais en ne faisant aucun effort pour en sortir ? »

« Tout à fait. C’est une autre des vertus du droit d’être mauvais. Le fait d’avoir la flemme de progresser se trouve légitimé. Je vous décomplexe en quelque sorte. »

« Bon, j’adhère. Il y a une cotisation ? »

« Pour quoi faire ? Je n’ai pas envie qu’il y ait des bons adhérents qui paient leur cotisation et des mauvais qui ne paient rien. Moi, je suis mauvais en gestion comme vous le constatez. Je montre l’exemple par mes nombreuses insuffisances.»

« Présentons des candidats aux élections. Ils seront mauvais, mais la différence avec les autres, c’est qu’ils le diront. »

L’histoire du chauve

28 novembre, 2018

Le chauve

Chauvin

Chausse

Chaussettes,

Chaussons

Et chaussures,

Au chaud,

Dans sa chaumière

De Chaumont.

Réhabilitons le pied

27 novembre, 2018

« Pourquoi dit-on : c’est le pied quand on est content ? On pourrait très bien dire : c’est la main. »

« La question est importante. Je formulerai une hypothèse : on se réfère au pied parce que c’est l’organe le plus essentiel du corps humain. »

« Pourtant, c’est avec la main qu’on peut agir. Essayez donc de bricoler avec votre pied, vous qui êtes si malin. »

« Certes, mais le pied permet d’exprimer vos émotions. Si je vous dis que je vous attends de pied ferme, vous comprenez tout de suite que je ne vais pas rigoler. »

« C’est vrai. Je vous donne un autre exemple de la capacité expressive des pieds. Si je foule aux pieds vos arguments, ça veut dire que je les méprise souverainement. »

« Vous avez raison. Encore un exemple : si je vous dis que vous me cassez les pieds, vous comprenez que vous m’importunez fortement. Casser la main ne voudrait rien dire. »

« On ne le sait pas assez, mais le pied nous aide à communiquer. Si je vous fais un appel du pied, vous devez immédiatement rappliquer car je dois vous parler. »

« Le pied souffre injustement d’une mauvaise réputation. On dit : être bête comme un pied, alors que ce dernier est très intelligent. »

« En effet, quand je vous fais du pied sous la table, je ne me permettrais pas de le faire avec quelque chose de bête. »

« D’ailleurs, lorsqu’on dit qu’un tel n’a pas les deux pieds dans le même sabot, on souligne bien sa vivacité d’esprit. »

« Le pied est également un excellent témoin de notre santé. Quand on marche droit et ferme, c’est que tout va bien. On dit d’ailleurs : bon pied, bon œil. Dire : bonne main, ne renseignerait guère sur notre état physique ! »

« Vous avez raison : le pied n’est pas un organe bête. On salue fréquemment la sagesse qu’il nous inspire, par exemple quand on affirme que nous avons les pieds sur terre ! »

« En plus, les pieds sont des organes qui ne se laissent pas faire. S’ils ont décidé de se positionner dans le plat, c’est que quelque chose va se passer ! Non mais, alors ! »

« Il faut donc faire très attention à ses pieds. Une imprudence peut très vite nous déstabiliser. Regardez un peu ce qui est arrivé au colosse aux pieds d’argile. »

« C’est exact. Il faut également vérifier que nous n’avons pas d’épine dans le pied. Si c’est le cas, il faut l’enlever, on se sent tout de suite mieux ! »

« Le pied est vital pour notre santé. Lorsque le médecin nous soigne bien, c’est lui qui nous remet sur pied ! »

« J’espère que nous avons réhabiliter le pied. D’ailleurs, son importance apparait encore plus nettement lorsque nous le perdons. Perdre pied, c’est perdre confiance ! »

Drôle d’histoire

26 novembre, 2018

Voyez ce qui suit.

En ouvrant  l’huis,

Lui

Voit le puits

Et le feu qui luit

Ça fait de la suie.

C’est bientôt cuit.

La pluie

S’enfuie

Vers Le Puy

Ne faites pas mon éloge !

25 novembre, 2018

« Arrêtez de faire mon éloge ! Je n’en peux plus ! c’est très gênant ! »

« Qu’est-ce qui vous gêne ? »

« Je ne le mérite pas. Je ne suis qu’un homme après tout avec ses insuffisances, ses défauts, ses faiblesses, ses faille… » 

« En plus, il est modeste, regardez-moi ça ! »

« Vous vous rendez compte : vous ne me rendez pas service. En me plaçant très haut, vous ne me privez de tout droit à l’erreur. Vous, vous pouvez vous payer le luxe de vous comporter comme un gros nullard, tout le monde trouvera ça normal. »

« Je ne voyais pas ça comme ça. »

« Si vous me mettez sur un piédestal très élevé, je risque de tomber et en plus de faire d’autant plus mal que je suis dans une situation élevée. »

« Je suis désolé. Qu’est-ce que je pourrais faire pour vous rabaisser un peu ? »

« Vous ne pourriez pas dire que je suis orgueilleux, outrecuidant, impossible à vivre par mon tempérament trop fat ?»

« Ben… Non, ce n’est pas vrai. Vous êtes un type cultivé, charmant, accessible, généreux. Je voudrais vous ressembler. »

« Non, ne dites surtout pas ça. Certes, vous êtes un peu fruste, simplet, grossier, pas très intelligent, mais ce n’est pas une raison pour faire mon éloge à tout bout de champ. »

« Comment voulez-vous que le commun des mortels progresse si vous refusez qu’on vous cite en exemple ? »

« Ce n’est pas parce que je suis extraordinaire qu’il faudrait que tout le monde soit extraordinaire. Qu’il existe beaucoup de crétins comme vous, ça me convient très bien. Je dirais même que ça me rassure sur mon propre compte. »

« Si je comprends bien, il faudrait que ce soit quelqu’un de votre niveau qui fasse votre éloge ? »

« Non, entre vedettes, on ne s’aime pas. Il y en a toujours un qui veut être plus vedette que les autres. Les gens de haut niveau ne manquent pas une occasion de me dézinguer. »

« Mon pauvre, je vous plains. Les petits ne peuvent pas faire votre éloge, parce que ça vous met trop haut et que vous avez le vertige. Quant aux grands, ils ne peuvent pas dire du bien de vous parce qu’ils ne vous aiment pas. »

« Il y aurait bien une solution ! Dites du mal de moi, beaucoup de mal ! Je pourrais me défendre en rappelant tout ce que j’ai fait de bien. »

« Astucieux ! Si je comprends bien, en faisant votre contre-éloge, je vous permets de faire votre éloge. Et tout le monde est content. »

« En effet, je ne serai pas posé sur un piédestal, je n’aurais fait que me défendre contre de viles attaques ! »

12345...358