Oh ! Oh ! Oh !

7 août, 2017

Plein le dos

De ce faux

Beau,

Sot 

Et haut

Comme un seau.

En un mot,

C’est un veau.

Réunion de travail

6 août, 2017

« Excusez-moi de mon retard, il ne fallait pas hésiter à commencer la réunion sans moi. Nous aurions gagné du temps. »

« Si justement, j’hésitais un peu dans la mesure où nous avions un rendez-vous en tête-à-tête, je ne me voyais pas commencer la réunion seul. »

« Ah bon ? Vous ne faites pas comme les autres ? »

« Comment font-ils les autres ? »

« Toutes les réunions sont une juxtaposition de monologues. Donc, vous pouviez très bien placé le vôtre sans m’attendre. En plus, vous étiez tranquille, ce n’est pas moi qui vous aurait contrarié. Ah ! Excusez-moi, un appel … C’est ma secrétaire…. Comment ? Oui, Julia… Eh bien, vous vous démerdez, je ne peux pas être partout… Excusez-moi, vous savez ce que c’est, avec le petit personnel, il faut s’occuper de tout ! »

« Euh… on peut aussi tenir des réunions qui sont des échanges de point de vue. C’est assez constructif. J’écoute vos arguments et vous écoutez les miens. Après, on regarde si on peut faire une synthèse. Tout ça, dans le calme, sans téléphoner. »

« Ah bon, ce que j’ai à dire vous intéresse ? C’est assez original. Vous n’allez même pas téléphoner à votre mère ou à votre dentiste pendant que je parle. C’est pourtant habituel. Que ferait-on sans téléphone ? »

« Non, moi je coupe mon téléphone et je vous prête attention. C’est respectueux. Dans le temps, les anciens savaient converser. »

« Au XVIIème siècle peut-être… »

« Et en plus je regarde les gens qui me parlent ! »

« Alors là, je n’en reviens pas. Moi, en réunion, je téléphone, je prends mes rendez-vous, je fais mon courrier. Bref, je n’ai pas le temps de regarder mon interlocuteur… Il faut dire que je suis quelqu’un de très occupé. A propos, ça ne vous dérange pas que je termine mon rapport pendant qu’on parle ? »

« Si un peu… Vous vous intéressez à vos réunions aussi ? »

« Une fois que j’ai placé mon monologue, ce n’est pas la peine. Il ne faut pas que je prenne le risque qu’un autre monologue me fasse changer d’avis. Oh ! Excusez-moi, il faut que je réponde à ce texto. »

« Bon… Désolé, moi, je ne réponds à rien. »

« Très bien, où en étions-nous de notre réunion… Ah…zut… Excusez-moi, c’est mon patron ! Vous savez ce que c’est, il faut que je réponde !  Comment ça ?…. Vous partez avant la fin de la réunion ? Comment voulez-vous qu’on travaille dans ces conditions ? … Bon, très bien, vous me laissez tout seul… Je vais pouvoir vous exposer mon point de vue sans être interrompu. Je suis content de cette réunion qui va me permettre de vous dire ce que je pense de votre projet, mon vieux… je ne suis pas du tout d’accord… »

Ce n’est pas du morse

5 août, 2017

Le corse

S’efforce

De bomber le torse

Avec force,

Malgré son entorse.

Il s’est construit une écorce.

Il amorce

Son divorce.

Sec et humide

4 août, 2017

C’est un pète-sec

Qui a fait cul-sec

A Noisy-le-Sec

En cinq-sec.

Il a un tempérament en acier trempé.

Il sait mouiller la chemise,

Sans se mouiller.

Ce sont les autres qui prennent une douche froide.

Le fort et le faible

3 août, 2017

« J’ai l’air fragile, c’est parce que je le suis. »

« Pour affronter les aléas de la vie, il faut être fort. Comme moi. Voilà quarante ans que je suis considéré comme quelqu’un de fort. »

« Félicitations. Moi, je fais partie des fragiles. Un rien me déstabilise, alors faites un peu attention à ce que vous me dites au lieu de faire le malin. »

« Il y a longtemps que vous êtes comme ça ? »

« Déjà à l’école primaire, je faisais partie des faiblards qui n’arrivaient pas à monter à la corde. C’était un signal pour les autres : on pouvait m’attaquer à la récréation sans trop de risques. »

« Si on ne peut rien vous dire, vous êtes invivable. »

« C’est pourtant simple : il suffit de ne pas mettre l’accent sur mes nombreuses faiblesses pour ne pas m’énerver. »

« Et vous, vous pouvez dire n’importe quoi aux autres ? Notamment aux plus forts que vous ? »

« Evidemment, je dois pouvoir vous dire que vous êtes un homme envieux, prétentieux, infatué et vous devez l’accepter puisque vous, vous n’êtes pas fragile. »

« C’est assez injuste. »

« Peut-être, mais moralement, il vous est interdit de vous attaquer à plus faible que vous, tandis que le contraire n’est pas exclu. Que la plus faible attaque le plus fort, non seulement c’est permis, mais c’est considéré comme plutôt sympathique. »

« Bon, alors, je vais me mettre dans les rangs des faibles. »

« Ce n’est pas donné à tout le monde d’être fragile. Il faut avoir peur de tout. Avec votre air tranquille et supérieur, ça ne va pas du tout. »

« Si vous croyez que c’est marrant d’être classé dans les forts. Il faut toujours faire semblant de ne pas s’affoler quoiqu’il vous arrive. C’est assez stressant. »

« J’ai une idée : essayez de vous caser dans la famille des gens raisonnables. »

« Qu’est-ce à dire ? »

« Les gens raisonnables, ce sont ceux qui sont assez adultes pour affronter les épreuves de la vie, tout en gardant une certaine capacité à s’émotionner devant des situations hors du commun. »

« C’est encore plus compliqué que d’être dans la catégorie des gens forts. »

« Oui, mais enfin, c’est ce qu’on appelle être humain. Il faudrait que vous ayez un petit côté vulnérable pour rassurer les vôtres. »

« Qu’est-ce que vous ne racontez ? Vous êtes un être faible, vous ne pouvez donc pas donner un conseil à un fort comme moi.  C’est le monde à l’envers. »

Or donc…

2 août, 2017

A Orange

Oriane

Est dans l’ornière.

Par orgueil,

Elle a mis l’orteil

Dans une orgie

Organisée

A Orly,

Par une ordure

Originale

Couverte d’or.

 

Un bof content de lui !

1 août, 2017

« Quand Josiane n’est pas là, je vais au club de strip-tease. »

« Ce n’est pas très correct. »

« Et en plus, je regarde les filles de l’air d’un bovin libidineux. »

« Je suppose que vous n’êtes pas tout seul dans ce cas. »

« Je fais partie des 70 % de français qui paient une cotisation dans un club de sport sans jamais y mettre les pieds. »

« Voilà qui explique votre embonpoint… »

« … que j’entretiens en picolant de la bière, chaque fois que je suis avec les copains. Sans aucune retenue, ni honte. »

« Alcoolique en plus ? »

« Je vais me coucher à 9 heures du soir parce que je suis tout le temps fatigué. Au lit, je ronfle de manière sonore. »

« C’est Josiane qui doit être contente. »

« Au boulot, je ne fais rien, tout en prenant des airs surbookés comme tout le monde. »

« Vous allez finir par vous faire prendre ! »

« Non, il y a toujours moyen de détourner les reproches sur quelqu’un d’autre. Les gens du service informatique, par exemple. Quand quelque chose ne marche pas, il suffit de dire que c’est de la faute de l’informatique. »

« Joli principe. Et pour les vacances ?»

« J’emmène Josiane, toujours dans le même hôtel à Palavas-les-Flots. Il y a de la bière et on peut suivre le Tour de France. »

« Vous avez une vie passionnante. Vous ne vous ennuyez pas vous-même ? Vous n’avez pas un hobby ? Une passion ? »

« J’avais bien commencé une collection de boîtes de camembert, mais Josiane en a eu marre du camembert. »

« Et vos copains, qu’est-ce qu’ils en pensent ? »

« Ils sont tous taillés sur le même modèle. D’ailleurs dès que l’un d’eux trouve une activité épanouissante, tout le monde le fuit. »

« C’est pourtant intéressant de s’épanouir dans quelque chose. »

« Ce serait terriblement ennuyeux pour les autres, je ne parlerai plus que de ma passion »

« Vous ne croyez pas que vous ennuyez déjà les autres ? »

« Non. Les gens qui me trouvent ennuyeux, je leur jette un regard plein d’autosatisfaction qui les énerve encore plus. »

Les ans passent

31 juillet, 2017

Sur un banc

Il se ronge les sangs

Et il grince des dents.

Il a perdu ses gants

Sans doute à Gand.

Il attend le van

Pour partir à Caen.

Il est lent.

Il fait du vent.

Sale temps !

Jusqu’à quand ?

Bouchons les trous

30 juillet, 2017

« Chers téléspectateurs, ce soir Ernest Baldinguet est notre envoyé spécial sur la plage de Trou-les-Bains et nous rapporte un reportage spécial sur les vacances d’une famille de français moyens, au plus près des réalités de terrain ! »

« Alors, en vacances sur la plage ? »

« Oui, oui… enfin ! On travaille toute l’année. On est contents de se reposer un peu. C’est bien mérité ! »

« Remarquez, en maillot de bain sous un parasol, je me doute bien que vous n’êtes pas en plein boulot ? Pas trop chaud ? Comment luttez-vous contre la chaleur ? »

« On se baigne, on met de la crème, on met une casquette aux petits. Parce que les petits sont fragiles ! Et puis on mange des glaces ! Ouh… on adore les glaces ! »

« C’est bien ça ! Et l’eau ? »

« Elle est bonne. Un peu froide en entrant, mais une fois qu’on y est, elle est bonne… »

« Et les problèmes de budget ? »

« En vacances, on ne compte pas, mais enfin on fait attention tout de même. A midi, c’est sandwich. Et puis, un petit resto à la fin… »

« Et pour les loisirs ? »

« Oh, nous on n’est pas du genre à rester allongés toute la journée. On va se balader … Partout, sur la jetée, sur le port pour voir des bateaux… On va au marché … Ce soir, il y a l’élection de Miss Plage …. « 

« C’est bientôt la rentrée, pas de regrets ? »

« Si un peu, toujours trop courtes ces vacances. On va retrouver le boulot, le métro, les copains à la cantine, le patron … Vous voyez, quoi ? »

« Et le moral ? Pas trop déprimé ?…  Vous êtes en train de plier la tente, ça vous fait quoi ? Fondamentalement ? »

« On est tout beaux, tout bronzés. On pense déjà aux prochaines vacances. Alors, il ne faut pas trop se plaindre. Hein ? »

« Vous ne craignez pas les bouchons pour rentrer ? »

« On va prendre son temps, sans stresser, s’arrêter pour se rafraîchir ! »

« En effet, il faut boire. Et les enfants, pas trop pénibles en route ? »

« Un peu, mais il faut savoir les occuper. Et puis, il va falloir pensée à préparer la rentrée. Les cartables, les habits. Ils veulent tous de la marque ! »

« Mais c’est le même reportage que l’an dernier ? Les questions et les réponses sont complètement nulles ! »

« Oui le sujet aussi, mais on ne sait pas de quoi parler. »

C’est l’heure.

29 juillet, 2017

A Feurs

Ma sœur

Aux bonnes mœurs

N’a pas peur

De donner son cœur

Sur l’heure

A un beur

Qui vend du beurre

Dans  l’Eure.

 

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