Avoir des opinions ?

16 novembre, 2021

« Je suis catégorique ! »

« A quel sujet ? »

« Je ne sais pas, mais quel que soit le sujet je suis catégorique. J’ai des opinions bien tranchées, moi. Je ne suis pas un mou du genou ! »

« C’est dommage ! C’est bien d’avoir un doute de temps en temps ; ça fait progresser. »

« Vous rigolez, les doutes, c’est pour les peureux qui refusent de s’engager. Ce n’est pas mon cas. Quand je pense quelque chose, je m’y tiens ! »

« On ne peut pas vous influencer un peu ? »

« Et encore quoi ? Je vous dis que je suis un dur ! N’essayez pas de me faire changer d’avis ! »

« J’ai pourtant l’impression que vous êtes toujours de l’avis du plus fort ! »

« Et alors ? Il faut avoir un peu de jugeotte. J’aime bien avoir raison et le fabuliste a dit que c’est la raison du plus fort qui est toujours la meilleure. Il suffit de savoir qui est le plus fort. »

« Si on avait tous suivi ce raisonnement, on en serait encore à penser que la Terre est plate. Heureusement que des savants avaient une autre opinion, mais ils étaient minoritaires. »

« Et alors ? Ce n’est pas parce qu’on est moins nombreux qu’on n’est pas le plus fort. »

« Bon ! Etes-vous pour ou contre le fait de repousser le départ à la retraite ? »

« Attendez ! Il faut que je consulte les sondages ! Je veux aussi entendre ce qu’en pensent les journalistes des actualités télévisées ! »

« Si je comprends bien, vous ne pouvez pas vous forger une opinion par vous-même ? »

« Non, monsieur ! Moi, je me documente, c’est ça qui me permet d’être aussi sûr de mes opinions ! »

« J’en conclus que ce sont les sondages et le journal de 20 heures qui forgent l’opinion publique. Ne vous sentez-vous pas un peu manipulés ? »

« Je vous vois venir. Vous êtes de ces gauchistes qui pensent qu’on aurait intérêt à réfléchir avant d’émettre une opinion ? »

« Ce serait peut-être mieux, non ? »

« Pas du tout ! En adoptant l’opinion des plus nombreux, je suis sûr que si nous faisons erreur, je ne serai pas tout seul. Tandis que vous qui faites dans l’originalité, vos erreurs vous enfermeront dans une triste solitude. On se moquera de vous ! »

« Pour le moment, c’est moi qui me gausse de vous ! Vous étiez prêt à croire dur comme fer que la Terre est plate ! Ha ! Ha ! quel benêt vous faites ! »

« Vous faites le malin, mais moi au moins, je n’ai pas été claironné partout que c’est Christophe Colomb qui a découvert l’Amérique, alors qu’on sait que les Vikings l’avaient précédé. »

« Moi, j’ai su changer d’opinion devant des preuves historiques. »

« C’est bien ce que je pensais, monsieur n’a pas le courage de ses opinions. Monsieur change d’avis comme de chemise ! »

Il fait froid dans le cachot

15 novembre, 2021

Dans un cachot

Un manchot,

Un peu gaucho,

Un peu facho,

Un peu macho

Goûte un gaspacho.

Sous son poncho,

Il n’a pas chaud

Malgré son réchaud.

Regards

14 novembre, 2021

« Monsieur, vous êtes un impertinent. »

« Ah mince, qu’est-ce que j’ai encore fait, madame ! »

« Vous ne m’avez pas regardé, alors que tout le monde se complait dans l’admiration de mon allure et de mon visage. »

« Oui, mais la plupart des femmes n’aiment pas qu’on les mate. »

« Oui, et alors ? Vous n’allez tout de même pas nous reprocher nos contradictions. Ce serait la meilleure. Quelle insolence ! »

« Bon, alors, il faut faire comment ? »

« Vous pouvez me regarder sans me mater. Je n’ai pas besoin de vos regards dégoulinant d’arrière-pensées libidineuses. »

« Je vais tenter un regard bovin, ça vous dirait ? »

« Vous recommencez à être effronté. Je suis vivement contrariée. Nous frisons l’attitude sexiste, ce qui est puni par la loi. »

« J’ai une idée : qu’est-ce que vous diriez d’un regard oblique ? Je ferais semblant de regarder ailleurs, tout en vous observant sur le côté. »

« Non, ça ne va pas du tout. Je mérite toute votre attention. Ne commencez pas à me lancer des regards de vieil hypocrite. »

« Donc, si je comprends bien, il faut vous regarder sans vous observer. Qu’est-ce que vous penseriez d’un regard absent ? »

« Non plus. Vous n’avez pas à penser à autre chose en ma présence. Ce serait extrêmement impoli et même insultant. »

« Euh… je ne voudrais pas chipoter, mais vous-même, je trouve que vous avez un regard arrogant, c’est assez dérangeant. »

« Mais je vous regarde comme je veux, mon petit bonhomme. Vous ne croyez tout de même pas avoir mon regard malicieux dès notre première rencontre ? »

« Je n’irai pas jusqu’à espérer que vous puissiez papilloter des yeux en ma présence, mais vous pourriez quand même avoir une légère lueur d’intérêt au fond des yeux. »

« Non mais vous ne voulez pas un regard brûlant d’amour, pendant qu’on y est. Je soutiens votre regard, c’est déjà bien assez. »

« Bon, allez, je vais tenter un regard humide de reconnaissance. Comme ça ! »

« C’est catastrophique, monsieur. Même mon chien n’oserait pas me regarder comme ça. Vous n’avez pas le regard du canin intelligent. »

« D’habitude mon regard canin est toujours considéré comme fourbe ou ironique, et je me prends des gifles. »

« Vous ne savez pas me regarder, monsieur ! »

« Et vous non plus. D’abord, madame, vous pétillez ! Si ! si ! Vous pétillez du regard ! »

Un ton en dessous

13 novembre, 2021

Le tonton

Et son rejeton

Riton

Ont des moutons

Nourris de croutons.

Dans un canton

Breton.

Ils vivent sur des cartons

Avec un petit caneton.

Ils aiment la baston

Et le thon.

Nouveauté !

13 novembre, 2021

Nouveauté

LE LIVRE EST EN VENTE ICI

JE PEUX ENVOYER DES EXTRAITS SUR DEMANDE

 

Une princesse et un manant

11 novembre, 2021

« Monsieur, vous êtes un impertinent ! Vous n’avez pas à faire remarquer que j’ai un grand nez ! C’est très impoli. »

« Ah bon ? Et je peux dire quelque chose de vos yeux de biche, mademoiselle ? »

« Non, c’est peut-être vrai, mais nous n’avons pas vécu une situation de rapprochement suffisant pour que vous puissiez vous autoriser à faire des remarques sur mon physique. »

« Vous, vous m’avez mentionné à tout le monde que j’ai des gros genoux. »

« Oui, c’est normal ! Vous vous êtes un homme. Vous devez supporter vos ingratitudes physiques avec le sourire ! »

« Ah bon ! Et votre caractère acariâtre, je peux en parler ? »

« D’où vous sortez ça ? Je suis d’un tempérament, doux, accommodant et particulièrement agréable lorsqu’on me parle avec élégance. »

« Et vous trouvez ça élégant d’avoir dit à tout le monde que j’avais un caractère colérique, bougon, et accessoirement prétentieux. »

« Vous voyez, vous commencer à monter au créneau. Dites tout de suite que je vous énerve quand je dis la vérité. »

« C’est vous qui avez peur de la vérité, on ne peut rien vous dire. »

« C’est logique ! Je suis une fille hors norme. Vous n’avez pas à juger mes aptitudes physiques ou mental. C’est comme si vous vous permettiez des remarques sur la Vierge. »

« C’est nouveau. Vous vous prenez pour la Vierge Marie, maintenant. Je vais en référer au curé de ma paroisse. Il va sûrement crier au blasphème. »

« Je disais ça pour bien marquer la différence entre vous et moi. Je trouve mon allure et mes paroles pleines de noblesse, alors que les vôtres sont un peu frustes. »

« Ah bon ? Vous trouvez les manières de Dugenou plus convenables ? »

« Le marquis Dugenou ne passe pas son temps à me parler du PSG ou de l’achat de son dernier Smartphone qui m’indiffère complètement. »

« J’espère que vous savez que Dugenou est autant marquis que moi, moine tibétain. »

« Il n’est peut-être pas marquis, mais lui il a le bon goût de me traiter comme une princesse. En d’autres temps, il aurait été de la noblesse. »

« Et moi un paysan du peuple, je présume ? »

« Oui, vous comprenez maintenant que votre modeste condition ne vous autorise pas à jeter un regard sur ma personne. Je ne sais même pas pourquoi je vous parle. »

« Moi non plus, je trouve ça inconvenant. Je vais plutôt m’entretenir avec Thérèse, c’est une ribaude. Mais elle au moins, elle a un nez normal. »

« Thérèse n’est pas une ribaude. Elle fréquente les conversations de mon salon avec assiduité. »

« Et vous parlez de quoi dans votre salon ? »

« Nous nous gaussons des hommes. La semaine dernière, Thérèse nous a fait beaucoup rire à propos de vos gros genoux. »

Attention aux Perses !

10 novembre, 2021

Les Perses

Perfides

Et pervers

Comme des perroquets

Persévèrent

Et percent.

Ce sont des périls

Persifleurs,

Permanents

Et pernicieux.

Fantômes, amour et fantaisies

7 novembre, 2021

« J’ai eu une apparition. Le Duc Arnaud ! Je l’ai vu dans mon jardin ! »

« Qui est-ce ? »

« Le Duc Arnaud se distingua à Marignan, aux côtés du roi François. Je pensais qu’il était mort depuis longtemps !! »

« C’était certainement un fantôme ! C’est fréquent ! Moi, j’ai eu en pension, le Maréchal Fernand, un des héros d’Austerlitz. »

« Le duc Arnaud m’a demandé si je n’avais pas vu la princesse Henriette qu’il courtisait activement. Il l’aime à mourir ! »

« Allons bon ! C’est mal barré, car la princesse Henriette est mariée au prince anglais Henry. Si le duc persiste, on va encore avoir des problèmes diplomatiques avec les anglais. »

« Bref, j’ai dû héberger le duc Arnaud. Nous avons longuement discuté des femmes. Il m’a dit que la bagarre à Marignan n’était rien à côté du mal qu’il se donnait pour conquérir une femme ! »

« A vrai dire, le Maréchal Fernand est lui aussi à la poursuite de la princesse Henriette qui fait tourner bien des têtes. En supposant qu’un fantôme ait une tête qui se tourne, bien évidemment ! »

« Il parait qu’elle est passée chez la mère Duplantier, la concierge de mon immeuble, qui l’a chassé à coups de balai au motif qu’elle n’habitait pas l’immeuble. »

« Il faudrait la retrouver vite fait, je n’ai pas envie que le prince Henry débarque à Calais à la tête d’une troupe d’archers anglais. »

« On pourrait utiliser les réseaux sociaux. Il y a un groupe « Fantômes et compagnie », géré par le fantôme de Jules César, qui n’est pas homme du genre à plaisanter. »

« Je m’en occupe. Vous pourriez avertir la gendarmerie. Il faut qu’ils se remuent, sinon on va avoir une nouvelle guerre de Cent Ans sur les bras. On n’a pas besoin que les anglais nous flanquent une raclée, c’est déjà ce qu’ils font au Tournoi des six nations. »

« C’est-à-dire que depuis le Brexit, ils ne sont pas très conciliants. »

« Le mieux, ce serait de dresser une liste de tous les amants de la princesse Henriette et de leur envoyer un mail pour qu’ils la rendent immédiatement. »

« Si on la retrouve, il faudra éviter que le duc Arnaud la poursuive de ses assiduités. »

« Le mieux serait de lui présenter le comtesse Josiane, vous savez… celle dont le regard diaphane croisa celui du roi Louis qui en resta comme deux ronds de flan. »

« Elle est où en ce moment la mère Josiane ? »

« Elle fricote avec un vieux barbon, le baron Kiki, prétendant au trône de Monaco. D’ailleurs, les monégasques ne sont pas tellement d’accord. »

« Il parait que Josiane attend sa mort de fantôme pour son profiter de son héritage. Je pense qu’il faudrait mieux diriger Arnaud vers la belle Sylvie, une roturière certes, mais elle est plutôt accorte !! »

« Bon, faisons comme ça ! qu’est-ce qu’elle fait Sylvie ? »

« Elle est webmaster dans un journal. Il va falloir qu’elle explique Internet au duc Arnaud, sinon il va encore tournicoter dans le quartier à la recherche de l’amour. Je commence à l’avoir assez vu. »

Sur la colline

2 novembre, 2021

« Je suis monté sur la colline et j’ai cueilli un bouquet d’églantines, mais je n’ai vu personne arriver ! J’en suis marri ! »

« Moi aussi, j’ai fait la même chose. »

« N’aurait-on pas été les objets de quelque manœuvre malicieuse de la part de Josiane ? »

« Je le crains mon bon, nous avons été joués. Le coup est rude, d’autant plus que la montée au sommet de la colline est ardue. »

« Et moi en plus, je n’ai pas trouvé d’églantines. J’ai cueilli des chardons à la place. Croyez-vous qu’elle se soit décommandée à cause de ce changement ?»

« Voilà qui m’étonnerait un peu ! Je la soupçonne plutôt de ne pas faire grand cas de nos assiduités respectives. »

« En ce cas, je me demande si je vais maintenir mes achats de pains au chocolat dans son échoppe. Je pourrais plutôt aller chercher mes croissants à la boulangerie de Thérèse. »

« Ne vous donnez pas cette peine ! Thérèse m’a déjà envoyé dans la forêt pour l’attendre après avoir trouvé la clé des champs. »

« Et je parie qu’elle n’est pas venue. Quelle polissonne ! »

« Remarquez que je n’ai pas trouvé la clé du champ. J’en viens à me demander s’il y a vraiment besoin d’une clé pour entrer dans un champ. »

« En effet, il y a de quoi se poser la question. Moi, j’ai tenté ma chance auprès de Lucienne, la charcutière. Je devais l’attendre sur le bord de la rivière après avoir cueilli le fruit défendu qu’on y trouve à profusion, paraît-il.»

« Et elle n’est pas venue ? »

« Non, à sa place, j’ai vu arriver Lucien, le charcutier. Il semblait légèrement froissé. En plus, je n’avais trouvé de fruits défendus. Je pense que ce n’était pas la saison. »

« Je me demande quelle mouche les ont piquées. Comment ne peut-on pas honorer les rendez-vous qu’elles nous fixent elles-mêmes ? »

« Bon… Il nous reste Augustine, la bonne du curé. »

« Elle me parait accorte, mais je préfèrerais ne pas tenter ma chance. L’abbé Canne n’aime pas trop qu’on tourne autour d’elle. »

« Bon, alors qu’est-ce qu’on fait ? On ne va quand même pas se priver des pains au chocolat de Josiane qui sont absolument délicieux. »

« Allons ensemble dans son magasin, et prenons un air dégagé pour la remercier de nous avoir envoyé là-haut où nous avons trouvé l’amour. »

« Vous avez raison, elle en sera bien contrite. Elle voudra surement monter là-haut à son tour. »

« Et c’est là que nous l’attendrons avec un bouquet de n’importe quoi. Nous nous moquerons avec jubilation de sa confusion. »

« Vous croyez que notre stratagème marchera ? Elle est peut-être moins bête que nous. »

Un noble d’aujourd’hui

31 octobre, 2021

« Je préside à ma destinée, je dirige mes pas, je suis chef dans ma cuisine, je conduis ma voiture…. Bref, j’ai beaucoup plus de pouvoirs que l’on ne le croit. »

« On peut même dire que vous vous accaparez tous les pouvoirs sur vous-même. Pourtant, il vous manque un titre honorifique. »

« Non. Sachez que je suis le Baron Martin. Je descends d’une très haute lignée de nobles. Le petit problème, c’est que toutes mes terres m’ont été volées. Ma baronnie, c’est moi-même. »

« Monsieur le baron envisage-t-il d’aider madame la baronne lors du ménage du week-end ? »

« Non, pas vraiment, ce serait contraire à ma dignité. J’envisage plutôt d’employer une ribaude ou un manant pour les tâches manuels. Mais l’agence pour l’emploi s’est déclarée incompétente pour ce genre d’activité ! »

« Et pour travailler vous-même ? »

« Je suis conscient de l’évolution des mœurs. Je travaille donc ! Que mes ancêtres me pardonnent ! Je rappelle que le Baron Martin de la Martinière, mon ancêtre, se distingua aux côtés du roi François à Marignan. »

« En effet, il n’était pas chargé d’études juridiques aux assurances Assurbien . »

« Vous devriez faire valoir votre titre de noblesse auprès du directeur général. Il vous considèrerait avec beaucoup plus d’égards ! »

« J’ai essayé, mais il m’a répondu qu’il était la reine d’Angleterre, ce qui est complètement faux. »

« Et à la cantine, il parait qu’on vous a manqué de respect ! »

« En effet, il n’y a aucun domestique pour me servir à table ! Je suis obligé de le faire moi-même. Les gens n’attendent même pas que je commence le repas pour se jeter sur leur assiette comme des goinfres. C’est tout juste si je ne dois pas faire la vaisselle ! »

« En effet, quelle indignité ! Et pour vos courses ? »

« Ne m’en parlez pas, mon pauvre. Le directeur ne veut même pas privatiser son magasin pour m’éviter d’être importuné par le peuple. Je dois faire la queue aux caisses derrière des manants. Vous vous rendez compte ? »

« Je suis horrifié ! Il parait que vous vous déplacez en diligence ! »

« J’ai un mal fou. Autrefois, on s’écartait à mon passage. Mais aujourd’hui, je subis tous les embouteillages de la matinée et de la soirée. Mes chevaux n’en peuvent plus. »

« Votre fille va se marier. Vous prévoyez un grand mariage ? »

« Non, nous allons être discrets. Elle a choisi un jeune godelureau sans le moindre quartier de noblesse. Il est vaguement employé aux postes du Roi. La baronne et moi-même avons tout fait pour la dissuader. »

« Je parie qu’elle l’a mal pris. »

« Oui, très mal. Elle a dit que l’amour est plus fort que tout. Il parait même que c’est plus important que la pureté du sang de la famille. On croit rêver ! »

« Et pour vos obsèques ? »

« Là, j’ai vu les choses en grand. J’ai laissé mes dernières volontés à madame la Comtesse Dubalai, notre concierge, descendante du Comte Coup de Balai, qui conseilla le Roi Louis dans le choix de ses dames de compagnie. »

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