Archive pour la catégorie 'Nouvelles'

Un homme heureux

22 octobre, 2019

« Je suis en pleine béatitude. »

« Ah bon ? Racontez-moi ça. »

« Je nage dans le bonheur : j’ai une épouse aimante, des gamins sages et travailleurs, un job intéressant… Je n’en reviens pas. »

« Qu’est-ce que vous allez devenir, mon pauvre ?»

« Comment ça, mon pauvre ? »

« Une fois que vous êtes au comble du bonheur, vous n’avez plus rien à conquérir, ça doit être difficile à assumer. »

« J’ai tout ce qu’un homme peut espérer. »

« Vous n’avez pas l’impression de vous ennuyer dans votre bonheur. Il faudrait vous trouvez un problème. Par exemple, votre femme qui fait chauffer la carte bleue ou votre gamin qui manifeste dans la rue ! »

« C’est vrai que je n’ai pas beaucoup d’imprévus. Je ne vais jamais au bureau la boule au ventre, je rentre chez moi avec sérénité. Pff… »

« Faites un effort ! Par exemple, draguez la standardiste. Montez-vous le bourrichon. Elle vous a sûrement regardée avec admiration. »

« Mademoiselle Poulichon, ça m’étonnerait. Elle est bien trop occupée par son tricot et ses mots croisés. »

« Et vous ? Vous pensez parfois à vous ? A quarante-cinq ans vous vous dites heureux, mais n’avez- vous pas oublié toutes vos ambitions d’adolescent ? »

« Dire que je voulais faire du cinéma ! »

« Vous n’êtes pas trop déçu ? Vous vouliez aussi jouer au foot, je crois ? »

« Oui, mais vous comprenez avec les gamins, les week-ends chez la belle-mère, les factures, les courses… Je n’ai plus le temps de rien ! »

« Ce n’est pas simple le bonheur. Enfin… vous avez l’amour des vôtres, ce n’est déjà pas si mal que ça ! »

« Peut-être qu’ils m’aimeraient encore plus si j’étais une vedette de cinéma ou un joueur de foot. »

« Ne vous en faites pas, on en est tous là. En fait, on n’est jamais ce qu’on aurait aimé être. Et quand on y arrive, on n’est pas content parce qu’on n’est pas loin de la fin. »

Le paradis ou l’enfer

20 octobre, 2019

« Cette femme est très prude. »

« Donc elle ne s’adonne pas au péché de la chair. »

« Ni à aucun autre péché d’ailleurs. Regardez, elle boit de l’eau, alors que nous en sommes à notre sixième coupe de champagne. »

« Elle ne doit pas être très marrante. »

« Peut-être, mais elle est en pôle position pour accéder au paradis, tandis que nous…  On va ramer ! » 

« Elle doit être bien vue de l’abbé ! »

« Euh… oui, dans la mesure où elle soutient ses bonnes œuvres, mais comme elle ne commet pas de péché connu, c’est un problème ! »

« Comment ça, un problème ? »

« Les prêtres n’ont pas à la remettre sur le droit chemin, puisqu’elle y est déjà, tandis qu’avec nous, ils ont plus de boulot, c’est plus intéressant pour eux ! »

« C’est vrai que moi, je commets beaucoup d’écarts par rapport à la morale. Je suis très gourmand par exemple. La preuve, je suis en train de m’empiffrer de choux à la crème sous le regard outré de la dame en question. »

« C’est normal. Elle, c’est une soupe aux poireaux et hop ! Au lit ! »

« Je suis aussi très colérique. J’ai une très haute opinion de moi-même. Je mange à tous les râteliers pour pas un rond… »

« Si je comprends bien, vous cochez toutes les cases. Vous avez déjà entendu parler de l’enfer ? »

« Oui, c’est l’endroit où on va quand on s’est mal conduit ! Mais je suis sûr qu’au jugement dernier, les juges tiendront compte de circonstances atténuantes.  Logiquement, je devrais m’en tirer. »

« Ah bon, vous avez des circonstances atténuantes ? »

« Oui, par exemple, je regarde le foot à la télé. »

« C’est une circonstance atténuante, ça ? »

« Oui, comment voulez-vous regarder le foot à la télé sans vous empiffrer de pizzas et picoler de l’alcool ? »

« Effectivement. Dans ces conditions, il serait mal venu de vous envoyer expier en enfer ! »

 

 

 

 

 

 

 

 

Qui va à la chasse…

18 octobre, 2019

« Je pars à la chasse. »

« Et vous chassez quoi ? »

« Les fautes… les fautes de goût, de grammaire, de frappe, de mains, d’accord… enfin tout ce que je trouve ! »

« Il faut être fort et un tantinet prétentieux pour corriger les autres. »

« Oui, mais j’ai suivi une formation. Maintenant, on ne me la fait pas. »

« Vous administrez des sanctions pour les fauteurs ? »

« Bien entendu. Il faut savoir corriger les errements de nos concitoyens. Je rends service. »

« Par exemple, qu’est-ce que je risque si je mets des chaussettes blanches en soirée ? C’est une faute de goût bien connu. »

« Nous avons un barème qui offre les choix : soit cent lignes à faire signer par les parents, soit nettoyer la salle de bains tous les jours pendant trois semaines. »

« Et si je dis « c’est quoi ? » à la place de « qu’est-ce ?» …. »

« Alors là, c’est très grave, je demande les papiers et je dresse procès-verbal. S’il y a rébellion, ce sont les menottes et hop ! Au commissariat. »

« Vous ne rigolez pas ! »

« J’interviens même sur les terrains de foot. Celui qui fait une faute de mains, je l’agonie d’injures devant tout le monde. »

« Voilà qui doit lui éviter de faire le malin. Est-ce qu’il est possible de vous soudoyer pour que vous fermiez les yeux ? »

« Non, je suis intraitable. Si, en soirée, vous dites : ‘je vais au docteur’ au lieu de ‘je vais chez le docteur’, je rigole bruyamment pour que vous soyez bien embarrassé ! »

« A force de relever les fautes des autres, vous devez être impossible à vivre ! »

« Ne m’en parlez pas, les femmes ne me supportent pas. Je ne veux que leur bien pourtant. Je ne pouvais tout de même pas ne pas réagir quand Josiane a confondu Balzac et Zola.  Elle est partie malgré ma remarque pertinente ! »

« Et là, pour la priorité à droite que vous avez oubliée ? »

« On ne va tout de même pas en faire tout un plat ! »

Retour au début

17 octobre, 2019

« Bientôt, il n’y aura plus d’eau. »

« En signe de solidarité avec les pays qui en manquent déjà, mon gamin refuse d’aller à la piscine et ne se lave qu’un jour sur deux. »

« Et puis, il n’y aura plus de pétrole. »

« On se déplacera moins. Moi, j’ai déjà dit à mon patron qu’il faut qu’il arrête avec les séminaires à l’étranger. »

« On va manquer de logements. »

« On pourrait habiter dans des grottes. Pour manger nous chasserions, et on ferait du feu à la main. »

« Et pour l’eau ? »

« Nous aurons des grands prêtres chargés d’implorer le ciel de nous envoyer un peu de flotte. »

« Et nos entreprises, qu’est-ce qu’elles vont devenir ? »

« Le matin, plus personne ne sera en retard au bureau, puisque nous irons tous à la chasse ou à la cueillette. »

« Donc, il n’y aura plus de patron ? »

« Sauf si certains s’approprient les meilleures armes et les meilleurs terrains de chasse. Il faudra que les assemblées populaires les en empêchent. Sinon, c’est le capitalisme qui revient. Vous voyez ce que je veux dire… »

« Votre discours ne serait-il pas un peu politisé ? »

« Non, puisque bientôt, il n’y aura pas plus de politique. »

« Moi, je parie qu’il y aura toujours des gens qui se croiront désignés par les dieux pour gouverner les autres. »

« Ce ne sera plus possible puisqu’il n’y aura plus de télé pour les montrer ! »

« Ah mince ! Plus de télé ! Comment on va faire pour les soirées foot ? »

« On ne fera plus. Plus de Psg, plus de Neymar, plus rien… »

« Et moi, comment je fais pour me distraire quand Josiane et les enfants me cassent les pieds ? »

« Vous ferez comme tout le monde : des dessins sur les murs de votre grotte. »

Le nouveau misanthrope

15 octobre, 2019

« Ça y est, c’est officiel, je n’aime pas les gens. Je suis misanthrope. »

« Ça vous est tombé dessus d’un seul coup ? »

« Non, il y avait des signes avant-coureurs. Dès le lycée, les profs ne m’aimaient pas. Au bureau, c’est pire, le patron ne supporte pas mes idées. A la maison mes gosses me trouvent vieux. Personne ne m’aime, je n’aime personne. »

« Mais vous ne pouvez pas vous enfermer chez vous, vous allez être obligé de voir des gens pour vivre. »

« Je pense à fonder un club des misanthropes pour promouvoir notre cause. Il faut qu’elle soit reconnue officiellement. Nous ne sommes pas des parias ! »

« Si vous créez un club, vous allez être obligé de côtoyer des personnes que vous allez sûrement détester. »

« Ah oui, c’est vrai ! Mais c’est moins grave, dans la mesure où elles me détesteront, donc elles ne seront pas étonnées que je les déteste. »

« Il va y avoir de l’ambiance ! »

« Finalement, ce qui pose un problème, c’est quand vous vous attendez à ce que les gens vous aiment avant de vous rendre compte que ce n’est pas le cas. »

« Vous pourriez aussi fonder un club des déçus et fusionner avec le club des misanthropes. »

« N’allons pas trop vite en besogne. Un déçu n’est pas forcément un misanthrope. Par exemple, un soupirant viré par sa belle peut toujours croire au genre humain et recommencer à courtiser une femme. »

« D’accord, donc restez entre misanthropes, ce sera plus sûr ! »

« L’idéal, ce serait d’inventer un club dont les membres ne se verraient jamais. Ils ne s’aimeront pas, ils ne se détesteront pas non plus. »

« Les réseaux sociaux sont faits pour ça. Vous pourriez partager votre misanthropie avec d’autres dans le même cas, et en cas de coups durs, vous seriez assuré que personne ne viendra à votre secours. »

« C’est un progrès intéressant. Je pourrais agonir mes correspondants de reproches injustifiés et même les insulter un peu sans souci. »

« Faites attention, vous risquez d’avoir affaire à des gens qui vont vous insulter aussi ou alors à des intrus qui risqueraient de vous aimer. »

Mes aïeux

12 octobre, 2019

En ce lieu,

Sur l’île d’Yeu,

Sous les cieux

Bleus,

Deux gueux

Font du feu

Et des vœux

Aux vieux

Dieux.

On s’agite à la cour

10 octobre, 2019

« Je vais faire une satire contre le roi et sa cour. »

« Faites attention sa Majesté n’aime pas tellement ça. »

« Ouais, il n’empêche que tous ces gens se gobergent pendant que le peuple souffre de mille maux. »

« Peut-être, mais souvenez-vous de ce qui est arrivé au Comte. Il a cru spirituel d’écrire un pamphlet contre sa Majesté, laquelle s’en est trouvée contrariée et a livré le Comte au bourreau. »

« C’est la Comtesse qui doit être embêtée. »

« Elle s’est réconfortée dans les bras de son amant lequel s’est dépêché d’écrire une ode à la gloire de sa Majesté. »

« C’est pour ça qu’il a perdu la tête ? »

« Oui, parce que sa Majesté n’aime pas trop les lèche-bottes non plus. »

« Mince, alors !  Qu’est-ce que je pourrais écrire. Peut-être un libelle ironique contre vous et votre famille. »

« Ce serait bien, je pourrais vous répondre par un poème féroce qui attaquerait sauvagement vos manières de rustre. »

« Nous allumerions ainsi une polémique historique. Je serai soutenu par une frange de la noblesse et vous par les bourgeois. »

« Enfin un peu d’agitation ! Je me répandrai dans toutes les auberges du royaume. Je ferai celui qui refuse toute polémique, mais je dégoiserai autant que je peux sur votre compte. »

« Et moi, je vais envoyer des coursiers dans les provinces, chargés de répandre de fausses nouvelles à votre propos. »

« Je parlerai de vous dans mes mémoires de manière tout à fait désobligeante pour que notre conflit se poursuivre à travers l’histoire. »

« Puisqu’il en est ainsi, je ne me rendrai pas à vos obsèques. »

« Alors là, c’est un outrage dont je vous demande raison immédiatement. Nous allons en découdre sur le champ. »

« Un duel ? Très bien, c’est vous qui l’aurez voulu. Comme je suis très occupé actuellement par de nombreuses polémiques, je vais vous envoyer mon adjoint le Vicomte Dugenou qui tire l’épée comme personne. »

Clarté et confusion

8 octobre, 2019

« J’aime bien avoir la sauce à côté du plat. Je n’aime pas quand tout est mélangé ! Je veux qu’on sépare les effets et les causes, le bon grain de l’ivraie, le printemps et l’été, la gauche et la droite… »

« Vous devez être malheureux parce que par les temps qui courent tout se mélange. La vie n’est que confusion. »

« Ce doit être pour ça que je n’y comprends rien. Par exemple, pourquoi la postière vend du pain par exemple. De mon temps, elle distribuait des timbres ou des lettres recommandées. »

« C’est une recherche de synergie, dans le but de faire des économies de temps et de personnel. »

« C’est sans doute pour ça qu’il y a des profs dans les collèges qui enseignent l’espagnol et les mathématiques…. Pourquoi pas l’éducation physique et la littérature pendant qu’on y est ? »

« Ça s’appelle la souplesse de la main d’œuvre. Bientôt les gens travailleront une heure ici, la suivante là… Ce qui est trop nettement séparé introduit des rigidités. Avec votre manière de séparer la sauce du plat principal, vous faites perdre du temps en cuisine. »

« Et quand je veux qu’on sépare la vie professionnelle et la vie privée, je fais perdre du temps ? »

« Encore plus. D’ailleurs dans la tête des salariés, vous ne pouvez pas séparer les deux. Vous rentrez chez vous avec les ordres du patron et vous allez au bureau avec les gastros du petit dernier !»

« Il n’empêche que lorsque les choses sont bien séparées, c’est plus clair. »

« La clarté est un luxe. Certes les riches savent qu’ils sont riches et les pauvres savent qu’ils sont pauvres. Mais au milieu vous avez des millions de gens qui ne savent pas. Parfois, ils ont l’impression d’être riches et ils sont pauvres à la fin du mois. »

« C’est malheureux, mais je crois que vous avez raison. Au bureau, Dugenou était sympa, mais il est devenu mauvais quand je lui ai pris des clients. En fait, je crois que chacun est un mélange de brave type et de peau de vache. »

« C’est comme vous, vous êtes un mélange de clarté et de confusion. Cela dit la confusion est plus intéressante que la clarté. »

La compote

6 octobre, 2019

« Vous voyez bien que je fais de la compote de pommes. »

« Et pour nos puits de pétrole au Vénézuela on fait comment, monsieur le président ? »

« Bon, attendez… passez-moi le jus de citron, Dugenou ! »

« Le conseil d’administration attend une décision, monsieur le président. Nous risquons des incidents de séance. »

« Il faut mettre de la cannelle. C’est très important la cannelle. On n’y pense pas assez, Dugenou. »

« Je vais tâcher d’y penser, monsieur le président, mais à la Bourse, on commence à s’agiter. »

« En fin de cuisson la cannelle, Dugenou. Pas avant ! »

« C’est important, en effet ! Et au ministre, je lui dis quoi. »

« Je vais lui faire une compote d’abricots. Vous savez faire la compote d’abricots, Dugenou ? »

« Ce n’est pas au programme d’HEC, monsieur le président, ni de l’ENA. »

« C’est dommage avec une boule de glace à la vanille, c’est délicieux. »

« Je vais en parler au chef du protocole du ministre, mais il serait aussi prudent de prévoir un discours un peu plus politique. »

« J’ai une idée ! Je vais parler de la compote de rhubarbe ! Savez-vous qu’il faut faire dégorger les branches de rhubarbe avant d’aller plus loin. »

« Oui, je crois me rappeler que vous en avez parlé avec un ambassadeur. »

« Je vous vois emprunté, Dugenou. Mais il faut savoir perpétuer nos traditions culinaires, on travaille bien mieux après. Ma grand-mère était la reine de la compote dans son canton. »

« Je me permet de vous rappeler que nous sommes les leaders mondiaux de la sauce béarnaise. L’envergure de notre action commerciale n’est pas la même que celle de votre mémé. »

« Certes, mais il faut tout adapter des recettes de nos anciens. Mutatis mutandis, Dugenou. »

« Il n’y a plus de latin ni à Hec ni à l’Ena, monsieur le président. »

Les prophètes

3 octobre, 2019

« Savez-vous que dans l’antiquité, une sybille était une prêtresse qui lançait des prophéties ? »

« D’où vient l’adjectif sibyllin pour désigner des discours obscurs. »

« Oui, les prêtresses tenaient probablement à leurs jobs. Elles disaient donc des choses suffisamment emberlificotées pour qu’on comprenne tout et l’inverse, de telle sorte qu’elles aient toujours raison. »

« C’est comme mon patron ! Je ne comprends pas ce qu’il dit, mais il a l’air tellement convaincu qu’on finit par le croire. »

« Les politiciens, c’est pareil. Ils se donnent l’air de savoir où ils conduisent le peuple, mais ils n’en ont aucune idée. »

« Vous avez raison. Si on comptait le nombre d’experts qui décident qu’on va dans le mur si on n’applique pas la politique qu’ils préconisent… »

« Oui, moi, le mur je l’attends toujours… »

« Remarquez, c’est normal, l’homme a toujours voulu savoir ce que l’avenir lui réserve et il y a toujours eu des charlatans pour donner l’impression de le savoir ! »

« Chaque fois que quelque chose est présumé impossible, il y a toujours un brigand qui se fait payer pour dire que c’est possible, comme ceux qui vous disent qu’ils vont faire repousser vos cheveux. »

« Pour en revenir aux prophéties, ce n’est pas très compliqué. Par exemple, je peux prédire qu’à la Toussaint, j’irai avec Josiane sur la tombe de sa mère et qu’elle dira que l’automne c’est triste. »

« Moi, je prédis qu’en décembre Thérèse va me demander ce qu’on fait pour le réveillon et que je répondrais que je n’en ai aucune idée. »

« En février, je prédis que Josiane va vouloir aller au ski et qu’on va se taper huit jours de spaghettis à la tomate pour amortir le coût de la location. »

« En mars, je vois déjà le monceau de catalogues que va rapporter Thérèse pour choisir les vacances d’été. Je m’en fous, ça va se terminer au Lavandou, comme d’habitude. »

« On sait très bien ce qui va nous arriver. Il nous faudrait une prophétie un peu sibylline, ce serait plus intéressant ! Par exemple qu’un français va se montrer cette année dans le tour de France ou Roland Garros »

« Ah bon ? Vous croyez qu’on va gagner ? »

« Probablement pas. Mais il y en a toujours un qui donne l’espoir qu’il va gagner. C’est pour ça que je dis qu’il va se montrer. »

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