Archive pour la catégorie 'Nouvelles'

Perfection

13 novembre, 2019

« Ce qui compte, ce n’est pas la carcasse, c’est ce qu’il y a à l’intérieur. »

« C’est une maxime sage, mais quand on peut avoir une carcasse jolie et un intérieur intéressant, c’est encore mieux. Par exemple ma nouvelle bagnole. »

« Oui, mais si vous prenez Dugenou, l’apparence est harmonieuse : beau mec, bien habillé…mais quand on regarde à l’intérieur, il n’y a que du vide ! »

« A l’inverse regardez Martin : ce n’est pas votre bagnole, c’est un type malingre, laid comme un pou, mal fagoté, mais c’est une intelligence brillante ! »

« Pour avoir à la fois un extérieur rutilant et un bel intérieur, il faut être un type exceptionnel. Par exemple, le pape. Il a une très belle robe, tout en étant d’une grande humanité et très intelligent. »

« Euh… je n’ai pas trop envie d’être le pape. Quand vous êtes à ce niveau-là, vous ne pouvez jamais vous laisser aller. Moi, j’aime bien dire du mal de ma belle-mère, ça me détend ! »

« Je suis d’accord. Moi non plus, je ne voudrais pas être parfait. »

« C’est réussi ! La perfection, ça interdit les petits plaisirs de la vie. Si je veux rester sous les couvertures le dimanche matin, ma perfection m’en sortirait avec des coups de pied quelque part. »

« Remarquez que la perfection, c’est quand même relatif. Mon patron me trouve parfait surtout quand je ne dis rien, alors que si je ne parle pas, ça énerve mon épouse Josiane. »

« On devrait pouvoir être parfait à temps partiel. »

« Il faut faire attention car la perfection, ça intimide. Au but, je n’osais pas aborder Josiane, tant je la trouvais parfaite. Ça a bien changé ! »

« Finalement, on ne peut pas être parfait en tout lieu, 24 heures sur 24, c’est un constat qui me rassure : je fais bien d’être nul de temps en temps. »

« On peut même dire que c’est le degré de nullité qui caractérise le mieux chacun d’entre nous. Par exemple je suis nul en cuisine, Josiane a parfaitement identifié ce trait de comportement. »

« Finalement, notre nullité rend service aux autres. Vous imaginez un monde où personne ne pourrait critiquer les autres ? »

« Ce serait l’enfer ! »

Différence de rythmes

12 novembre, 2019

« Je me suis séparé de Thérèse. »

« Quelle triste nouvelle, mon pauvre vieux ! »

« Oh, tu sais c’est toujours pareil. Au début on se marrait bien et puis le temps a fait son œuvre destructrice. »

« Comment se fait-il que ça n’ait pas marché ? »

« Dès qu’on vit ensemble, il faut affronter des épreuves. Par exemple, je n’ai pas passé victorieusement le coup du « marché le samedi matin ». Thérèse adorait ça, moi je préférais rester sous les couvertures. »

« Je comprends. Et le coup du « programme de télé », comment ça s’est passé ? »

« J’ai tenté une OPA sur la télécommande, mais elle n’a pas apprécié. Il a fallu acheter un autre téléviseur pour la chambre et aussi que je regarde ses émissions avec elle. J’ai fait des compromis, mais je n’ai pas cédé pour le foot. »

« Et pour les phrases ? »

« Quelles phrases ? »

« Les phrases énervantes qu’on ne peut pas s’empêcher de prononcer du genre : qu’est-ce qu’on bouffe ce soir ? ou bien : qu’est-ce qu’il y a à la télé ? ou encore : j’ai passé une journée de merde ? »

« Vous avez raison : Thérèse n’aimait pas beaucoup. Pourtant, on était organisés :  je l’écoutais se plaindre de son patron, puis je me plaignais du mien. A la fin, on ne parlait plus que de ça ! »

« Et les dimanches après-midi chez la belle-mère ? »

« J’y ai eu droit aussi, il y avait tout le temps du gigot. Le pire c’était le retour en voiture. »

« Ne vous inquiétez pas, c’est classique : la plupart des couples s’engueulent en voiture. Il faut dire qu’ils n’ont pas grand-chose d’autre à faire. »

« C’est bien mesquin, tout ça. Comment ça s’explique ? »

« C’est une différence de rythme de vie. Je parie que c’est au moment où vous vous asseyiez avec l’espoir de lire un bon bouquin qu’elle se précipitait sur vous pour vous rappeler que l’évier était bouché. »

« Comment vous le savez ? »

L’art de la décision

11 novembre, 2019

« Je ne suis pas un mou du genou, moi ! Je suis un être décisif ! »

« Autrement dit, vous savez prendre des décisions ! »

« Non, pas du tout ! Je suis ce qu’on appelle au foot un passeur décisif. Je prépare les décisions. Ensuite je passe la balle au buteur final. »

« Ce n’est pas trop frustrant ? »

« Pas du tout. C’est très tranquille. Si l’équipe échoue, c’est la faute du buteur final. Moi, j’ai fait mon job ! »

« Et votre patron ne vous reproche jamais vos décisions. »

« Non, quand il réussit son coup, il dit que c’est grâce à son charisme et à son intelligence stratégique. Quand il le manque, je lui dis qu’il n’a pas tenu compte de mes propositions. »

« Et à la maison, ça se passe comment ? »

« A la maison, c’est comme au boulot. Pour avoir la paix il suffit de donner à sa femme ou à son patron que c’est eux qui prennent les décisions. »

« Et vous faites comment ? »

« Je leur prépare un choix entre deux solutions : une pourrie et celle que je veux voir mise en œuvre. »

« Oui, mais ils vont finir par s’apercevoir de votre manœuvre ! »

« J’ai une parade : je prépare deux solutions pourries. Ils disent que toutes mes solutions sont pourries. Alors je baisse la tête, je leur dis qu’ils ont raison et qu’ils sont d’une grande sagacité. Puis, je présente le bon projet ! »

« C’est consternant ! »

« Peut-être, mais c’est une école d’humilité ! »

« Si je comprends bien, vous préférez être celui qui prend des décisions dans l’ombre. »

« Evidemment ! Si je voulais être celui qui prend la décision finale, je m’exposerais aux basses manœuvres de quelque arriviste ambitieux, lequel me soufflerait sûrement des solutions pourries. »

« Je comprends ! C’est une façon de prendre des décisions sans assumer le risque qui va avec ! »

Comment organiser une bonne polémique ?

7 novembre, 2019

« Et si on créait une polémique, ça rendrait la vie intéressante ! »

« Moi, je veux bien, mais on fait comment ? »

« Il faut créer une incertitude en diffusant une information qui laisse planer une menace. Bien entendu, on aura pris soin de ne pas vérifier l’authenticité de l’information. »

« Par exemple ? »

« Par exemple, je pourrais faire courir le bruit que vous allez être nommé sous-directeur à la place de Mollard. »

« Vous croyez que ça suffira pour énerver les gens ? »

« Non, je vais ajouter que vous devez votre nomination à votre façon servile d’être aux ordres du patron. Normalement, il devrait y avoir une levée de boucliers contre vous. Voire même une grève. »

« Croyez-vous que beaucoup de gens vont suivre le mouvement ? »

« Bien sûr. Par exemple, Dugenou qui se voyait déjà nommé au poste de Mollard. Ou alors Berthier qui vous déteste parce que vous lui avez piqué sa secrétaire. Si ça ne marche pas, je pourrais en rajouter une couche en dénonçant votre caractère acariâtre et votre esprit obtus. »

« Oui, mais il y aussi des gens qui m’aiment bien ! »

« J’espère. C’est comme ça qu’on organise une bonne polémique. Il y aura des clans : les pros et les antis. »

« Imaginez que le patron recule devant la polémique et nomme Dugenou. Je fais quoi, moi ? »

« Pas de problème, je déclencherai une polémique anti-Dugenou. »

« Vous avez un dossier contre lui ? »

« Oui, bien sûr. C’est du lourd ! Il ne dit jamais bonjour aux employés. Il prend deux places dans le parking pour ranger son monstrueux 4×4. Il regarde Josiane d’un air libidineux. Avec ça, il ne peut rien nous arriver. »

« Oui, mais enfin il est travailleur et compétent ! »

« Comment ? Comment voulez-vous polémiquer avec de tels mots ! »

« Vous me prêtez votre dossier anti-Dugenou ? »

Les bistrots

5 novembre, 2019

« Ah… Les bistrots…. Le seul lieu où on peut se laisser aller. »

« Oui, c’est l’endroit où on peut dire n’importe quoi sans avoir peur d’être repris par celui qui sait mieux que les autres. C’est le lieu où on est tous égaux, tous aussi nuls les uns que les autres. »

« Le bistrot, c’est une œuvre de salubrité public à sauvegarder. »

« Il n’y a pas de contraintes hiérarchiques ou maritales, ça fait du bien. Je ne suis pas étonné que beaucoup viennent y prendre un bol d’air. »

« Un bol d’air et un grand bol d’alcool pour y oublier les vicissitudes vachardes de vies médiocres. »

« Un détour au bistrot, ça devrait être pris en compte par la Sécu et par les assurances, on se sent mieux après. »

« Et quand on connait le patron et les serveurs qui vous réservent toujours la même table, c’est encore mieux. On a l’impression d’être en famille avec les problèmes familiaux en moins. »

« Sans compter qu’on peut y donner des rendez-vous qui n’ont rien à voir avec les affaires privées… »

« Finalement, c’est le seul lieu avec les églises où toutes les couches de la population se mélangent sans complexe. La preuve, je suis en train de boire un verre avec vous. »

« Une autre preuve, c’est que dans les villages, le bistrot et l’église, ce sont les derniers endroits qui restent. On ne fait rien sans ça ! »

« J’aimais bien aussi quand il y avait un juke-box et un flipper. Les jeunes faisaient du bruit, ravis d’être délivrés de la pesanteur du lycée. On ne s’entendait plus parler, c’était sympa. »

« Et quand on pouvait y fumer ? Il y avait tellement de brouillard qu’on ne distinguait plus rien. On se suicidait au tabac, mais au moins, on se suicidait au coude-à-coude dans la joie ! »

« Et le matin quand il fallait aller au boulot ! Où peut-on aller maintenant pour s’encourager ? Ce n’est pas dans les métros bourrés qu’on peut trouver un peu de fraternité ! »

« Et le soir, quand les patrons mettaient dehors les derniers poivrots en leur souhaitant bonne nuit ! C’est tout une vie pittoresque qui disparait ! »

Déclaration

3 novembre, 2019

« Voulez-vous que je dise à la belle Isabelle que vous soupirez pour elle ? »

« Euh… je ne sais pas… D’abord comment savez-vous que j’ai des sentiments pour la belle Isabelle ? »

« Ce n’est pas difficile : chaque fois que vous la regardez, on a l’impression que vous allez vous trouvez mal. »

« Ah bon ? Mais si c’est vous qui le lui dites, allez-vous savoir déclarer ma flamme avec délicatesse et chaleur ? »

« Je peux faire votre promotion, ce n’est pas plus difficile qu’un produit de beauté !  Je dirai qu’elle vous impressionne tellement que vous n’osez pas vous déclarer. »

« Mais ne croyez-vous pas qu’elle va se moquer de moi ! D’habitude, c’est l’amoureux qui se déclare. »

« Il y a un risque qu’elle ne s’intéresse pas à vous, mais il faut le prendre. Actuellement vous souffrez de la possibilité que votre sentiment ne soit pas partagé, et en plus, vous pâtissez de votre hésitation à vous déclarer. »

« Pourquoi est-ce si difficile de parler d’amour sans avoir l’air idiot ? »

« Le problème c’est que si vous achetez une automobile qui vous déçoit, vous pouvez en changer, mais si le sujet de votre affection vous déçoit, il se passera du temps avant de pouvoir recommencer. »

« C’est vrai que mon orgueil peut en prendre un coup si elle vous envoie promener. Que faire si vous prenez un râteau ? »

« Moi, je m’en fous, mais vous, montrez de la dignité, surtout ! N’allez pas la supplier de vous rendre l’affection que vous lui portez ! »

« Je ne peux pas me traîner à genoux devant elle ? Si je pleure abondamment, elle peut peut-être me prendre en pitié. »

« Sûrement pas !  Voilà qui serait encore pire ! Essayez de prendre un air dégagé ! »

« Je ne saurais pas faire. Donc le mieux, ce serait bien que ce soit vous qui lui disiez que je ne peux pas vivre sans elle. Mettez-y du sentiment. Si ça rate, je pourrais toujours dire que vous n’avez rien compris. »

« Pas de problème. Dans ce cas, je pourrai tenter ma chance ! »

Musique !

31 octobre, 2019

« Je n’ai aucun sens du rythme. »

« C’est curieux… Quand je chante ‘Oh ! Happy day’, ça ne vous fait rien ? »

« Non… mais c’est peut-être parce que vous le chantez mal. »

« Chez quelqu’un de normal, la musique ça pénètre et ça oblige à s’agiter. Au minimum à taper dans les mains. »

« C’est sensuel ? »

« Si vous voulez… vous devriez sentir que ça vous prend au creux de l’estomac ou dans les pieds. Qu’est-ce qui vous fait vibrer, vous ? »

« Une bonne entrecôte purée, peut-être ! »

« Evidemment, il n’y a pas beaucoup de rythme dans une assiette de purée.  J’en déduis que vous avez perdu votre sixième sens. »

« C’est grave ? »

« Oui, si tous les sons se ressemblent pour vous, d’une part la vie ne doit pas être drôle, d’autre part vous ne connaissez pas l’harmonie de la nature. »

« Ça vous fait comment, vous, la musique ? »

« Moi, ça me pénètre dans les oreilles, puis dans tout le corps et je le bouge  de manière souple. Pour un court moment, c’est l’instinct animal qui prend le dessus sur la raison. »

« Ça vous procure du plaisir ? »

« Oui, parce qu’on retrouve quelque chose d’originelle chez homme que la civilisation efface. D’ailleurs, vous avez sûrement remarqué que beaucoup de gens circulent avec de la musique dans les oreilles. »

« Oui, j’ai remarqué : le matin, plus personne ne me parle. Je suis obligé d’envoyer un SMS à ma gamine pour la virer de la salle de bains. »

« Les jeunes sont fans de musique, c’est normal. Ils peuvent mieux extérioriser leur énergie. »

« Vous êtes en train de me dire que si on faisait tout en musique, toute la journée, on retrouverait les réflexes et les habitudes de Néandertal. »

« Je n’y avais pas pensé, mais ça vaudrait le coup d’essayer. »

« J’ai du mal à imaginer que mon patron m’accorde soudain une magnifique augmentation en entendant un blues de Ray Charles. »

« Qui sait ? On dit que la musique adoucit les mœurs. »

Un peu de poésie

29 octobre, 2019

« J’aurais aimé être un poète. »

« C’est compliqué la poésie. Il faut faire vibrer les mots avec lyrisme. Communiquer des sentiments avec le vocabulaire et le rythme… Vous voyez le genre ? »

« Oui, dire que j’osais faire des poèmes à Josiane au début de notre amour. Maintenant, elle rigole en les relisant… »

« Ce n’est pas très sympa de sa part. »

« Quand je pense qu’un poème comme : mignonne, allons voir si la rose qui se matin avait déclose sa robe de pourpre au soleil etc., a traversé plus de cinq siècles, ça me laisse pantois. »

« Oui, c’est ce qu’on appelle je génie poétique. Personnellement je n’ai jamais vécu l’éclosion d’une rose d’aussi près. »

« Un président de la république, ça ne dure que cinq ans. J’en déduis qu’un vers de Ronsard, c’est cent fois plus fort qu’un président de la république. »

« C’est une manière de voir les choses intéressantes. Et celui-là ? Les sanglots des violons de l’automne blessent mon cœur d’une langueur monotone. »

« Arrêtez ! Arrêtez ! Comment fait-on pour inventer des vers aussi beaux ! En plein mois d’août, je me sens en novembre ! Il faut picoler ou quoi ? »

« Il est vrai que Verlaine ne passait pas pour quelqu’un de particulièrement sobre. »

« Je me souviens  qu’à l’école primaire, on apprenait de jolis poèmes sans avoir conscience de qu’on récitait bêtement. Vous vous souvenez d’Emile Verhaeren ? »

« Celui dont on écrivait les poèmes en les calligraphiant sur le cahier avec une plume sergent-major : c’est mon pays d’immensément où ne croit rien que du néant battu de pluie et de grand vent… »

« C’est un truc de ouf ! On se croirait transporté sur la plaine des Flandres ! Même Jacques Brel n’a pas fait mieux. »

« Bon, ne vous découragez pas. Vous pourriez toujours relire les poésies de Bobby Lapointe :  Y ‘a que trois cordes à mon banjo pourri une qui pleure une qui aime une qui rit. »

Envoyez les sauces !

27 octobre, 2019

« Bonjour, je suis le lait concentré. Je travaille dans l’humanitaire pour guérir les enfants en état de malnutrition. »

« C’est noble, mais moi – la sauce tomate – je suis tout aussi utile. Peut-on sérieusement imaginer le monde du Spaghetti Bolognese sans sauce tomate ? Euh… petit détail : ne me confondez pas avec un vulgaire ketch-up ! »

« Et moi, la moutarde ? Je vais avec tout. Heureusement que je suis là ! Que serait un lapin à la moutarde sans moutarde ? »

« Moi, je suis beaucoup plus distinguée que vous ! Je suis la sauce d’un seul plat ! Je suis la seule et unique compagne de la quenelle de brochet : j’ai parlé de l’inénarrable sauce Nantua ! Et celle-là qui c’est ? »

« Celle-là qui descend de ses montagnes, c’est la sauce béarnaise. On est bien content de me trouver pour agrémenter un plat de viandes rouges ! Mince voilà la mayonnaise ! »

« Eh oui, c’est moi ! l’unique ! La reine des sauces et ne venez pas me dire que je raconte des salades. Je peux accompagner n’importe quel plat. J’attends mon cousin de Provence ! »

« Oui, on a failli m’oublier, moi l’aïoli. Il faut dire que le TGV était en retard au départ de Marseille.  Personne d’autre ne peut relever un plat de poisson comme moi ! Certains amateurs me tartinent ! Quoi ? Voilà une étrangère ! »

« Oui, et alors ?  Moi la sauce hollandaise, je fonctionne aussi très bien pour le poisson et je me conseille aussi pour les asperges ! »

« Et moi, la vinaigrette ? Tout le monde sait faire une vinaigrette ! Rendons hommage à ma simplicité ! »

« Bon, faites place, j’arrive ! J’ai tout de même été créé par le maître d’hôtel de Louis XIV. Autant dire que je ne suis pas n’importe qui ! Il suffit de dire ‘bechamel ‘ pour que tous les cuisiniers du monde s’agenouillent ! Tiens voilà ma cousine, il ne manquait plus qu’elle. »

« Je suis la sauce Mornay, de très haute lignée ! Le marquis de Mornay m’a donné son nom ! »

« Et pour les coulis, on fait comment ? »

« Ils n’ont qu’à se débrouiller pour faire leur congrès. On ne mélange pas les serviettes, ni les sauces avec les coulis ! »

Assurances

24 octobre, 2019

« Moi, je m’en fous. Si je suis malade, je suis couvert par la Sécu. Si j’ai des accidents, il y a les assurances. Si mon PC tombe en panne, il y a la garantie.  S’il pleut j’ai un parapluie… »

« En gros, vous n’aimez pas prendre des risques ? »

« Pas trop. »

« A l’heure actuelle, ce n’est pas très bien vu. Il faut savoir prendre des risques, vivre à 100 à l’heure ! Vous voyez le genre… »

« Ceux qui disent ça, ce sont ceux qui ont les moyens ou alors ceux qui ne sont pas partis en vacances juste le jour d’une grève des aiguilleurs du ciel ! »

« Allons, allons, pas de pessimisme ! Vous ne pouvez pas être assuré contre tous les aléas de la vie. »

« Pourquoi pas ? Les assureurs seraient ravis. Dès qu’ils peuvent vous assurer, ils n’hésitent pas. D’ailleurs, comme je ne comprends rien à leur contrat, je suis  sûr que je suis assuré plusieurs fois pour la même chose. »

« Là, vous avez raison, il faudrait un assureur qui assure contre les assureurs. Et si vous preniez un risque non couvert ? Par exemple, écrivez une lettre d’insultes au président de la république. »

« Pour qu’il m’envoie les types de GIGN qui fracasseront ma porte en hurlant comme des idiots. Merci bien. Je ne prends pas ce genre de risque sans assurance contre le massacre de ma porte et puis le risque de me faire inutilement tabassé par la police, pendant qu’on y est. »

« Bon, alors faisons autre chose. Allez déclarer votre flamme à votre voisine au lieu de la lorgner par-dessus la haie. »

« Non. Là il me faudrait d’abord une bonne assurance contre les blessures d’amour-propre. Comme je me connais, je vais prendre un râteau et encore souffrir pendant de longs mois. »

« Donc, si j’ai bien compris, vous refusez toute prise de risque. »

« Ce n’est quand même pas de ma faute si le bébé est danger dès qu’il vient au monde. Et même avant d’ailleurs.  Finalement, la vie, ce n’est qu’une longue lutte pour parer les dangers qui vous arrivent de tous les côtés. »

« Vous avez raison. Je vais mettre un cache-nez, je trouve qu’il fait frais pour la saison ! »

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