Archive pour la catégorie 'Billets'

Musique !

9 octobre, 2009

Sur son sol, dans le silence de ses champs, la vie de Gustave se déroulait sans fausse note.

Parfois le soir, au coucher du soleil, il jouait de la flûte pour Sophie, sa chienne noire et Lucienne, sa chatte blanche.

Au printemps, Roberta, sa truie préférée, avait mis bas une portée de huit porcelets.

Malheureusement, en juin, Julius son vieux cheval de trait, avait rendu son dernier soupir !

Il n’était pas du genre à jouer du violon sur son chagrin.

Il avait surmonté sa peine à l’aide d’une grosse caisse du meilleur nectar de ses vignes.

Désormais, Cunégonde, l’une de ses vaches charolaises, était ronde des œuvres de Johnny, le taureau du voisin.

Henri, son vieux coq, ne chantait plus le matin depuis quelques mois.

Au rythme des saisons, des vies s’éteignaient, d’autres voyaient le jour.

Gustave était le chef d’orchestre du destin de ses compagnons à deux ou quatre pattes.

Fruits et légumes

8 octobre, 2009

Maurice l’avait traité de courge ! Quelle patate !

Il lui courait sur le haricot !

Ça ne se passerait pas comme ça !

Maurice n’avait pas à se mêler de ses oignons !

Il a une façon de ramener sa fraise à tous propos, celui-là !

Et la cerise sur le gâteau, c’est qu’il lui avait promis une carotte s’il ne parlait pas !

Il prit don chapeau melon et sortit.

Il allait confier le dossier à son avocat  bien qu’il n’ait plus un radis pour le payer !

A son âge, il avait encore la pêche et ne se laisserait pas raconter des salades !

L’internationale

5 octobre, 2009

Jean est fort comme un turc.

Il danse à merveille le tango argentin.

Il aime les pains russes et les haricots qu’il passe beaucoup de temps à écosser.

Malheureusement, il est atteint d’une forte myopie.

Marie, son amie dit souvent  de lui « Y’ voit rien ! »

De plus, il souffre d’une légère surdité : il a les portugaises ensablées.

Souvent, il revêt sa canadienne et sort faire une promenade avec son berger allemand.

Si rien ne change, il se mariera avec Marie pendant l’été indien.

Son père, un mexicain basané, s’y oppose.

Il lui fera sûrement des remarques acerbes.

Puis il l’enverra se faire voir chez les grecs !

De quel est métal est il fait ?

3 octobre, 2009

Le chef aime diriger son orchestre à l’extérieur, sous un soleil de plomb.

Lorsque le mercure est à son plus haut, il dit souvent : je bronze donc je suis.

Il arrive dans une voiture somptueuse dont les chromes brillent de mille feux.

Il est doté d’un tempérament de fer.

Il n’admet pas les discussions : le silence est d’or.

Les cuivres doivent être nickels.

Le salaire de ses musiciens est bas : selon lui l’argent ne fait pas le bonheur et pervertit la musique.

En cas de rébellion, ils seront condamnés à travailler à la mine de bauxite.

Parfois sur le zinc de son bar préféré, sa fougue s’éteint.

Ses yeux bleus cobalt se brouillent.

Jamais un disque de platine ne récompensera son talent.

Le T

2 octobre, 2009

Il était Têtu, une vraie Tête de lard.

Très jeune, il avait eu le Tétanos.

Il se déplaçait dans une vieille auTo : la Ford T.

Il ne buvait que du Thé préparé par Thérèse, toujours dans la même Tasse.

Il n’aimait que la Tête de veau.

Il avait exigé de la Trouver dans son magasin, Toujours en Tête de gondole.

- T’es Têtu, lui disait son amie Thérèse lorsqu’il se Trouvait sur sa Taie d’oreiller.

- Et Toi, Tu T’es vu ? répondaiT-il, Tétanisé par la colère.

Il Travaillait Très Tard à une nouvelle Théorie sur les Tétraèdres.

Pendant ce Temps, Thérèse Tapait ses Tapis, Tirait son avenir au Tarot, puis Tournait des idées dans sa Tête, Tout le jour.

Hermann et ses meubles

30 septembre, 2009

Hermann était taillé comme une armoire à glace.

Il s’était installé dans le fauteuil du président : c’était un homme redouté.
Pour avoir l’air encore plus installé, il fumait des cigares gros comme des barreaux de chaise.

En matière de management, il en connaissait un rayon.

Ceux qui lui résistaient étaient mis dans un placard.

Il savait cuisiner les menteurs ou les hypocrites en les obligeant à se mettre à table.

Un jour, il tomba malade et dut garder le lit.

Son immobilité l’énerva : il traita l’infirmière qui s’empressait à son chevet de pouf, il dit qu’il avait l’impression de faire partie des meubles.

Le jour de son retour, il offrit un pot gigantesque à ses salariés en les submergeant de petits fours et de canapé de terrine ou de foie gras.

Il termina en prenant brillamment la parole, debout sur un tabouret.

Transformé par la maladie, il annonça qu’il distribuera toutes ses valeurs mobilières aux plus nécessiteux

Bonne nuit!

28 septembre, 2009

Georgette défendait âprement son dossier, elle ne s’allongerait pas.

Elle était assise sur un matelas de certitudes.

Lorsqu’elle étirait les bras, son corsage baillait.

Justin n’avait plus alors les yeux en face des trous.

Mais ce n’était pas le moment de se laisser endormir !

Il fallait se réveiller !

S’il se reposait sur ses lauriers, il serait bientôt dans de beaux draps car elle tirait toute la couverture à elle.

Il ne fallait pas lui faire son lit.

Les arguments de Georgette étaient cauchemardesques.

Son discours ronflait.

Si elle réussissait, il n’aurait plus qu’à aller se coucher.

Informatique et gastronomie

24 septembre, 2009

La dernière fois le riz avait collé et le client avait qu’il  fallait la lui copier celle-là !

Le serveur avait de la mémoire : il l’identifia dès son entrée.

Avec adresse, il présenta des cookies au client.

Le client les jeta à la corbeille.

Le serveur glissa un message dans la boite aux lettres de son directeur.

Son patron était une icône dans sa profession.

Son nom était gravé dans toutes les administrations.

Sa cuisine faisait recette.

Il sortit de son bureau avec son répertoire sous le bras.

Il demanda au client de changer son logiciel car son disque était rayé.

Le client sourit avec application.

Après avoir cédé, il but du rhum et partit chez son moniteur.

 

Que d’eau, que d’eau !

22 septembre, 2009

Ce soir là, Marius prenait un bain de pied pour se détendre.

Il en avait marre.

Il était plongé dans un océan d’incertitudes.

Tous ses projets étaient tombés dans le lac.

Les ennuis avaient dégringolé en cascade.

Devant son patron il s’était retrouvé le bec dans l’eau.

Sa renommée était à marée basse.

Les évènements avaient dépassé la cote d’alerte.

Il ne fallait pas se laisser entraîner par les flots mais au contraire surfer sur la vague.

Ce n’était pas la mer à boire.

Bientôt, il pourrait offrir une rivière de diamants à Marie.

Et se noyer dans l’onde de ses yeux clairs.

Mathilde

21 septembre, 2009

En ce début d’été 1894, maître Mathieu, notaire de Janville se frotta les mains. Depuis cinq ans qu’il avait repris l’étude de feu son père, les affaires marchaient de mieux en mieux. Il faut dire que dans cette petite bourgade beauceronne, sur la route d’Orléans à Chartes, les problèmes patrimoniaux étaient nombreux qui exigeaient son intervention rémunératrice. Les riches propriétaires céréaliers faisaient souvent appel à ses services pour régler quelques problèmes de succession, de vente, voire même de litiges entre voisins.

 Antoine Mathieu avait donc la vie qu’il avait désirée. Tout allait pour le mieux s’il n’avait du céder aux injonctions de son père qui l’avait quasiment marié de force à Blanche, la fille du maire, six ans auparavant. Blanche avait été élevée chez les sœurs. Elle était d’un caractère tourmenté, essentiellement préoccupée de religion et de la vie qu’il y avait lieu de se préparer dans l’au-delà. Le bigotisme n’était pas vraiment le centre d’intérêt d’Antoine. De plus, lorsque ses occupations dévotes lui laissaient quelques loisirs, Blanche passait son temps à l’hôpital pour visiter les malades. Physiquement, son allure était fantomatique, son visage émacié sans grâce, son regard exprimait un profond mysticisme.

A part le fait de ne pas déplaire à son père, Antoine n’avait vraiment aucune raison d’avoir voulu épouser Blanche. On ne peut même pas dire qu’il était malheureux en ménage puisque celui-ci se trouvait réduit au strict minimum.

Grâce au ciel, si l’on peut dire, le couple bénéficiait de la présence de Mathilde, une jeune servante qui avait été placée à leur service par une vieille connaissance du père d’Antoine.

(suite…)

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