Archive pour la catégorie 'Billets'

Jean, le brigand

24 juin, 2022

C’est l’histoire de Jean, le brigand de Gand qui est pauvre. Il circule en deux-chevaux, ce qui n’est pas très pratique pour échapper aux gendarmes après chacun de ses méfaits. Comment, nous demandons-nous, une telle canaille peut-elle rester en liberté ?

C’est justement parce que Jean, le brigand de Gand, ne voyage pas dans une berline de luxe que les gendarmes ne l’arrêtent pas. Pourquoi embastiller ce pauvre hère qui ne circule qu’en deux-chevaux ? s’interrogent-ils avec bon sens.

En effet, de mémoire de gendarme, on n’avait jamais vu un malfrat pauvre, puisque le métier de voleur consiste à piller les richesses des gens aisés.  Comment – nous demandons nous avec insistance – peut-on expliquer ce paradoxe ?

C’est-à-dire que Jean, un peu pieux aspirait au plus haut des cieux. Après chacun de ses méfaits, le remords le mord. Ne suis-je donc qu’une truie de voler le bien d’autrui ? se dit-il fort à propos.

Il rend donc chaque mois, le fruit de ses larcins malsains à l’abbé Tonnière qui s’empresse d’embellir son église.

Selon la presse, le prêtre vient d’être arrêté pour blanchiment d’argent.

Moralité : en deux-chevaux ou pas, il est mal de voler

L’histoire du poulet moche

28 mars, 2022

C’est l’histoire d’un poulet laid,

Ami avec une chouette chouette.

« Tu as tort », dit le castor au poulet.

« Ne pas vivre la nuit nuit 

A ton aimée ailée ! »

Alors le poulet qui en convint vint

Jusqu’à l’estaminet du minet

Qui lui dit « laid, le poulet l’est. »

Morosité

10 mars, 2022

« Je suis démotivé. »

« Qu’est-ce qui vous arrive, mon bon ? »

« Bof, rien ne m’intéresse. Tout est une affaire d’argent. Si vous n’en avez pas, vous n’êtes rien. J’en ai marre d’être rien. »

« Ecrivez, cette une bonne manière de manifester votre créativité, ça ne coûte pas cher. Et pendant une heure ou deux, vous pouvez vous prendre pour un grand écrivain. Personne ne vous contredira. »

« J’ai essayé, mais je m’ennuie moi-même. Il faudrait que je me surprenne, mais je raconte des histoires qui sont désespérantes de banalité. »

« C’est vrai que nos vies de cadres moyens ne sont pas très excitantes. A part dormir, bosser pour le chef qui en veut toujours plus et rentrer pour dormir devant la télé, je ne vois pas bien ce que nous pourrions raconter d’intéressant. »

« Vous voyez, nous sommes nuls. »

« L’idéal, ce serait que vous ayez un certain talent pour écrire sur la nullité. Vous pourriez inventer la littérature de la banalité. C’est une niche. »

« Raconte ma démotivation à des gens démotivés, vous parler d’une motivation. Je ferai mieux d’être pauvre, la pauvreté ça peut encore émouvoir les foules. »

« Dans votre cas, le mieux serait de faire preuve de créativité. Secouez votre imagination. »

« En fait, mon problème c’est que même quand je vais me distraire — au ciné — par exemple, je pense que je suis en train de me distraire, par conséquent que j’ai des raisons pour me distraire. Si j’ai besoin de me distraire, c’est que je n’ai pas une vie très motivante. »

« Ça commence à devenir compliqué. Si je comprends bien, il vous faudrait des distractions qui vous permettent de penser que vous n’êtes pas en train de vous divertir d’une vie médiocre. Une distraction qui ne serait pas une distraction. »

« Exactement, vous n’auriez pas ça, par exemple ? »

« Ben non, si vous refusez de vous distraire, je ne peux pas vous proposer une distraction. Vous pourriez peut-être parler avec Mollard ou Dugenou, ils sont encore plus démotivés que vous. Ce serait une façon de soigner le mal par le mal. »

« Ben non, je ne vais tout de même pas fonder le club des démotivés. Les gens sont fichus de m’élire président. »

« Vous avez toujours été démotivé ? »

« Non, à vingt ans, je me croyais plus malin que les autres. Et puis, je me suis aperçu que tous les gens rêvaient d’être plus malins que les autres. Le pire, c’est quand je me suis aperçu que certains ont réussi à être les plus malins. »

« Et alors, qu’est-ce que vous avez fait ? »

« Quand vous n’êtes pas parmi les plus malins, il ne vous reste plus qu’une solution, c’est d’admirer ceux qui ont réussi à l’être. »

« Ah ! C’est pour ça que vous avez un grand poster de Patrick et Johny dans votre chambre ? »

La fuite du brigand et de sa mégère

2 mars, 2022

Le brigand de Gand

Et sa mégère de Megève

Sont des ordures dures.

Ils sont maudits ! Oh ! Dis !

Ces deux filous filent où ?

En Chine où l’on s’échine ?

En Espagne, en pagne ?

A Groix, voir le Roi ?

Où au Havre, trouver un havre ?

De Rose à Margot

7 février, 2022

J’ai pris un râteau, tôt au château.

Alors, je suis parti pour Berlin en berline.

J’étais morose en pensant à Rose.

J’ai habité chez Margot et ses lingots.

Dans sa niche, elle est riche, cette biche.

C’est une neuve veuve,

De Charles, un charlatan,

Un marlou, un loup, ce loulou.

Adèle, Alice, son marquis et Serge

24 janvier, 2022

Adèle dans sa citadelle

Est une muse qui joue de la cornemuse.

Son loubard malabar est dans le bar.

Alice avec malice

S’est inscrite sur Facebook avec son bouc.

Son marquis a pris le maquis.

Il fait le fanfaron sur le mont Faron.

Avec Serge, le concierge, qui tient un cierge.

L’idio, l’ignare et Dédé

17 novembre, 2021

Sur un ilot, l’idiot

Et l’ignare narrent

A l’idole de Dole

Une idée de Dédé

Qui vit une idylle avec Odile.

Dédé, c’est un illustre vendeur de lustres.

Elle, elle est imbue de lui, même quand il a bu.

Mais l’impudent est imprudent.

Il incline pour Line.

Cette femme infâme.

Le fripon frileux

30 octobre, 2021

Dans le frimas,

Le fripon

Friqué

Et frisé

Frime.

Il frissonne.

Cette fripouille

Est frivole

Et frileux.

Une aventure du Duc

29 octobre, 2021

Le Duc éduque

Elie qui lit.

Puis, il va avec Eva

A la chasse sur ses échasses.

A la gare, il s’égare.

Là, il y a Eddy qui lui dit :

Courbe l’échine où va en Chine.

L’autre est fort, il ne fait pas d’effort.

Son élan est lent.

Deux guerriers

24 octobre, 2021

« Je vois ce que c’est : monsieur a du caractère. »

« Parfaitement, moi je ne me laisse pas monter sur les pieds. »

« Voilà qui tombe bien, moi je suis aussi un individu à fort tempérament. »

« Sans être désobligeant, monsieur, je crois que le mien est plus tonitruant que le vôtre. Je déborde d’énergie. »

« Et moi, donc ! Il ne s’agit pas de me chercher querelle, je monte facilement dans les tours pour défendre mes positions. »

« Permettez-moi de m’esbaudir monsieur. Quand je déploie mes qualités de fonceur, nul n’est en mesure de me résister. »

« Quant à moi, la dernière fois que j’ai déclenché la tempête de ma personnalité, la moitié du département s’est cachée. »

« Je me gausse encore. Ma nature vibrante est redoutée dans toutes les provinces. Quand j’arrive dans une ville, on s’inquiète, des volets se ferment, les commerçants baissent leur rideau. »

« Le président vient de faire appel à mes services pour maîtriser la grève des gilets verts. Et j’aime autant vous dire qu’on s’est expliqués entre hommes. »

« Et moi ? Je suis nommé préparateur mental de l’équipe de France de foot. J’aime autant vous dire que les petites chamailleries entre joueurs, c’est terminé ! Non, mais alors ! »

« Ce n’est rien par rapport à mon tempérament guerrier. En cas d’échecs des négociations européennes, on fait appel à moi. »

« Vous plaisantez. Qui est-ce qui à mis les Chinois à terre dans une discussion internationale sur le commerce de la pêche melba ? »

« Ce n’est pas vous qui avez échoué à faire revenir les Anglais dans l’Europe ? »

« Pas du tout ! J’ai fait connaître à cette occasion la fermeté de mes opinions stratégiques. Elles ont effrayé les Anglais à tel point qu’ils se sont repliés sur leur île. Et vous, vous n’auriez pas échouer, par hasard, dans les discussions sur le glyphosate. »

« Vous rigolez, j’ai fait clairement connaître mon opinion au président. Je ne me souviens plus ce que je lui ai dit, mais je vous prie de croire que j’ai été très clair ! »

« Et pour vos vacances, vous allez chez votre belle-mère dans le Périgord comme d’habitude. Il parait que votre femme y tient beaucoup ? »

« Je m’insurge ! Chez moi, c’est moi qui décide. Si nous allons chez belle-maman, c’est par ce que je m’entends très bien avec elle. Mais au fait, vous avez changé la tapisserie de votre salon, je croyais que vous détestiez le vert. »

« J’ai pris cette décision qui s’est imposé dans mon esprit parce que vert s’harmonisait parfaitement à la couleur des yeux du chat. Je ne suis pas du genre à me laisser influencer par les goûts de Thérèse. »

« C’est comme moi, si je me suis mis à manger des épinards, c’est à la suite d’une recommandation médicale. Ce n’est absolument pas pour faire plaisir à Josiane. »

« Vous avez raison. Restons prudent. On ne peut pas exclure des tentatives de putsch ! »

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