Charles et le charabia

C’est l’histoire de Charles qui s’exprimait dans une nouvelle langue qu’il était le seul à parler : le charabia. Evidemment, personne ne le comprenait, donc personne ne parlait avec lui, ce qui l’excluait de toute vie collective. On se moquait même de sa façon de parler.

Heureusement, dans la langue de Charles, les chiffres n’avaient pas été changé. Si bien que lorsqu’il achetait des produits, il en comprenait très bien le prix. Il savait aussi très bien lire son relevé de compte en banque ou le montant de ses impôts. Le problème, c’est qu’il était pauvre car personne ne pouvait l’employer puisque – rappelons-le — il ne parlait que le charabia.

Mais voici qu’arriva au village Rose, une vendeuse des fleurs du même nom. Rose s’indigna de l’exclusion de Charles. Ce n’est pas parce qu’un homme ne parle pas le même langage qu’il doit être mis de côté !  Heureusement, il se trouva qu’elle avait appris au lycée des rudiments de charabia qui lui permirent de parler avec Charles. Elle tint de longues conversations avec ce dernier auxquelles les autres ne comprenaient rien.

Un jour des hordes de barbares chevelus envahirent le village sur leurs chevaux fous. Ils ne parlaient que le charabia entre eux. Ils s’apprêtaient à piller et incendier la commune, quand Rose s’interposa courageusement. Elle fit comprendre aux barbares qu’ils n’avaient pas intérêt à être violents puisque Charles était l’un des leurs, envoyé par un dieu spécialisé en charabia, pour diffuser leur langue et leur culture au sein de la population.

Depuis ce jour, les villageois écoutent ce que dit Charles et prennent soin de lui, pour le cas où d’autres barbares chevelus viendraient à envahir la région.

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