Encore un pessimiste !

« Je suis très pessimiste. »

« Oui, mais vous êtes tout le temps pessimiste, vous. Ce n’est pas très motivant pour votre entourage. Les gens vous parlent encore ? »

« Pas trop. Je constate que nous sommes passé de crise en crise : la peste au Moyen-âge, les famines, la Révolution, les guerres du 20 ème siècle, le chômage, le virus… et re-la guerre ! »

« Mais le génie humain nous a permis de tout surpasser. »

« Vous croyez que ça va continuer ? La nature humaine est resté la même. L’homme est faible, cupide, égoïste, un petit peu lâche. »

« Et qu’est-ce que vous faites du progrès technique : Internet, les smartphones, tout ça…. »

« Ça n’empêche pas que l’homme est toujours faible, cupide, égoïste, un petit peu lâche.  En plus, il est devenu individualiste : chacun pour sa pomme ! »

« Allons, allons ! Josiane et moi élevons nos enfants dans le respect d’autrui, la solidarité, l’entraide. Ils sont très soudés avec leur bande de copains. »

« Surtout pour aller en boîte le samedi soir ! »

« Mais nous leur inculquons le sens de l’effort ! Je bloque leurs écrans de façon qu’ils ne recopient pas Wikipédia quand ils ont un devoir à faire. Ce sont les seuls du collège à rendre des rédactions originales. Les profs sont obligés de les lire ! »

« Moi, mes gosses ne marchent plus, ils avancent en trottinettes électriques, c’est moins fatigant. Même à l’intérieur. L’autre jour, j’ai failli me faire renverser en allant à la salle de bains ! »

« Allons, allons ! Rien n’est perdu, le génie humain n’est pas épuisé. Beaucoup de gens vont au ciné, au théatre, se cultivent… »

« Je serais curieux de savoir combien de personnes confondent encore Corneille le rappeur et Corneille, le dramaturge. Je crains le pire. »

« Il y a encore de l’espoir ! Vous avez vu que les gens savent encore se mobiliser contre la guerre, contre la misère, contre le virus… »

« Ou alors pour aller hurler au stade pour encourager des jeunes en culottes courtes, quitte à se faire casser la figure par les supporters de l’autre camp. Bel exemple d’humanité. »

« Bon ! Alors qu’est-ce qu’on pourrait faire pour vous rendre optimiste. »

« Bof ! Je n’ai pas grande ambition ! Je me satisferais de petits plaisirs. Par exemple, la salade de fraises dont vous avez piqué le dernier exemplaire à la cantine. »

« Oui, mais moi j’aime bien les fraises. La vie, c’est souvent comme ça : c’est le plus rapide ou le plus costaud qui emporte le plat de fraises. »

« C’est bien ce que je disais. La concurrence dégénère en compétition. Malheur au vaincu. Tout ça nous ramène, bel et bien au niveau de l’animalité. »

« Moi, ce n’est pas de ma faute si je suis du côté des lions, et vous du côté des blanches brebis un peu innocentes, si je peux me permettre. »

« Les lions ne mangent pas de fraises. »

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