Encore un dragueur !

« Mademoiselle, je vous vois bien farouche ! »

« C’est que je connais vos intentions, monsieur. Aussi je préfère ne pas m’attarder. »

« Vous vous méprenez, mademoiselle. Mes intentions sont parfaitement honorables. »

« Ce n’est pas ce que dit la belle Anabelle que vous avez fortement importunée, le mois dernier, alors qu’elle patientait dans l’attente de l’omnibus, devant la gare. »

« Je m’insurge, mademoiselle. La vérité c’est que c’est la belle Anabelle qui m’a abordé sous le fallacieux prétexte de me demander les horaires de l’omnibus. »

« Il n’empêche que vous en avez profiter pour entretenir avec elle une conversation galante. »

« Pas du tout. Elle s’est étonnée de la fraîcheur matinale et je me suis permis de lui rappeler qu’un tel phénomène était fréquent au printemps. »

« Je vous interdis donc de m’entretenir du temps qu’il fait, monsieur. On sait bien comment ça commence et comment ça finit. »

« Je suis un homme du monde, mademoiselle. Une conversation sur la météorologie, c’est bon pour les rustres. Nous pourrions aborder un autre sujet. Comment va votre maman ? »

« Laissez donc ma maman tranquille, monsieur. C’est comme ça que vous avez séduit la belle Henriette, l’été dernier. »

« Allons, allons ne comparons pas. La beauté de la belle Henriette n’a rien à voir avec l’éclat de votre visage, la délicatesse et vos traits et la finesse de votre silhouette. »

« Et voilà, ça commence ! Vous parlez de moi de manière libidineuse. Et vous croyez que c’est comme ça que je vais succomber à vos charmes. Ne me confondez pas avec la belle Karine. »

« Ce qui est impossible, mademoiselle. La belle Karine a l’air d’un artichaut sur pattes à côté de l’élégance naturelle de votre présence. »

« Nous frisons l’insolence, monsieur. Je vais devoir prévenir la maréchaussée puisque vous vous entêtez à me harcelez de compliments. »

« Dois-je en conclure, mademoiselle, que vous ne goûtez pas la galanterie des éloges que votre apparition m’inspire ? Comment dois-je faire état de mon admiration, alors que votre beauté naturelle me bouleverse et m’émeut ? »

« Vous ne comprenez rien, monsieur. Vous ne devez pas exprimer votre admiration avec des mots ensorceleurs qui pourraient à inviter à un rapprochement parfaitement immoral. »

« Alors, comment faire ? »

« Vous devez utiliser une attitude réservée, tout à vous montrant à la limite de l’éblouissement lorsque je parais dans votre champ de vision. »

« Puis-je ma pâmer ? »

« Certainement pas. Voilà qui serait indécent. Par contre la lumière de vos yeux pourrait exprimer un certain ravissement, sans aller jusqu’à l’extase bien entendu. »

« Très bien ! Je vais essayer. Nous pourrions maintenant décider du degré de fascination qui m’est autorisé. J’hésite encore : dois-je être envoûté ou simplement ensorcelé par votre sourire ?

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