What ?

« Il parait qu’il y a une nouvelle loi : il faut parler français. »

« Ah bon ? Je ne peux plus dire que je vais faire un running ce week-end avec mes friends. C’est dommage, c’était facile. »

« Il faut dire que vous allez faire de la course à pied ce dimanche avec vos amis. »

« Voilà qui sonne moins bien, ça ne fait pas très moderne. Est-ce que je pourrais dire que je suis un peu surbooké ? »

« Non plus, vous n’êtes pas surbooké. Votre charge de travail est excessive, à la rigueur. »

« Mais quand on le dit en français, personne n’y croit ! Ah ! La ! La ! »

« Les Anglais nous ont bien eus. Moi qui croyais que Jeanne d’Arc les avait boutés hors de France ! Elle aurait pu terminer le travail comme il faut ! »

« Il faut dire que parler anglais, ça va beaucoup plus vite et que la vitesse est une des clés de la vie moderne. Pendant que vous dites « téléphone intelligent », j’ai le temps de dire trois ou quatre fois « smartphone » ! »

« Peut-être, mais enfin, si je parle comme ça, je ne pourrais plus faire profiter les autres de la subtilité de ma pensée. »

« Bon, j’ai compris ! Venez au brunch de Dugenou demain ! Vous aurez l’occasion d’upgrader votre vocabulaire, j’ai l’impression que c’est urgent. »

« Puisque c’est comme ça, je vais apprendre le parler des jeunes. Tranquille…quoi. Si on m’embête, je dirai : wesh ! wesh ! … à tout propos. »

« Le mieux serait que vous mélangiez l’anglais managérial avec le parler jeune… »

« Plus personne ne me comprendrait. »

« C’est le but du jeu ! Vous avez remarqué le nombre de gens qui vous coupent la parole avant que vous ayez fini une phrase complète. Vous pouvez donc dire n’importe quoi, ça ne dérange personne. »

« Quelle catastrophe linguistique ! Le mieux serait peut-être le silence ! »

« Non ! Si vous vous taisez, c’est que vous n’êtes pas communiquant, ce qui est considéré comme un grave péché par les temps qui courent. »

« Et chez moi, je peux parler français ? »

« Pas trop quand même. N’hésitez pas à dire que : vous gérez le couvert au lieu de : je vais mettre le couvert. On n’est pas chez votre grand-mère tout de même ! Et ne reprenez pas votre gamin s’il vous dit qu’il surkiffe la crème glacée ! »

« Et pour parler d’amour avec ma maîtresse Louise, je fais comment ? »

« Vous plaisantez ! Dites-lui : Louise, je t’aime pendant que vous y êtes. Vous allez encore passé pour un vieux ringard ! A la rigueur, dites que vous la kiffez, mais je ne vous garantis pas le résultat. »

« Et pour lui demander un rendez-vous ? »

« Non, pas comme ça ! Il faut lui demander un date !  Et ne vous offusquez pas, si elle vous répond mdr ou que vous lui faites pitié. »

Laisser un commentaire