Sur la colline

« Je suis monté sur la colline et j’ai cueilli un bouquet d’églantines, mais je n’ai vu personne arriver ! J’en suis marri ! »

« Moi aussi, j’ai fait la même chose. »

« N’aurait-on pas été les objets de quelque manœuvre malicieuse de la part de Josiane ? »

« Je le crains mon bon, nous avons été joués. Le coup est rude, d’autant plus que la montée au sommet de la colline est ardue. »

« Et moi en plus, je n’ai pas trouvé d’églantines. J’ai cueilli des chardons à la place. Croyez-vous qu’elle se soit décommandée à cause de ce changement ?»

« Voilà qui m’étonnerait un peu ! Je la soupçonne plutôt de ne pas faire grand cas de nos assiduités respectives. »

« En ce cas, je me demande si je vais maintenir mes achats de pains au chocolat dans son échoppe. Je pourrais plutôt aller chercher mes croissants à la boulangerie de Thérèse. »

« Ne vous donnez pas cette peine ! Thérèse m’a déjà envoyé dans la forêt pour l’attendre après avoir trouvé la clé des champs. »

« Et je parie qu’elle n’est pas venue. Quelle polissonne ! »

« Remarquez que je n’ai pas trouvé la clé du champ. J’en viens à me demander s’il y a vraiment besoin d’une clé pour entrer dans un champ. »

« En effet, il y a de quoi se poser la question. Moi, j’ai tenté ma chance auprès de Lucienne, la charcutière. Je devais l’attendre sur le bord de la rivière après avoir cueilli le fruit défendu qu’on y trouve à profusion, paraît-il.»

« Et elle n’est pas venue ? »

« Non, à sa place, j’ai vu arriver Lucien, le charcutier. Il semblait légèrement froissé. En plus, je n’avais trouvé de fruits défendus. Je pense que ce n’était pas la saison. »

« Je me demande quelle mouche les ont piquées. Comment ne peut-on pas honorer les rendez-vous qu’elles nous fixent elles-mêmes ? »

« Bon… Il nous reste Augustine, la bonne du curé. »

« Elle me parait accorte, mais je préfèrerais ne pas tenter ma chance. L’abbé Canne n’aime pas trop qu’on tourne autour d’elle. »

« Bon, alors qu’est-ce qu’on fait ? On ne va quand même pas se priver des pains au chocolat de Josiane qui sont absolument délicieux. »

« Allons ensemble dans son magasin, et prenons un air dégagé pour la remercier de nous avoir envoyé là-haut où nous avons trouvé l’amour. »

« Vous avez raison, elle en sera bien contrite. Elle voudra surement monter là-haut à son tour. »

« Et c’est là que nous l’attendrons avec un bouquet de n’importe quoi. Nous nous moquerons avec jubilation de sa confusion. »

« Vous croyez que notre stratagème marchera ? Elle est peut-être moins bête que nous. »

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