Deux guerriers

« Je vois ce que c’est : monsieur a du caractère. »

« Parfaitement, moi je ne me laisse pas monter sur les pieds. »

« Voilà qui tombe bien, moi je suis aussi un individu à fort tempérament. »

« Sans être désobligeant, monsieur, je crois que le mien est plus tonitruant que le vôtre. Je déborde d’énergie. »

« Et moi, donc ! Il ne s’agit pas de me chercher querelle, je monte facilement dans les tours pour défendre mes positions. »

« Permettez-moi de m’esbaudir monsieur. Quand je déploie mes qualités de fonceur, nul n’est en mesure de me résister. »

« Quant à moi, la dernière fois que j’ai déclenché la tempête de ma personnalité, la moitié du département s’est cachée. »

« Je me gausse encore. Ma nature vibrante est redoutée dans toutes les provinces. Quand j’arrive dans une ville, on s’inquiète, des volets se ferment, les commerçants baissent leur rideau. »

« Le président vient de faire appel à mes services pour maîtriser la grève des gilets verts. Et j’aime autant vous dire qu’on s’est expliqués entre hommes. »

« Et moi ? Je suis nommé préparateur mental de l’équipe de France de foot. J’aime autant vous dire que les petites chamailleries entre joueurs, c’est terminé ! Non, mais alors ! »

« Ce n’est rien par rapport à mon tempérament guerrier. En cas d’échecs des négociations européennes, on fait appel à moi. »

« Vous plaisantez. Qui est-ce qui à mis les Chinois à terre dans une discussion internationale sur le commerce de la pêche melba ? »

« Ce n’est pas vous qui avez échoué à faire revenir les Anglais dans l’Europe ? »

« Pas du tout ! J’ai fait connaître à cette occasion la fermeté de mes opinions stratégiques. Elles ont effrayé les Anglais à tel point qu’ils se sont repliés sur leur île. Et vous, vous n’auriez pas échouer, par hasard, dans les discussions sur le glyphosate. »

« Vous rigolez, j’ai fait clairement connaître mon opinion au président. Je ne me souviens plus ce que je lui ai dit, mais je vous prie de croire que j’ai été très clair ! »

« Et pour vos vacances, vous allez chez votre belle-mère dans le Périgord comme d’habitude. Il parait que votre femme y tient beaucoup ? »

« Je m’insurge ! Chez moi, c’est moi qui décide. Si nous allons chez belle-maman, c’est par ce que je m’entends très bien avec elle. Mais au fait, vous avez changé la tapisserie de votre salon, je croyais que vous détestiez le vert. »

« J’ai pris cette décision qui s’est imposé dans mon esprit parce que vert s’harmonisait parfaitement à la couleur des yeux du chat. Je ne suis pas du genre à me laisser influencer par les goûts de Thérèse. »

« C’est comme moi, si je me suis mis à manger des épinards, c’est à la suite d’une recommandation médicale. Ce n’est absolument pas pour faire plaisir à Josiane. »

« Vous avez raison. Restons prudent. On ne peut pas exclure des tentatives de putsch ! »

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