Archive pour juillet, 2021

Pauvre petit torero

7 juillet, 2021

Le torero

N’est pas un héros.

Ni un guérillero.

Avec son sombrero,

C’est un zéro,

Un danseur de boléro.

Il fait son numéro,

Avec son frérot

Fiérot,

Une sorte de petit hobereau.

Le boulot royal

7 juillet, 2021

« C’est bon ! J’ai fini mon arbre généalogique ! »

« Et alors, ça a l’air de vous ragaillardir ! »

« Bien sûr, je descends d’un Roi ! Vous m’entendez, je suis carrément Roi ! Il va falloir me parler autrement, manant. »

« Certes, votre Altesse, moi mes ancêtres n’étaient que des paysans. J’avais même des chenapans pour aïeuls qui ne méritaient que la potence. »

« D’après votre air un petit peu fruste, c’est ce que je pensais. Je pense qu’il serait bon désormais que vous alliez me chercher mon café du matin. »

« Mais certainement, votre Grandeur ! J’imagine qu’il serait indélicat de vous demander à quelle heure vous pensez terminer le dossier que je vous ai confié. »

« Evidemment, je ne vais pas déroger. Portez le dossier à Dugenou, il n’a qu’un modeste hobereau dans son ascendance. »

« Votre Majesté souhaiterait peut-être prendre quelques jours de repos. »

« C’est une bonne idée, mon brave ! Je propose de multiplier le nombre de mes jours de RTT par deux ! Faites diligence, je vous prie ! »

« Certainement ! Et pour le rapport que le patron a commandé, qu’est-ce que je lui dis ? De le demander au secrétariat de Louis XV, peut-être ? »

« Comment vous appelez-vous déjà ? Ah …oui, Duplantier ! Et votre rang à la cour ? Ah… oui sous-chef adjoint au service juridique ! Comment osez-vous m’adresser la parole ? »

« C’est-à-dire que votre Immensité n’est présentement qu’un modeste employé aux écritures ! »

« Vous n’êtes qu’un impertinent, monsieur. Je vais mander le bourreau pour qu’il vous donne le fouet. Vous devez respecter mes ancêtres ! »

« C’est-à-dire que sa Majesté prend la direction du bureau de chômage. Il faudra convoquer vos nobles ancêtres pour vous tirer de là ! »

« Et pour quelle raison, je vous prie ? »

« Il m’étonnerait que votre conseiller d’orientation ait beaucoup de jobs de Roi à vous proposer. »

« Mais il ne sera pas question que je postule, voyons ! Le peuple viendra à moi naturellement et je serai porté sur le trône sous les acclamations ! »

« En attendant… si ça ne dérangeait pas votre Splendeur de finir son boulot…

« Peut-être, mais j’exige d’avoir une table réserver à la cantine. ET lorsque je sors dans les couloirs, ils doivent être vidés de tout manant qui viendrait à quémander des faveurs auprès de moi-même. »

« Ce sera tout ? Nous pourrions peut-être organiser une cérémonie de sacre dans la salle de réunion ? »

« Il faudra également couronner Marthe, ma reine. Et je nomme Dugenou du service informatique comme bouffon du Roi. »

« Fini de rire, Majesté ! J’attends de pied ferme votre royal ouvrage. »

Au feu !

5 juillet, 2021

Feu le père de Monsieur

Est parti avant le couvre-feu,

Après le pot-au-feu,

Au coin du feu.

C’était un boutefeu,

Un feu-follet

Qui aima une coiffeuse,

Les armes à feu

Et les feux d’artifice.

A l’école

4 juillet, 2021

« On peut jouer au lion dans la forêt ? »

« Qu’est-ce que c’est que ça ? »

« On rugit et puis on court après les filles et puis on montre nos crocs et on les dévore. C’est très sympa, les filles hurlent beaucoup. »

« Ben non ! Je t’interdis de mordre les filles. »

« Et jouer au chevalier du moyen Age ? On se met une casserole sur la tête, on prend un balai et on se précipite l’un contre l’autre. En hurlant comme des sauvages évidemment. »

« Vous êtes fou, vous pouvez vous faire très mal ! J’ai déjà été obligé d’aller voir le petit Martin Dugenou à l’hôpital pour lui expliquer que c’était pour rire ! »

« Bon… alors, est-ce qu’on peut jouer au président de la République ? »

« Celui qui prend des claques ? Certainement pas ! Vous ne pourriez pas jouer au ballon prisonnier ou à la marelle comme tout le monde. »

« Non ! Il n’y a personne qui souffre ! On préfère faire les coureurs du Tour de France qui arrivent au sprint, il y en a la moitié qui s’étalent parterre. »

« J’espère au moins que vous vous tenez tranquille à la cantine. »

« Tout à fait. On ne joue pas au lancer de petits suisses, c’est pour les bébés. Nous on joue au prisonnier du Roi. »

« Je crains le pire. »

« Il y en a un, souvent Dugenou… dont on vole le dessert, on l’attache sur sa chaise… et il doit regarder les autres se gaver de son dessert. »

« Vous êtes odieux !!! »

« Mais c’est pour nous entraîner à la vie !! Le papa de Mollard nous l’a dit : les actionnaires se gavent de fric et les autres les regardent se gaver ! »

« Oui, mais enfin… c’est un jeu pour les grands. Vous pourriez inventer quelque chose de plus intelligent ! »

« Comme le jeu du largage ? »

« Qu’est-ce que c’est que ça ? »

« Un mec offre une part de dessert supplémentaire à une fille pendant huit jours, la fille est contente et le jour suivant, on lui vole son dessert. Alors elle pleure ! C’est une manière de la préparer à la dureté des hommes ! »

« Bon puisque c’est ça, je vais dire aux filles de vous faire la même chose, la semaine prochaine ! »

« Je m’en fous, je n’aime pas les yaourts aux fraises. Mais tu vas déclencher la guerre et tu t’énerveras encore contre nous. »

« Et jouer à ceux qui écrivent cent fois : ‘je dois être respectueux avec tous mes camarades’, qu’est-ce que vous en dites ? »

« Tu me punis, alors que j’essaie de me socialiser tranquillement à l’école ? »

Go ! go ! go !

3 juillet, 2021

Sur le cargo

Pour San Diego,

Un gringo

Joue du bongo.

Il est dingo

Ce gogo.

Il mange du sorgo,

Danse le tango

Et joue au Lego.

Le discret et le distrait

2 juillet, 2021

Le discret

Se dispute

Avec le distrait

Disert

Et discourtois.

Le disc-jockey

Se distingue

Par sa discipline.

Il dit : assez discuté !

Puis il disparait.

Un rêve historique

1 juillet, 2021

« J’ai vu deux silhouettes dans l’ombre d’une forêt profonde. J’ai reconnu Duplantier et Louis XIV. »

« Duplantier, le patron ? Qu’est-ce qu’il faisait là ? »

« Lui et Sa Majesté rigolaient comme deux bossus. On aurait dit deux chenapans qui viennent de jouer un mauvais sort. »

« Tu es sûr que c’était Louis XIV ? »

« Ou peut-être Louis XIII. A une unité près, on ne va pas chipoter. Le plus grave, c’est que le carrosse du cardinal est apparu… »

« Allons bon ! Mazarin ? Richelieu ? »

« C’était Richelieu, je suis sûr. Il avait marqué son nom sur la porte de son carrosse, mais ce n’était pas encore le plus important. Il y avait sa maîtresse dans sa voiture. Et tu sais qui c’était sa maîtresse ? »

« Brigitte Bardot ? »

« Non, ne dis pas de bêtise. C’était la mère Poulard, du service du personnel. »

« Nooooooooon ! Je ne savais pas qu’elle sortait avec le cardinal. Dumartin, du service informatique va faire une drôle de tête !!  Et alors qu’est-ce qui s’est passé ! »

« La mère Poulard a exigé qu’on fasse un pique-nique ! »

« Toujours dans la pénombre de la forêt ? »

« Oui, le cardinal n’osa pas lui refuser. Il a appelé les cuisines sur son Smart Phone pour que des cuisiniers apportent de quoi se restaurer. »

« Et Duplantier pendant ce temps-là ? »

« Il jouait à saute-mouton avec le roi en attendant le déjeuner. Le roi en a eu vite assez. Il a demandé qu’on lui amène quelques ribaudes pour se divertir davantage. Et tu ne sais pas qui on lui a présenté ? »

« Non, j’ai hâte de le savoir. »

« Thérèse, ta femme ! »

« Oui, mais alors là, je ne suis pas tellement d’accord. Sa Majesté n’a pas à trousser la femme des autres. »

« Le cardinal est intervenu pour dire, qu’en effet, c’était un péché. Lui le fait couramment, mais enfin c’est un cardinal… Duplantier aussi a engueulé sa Majesté. »

« Comme quand il nous engueule en réunion de service ? »

« Oui, à peu près. Sa Majesté lui a répondu que s’il n’était pas content, il en avertirait le siège de New-York, voire le président des Etats-Unis en personne. »

« Et Thérèse, j’aimerais bien savoir ce qu’elle fait la nuit au fond des bois. »

« Elle a rejoint la mère Poulard dans le carrosse du cardinal. Elles ont gloussé à qui mieux-mieux. Je pense que la mère Poulard lui racontait les polissonneries du cardinal. »

« Et au final ? »

« Tout s’est terminé par un vaste pique-nique au clair de lune. Le roi a exigé que la barde soit attaché à un arbre. Et Obélix est arrivé en portant un plat avec un rôti de sanglier fumant. »

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