La flotille
« La société, c’est comme une flottille. Vous avez les gros navires et les petits voiliers légers comme vous et moi. »
« En effet, la métaphore me semble judicieuse. Nous ne sommes pas sur le navire amiral, nous sommes des petits bouchons qui flottent sur la mer. »
« Remarquez que la société est bien organisée. Vous avez des porte-avions qui ont pour mission de lancer des avions, c’est un peu le rôle de l’école qui vous projette dans la vie en vous armant le mieux possible. »
« Et puis en cas de guerre, il y a des navires de guerre qui attaquent les autres navires de guerre. »
« Oui, c’est Dugenou qui passent ses journées à attaquer ses collègues. Après ça, il raconte que lui, c’est un « battant ». »
« Dugenou, on le connait. On le voit venir. Par contre Martin, c’est un sous-marin d’attaque. On ne le sent pas arriver et hop ! Il attaque par en-dessous ! Quelle hypocrite ! »
« Je préfère la mère Poulard du marketing. C’est un navire de plaisance, gros porteur. Elle fait toujours le même voyage. On sait où elle va, elle. »
« Quant à Ernest Lharicot et Gilbert Soupière, ce sont des hors-bords de compétition. On les voit traverser les couloirs à grandes enjambés, en prenant des airs très occupés, pour faire ceux qui ont beaucoup de travail ! »
« J’aime mieux Amédée Bourrichon, c’est un voilier construit pour les courses lointaines. Il va vite aussi, mais il sait résister aux vagues de gros temps. »
« Vous avez aussi Amandine Dupoirier. C’est un véritable matelas pneumatique. Un navire de piscine, si vous préférez. Ce n’est pas elle qui prendra des risques en s’éloignant du bord ! »
« C’est d’ailleurs pour ça qu’elle est chef de service. Ce n’est pas comme Louise Machinovski, une goélette qui est parti pour des courses lointaines dans les eaux des territoires ennemis et qui n’en est jamais revenu. »
« Vous connaissez la mère Potiron. Elle n’a rien d’autre à faire que le tour de la maison pour discuter avec les uns et les autres. C’est un bateau de pêche, un vrai chalutier, qui ramasse tous les ragots de la maison pour les revendre à qui en veut. »
« Oui, on pourrait aussi dire que c’est le principal navire espion de la direction. »
« Le pire, c’est Valentin Soupière. C’est une barque. Il rame dans toutes les circonstances ! »
« Je préfère Georges Rigolard. Qu’est-ce qu’on se marre à la cantine avec lui. On pourrait dire que dans la flottille, il tient le rôle du brise-glace. »
« Le patron, ce serait plutôt un navire de croisière. Il emporte beaucoup du monde, mais à petite vitesse, sur des trajets sécurisés. Ce n’est pas un risque-tout ! »
« C’est le moins qu’on puisse dire. Son leitmotiv c’est : pas de vagues, surtout pas de vagues. Il est d’ailleurs bien accompagné par son second Georges Gamelle, un véritable escorteur qui ne quitte pas le navire de croisière. »
« Remarquez qu’ils ont leur service l’autre adjoint, Fernand Touillard, qui est un vrai navire démineur. Dès qu’il y a un risque de problème, c’est lui qui se le tape. »
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