Archive pour le 3 mai, 2020

Les bleus

3 mai, 2020

Le Roi de la tribu des Bleus qu’on nommait le Bleu Roi avait décidé de réunir ses sujets qui furent prier de participer à une grande croisade.

L’embarcation des croisés eut lieu sur la côte d’Azur, parce qu’il pensait que dans cet endroit, les Bleus d’Azur seraient bénis par les dieux.

Il avait décidé d’un départ après le coucher du soleil parce qu’il savait que ses troupes pourraient se fondre dans l’obscurité. La silhouette des Bleus s’évanouissait facilement dans l’ombre, à un point tel qu’on pouvait parler de Bleus nuit.

Soucieux d’entretenir de bonnes relations internationales, le Roi des Bleus avait prévenu le Roi de Prusse de ses intentions, lequel se trouvait du fait des vicissitudes ironiques de l’Histoire, être le cousin du Roi des bleus. Il était le Bleu de Prusse.

Le Roi des Bleus avait fixé le cap. Il s’agissait de franchir l’océan grâce aux bateaux de sa Majesté, c’est-à-dire lui. Il comptait beaucoup sur ses hardis navigateurs qui commandaient sa marine. Mais ça n’allait pas assez vite ! Le Roi admonesta le commandant : qu’est-ce que tu fais, commandant ! Il est impossible qu’un Bleu marine dans son jus ! 

Le Roi stimulait parfois la vaillance de ses troupes : Allons ! Allons mes Bleus ! Traversons hardiment la mer ! Voguons vers l’outremer ! Bleus ! Outremer ! Disait-il en pointant le lointain d’un index conquérant !

Quand le jour se leva, le soleil jeta une lumière encourageante sur les navires des Bleus. Le teint des soldats et des courtisans s’éclaircit. Le Roi en voyant ses troupes pâlir s’écria : mes Bleus ! Ciel !

Heureusement sur l’autre rive de la mer, il savait qu’il trouverait une tribu composée d’autres Bleus. Ceux-ci étaient réputés pout être fort accueillants : ils s’appelaient les Indigos. Le Roi savait pouvoir compter sur les Bleus Indigos.

C’étaient d’autant plus important que les Indigos détenaient des gisements importants de matières premières. Les Bleus avaient emporté avec eux de nombreux jerricanes pour les remplir. Le Roi galvanisait ses troupes en hurlant : allons, allons mes Bleus ! Pétrole à l’horizon !

Le Roi s’impatientait. Il commanda encore au commandant de l’escadre de forcer l’allure. Fort heureusement pour lui, le vent défavorable tourna. Désormais, les Bleus fonçaient !

Il faut dire que le Roi profitait de sa qualité de roi pour en prendre à son aise. Il avait embarqué avec une jeune turque de toute beauté qu’il cachait dans sa cabine. L’équipage la nommait la Bleue turquoise.

Malgré tout, le voyage était long. Parfois le Roi devait réunir son équipage. Pour maintenir le moral des troupes à un haut niveau, il leur répétait à satiété la devise du royaume dont il admirait la simplicité et la robustesse : « le Bleu est ».

Lorsqu’un marin se distinguait par son intrépidité, le Roi le décorait d’un magnifique galon. Il lui disait : sois fier de ce cordon, Bleu !

Au moment du débarquement, le Roi prit la tête de son armée et s’écria : allons mes braves Bleus ! Les ennemis ne doivent voir que du bleu !

Malheureusement, les Verts avaient débarqué bien avant les Bleus. C’était un peuple un peu frustre qui avaient fait la bêtise de s’appeler tous du même nom Olive. C’étaient le peuple des Verts Olive, commandés par des chefs un peu ivrognes : les Verts bouteille.

Les Verts, de rage, s’élancèrent contre les Bleus. Ils étaient tellement bêtes qu’ils n’avaient aucune arme blessante pour attaquer leurs adversaires. Aussi n’infligèrent-ils que des ecchymoses aux Bleus. Ces blessures étant par chance de couleur bleue ne changèrent rien à l’aspect des Bleus.

Le roi des Bleus convoqua le roi des Verts sous sa tente. Ce dernier appartenait à une ethnie très polie : les Vert Galants. L’entrevue courtoise donna lieu à un accord, célébré par les Verts, verres en mains. A la fin de la journée les Verts, de gris étaient passé à un état de comateux alcooliques.

Devant l’astuce des Bleus, les Indigo n’eurent pas de peur bleue et conclurent un traité avec les Bleus qui leur avaient apporté des oranges.