Grammaire et vocabulaire à la plage

« J’espère que je ne vous gêne pas en installant ma serviette de bain près de vous. »

« Si, monsieur, votre présence est plutôt incommodante. »

 « Pourquoi dites-vous plutôt ? Je vous gêne ou je ne vous gêne pas ! C’est oui ou c’est non ! »

« A vrai dire l’adverbe plutôt, me permet de vous dire que vous me gênez tout en restant élégant. C’est un adverbe assez pratique. »

« Vous avez raison, « plutôt » permet d’entretenir des relations courtoises. »

« Tout à fait, il peut s’utiliser avec des nuances. Si je vous dis que j’ai plutôt envie de vous casser la figure, c’est que j’introduis une modulation dans mon intention, sinon il y a longtemps que je vous aurais voler dans les plumes. »

« Monsieur, restons pacifiques ! »

« Nous pourrions aussi utiliser le terme plutôt dans un sens qui exprime un choix. Par exemple, je pourrais vous dire que je préfère m’en aller plutôt que vous supporter. »

« Ah ! Ah ! Vous, vous êtes trop ! »

« Monsieur, vous employez très mal l’adverbe trop qui ne peut s’employer seul. Il vient en aide à un verbe ou un adjectif pour exprimer une idée d’excès. Là, je me dis : je suis trop quoi ? Il conviendrait de m’aider à trouver une réponse. »

« Super ! Je suis tombé sur un prof ! »

« Monsieur, à l’origine super est un préfixe qui signifie au-dessus. Certes, la langue a évolué, vous pouvez l’utiliser comme interjection pour exprimer votre contentement bien qu’en l’occurrence, je sens que le mot est prononcé de manière ironique. L’interjection n’ayant aucun statut grammatical, tout est permis, mais un brin d’élégance ne nuirait pas. »

« Si je dis : fi ! Je suis tombé sur un prof ! Ça vous irait ? »

« Nous progressons, monsieur bien que je préfère cela à ça. »

« Bon, ça commence à bien faire ! Je m’installe ! »

« Puis-je vous faire remarquer qu’en voulant exprimer la vivacité de votre mécontentement, monsieur, vous venez d’employer deux mots qui pourraient signifier que vous appréciez favorablement la situation : bon et bien ? »

« Il est pas vrai, celui-là ! »

« Monsieur, vous venez d’exprimer une pensée négative en vous dispensant du ne, ce qui est hélas courant de nos jours. Mais en plus, votre utilisation de l’adjectif vrai prête à discussion. Il signifie qu’une affirmation est conforme à la vérité. Or, puisqu’il s’agit de moi, on peut considérer à la rigueur – dans un sens proche de la métaphore – que je suis une affirmation de la personne humaine, mais il est difficile de prétendre que je ne suis pas conforme à une vérité dont nous peinerions à définir les contours »

« Comment, il se la pète, celui-là ! »

« Monsieur ! Comment est un adverbe interrogatif ! Certes, l’usage courant peut vous permettre de l’employer de manière exclamative, mais vous introduisez une difficulté puisque le mot signifie : ‘de quelle manière’. Avouez qu’il est difficile de s’exclamer en commençant par : de quelle manière ! Par ailleurs, je crains de ne pouvoir valider la forme réflexive que vous donnez au verbe péter.»

« Laisse-le, Robert, on va ailleurs, on est tombé sur un malade ! »

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