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Finalement, je ne vais pas parler d’amour

4 février, 2020

« Je suis le réalisateur du film. Charlotte vient de vous quitter pour Alexandre. Qu’est-ce que vous faites ? »

« Je vais casser la figure d’Alexandre. »

« Non, pas du tout. »

« Je vais me saouler pour noyer mon chagrin. »

« Non plus. Vous manifestez votre grandeur d’âme. Vous allez voir Charlotte. Vous lui dites que l’important c’est qu’elle soit heureuse et vous vous retirez dignement. »

« Vous êtes sur ? C’est plutôt rare comme réaction…. Après, je peux me rabattre sur Valentine pour me consoler ? »

« Vous essayez, mais vous vous prenez un râteau, parce Valentine se sent outragée que vous ayez pu la considérer comme un second choix. »

« Bon, alors je ne fais rien. Je regarde le temps qui passe avec de la nostalgie dans le cœur, en me souvenant de tous les bons moments passés avec Charlotte. »

« Non, là, vous allez bousiller mon film. Il y a un rebondissement. Vous apprenez que le nouvel amoureux de Charlotte est une fripouille. Dès lors un dilemme s’empare de vous. Vous lui dites ou vous ne lui dites pas ? »

« Je lui dis. »

« Sûrement pas. Vous allez passer pour le mec petit, bas, qui cherche à prendre une revanche. Par conséquent, Charlotte ne vous croira pas. »

« D’accord ! Alors je ne lui dis pas que son mec est un gangster. J’attends qu’elle s’en rende compte et je la ramasse en morceaux ou pas.»

« Non plus. Vous faites intervenir votre copains Charles. Sans en avoir l’air, vous lui apprenez que le mec de Charlotte est un affreux brigand. Et lui, il en fait part à Charlotte. »

« Charlotte le croit et elle me revient en pleurs. »

« Non. C’est trop simple. Je ne réalise pas un navet. Il se trouve que chemin faisant, vous êtes tombé amoureux d’Anaïs. »

« Ah mince ! C’est la cata ! Alors je fais quoi ? Je largue Anaïs. »

« Non… enfin pas tout de suite. Ce serait d’un cynisme épouvantable. Vous expliquez à Charlotte que le temps passe… que vous ne pouviez l’attendre éternellement … que vous êtes bien désolé ! »

« Et là, elle se suicide ? »

« Non, ça c’est dans les mauvais film. Elle veut voir Anaïs. A contre-cœur, vous lui présentez. Elle a une réaction pleine de noblesse en vous souhaitant beaucoup de bonheur. »

« Et là, je m’aperçois que c’est Charlotte que j’aime. On revient au point de départ et c’est comme s’il n’y avait pas eu de film. »

« Finalement, je vais faire un policier, c’est beaucoup plus simple. »