Archive pour novembre, 2019

Il court, il court

20 novembre, 2019

C’est un courtisan

Courtois,

Courtaud,

Et courageux.

Sur son coursier,

Il accourt,

Courbatu,

A la Cour

De la Couronne.

Je vais faire un scandale

19 novembre, 2019

« Et si je soulevais un scandale ? »

« Contre quoi ? »

« Je n’en sais rien. C’est le processus qui m’intéresse. Je m’indigne contre quelqu’un ou quelque chose, vous me répondez sur les réseaux sociaux que je suis un crétin, je m’indigne contre vous et hop ! Nous créons un emballement médiatique et à la fin je suis invité à la télé pour mettre fin à ce genre de pratique ! »

« C’est intéressant, mais il faudrait trouver un sujet de controverse. »

« La disparition des bretelles de pantalon. Essayez de trouver un vendeur de bretelles, vous m’en direz des nouvelles. On nous a déjà supprimé les fixe-chaussettes et maintenant on s’attaque aux bretelles ! Non mais, où on va ? »

« C’est vrai que je sens déjà la moutarde qui me monte au nez, mais c’est un créneau peut-être un peu fin ! »

« Bon… J’en ai un autre. Il y a cinquante ans, le facteur passait deux fois par jour, puis on a réduit à un passage. Et maintenant, on parle de supprimer le facteur. Révoltons-nous contre cette régression de la civilisation. »

« Vous avez raison, mais en même temps, on peut se demander à quoi sert de faire passer le facteur s’il n’a pas de courrier à vous apporter. »

« Et les tempêtes maritimes ? Vous trouvez ça normal, toutes les inondations sur notre littoral. Quelqu’un nous en veut ou quoi ? »

« C’est-à-dire que la mer est là ou elle est et que ça va être compliqué de lui demander de se déplacer, d’autant plus que lorsque les vagues se déchaînent, il y a toujours un crétin pour dire que ça fait de belles photos ? »

« Pff… ce n’est pas si facile que ça de trouver un sujet de scandale. »

« On pourrait dire quelque chose sur la médiocrité des programmes de télé. »

« Vous voulez me priver de mes émissions de télé-réalité ? C’est ça que vous voulez ! Faites attention à ce que vous dites ! »

« Bon, bon d’accord. Le mieux, ce serait non pas trouver un sujet, mais de laisser planer un doute malicieux. Par exemple, il semblerait que – selon certains information – l’arrière-petit-fils de la reine d’Angleterre ait été vue en boite de nuit. »

« C’est-à-dire que le prince Georges a tout juste 6 ans. »

Vive la liberté !

18 novembre, 2019

A Libreville

C’est un libre-penseur

Qui pratique le libre échangisme

Ainsi que l’union libre.

Il a son libre-arbitre

Dans un monde libre.

Son livre est en vente libre.

C’est un recueil de vers libre.

Quel calibre !

Insultons-nous élégamment

17 novembre, 2019

« Vous êtes un plaisant, monsieur. »

« Il est vrai, monsieur, que je plais beaucoup. C’est bien aimable à vous de le faire remarquer avec autant d’insistance. »

« Non, vous ne comprenez rien quand je dis que vous êtes plaisant, c’est pour signifier que vous êtes un petit rigolo. »

« Vous avez raison, je dois dire que je suis assez amusant. Je connais beaucoup d’anecdotes d’une grande drôlerie. Cependant, je ne comprends pas pourquoi vous me trouvez petit. Avec mon mètre quatre-vingts, sachez que j’en impose, monsieur. »

« Monsieur ! Petit rigolo est une interjection qui exprime le peu de considération que j’ai pour vous ! J’aurais pu vous traiter de bouffon ! »

« Ce qui est parfaitement exact. Je sais amuser avec talent les grands de ce monde qui supportent tant de soucis avec tellement de vaillance ! »

« Et faraud, ça vous conviendrait ? »

« Il est vrai, monsieur, que les personnes qui me connaissent bien mal, considèrent que je suis d’une outrecuidance qui frise la cuistrerie. »

« A vrai dire, je cherche à vous insulter élégamment, mais vous n’y mettez pas beaucoup du vôtre. »

« Mon pauvre ! Je vais vous aider. Si vous voulez insister sur ma tendance à accumuler abusivement du bien en limitant la dépense, je propose fesse-mathieu. C’est amusant et peu usité. »

« Si je vous traite de fesse-mathieu, vous me promettez de vous sentir humilié ? »

« Euh… pas forcément. Il faudrait peut-être aller jusqu’à « forban », c’est-à-dire une espèce de pirate prompt à s’emparer de ce qui ne lui appartient pas. Je serais sans doute vivement indigné, d’autant plus que vous auriez raison. »

« Monsieur ! Vous êtes un forban ! »

« Ah ben, non ! Décidemment ça ne me fait rien du tout. »

« Il y aurait bien : connard ! »

« Monsieur ! Comment osez-vous ? Nous sommes entre hommes du monde ! Tout de même ! »

C’est pas faux !

16 novembre, 2019

Il marche dans la forêt.

S’envolent des faucons

Et des fauvettes.

Quelle faune !

Puis, dans les faubourgs,

Le forain

Trouve une faucille

Et une faux

Faussée

Dans un fossé.

Le secteur métallurgique

14 novembre, 2019

Accoudé au zinc du bar,

Sans argent

Il est plombé.

Mais ce n’est pas l’enfer,

Il est bronzé,

Il parle d’or.

Ce n’est pas un homme éteint.

Il est nickel.

Perfection

13 novembre, 2019

« Ce qui compte, ce n’est pas la carcasse, c’est ce qu’il y a à l’intérieur. »

« C’est une maxime sage, mais quand on peut avoir une carcasse jolie et un intérieur intéressant, c’est encore mieux. Par exemple ma nouvelle bagnole. »

« Oui, mais si vous prenez Dugenou, l’apparence est harmonieuse : beau mec, bien habillé…mais quand on regarde à l’intérieur, il n’y a que du vide ! »

« A l’inverse regardez Martin : ce n’est pas votre bagnole, c’est un type malingre, laid comme un pou, mal fagoté, mais c’est une intelligence brillante ! »

« Pour avoir à la fois un extérieur rutilant et un bel intérieur, il faut être un type exceptionnel. Par exemple, le pape. Il a une très belle robe, tout en étant d’une grande humanité et très intelligent. »

« Euh… je n’ai pas trop envie d’être le pape. Quand vous êtes à ce niveau-là, vous ne pouvez jamais vous laisser aller. Moi, j’aime bien dire du mal de ma belle-mère, ça me détend ! »

« Je suis d’accord. Moi non plus, je ne voudrais pas être parfait. »

« C’est réussi ! La perfection, ça interdit les petits plaisirs de la vie. Si je veux rester sous les couvertures le dimanche matin, ma perfection m’en sortirait avec des coups de pied quelque part. »

« Remarquez que la perfection, c’est quand même relatif. Mon patron me trouve parfait surtout quand je ne dis rien, alors que si je ne parle pas, ça énerve mon épouse Josiane. »

« On devrait pouvoir être parfait à temps partiel. »

« Il faut faire attention car la perfection, ça intimide. Au but, je n’osais pas aborder Josiane, tant je la trouvais parfaite. Ça a bien changé ! »

« Finalement, on ne peut pas être parfait en tout lieu, 24 heures sur 24, c’est un constat qui me rassure : je fais bien d’être nul de temps en temps. »

« On peut même dire que c’est le degré de nullité qui caractérise le mieux chacun d’entre nous. Par exemple je suis nul en cuisine, Josiane a parfaitement identifié ce trait de comportement. »

« Finalement, notre nullité rend service aux autres. Vous imaginez un monde où personne ne pourrait critiquer les autres ? »

« Ce serait l’enfer ! »

Différence de rythmes

12 novembre, 2019

« Je me suis séparé de Thérèse. »

« Quelle triste nouvelle, mon pauvre vieux ! »

« Oh, tu sais c’est toujours pareil. Au début on se marrait bien et puis le temps a fait son œuvre destructrice. »

« Comment se fait-il que ça n’ait pas marché ? »

« Dès qu’on vit ensemble, il faut affronter des épreuves. Par exemple, je n’ai pas passé victorieusement le coup du « marché le samedi matin ». Thérèse adorait ça, moi je préférais rester sous les couvertures. »

« Je comprends. Et le coup du « programme de télé », comment ça s’est passé ? »

« J’ai tenté une OPA sur la télécommande, mais elle n’a pas apprécié. Il a fallu acheter un autre téléviseur pour la chambre et aussi que je regarde ses émissions avec elle. J’ai fait des compromis, mais je n’ai pas cédé pour le foot. »

« Et pour les phrases ? »

« Quelles phrases ? »

« Les phrases énervantes qu’on ne peut pas s’empêcher de prononcer du genre : qu’est-ce qu’on bouffe ce soir ? ou bien : qu’est-ce qu’il y a à la télé ? ou encore : j’ai passé une journée de merde ? »

« Vous avez raison : Thérèse n’aimait pas beaucoup. Pourtant, on était organisés :  je l’écoutais se plaindre de son patron, puis je me plaignais du mien. A la fin, on ne parlait plus que de ça ! »

« Et les dimanches après-midi chez la belle-mère ? »

« J’y ai eu droit aussi, il y avait tout le temps du gigot. Le pire c’était le retour en voiture. »

« Ne vous inquiétez pas, c’est classique : la plupart des couples s’engueulent en voiture. Il faut dire qu’ils n’ont pas grand-chose d’autre à faire. »

« C’est bien mesquin, tout ça. Comment ça s’explique ? »

« C’est une différence de rythme de vie. Je parie que c’est au moment où vous vous asseyiez avec l’espoir de lire un bon bouquin qu’elle se précipitait sur vous pour vous rappeler que l’évier était bouché. »

« Comment vous le savez ? »

L’art de la décision

11 novembre, 2019

« Je ne suis pas un mou du genou, moi ! Je suis un être décisif ! »

« Autrement dit, vous savez prendre des décisions ! »

« Non, pas du tout ! Je suis ce qu’on appelle au foot un passeur décisif. Je prépare les décisions. Ensuite je passe la balle au buteur final. »

« Ce n’est pas trop frustrant ? »

« Pas du tout. C’est très tranquille. Si l’équipe échoue, c’est la faute du buteur final. Moi, j’ai fait mon job ! »

« Et votre patron ne vous reproche jamais vos décisions. »

« Non, quand il réussit son coup, il dit que c’est grâce à son charisme et à son intelligence stratégique. Quand il le manque, je lui dis qu’il n’a pas tenu compte de mes propositions. »

« Et à la maison, ça se passe comment ? »

« A la maison, c’est comme au boulot. Pour avoir la paix il suffit de donner à sa femme ou à son patron que c’est eux qui prennent les décisions. »

« Et vous faites comment ? »

« Je leur prépare un choix entre deux solutions : une pourrie et celle que je veux voir mise en œuvre. »

« Oui, mais ils vont finir par s’apercevoir de votre manœuvre ! »

« J’ai une parade : je prépare deux solutions pourries. Ils disent que toutes mes solutions sont pourries. Alors je baisse la tête, je leur dis qu’ils ont raison et qu’ils sont d’une grande sagacité. Puis, je présente le bon projet ! »

« C’est consternant ! »

« Peut-être, mais c’est une école d’humilité ! »

« Si je comprends bien, vous préférez être celui qui prend des décisions dans l’ombre. »

« Evidemment ! Si je voulais être celui qui prend la décision finale, je m’exposerais aux basses manœuvres de quelque arriviste ambitieux, lequel me soufflerait sûrement des solutions pourries. »

« Je comprends ! C’est une façon de prendre des décisions sans assumer le risque qui va avec ! »

Le vagabond du gabon.

9 novembre, 2019

Un vagabond,

Un vieux barbon

Vend du jambon

Au Gabon.

Il vit avec un gibbon

Qui aime les bonbons

Le sent-bon

Et le bourbon.

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