Placages

« Je te plaque. »

« Non, c’est moi qui te plaque. »

« Je préfère être la plaqueuse, c’est plus digne que d’être la plaquée. »

« Oui, mais moi aussi, j’ai ma dignité. Alors, on fait comment ? »

« On pourrait ne pas se plaquer, mais ça ne m’arrange pas tellement. Gérard n’apprécierait pas beaucoup. »

« Et Lucienne n’aimerait pas non plus. »

« On va inventer le placage par consentement mutuel, c’est ce qui se fait de mieux en ce moment. »

« Oui, mais non. Parce que moi je te plaque plus que tu me plaques. »

« Parce qu’il y des degrés dans le placage ? »

« Oui, moi je suis dans le placage très dur sans remords. Toi, tu es dans le placage low-cost. »

« Ah bon ? On peut savoir la différence ? »

« Oui, moi je suis un mec. Dès que je sens qu’on en vient à un engagement sérieux, je me barre. Les sentiments, c’est pour les filles. »

« Oui, mais tu souffres ! »

« Oui, je souffre, mais comme je suis un dur à cuir, ça ne se voit pas. Tandis que toi, tu souffres et tu es effondrée de douleur. »

« Non, pas tellement. »

« Si, si, je le vois bien. Ne t’en fais pas tu retrouveras vite quelqu’un. Sûrement pas de ma qualité, mais il faut savoir se contenter. »

« Je te remercie, mais je suis déjà avec Gérard qui, lui m’apporte les déjeuners au lit et me faire marrer. Je ne sais pas si c’est la même qualité que toi, mais c’est déjà pas mal. »

« Pour les six premiers mois, peut-être. Mais les mecs, c’est comme les smartphones, ça se démode vite tandis que moi avec Lucienne, c’est du sérieux. Elle apporte le petit déjeuner au lit. »

« Fais attention, elle vient de plaquer Roger après six mois. Donc elle plaque aussi. »

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