Archive pour juin, 2019

Or, de l’or !

19 juin, 2019

Coquin de sort !

Mon corps

Dort

Sur le port.

Tu n’as pas tort,

Le vent du nord

Me mord

Très fort.

Petite publicité pour l’auteur

18 juin, 2019

2384 f

Un aventurier

18 juin, 2019

« J’agis comme un automate. »

« Moi, c’est pareil. Je me lève en maugréant. Je ne sais même pas ce que je dis à ce moment-là. Juste après mon lever, mes pieds cherchent mes pantoufles sans me demander mon avis. »

« Ensuite, je prends ma tasse, toujours la même. Si le pot de confiture à la fraise est fini, j’engueule le pot ».

« Le paquet de café a intérêt d’être à sa place, sinon j’aime autant vous dire que ça barde. »

« La douche est une aventure. La plus petite différence dans la température de l’eau par rapport à l’habitude, ça me dérègle toute ma journée. »

« Ensuite, il faut sortir la voiture qui doit se réveiller sans anicroche. Dégeler les vitres en hiver est une épreuve qui met en difficulté la monotonie de ma vie quotidienne. Je n’ai aucune envie de me projeter au pôle nord à 7 heures du matin sans avoir eu le temps de m’équiper. »

« En arrivant au bureau, j’aime bien marmonner un bonjour à la standardiste Paulette. Un autre visage que la figure fripée de Paulette me déstabilise. J’ai fait signer une pétition pour qu’elle ne parte pas en retraite. »

« Ce n’est pas le tout. La visite du patron fait partie du rite. Quand il ne passe pas, je crois qu’il ne m’aime plus. »

« Après je rentre chez moi ! Figurez-vous que certains soirs, il y a des travaux qui me déroutent de mon trajet habituel. Je ne peux même plus revenir chez moi comme un somnambule. »

« Quand je pousse la porte, Madeleine a intérêt à me demander si j’ai passé une bonne journée, même si elle s’en fiche complètement. »

« Quant à mes gamins, ils ont intérêt à glander sur leurs écrans, ça me permet de placer mon couplet sur la nocivité de ce genre d’exercice pour les jeunes esprits. J’aime aussi qu’ils me répondent d’un ton malpoli pour que je puisse les envoyer dans leurs chambres d’un doigt impérieux. »

« J’aime bien poser toujours la même question : qu’est-ce qu’on bouffe ce soir ? Même si ça énerve Madeleine. »

Double jeu

17 juin, 2019

Mon fils fait des bénéfices

En vendant ses biscuits cuits

Avec adresse à son adresse

Où il joue de la cornemuse avec sa muse.

Il joue aussi du billard dans un corbillard,

Avec son ami, un serbe acerbe.

C’est un long félon

Qui cultive des noix avec un chinois.

Ne dépassons pas les bornes

16 juin, 2019

« Je suis borné. »

« Ah bon ? Vous le reconnaissez sans honte ? »

« Absolument, moi je ne dépasse jamais les bornes. »

« Il faudrait quand même penser à repousser vos limites. C’est toujours mieux d’avoir l’esprit un peu plus ouvert. »

« Non, on ne sait jamais sur quoi on l’ouvre, ça peut être dangereux ! »

« J’en déduis que vous n’avez pas inventé le fil à couper le beurre, ni l’eau chaude non plus. »

« Exact, ce n’est pas moi. J’ai une petite vie bien rangée. Je ne suis pas une lumière, je ne risque pas d’illuminer mon entourage. »

« Mais vous avez tout de même fait quelque chose d’original dans votre vie. Enfin j’espère ! »

« Peut-être un collier de nouilles en maternelle pour ma mère. »

« Vous êtes curieux. D’habitude les gens qui sont étroits d’esprit ne le reconnaissent pas. Ils n’en sont même pas conscients. Au contraire, plus ils sont cruches, plus ils sont contents d’eux-mêmes. »

« Ne me dites pas que reconnaitre son incompétence, c’est une preuve d’intelligence. »

« Ben… si, ça y ressemble ! »

« Vous bouleversez mes repères. Je préfère être béta si ça ne vous dérange pas. Comme ça au moins, je ne déçois personne. Les gens intelligents finissent toujours par se décevoir eux-mêmes. »

« Bon, moi je veux bien que vous soyez un peu nigaud, mais vous êtes tout de même agrégé de philo. »

« Voila qui ne prouve rien. J’ai tout appris par cœur. Vous faites quelques citations et hop ! C’est bon, vous avez l’air philosophe. On peut être philosophe et dire des âneries, c’est autorisé, c’est même très pratiqué. » 

« Vous êtes sûr que vous ne voulez pas sortir de votre zone de confort ? »

« Non, je connais bien mon domaine, je ne vais quand même pas m’intéresser au vôtre. Je risquerais d’être déstabilisé. Ce serait complet : borné et déstabilisé ! »

Cric ! Crac !

15 juin, 2019

Dans une crique

Il y a des criquets.

Un croque-mort

Croque

Un croque-monsieur

Et des croquettes

En jouant au croquet.

Je vous fais un croquis ?

Ce n’est pas une craque.

Le rapt du chien du pape

14 juin, 2019

A Gap

Un jap

Kidnappe

Le chien du pape

Qui jappe

Et qui lape.

Le jap écoute un rap

En consultant Google Map

Pour aller au Cap.

Un homme à la mode

13 juin, 2019

« Vous avez vu : le pli de mon pantalon est parfait ! »

« Vous êtes très élégant en effet. Mais vous vous rendez à un bal costumé ? »

« Pas du tout ! Sot ! Figurez-vous que je relance le port de la redingote. Je vais être suivi par tous mes followers sur instagram. »

« Pour le moment, vous être suivi par les gens qui rigolent dans la rue. Et le haut-de-forme c’est indispensable ? »

« Evidemment ! Nos aïeux avaient un chic fou. Quand je pense qu’on l’a remplacé par les casquettes à l’envers ! »

« Bon d’accord. Et le gilet avec le gousset pour mettre la montre de votre arrière-grand-père, c’est pratique ? »

« Non, mais lorsque je sors ma montre du gousset, c’est un geste qui a une classe incroyable. C’est autre chose que de regarder l’heure sur son portable. D’ailleurs, c’est tellement classe de sortir sa montre à gousset que je consulte l’heure toutes les dix minutes. »

« Et on n’a pas encore parler de vos gants blancs, c’est de la peau de chevreau, il parait ? »

« Mais bien sûr ! Ces gants m’évitent de mettre les mains n’importe où !  Dans les transports en commun, les gens laissent leurs microbes sur les barres de maintien. »

« Bon, soit… et la canne… vous avez failli m’éborgner ! »

« C’est le must. Vous avez vu comment j’en joue ? C’est une espèce de prolongement qui met en évidence la souplesse de mon poignet. C’est le summum du chic. Remarquez également la façon dont est ouvragé le pommeau d’argent. Je suis en admiration tous les jours devant mon pommeau. »

« Et vos bottines, pff… »

« Comment vous vous gaussez de maître Luigi, le bottier de ma famille depuis quatre générations ? »

« Il doit commencer à se faire vieux. »

« Vous n’imaginez tout de même pas que je vais me rendre à mon club en tennis. Et coiffé d’un béret pendant qu’on y est ? »

L’histoire d’un évêque ouzbek

12 juin, 2019

Un évêque

Ouzbek

Boit sec

Avec

Un mec

Tchèque

Et un Grec

Qui joue aux échecs

Au Québec

Avec son fennec.

Une sorcière

11 juin, 2019

« J’ai rêvé de vous. »

« C’est très flatteur, dois-je conclure, monsieur que ma personnalité enflamme vos sens ? »

« C’est-à-dire que dans mon rêve, vous n’êtes pas très sympathique, madame. »

« J’en suis navrée. Qu’est-ce que je pourrais faire pour m’améliorer ? »

« Il faudrait me regarder avec aménité, alors que votre beau regard bleu me terrorise la nuit venue. Il me fixe de manière menaçante. »

« C’est-à-dire que votre silhouette ventripotente ne me fait absolument pas rêver, moi ! »

« Et vos ongles longs et rouges… Dans mes rêves, on dirait de longues griffes. Quand vous vous précipitez sur moi avec un air goulu et vos longs doigts tordus. J’ai une frousse de tous les diables. »

« Je vais arrêter de me faire les ongles. Et pour ma coiffure, ça va ? »

« Non pas du tout. Quand je dors, vous avez les cheveux dressés sur la tête comme une sorcière. D’ailleurs, si vous pouviez oublier votre balai, ça m’arrangerait. »

« Je vais passer à l’aspirateur. Personne n’a vu une sorcière à cheval sur un aspirateur, ça n’existe pas même dans votre imaginaire. »

« Et puis, votre bouche, vous l’avez vue ? En pleine nuit, une bouche ensanglantée qui se jette sur vous, vous trouvez ça agréable ? »

« Bon, d’accord, je vais changer de rouge à lèvres. »

« Et puis faites vous limer les incisives. Je n’ai pas envie d’être déchiqueté. Je me réveille en sursaut et en sueur. Je vous assure que c’est extrêmement désagréable d’être dévoré tout cru ! »

« Je n’ai encore mangé personne. »

« Et d’abord, pourquoi êtes-vous si grande ? Dans mon cauchemar, vous faites au moins cinq mètres cinquante. Comment voulez-vous que je me sorte de vos griffes avec mon mètre soixante ? »

« Je suis désolée, mais je ne mesure qu’un mètre soixante-quinze et je n’envisage pas vraiment de me raboter. »

« Tout ça, c’est bizarre parce que vous me plaisez beaucoup. »

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