Tout a-t’il été déjà dit ?

« Je ne suis pas inspiré. »

« Allons bon ! Vous n’avez plus d’idées pour écrire ? »

« Oui. Depuis le temps que les hommes écrivent, il est douteux que personne n’ait jamais écrit ce que je vais écrire. »

« Il est vrai, monsieur, que le nombre de mots, quoique très élevé est limité. Donc le nombre de leurs combinaisons possibles est borné également. »

« Je suis désolé d’être en train d’écrire la même chose que ce qu’un autre être humain a déjà écrit, auprès duquel je m’excuse. »

« Vous ne connaissez pas son nom ? »

« Non, comment voulez-vous que je le connaisse ? D’autant plus qu’ils sont peut-être plusieurs. »

« Finalement, on est tous pareils. Chacun de nous pense ce que d’autres personnes pensent ou ont pensé. Nous avons des jumeaux de pensée. »

« C’est tout de même assez énervant. Quand j’écris quelque chose, j’ai toujours l’impression de créer quelque chose d’original et accessoirement de génial alors que je ne fais que plagier quelqu’un sans m’en rendre compte. »

« Le mieux, ce serait peut-être d’inventer un alphabet et des mots nourris de cet alphabet. Comme ça vous seriez sûr que personne n’osera vous copier. »

« Très bonne idée, monsieur, je vais y travailler. En attendant, je ne peux pas m’empêcher de penser que d’autres ont formulé la phrase que je viens d’exprimer. Nous sommes donc plusieurs à vous dire que je vais y penser. »

« Je remercie tout le monde. Mais avouez quand même qu’écrire au mot près un livre qui aurait été écrit par un autre ce serait un comble de malchance. »

« Avec la poisse qui me colle, ça ne m’étonnerait pas que ça me tombe dessus. Je risque le plagiat ! »

« Peut-être êtes-vous en train d’écrire ce qu’à écrit Voltaire ou Rousseau dans l’une de leurs correspondances. »

« Ah bon ? Vous trouvez que ça ressemble ? »

« Je n’en sais rien, mais le hasard pourrait vous faire écrire comme un grand auteur. »

« Ou alors comme un bandit de grands chemins. »

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