Archive pour mars, 2019

Ecrit en plein cirage

9 mars, 2019

Sortons du cirage !

Courage !

Dans les parages,

Il y a des virages

Et des barrages.

Il y a de l’ouvrage.

Bientôt l’orage !

Pas de rage !

Allons au garage.

C’est du beau !

8 mars, 2019

Son beauf,

N’est pas un vieux-beau.

C’est un nabot

Avec un pied-bot.

Il vit dans ses gros sabots

Avec un corbeau

Sur un escabeau

Et un cabot.

Transparence

7 mars, 2019

« Comment ça, cher voisin, vous avez acheté une nouvelle voiture ? Et je n’ai pas été prévenu ? »

« Euh… cher voisin, est-ce que ce sont vos oignons ? »

« Parfaitement, vous devez communiquer. Tout le monde doit dire ce qu’il fait. Cela s’appelle la transparence. »

« Et vous, vous communiquez dans le quartier ? »

« Absolument, j’ai un chargé de comm’, Charly ! »

« Mais il a dix ans ! Et il est venu me casser les pieds l’autre jour pour m’expliquer que votre belle-mère va faire une croisière sur le Nil. Qu’est-ce que j’en ai à faire de votre belle-mère ? »

« J’ai également un très beau site sur ma collection de cravates. Comment se fait-il que vous n’ayez pas encore de site personnel ? »

« C’est-à-dire que je ne considère pas que la couleur de mes cravates soit une information très intéressante pour tout le quartier. »

« On s’en fout. Vous devez COMMUNIQUER. C’est obligatoire. Allons-y : dites-moi quelque chose ! »

« Euh… je vais me faire un gratin de nouilles ce midi ! »

« Eh ben, voilà quand vous voulez ! C’est très intéressant ça, un gratin de nouilles. Il y a de quoi monter un site. Vous ne pouvez vous imaginer le nombre de gens qui se grattent la tête avant de faire un plat de nouilles. »

« Je le reconnais : de temps à autre, je fais des choses fondamentales sans m’apercevoir que je pourrais en faire bénéficier mes contemporains. »

« Heureusement que je suis là. Maintenant, vous pourriez faire aussi une newsletter. Vos voisins doivent avoir de vos nouvelles tous les mois. »

« Ah bon et qu’est-ce que je pourrais raconter tous les mois ? »

« Rien, mais vous montrerez ainsi que vous existez. »

« Vous croyez que mon existence physique intéresse les gens ? »

« L’existence physique peut-être pas, mais l’existence virtuelle certainement. »

« Ah bon, c’est mieux ? »

« Oui, si votre virtualité ne me plait pas, je peux vous critiquer depuis chez moi. Anonymement, bien entendu. C’est plus tranquille. Et vous ne pouvez pas me casser la figure si je vous dis que vous avez acheté une voiture pourrie. »

Où ça ?

6 mars, 2019

Hou ! Hou !

Coucou !

Fait la nounou

A Loulou,

Tout foufou,

Son chouchou

Qui joue

Avec son doudou

Et ses joujoux.

Eventuellement…

5 mars, 2019

« J’irai éventuellement chez le boucher. »

« Pourquoi dites-vous : éventuellement ? Vous y allez ou vous n’y allez pas. Il faudrait savoir ! »

« Comment voulez-vous que je vous le dise ? ‘Eventuel’, ça qualifie un évènement qui peut se produire ou pas. »

« Autrement dit, on n’en sait rien. On se demande pourquoi ce mot existe, si c’est pour signifier qu’on ne sait pas. C’est encore un mot qui sert à ceux qui parlent pour ne rien dire ! »

« Pas du tout ! Je vous signale simplement que l’idée de passer chez monsieur Boulingrin, mon boucher, me trotte dans l’esprit. »

« Si on va par-là, je peux dire que je vais éventuellement gagner au Loto, puisque c’est un évènement qui me passe souvent dans la tête. »

« Non, vous ne pouvez pas parce que la probabilité que vous gagniez est infime. ‘Éventuellement’ est réservé à des évènement à forte probabilité. »

« Alors, vous pourriez dire que vous allez ‘probablement’ voir le père Boulingrin. »

« C’est un peu trop précis. Quand on dit ‘probablement’, c’est que la probabilité est élevée. C’est très engageant. Si je n’y vais pas, ma femme va encore me faire un tas d’histoires. »

« Et si vous dites ‘éventuellement’, elle ne s’énerve pas ? »

« ‘Eventuellement’, ça me laisse une marge de manœuvre. Si j’ai la flemme de passer chez le boucher, je pourrais dire que je n’ai pas eu le temps ou que j’ai oublié… Enfin le baratin habituel, quoi… »

« C’est fou ce qu’il y a comme nuances dans un adverbe ! »

« Heureusement ! Parce que je ne me vois pas dire à Josiane que je fais des choses si j’en ai envie et que pour les corvées ménagères, elle se débrouille. »

« Elle pourrait vous répondre qu’elle pourrait ‘éventuellement’ changer de mari, ce ne serait pas encore très grave puisque c’est un évènement qui pourrait se produire ou pas ! »

« Vous avez raison, mais le glissement de ‘éventuellement’ à ‘probablement’ est très rapide. Il faut faire attention. Finalement, je vais sûrement passez chez le boucher ! »

Un marin fait escale en Bretagne

4 mars, 2019

Pascal

Fait une escale

Amicale

Et dominicale

A Cancale.

Dans sa contrée tropicale,

Il n’a pas de niche fiscale

Ni d’association syndicale.

Les métiers d’avant

3 mars, 2019

« Les hommes, il faut d’abord les éduquer et puis après les former. »

« Ce n’est pas la même chose ? »

« Pas du tout. L’éducation, c’est leur donner les bons codes pour s’intégrer à la collectivité : lire, écrire, compter… Quand ils sont éduqués, on considère qu’ils doivent contribuer à l’effort national pour produire de la richesse. »

« Autrement dit être formé pour exercer un métier. »

« Oui, depuis des siècles, c’est ainsi. Autrefois, on ne se préoccupait pas de la croissance. Le seul but c’était de vivre le plus longtemps possible et donc de se protéger des brigands et des envahisseurs. Il fallait donc des gens pour se défendre de la violence : c’étaient les nobles. Et les jeunes nobles étaient formés au seul débouché possible : la guerre. »

« Et si je ne veux pas me former ou me former à un métier qui ne sert à rien ? »

« Alors, vous n’êtes pas invité au partage de la richesse que vous n’avez pas contribué à construire. Comme on est sympa, on vous donnera des miettes pour que vous surviviez dans la misère si possible, de façon qu’on puisse montrer aux jeunes ce qui leur arrivera s’ils ne travaillent pas bien à l’école.»

« Je comprends, je comprends. Mais avouez que c’est un peu déprimant d’envisager les choses comme ça. »

« Non, ce n’est pas déprimant. Les anciens ressentaient de la fierté à avoir un savoir-faire entre les mains : les forgerons, les boulangers, les cheminots… »

« Oui, mais aujourd’hui, le seul savoir-faire qui se propage, c’est de savoir taper sur un clavier… »

« Je vois ce que c’est : monsieur est pour le retour des métiers anciens ! »

« Regardez les pyramides de Gizeh, je ne suis pas sûr que ceux qui les ont construites de manière aussi précise aient suivi un stage de formation en architecture moderne… »

« Ce n’est pas en construisant des pyramides que nous allons booster notre taux de croissance et réduire le chômage. »

« Non, mais nous pourrions remettre des pompistes dans les garages, ça m’éviterait de cochonner mon pantalon toutes les fois que je me sers à la pompe. »

« Vous n’avez qu’à vous former au métier de pompiste et puis au métier de guichetier à la poste et puis au métier de monteur de meubles… Vous ne croyez tout de même pas qu’on va tout faire à votre place. La formation, je vous dis ! »

Un petit jus ?

2 mars, 2019

La juste

Juge,

En jupe

De jute,

Juge

Avec justesse

Jude

Et Jules

Qui jurent.

Han ! Han !

1 mars, 2019

Dans le vent

Du Mans,

Jean,

Sur son banc,

A une dent

Contre tant

De gens

Qui vont en rangs.

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