Archive pour mars, 2019

Le règne animal

21 mars, 2019

« Tu as vu ? Les américains viennent d’élire une chèvre comme maire d’une de leur ville.»

« Il y en a un qui devrait se faire du souci, c’est son adversaire politique. Etre battu par une chèvre dans des élections, ça devrait lui poser un petit problème. »

« On dit qu’elle est intelligente ! »

« Ce ne serait pas étonnant. Pour arriver là où elle est… »

« Les conseils municipaux vont avoir de la gueule ! »

« On peut être sûr qu’il n’y aura pas trop de bla-bla. »

« Si en plus, elle choisit l’âne de la ferme comme premier adjoint, ce sera la totale. On se demande si l’opposition municipale pourra faire entendre sa voix. »

« S’il y a des problèmes dans la commune, on ne pourra pas dire que madame la maire en fait tout un fromage, puisque justement c’est son boulot : elle en fait. »

« Il ne faudrait pas que le loup descende des montagnes. Moi, à la place de la chèvre, je prendrai rapidement un arrêté municipal pour signifier qu’il est formellement interdit de manger le maire de la commune. »

« On dit que la chèvre est excellente pour débroussailler les terrains vagues. C’est bien la première fois que le maire d’une commune fera un travail d’employé municipal. Le budget local la remerciera. »

« On ne sait pas si la chèvre élue est célibataire. Si c’est le cas, il va falloir faire attention à tous les vieux boucs qui vont tourner autour de la maire. Il ne manquerait plus qu’elle désigne un vieux bouc comme garde-champêtre. »

« Elle va mettre ses chevreaux à l’école de la commune ? »

« Je n’en sais rien, mais ça risque de faire encore baisser le niveau scolaire qui n’est déjà pas flamboyant. »

« Et si la chèvre vise les élections présidentielles américaines de 2020 ? Si elle est élue, on fait quoi ? »

« Il ne nous reste plus qu’à élire un canard ou une vache. »

« Un jour peut-être les animaux nous régnerons sur nous. C’est possible, il y a plein de gens qui laissent de l’argent en héritage à leur compagnon préféré. D’ailleurs, j’ai l’impression que mon chat est très intéressé par mes relevés de comptes bancaires. »

Mon coco !

20 mars, 2019

Coquin,

Dans ce pays de cocagne,

Dans chaque bicoque

Il y a des cocottes

Coquettes

Qui caquètent

Et de la cocaïne.

C’est cocasse !

Sens dessus dessous

19 mars, 2019

« Moi, j’aime bien les dessous. »

« Non, mais dites-donc, espèce d’obsédé ! »

« Je ne parlais pas de vos dessous, madame, mais de tout ce qui est en-dessous. C’est ça qui est intéressant. Par exemple, quand on dit le dessous des cartes, c’est qu’on n’est pas loin de la vérité. »

« Et quand on parle de dessous-de-table, vous trouvez ça intéressant ? »

« C’est interdit, mais ce n’est pas pour ça que ce n’est pas intéressant, bien au contraire. »

« Vous traitez tout par-dessous la jambe. »

« C’est une belle expression, mais c’est difficile de traiter ses affaires par-dessous la jambe. Il faut la lever très haut ! »

« C’était pour dire que l’adverbe ‘dessous’ peut être employé dans un contexte très désagréable. »

« C’est vrai. Si je dis que vous me donnez un coup en-dessous de la ceinture, c’est très déplaisant. »

« Telle n’est pas mon intention. Je voulais simplement vous faire remarquer que l’adverbe ‘dessous’ n’est pas toujours aimable. Par exemple, quand je dis que vous dites des choses sur moi par en-dessous. »

« Moi ! Quelle ignominie ! Je dis toujours les choses en face ! »

« Et vous mentez par-dessus ! Vous êtes décidemment très sournois. Il y a des coups foireux là-dessous ! »

« Et vous qui vous vous promenez bras dessus bras dessous avec le patron, vous voulez que je vous dise ce que vous êtes ? »

« Non, je n’y tiens pas. Je vois bien qu’en-dessous de vos airs bonasses, vous êtes un sacré pervers. »

« Et vous sous vos apparences bon chic bon genre, vous êtes fielleuse ! »

« Par-dessus le marché, vous m’insultez ! »

« Non madame, je m’assieds par-dessus vos remarques ! »

« Et moi, j’en ai par-dessus la tête des vôtres. »

« Cette histoire est sens dessus dessous ! Voilà ! »

Ouille !

18 mars, 2019

J’ai la trouille

De cet arsouille.

Quelle bouille

De fripouille.

Il me fouille

Et me dépouille.

Vite la patrouille !

Grouille !

Revoilà le corbeau et le renard !

17 mars, 2019

« N’hésitez pas à parler avec moi, je sais me mettre à votre portée. »

« Vous êtes bien complaisant, monsieur. »

« C’est normal ! Quand on a mon niveau de culture, il faut être assez intelligent pour parler avec tout le monde. »

« Voilà qui révèle une belle hauteur de vue ! »

« Je vous en prie ! Pas tant de compliments ! Je parle avec vous parce qu’on ne sait jamais : vous pourriez m’apprendre quelque chose. »

« Moi ? Ce serait bien de l’outrecuidance de ma part, vos connaissances sont tellement larges. »

« C’est vrai que je domine toutes sortes de sujets. Je sais parler économie, peinture, littérature, politique… »

« J’admire ! Moi, je sais parler foot, bière, programmes de télé, gigot à l’ail, et à la rigueur, je dis bien : à la rigueur… tondeuse à gazon ! »

« Mais c’est très intéressant les tondeuses à gazon. C’est bien dommage que je sois en appartement, sinon je vous donnerais quelques tuyaux ! »

« Je n’en doute pas tant est grande votre capacité d’écoute et d’adaptation. »

« A part ça, vous faites souvent vos courses ici ? »

« Non, c’est pour une clientèle huppée, je n’ai pas votre niveau de revenu et votre capital de notoriété. »

« Il est vrai que je suis très connu. C’est pour ça que je porte des lunettes noires et un cache-nez ! »

« Vous avez bien fait. Vous pourriez être abordé par des importuns. Je vous ai reconnu à votre port de tête altier. »

« Ah bon ? Vous trouvez ? Et ma démarche vous la trouvez comment ? »

« Vous poussez votre caddy avec une certaine classe, il faut bien le dire. Et puis votre façon de tendre la main pour attraper un paquet de nouilles est assez sexy. »

« Vous êtes trop aimable. Et vous-même qu’achetez-vous ? »

« J’étais entré pour acheter mon camembert habituel, mais il n’y en avait plus. Que vois-je ? Vous avez la dernière boite dans votre caddy. Hop ! Non, non ! Vous êtes fou, il ne faut pas me l’offrir ! Enfin ! J’accepte, je reconnais bien là votre immense générosité. »

C’est du beau !

15 mars, 2019

Son beauf,

N’est pas un vieux-beau.

C’est un nabot

Avec un pied-bot.

Il vit dans ses gros sabots

Avec un corbeau

Sur un escabeau

Et un cabot.

Les nouveaux dieux

14 mars, 2019

« Georges, mon mari, voue un véritable culte à Neymar. Il rentre en transe dans le salon chaque fois qu’il le voit jouer. »

« Ah bon ? »

« Il a mis des posters dans notre chambre, ça commence à me poser des problèmes par rapport à l’intimité conjugale. »

« Chez moi, Charles célèbre un culte pour mon gratin dauphinois. Il n’a pas encore osé m’imposer des posters de gratins dauphinois dans notre chambre. »

« Remarquez, j’ai de la chance : avant j’étais marié avec Valentin qui adulait Coluche. Il allait au boulot en salopette rayée. Dans le monde des assurances, ce n’était pas très bien vu. Son patron l’a viré. Moi aussi. »

« Vous avez de la chance, vous avez dû rigoler. Moi, j’étais marié avec Jules qui adorait sa bagnole. »

« C’est courant chez les mecs. »

« Oui, mais j’ai fini de trouver ça drôle quand il a enfilé un smoking et s’est offert un banquet sur les sièges de sa Mercédès, le soir de la Saint-Valentin. »

« Le pire, ce sont mes gamins qui ont une vénération pour leurs smartphones et leurs tablettes. Chacun sa religion qu’ils vous disent. »

« Dans le temps, on avait la religion modeste. Le culte de la famille, la messe et un tour à la pâtisserie le dimanche, l’amour du travail bien fait en semaine et hop ! On était contents comme ça ! »

« Maintenant, tout ça, c’est fini, les gens se cherchent de nouveaux dieux à aduler. C’est curieux ce besoin de se prosterner devant quelqu’un ou quelque chose ! »

« Remarquez que beaucoup ont la piété vénale. Par exemple, Dugenou qui est à quatre pattes devant le patron pour décrocher sa promotion ! »

« Finalement, le mieux, c’est de n’adorer personne, mais Georges n’aime pas. Il me dit que je manque d’enthousiasme devant la vie. »

« Enthousiasme…. Ils sont marrants… Si Valentin croit que je vais passer mon temps à lui faire des gratins dauphinois… »

« Il sont tous pareils. Non seulement, il faut partager leurs existences, mais en plus il faut partager leurs obsessions. Pour ne pas dire leurs névroses »

Les chaussettes orange

12 mars, 2019

« Cette fois, c’est dit ! C’est l’insurrection ! Je lève l’étendard de la révolte ! Je crée le mouvement des chaussettes orange. »

« Vous avez vu ? Il n’y a personne derrière votre étendard ! »

« Ah bon ? Où sont-ils passés ? »

« D’abord, il faudrait avoir des revendications. »

« Mais bien sûr que j’ai des revendications ! Nous sommes l’immense marée des écrivains que personne ne lit. Nous voulons que l’on s’intéresse à nous ! Ce n’est pas compliqué ! »

« Pour le moment, la marée s’est retirée. C’est peut-être parce que vous n’avez aucun talent. Et vous n’êtes pas suivi parce qu’aucun écrivain n’a envie de faire remarquer qu’il écrit des livres nuls. »

« Ah bon ? Vous croyez ? C’est un peu fort ! Je m’exprime et ça n’intéresse personne. On a bien raison de dire que nous sommes dans une civilisation de la solitude. Je revendique le droit d’être entouré de l’attention de mes contemporains même si j’écris des choses sans intérêt. »

« Et pourquoi avoir appelé votre mouvement les « chaussettes orange ». Si vous avez des pantalons un peu longs, personne ne les voit vos chaussettes. »

« Je comptais sur le mauvais goût qu’il y a à porter des chaussettes orange pour choquer nos concitoyens. »

« Bon, enfin bref, je constate que vous n’entraînez guère les écrivains dont les manuscrits sont refusés partout. »

« Les éditeurs, obnubilés par leur profit, ont bien tort. C’est en goûtant de la nourriture mauvaise qu’on apprécie la bonne. »

« Bon, je n’ai pas que ça à faire. Je vous suggère de ranger votre étendard, de démonter votre barricade et de cesser de hurler votre mécontentement. »

« Je fais comment alors pour protester. Je pourrais bloquer votre passage, s’il vous plait ? »

« Non, un mouvement populaire d’une seule personne, ça n’existe pas. C’est interdit par la logique. »

« On pourrait dire que c’est un mouvement virtuel, larvé, qui ne demande qu’à éclater au grand jour. »

« C’est ça, oui ! »

Les problèmes de Bérangère

11 mars, 2019

Bérangère

La boulangère

Gère

Ses étagères

Et ses mégères,

Ménagères

Ou bergères

Peu légères

Qui exagèrent.

La serpillière

10 mars, 2019

« La serpillière, en voilà un objet mystérieux. »

« Oui, moi je suis un peu débutant en serpillière. Je n’ai pas encore compris ça marche. Est-ce que ça absorbe la saleté ? Est-ce que ça l’étend sur le carrelage ? Est-ce que ça la dilue ? »

« Je me demande aussi quand il faut changer de serpillière. Pour la brosse à dents, je sais : c’est tous les deux ou trois mois. Pour la serpillière, j’hésite… Remarquez vu l’état de la mienne, je me demande pourquoi j’hésite. »

« Et vous mettez quel dosage de savon dans votre seau ? »

« Oh ! Moi je fais au pif. Mais je crois que si vous en mettez trop, ça fait des traces parterre. Après, c’est comme les vitres, pour enlever des traces, il faut en faire d’autres. »

« C’est comme le problème de la dette. Pour la rembourser, il faut en faire d’autres. »

« Oui, enfin bref… Pour la serpillière, ne forcez pas trop sur le savon. Le principal, c’est que l’eau de votre seau devienne noire, ce qui signifie que vous ramassez des cochonneries… »

« Donc quand c’est noir, je change l’eau ? »

« Il vaut mieux, sinon vous remettez des saletés sur le sol. Une fois que vous avez terminé, vous laissez sécher et hop ! Vous avez l’impression que c’est propre chez vous. Sauf dans les coins ou le long des murs évidemment… »

« C’est vrai, il y a des coins où le balai ne va pas…Le mieux serait de supprimer les coins. »

« Non, ce n’est pas possible. Pendant que j’y pense : faites attention votre conjoint ou vos gamins attendent en général que vous ayez passer la serpillière pour faire leurs apparitions. »

« Là je leur hurle dessus : interdiction formelle de marcher « là où c’est mouillé » parce que ça fait des traces de pieds. »

« Je vois que nous sommes entre connaisseurs. Petite distraction culturelle : la serpillière change de nom selon les régions, ce qui prouve bien son utilité cosmopolite : wassingue au Nord, elle devient peille en Occitanie, en passant par vadrouille dans la marine. »

« Nous devons beaucoup de respect à nos serpillières, parce qu’elles nous accompagneront longtemps. Ce n’est pas l’invention du balai-serpillière auto-essorant qui me fera changer d’avis. »

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