Deux histoires en une

Sigismond, le plus beau dindon de la basse-cour est fier comme paon. Il se promène au bras (enfin … disons à l’aile) de Gersende, la dinde la plus enviée des environs.

Les deux fiancés vont et viennent sous les regards admiratifs des autres volatiles et lapins, tout en glougloutant à qui mieux mieux pour faire part de leur bonne humeur et de la qualité de leurs plumages. Cette fois, c’est sûr, Sigismond ne sera pas le dindon de la farce.

Un dindonneau serait-il en vue avant le mariage officiel ? S’indigne Marie-Cécile, la poule bretonne qui rêve depuis longtemps de Patrick, le coq de la basse-cour, lequel a porté ses vues sur Pimprenelle, la jeune poule blanche, récemment arrivée au poulailler.

De son côté, Benoît le canard jaune ne se prive pas de véhiculer un avis très pointu sur la moralité du couple de Sigismond. Il dit ici et là qu’il a les plus grands doutes sur l’individu. Sa compagne, Henriette la vieille cane tient la gazette de la ferme. Il semble qu’elle ait reçu des confidences de Gersende, qui est – rappelons- le – la dinde soupçonnée d’avoir fauté avant son union officielle. Malheureusement pour Gersende, Henriette la cane cancane, si bien que toute la basse-cour attend désormais le dindonneau.

Louis, le lapin s’indigne de l’empressement du couple. Ils auraient pu attendre tout de même que la supérieure du couvent, ma mère l’Oie ait consacré officiellement l’union du dindon et de la dinde. Gersende est furieuse. Elle fait remarquer à Louis qu’entre nous soit dit, lui qui fornique à tour de bras n’a rien à dire dans le domaine de la moralité.

Voici venu le jour du mariage entre Sigismond et Gersende. Compte-tenu de l’avancement du dindonneau qui – aux dernières nouvelles – s’appellera Gérard, ma mère l’Oie a refusé de célébrer cette union indigne. C’est Patrick, le coq qui est descendu de son tas de fumier pour officier. Comme Patrick est un peu myope, il ne s’est pas aperçu de l’état de Gersende. Par conséquent, tout va bien.

La cérémonie attire toute la basse-cour. Le service d’ordre est réglé par Octavien, le poulet. Les témoins sont le couple Canard, Benoit et Henriette qui n’ont pas voulu manquer une si belle occasion de se mêler des affaires des autres. Les animaux attendent avec intérêt les cancans de la cane.

Gérard, le dindonneau nait enfin. On se dispute l’honneur d’être le parrain. Patrick emporte la palme. Il a tenu à montrer son sens des responsabilités à Pimprenelle, la poule…celle-là même dont il convoite les faveurs. Pimprenelle qu’on avait connu discrète depuis son arrivée, se met soudain à caqueter fortement pour exprimer son intérêt en faveur du coq. Si bien que Patrick, le plus beau coq de la basse-cour est fier comme un paon. Il se promène au bras (enfin… disons à l’aile) de Pimprenelle, qui… (à partir de là, reprendre l’histoire précédente en remplaçant le dindon par le coq, et la dinde par la poule).

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