Archive pour février, 2019

Le réveil de Mireille

8 février, 2019

Merveille !

Sur le conseil,

La veille,

D’une vieille,

Mireille

Se réveille

Au soleil,

Comme une abeille.

Une nouvelle échelle sociale

7 février, 2019

« L’argent ne m’intéresse pas. »

« Ah bon, mais il faut pourtant de l’argent pour vivre. »

« C’est bien le problème, votre existence, c’est votre compte en banque. Moi, j’ai envie d’exister en dehors. »

« Et oui ! Nous sommes inféodés aux puissances de l’argent. Vous croyez élire des dirigeants, en fait vous êtes gouvernés par des banquiers. »

« Ce qu’il y a de pire, c’est le vocabulaire. On est tous catalogués en fonction de l’argent qu’on gagne. Je suis un ménage modeste, moyen ou aisé. Je me demande ce que ça veut dire. »

« Modeste, c’est un terme poli qui veut dire que vous êtes un miséreux.  Aisé, ça signifie que vous êtes bourré de fric et que vous ne regardez pas à la dépense. Moyen, c’est entre les deux. Le pire, ce sont les moyens-modestes. Ceux qui subviennent à l’essentiel : manger, dormir à l’abri, élever les enfants, mais qui n’ont plus un rond pour le reste. »

« Quand je pense à tous les génies qui vivotent dans la catégorie des modestes ou des moyens-modestes… »

«… Et tous les crétins qui se gobergent dans la catégorie des ‘aisés’ … »

« On devrait faire des catégories en fonction du quotient intellectuel et du quotient émotionnel.  Par exemple, moi je serais d’une intelligence médiocre, mais d’une très belle sensibilité émotionnelle … »

« Si vos comptes sont dans le rouge, je crains que votre banquier ne soit pas sensible à votre belle sensibilité émotionnelle. »

« Mais les banquiers seraient aussi sélectionnés en fonction de leur quotient émotionnel, ainsi le mien serait sensible à mon désintérêt pour l’argent et comprendrait que le découvert de mon compte m’indiffère complètement. »

« D’accord ! Mais il faudra aussi que votre banquier soit d’une intelligence très faible pour en venir là… Non ! Vos critères de catégorisation sont encore plus catastrophiques que l’argent. Quand vous êtes miséreux, vous avez une petite chance de devenir riche, sur un malentendu. Mais quand vous êtes crétin et sans aucune sensibilité, vous êtes assigné à demeure. »

« Je ne suis pas de votre avis. Selon mon QI et mon QE, je suis nettement supérieur à mon patron. C’est un classement qui me va très bien. »

L’histoire d’un Peau-Rouge

6 février, 2019

Pas de pot !

Dans ce tripot,

De Pau,

Un Peau-Rouge

Pot de colle

Et sourd comme un pot

Me paie un pot

Puis un pot-au-feu.

C’est un pot-de-vin !

Le calme et la crise

5 février, 2019

« Nous vivons une période plus calme que celle qu’ont pu connaître nos aïeux qui se faisaient la guerre pour un oui ou un non. »

« Certes, nous n’avons plus de guerres sur notre territoire depuis 70 ans, mais nous ne manquons pas d’emmerdes pour autant : la dégradation de l’environnement, la pauvreté dans le monde, les guerres commerciales, les maladies inconnues…  »

« C’est vrai, on finit par se demander ce que serait une période sans souci, une période heureuse quoi… »

« Une période heureuse ? Une période où on aurait à se préoccuper seulement du championnat de foot, de l’Eurovision, des vacances du président, des soucis familiaux de la reine d’Angleterre… »

« Oui, ce serait à peu près ça. Remarquez que les média font tout pour nous faire croire qu’on y est et que tout va bien ! »

« C’est vrai qu’un bon reportage sur la reine d’Angleterre, c’est plus marrant qu’une enquête sur la hausse des prix. »

« Insinueriez-vous que nous sommes dans une période où l’on essaie de nous endormir sur nos lauriers ? »

« Euh… ça ressemble un peu à ça ! »

« Moi, je crois qu’on a des soucis à toutes époques : après la crise financière, vous avez la crise politique avec plein de scandales, puis la crise immobilière avec beaucoup de gens qui ne peuvent plus se loger, puis la crise hospitalière avec les urgences qui débordent… »

« Vous avez raison, on a l’impression que l’état normal du pays, c’est l’état de crise. »

« C’en est au point où une période sans crise, c’est une crise de non-crise. »

« Autrement dit, les hommes ont un besoin viscéral de se faire peur. Lorsque tout va bien, c’est que ça va mal aller ! »

« C’est vrai. Si le calme continue, je vais me mettre moi-même en crise. Je ne sais pas comment… Une petite crise de nerfs peut-être… » 

« Vous n’avez pas le droit. Les crises sont réservées aux gens sérieux qui savent s’en occuper. Vous vous devez vous contenter de gémir à propos des crises… »

La guitare de Guy

4 février, 2019

Guy,

Ce guignol

Guilleret

A la guigne.

Ce guide

Du Duc de Guise

Guigne

Sa guitare

Pour en jouer à sa guise.

Repas de famille

3 février, 2019

Dès l’apéro, l’oncle Albert pense qu’il faut mettre des murs partout autour du pays pour être tranquilles. Puis, il s’est resservi un quatrième Martini.

Maman a dit : allons, allons Albert ne commençons pas !

Pendant l’entrée, le cousine Fifi a raconté que dans l’usine de slips où elle travaille, les cadences deviennent infernales et que bientôt, elle et ses copines fabriqueront des slips le dimanche au lieu d’aller à la messe.

Le cousin Oreste va sur ses seize ans, il commence à avoir des moustaches, et il est sur le point de passer son bac de sciences économiques, ce qui lui permet de dire que la mondialisation des échanges est à l’origine des problèmes de slips de la tante Fifi.

Maman dit encore : allons, allons. Elle préfèrerait qu’on parle de l’émission de variétés bien connue de la veille au soir.

L’oncle Albert qui a attaqué aux Côtes du Rhône affirme que tout ça, ça n’arriverait pas si on supprimait les subventions aux associations culturelles « dont auxquelles » on sait bien ce qu’elles en font.

Papa qui rappelle son attachement au centre-droit, tout en finissant sa salade lyonnaise, indique qu’à son avis, il faut savoir raison garder.

Maman dit : allons, allons !

La tante Josiane trouve le Président et sa femme très élégants. Elle dit que ça lui fait plaisir d’être dirigé par un chef qui a autant de classe.

A l’arrivée du gigot à l’ail et son gratin, la tante Fifi suggère qu’on fasse une caisse de soutien aux ouvrières des usines en voie de disparition.

La cousine Hélène, au nom de sa très belle carrière dans la social-démocratie rappelle l’existence du crédit impôt pour la compétitivité, une magnifique invention, bien plus efficace que la caisse de la tante Fifi.

Albert dit que le gigot n’est pas assez cuit et qu’il ne donnera rien à la caisse de soutien des gauchistes.

Pour le dessert, Maman apporte un vacherin et dit encore : allons, allons !

Fifi propose d’exclure Albert du partage du gâteau au nom des luttes prolétariennes. On s’esclaffe.

Tante Josiane pense que le Président parle très bien, même si elle n’a pas tout compris.

L’oncle Albert veut encore mettre un autre mur le long des Pyrénées et puis, il s’est endormi sur son vacherin.

Vive le Roi !

2 février, 2019

Robert

Dagobert,

Le roi pubère

Soigne ses lombaires

A Ambert,

Tandis que son cerbère

Appuyé sur un réverbère

Mange du camembert.

Histoire d’O

1 février, 2019

Tu viens d’Oxford, dans ta Ford.

Reste, Oreste !

A Pâques, rien d’opaque.

Mange tes oranges,

Puis va à l’office, mon fils.

O Dieu ! Ne sois pas odieux !

Donne ton obole dans le bol.

Et donne du vin à tes ovins.

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