Archive pour janvier, 2019

Pour ou contre ?

20 janvier, 2019

« Bon, Josiane ! On va faire des referendums, c’est la seule manière de régler nos problèmes. »

« Quel genre ? »

« Par exemple : les raviolis du vendredi, pour ou contre ? »

« Il faut établir une liste électorale. »

« C’est vite fait : nous et nos deux gosses ! »

« Et le chat ? Ça m’arrangerait qu’il se prononce sur sa marque de nourriture préférée. »

« Non, pas le chat. » 

« Et ma tante Berthe ? Il faudrait la faire voter sur nos dates de visites chez elle, ses fleurs préférées, nos sujets de conversation à table… »

« Non, pas la tante Berthe, elle va voter comme toi, exprès pour contrer mes envies. Elle adore ça. »

« El l’oncle Gérard ? »

« Non, pas l’oncle Gérard ; Il va voter pour la légalisation de la drogue et de l’alcool dans la famille. »

« Les gamins voudrai le RIC. Le referendum d’initiative populaire si tu préfères. Quelle est notre position sur ce point ? On ne va tout de même pas faire un referendum sur le referendum. »

« Ils vont faire n’importe quoi. Je te préviens : si Louisette organise un referendum pour savoir si quelqu’un peut lui acheter un scooter, ma réponse est non ! Et il est même probable que je bourrerai les urnes. »

« Bon, alors pour quoi on fait notre premier referendum ? »

« Pour ou contre un planning d’utilisation de la salle de bains ? »

« Il y a le risque qu’on se trouve dans un cas de match nul : 2 contre 2. Moi et Louisette, on est contre : j’ai horreur de sentir la pression quand je me prépare le matin. »

« C’est vrai. En cas de 50-50, il faudrait une autorité indépendante pour nous départager. »

« On pourrait prendre la concierge, elle aime bien se mêler de nos affaires. »

« Bon, écoute, c’est trop compliqué. Je pense que je vais rester dans un régime de dictature. Et c’est moi le dictateur, bien entendu. »

De l’or

19 janvier, 2019

En Corse,

A Corte,

Ça se corse.

La servante accorte

Et forte,

Qui vient d’Ecosse

A la cosse.

Elle a une entorse.

On la porte.

Elle n’est pas morte.

A l’aventure !

17 janvier, 2019

« Je vais prendre des précautions ! »

« Des précautions ? Pourquoi faire ? »

« J’aime bien assurer mes arrières, moi. Je ne me lance pas n’importe comment, il me faut des garanties. »

« Vous ne prenez jamais de risques ? »

« Si, mais avec un plan B, voire même un plan C ou D, si le plan A ne fonctionne pas ! »

« Vous ne devez pas faire grand-chose avec enthousiasme ! »

« Je fais beaucoup de choses avec prudence. Je peux grimper le Mont-Blanc, mais à condition d’avoir un plan de secours au cas où… »

« Vous n’êtes pas un aventurier. Vous croyez que lorsque Christophe Colomb a découvert l’Amérique, il avait un plan B ? »

« Je vous ferais remarquer que depuis Christophe Colomb, on a inventé l’Assurance et le Rapatriement sanitaire en urgence. »

« Je ne sais pas si c’est ce que la civilisation a fait de mieux, ça tue l’esprit de l’aventure. »

« Au contraire quand on a une bonne couverture des risques, on peut faire plus de choses avec l’esprit plus tranquille. »

« Si on va par là, pourquoi ne pas prendre une assurance dès que vous allez au cinéma pour couvrir le risque d’assister à un navet. »

« Ce serait une bonne idée, ce serait comme si on se faisait rembourser le ticket d’entrée. Mais il faudrait un système qui homologue officiellement le fait que le film était mauvais ! »

« Bref, on ne peut pas s’assurer contre tout. Et puis ne confondons pas couverture du risque et précaution élémentaire. Christophe Colomb a pris des risques insensés, mais il a certainement aussi des précautions pour que son voyage se passe bien. »

« Bon, on se la fait cette partie de pétanque ? »

« Je ne suis pas assuré. Vous vous rendez compte : que se passe-t-il si vous m’envoyer votre boule dans la figure ? »

« En effet, il faut couvrir le risque que vous prenez en vous penchant trop sur le cochonnet. J’appelle Cerise. »

 

 

 

 

 

 

 

Hue, cocotte !

16 janvier, 2019

Qui l’eut cru ?

La pluie tombe drue

Dans la rue,

Dans le ru,

Et sur la grue.

La recrue

Se rue

Chez ma bru.

Pétard !

15 janvier, 2019

« C’est vous qui avez lancé ces pétards ? »

« Oui, oui. C’était marrant ! »

« Pas pour moi, ça m’a dérangé en plein sommeil. »

« Et alors ? On est le 31 décembre. Quand on est le 31 décembre, on est joyeux et quand on est joyeux, il faut lancer des pétards. Quand il a de la joie, il faut que ça éclate. Vous comprenez ça ? »

« Non pas vraiment. Et si je lançais une bombe atomique dans le quartier chaque fois que je suis content ? Qu’est-ce que vous en penseriez ? »

« C’est interdit. »

« Et d’abord, pourquoi êtes-vous content ? L’année qui vient sera aussi pourrie que la précédente. »

« Comment le savez-vous ? De toute façon, on s’en fout ! Quand on n’est pas content, on jette des pétards aussi pour exprimer notre dépit ! »

« Si je comprends bien, votre idée c’est de faire remarquer votre présence en dérangeant celle des autres. »

« Exactement. Si vous pouviez au moins constater que j’existe, ça m’arrangerait. Moi-même, je n’en suis pas sûr tous les jours. »

« Bon d’accord, mais alors, il faudrait aussi que vous constatiez ma présence en ces lieux et mon droit d’y dormir en paix. »

« Bon, on pourrait aller vers un compromis. Demain, vous pourriez lancer des pétards sous les fenêtres de ma famille, ça me donnera l’occasion de percevoir votre existence. »

« Oui, mais votre père va encore s’énerver. »

« C’est probable, il n’aime pas être réveillé en pleine nuit. »

« Bon, on va faire plus simple. Je vais vous faire un certificat. »

« Pour certifier quoi ? »

« Je certifierai que, compte tenu de votre capacité à empoisonner la vie des autres, surtout un 31 décembre, votre existence en tant que personne physique et citoyen ne fait aucun doute. »

« Super ! J’aimerais bien qu’il y ait plein de tampons officiels sur le papier. »

Des fuyards repris

14 janvier, 2019

Dans l’escalier

Escarpé,

Un escadron

Escorte

L’escogriffe,

L’escroc,

Et l’esclave

Après leur escampette.

Une invitation spontanée

13 janvier, 2019

« Tu nous invites à diner ? »

« Non, Josiane, ma femme n’aime pas tellement la tienne. »

« Elle ne connait pas bien Georgette qui peut être charmante. Enfin… quand elle veut. »

« Oui, mais Josiane ne sait trop bien faire la cuisine. La dernière fois, elle a fait steak frites à la femme du patron, lequel s’est inquiété de la santé mentale de Josiane lors de mon entretien d’évaluation. »

« Georgette a des goûts très simples. Un civet de chevreuil aux marrons ferait très bien l’affaire… »

« Pff… Et puis, il va falloir vous payer l’apéro… Racheter des bouteilles… Pour le moment, il ne me reste qu’un fond de porto… »

« Effectivement, ça va être un peu juste, Georgette aime bien avoir le choix. »

« Ensuite, il va falloir trouver un sujet de conversation. Je n’ai pas trop envie de vous demander si vous avez trouvé l’adresse facilement, sachant que tu la connais très bien. »

« Je pourrais partir sur les difficultés à se garer dans ton quartier, on peut tenir un quart d’heure là-dessus. »

« Après Georgette va encore nous casser les pieds avec les aventures de son gamin. Qu’est-ce qu’on y peut si c’est un apprenti casseur qu’il faut aller chercher chez les flics tous les huit jours ? »

« Bon d’accord, alors je pourrais demander à Georgette de donner un coup de main à Josiane en cuisine pendant que nous pourrions parler foot. »

« On en aura déjà parlé à midi, à la cantine, et puis Josiane n’aime pas tellement avoir quelqu’un sur le dos à la cuisine. Surtout Georgette. »

« A propos, pense bien à carafer le vin. Pour accompagner un civet de chevreuil, il ne faut pas n’importe quoi. »

« Et à table, on parle de quoi avec gaieté ? »

« De vos prochaines vacances par exemple ? »

« Sachant qu’on va chez la mère de Josiane comme chaque année. Dans le Périgord. Le sujet va être délirant. »

« Bon, alors, on fait comme d’habitude : on râle contre les impôts et le gouvernement. »

L’histoire du noble et de son pote

12 janvier, 2019

Un noble ignoble

Et son pote despote

Jouent du cor dans le décor

Sous un lustre illustre.

Sur la Toile, ce sont des étoiles.

Ils ont mis des mages au chômage.

La princesse veut que ça cesse,

Mais un mendigot dit go

Car ce sont des virtuoses qui osent.

Dodo !

11 janvier, 2019

Mado

Danse le fado

Tandis que son ado

Un peu clodo,

Un peu crado,

Joue au mikado

Dans le Colorado.

Ce n’est pas un cadeau.

Polémiquons

10 janvier, 2019

« Et si nous polémiquions ? C’est marrant, ça nous rend célèbres ! »

« Oui, mais il nous faudrait un bon sujet ! Un truc complètement nul qui déchaîne les passions. »

« La composition de l’équipe de France. »

« C’est pas mal, mais je ne suis pas tellement foot… »

« Les 4 ou 5 jours de travail à l’école ? »

« Ce n’est pas marrant, les écoles font un peu comme elles veulent, maintenant.  Non, il faudrait une mesure autoritaire qui énervent tout le monde. »

« Comme les 80 kilomètres-heures ? »

« Ce serait bien, sauf pour moi, je roule à 60 dans les descentes.  Trouvez-vous vraiment utile de polémiquer ? »

« Non, pas vraiment, mais ça montre au moins que j’ai du caractère et que je ne me laisse pas impressionner par n’importe qui. Je ne sais pas encore pourquoi, mais je suis prêt à descendre dans la rue. »

« Moi je soulèverais bien une polémique sur ceux qui soulèvent une polémique à propos de n’importe quoi ou n’importe qui. »

« J’ai un nouveau sujet sans aucun intérêt : faut-il se faire deux shampoings successifs ? »

« Je suppose que les fabricants ont inventé ça pour vendre plus ? »

« Absolument ! D’ailleurs la plupart des sujets de polémique ont un arrière fond commercial. »

« Ne nous laissons pas faire par les partisans du libéralisme fou. »

« Bon !  Comme nous n’avons pas de sujet et que nous ne savons pas quoi faire d’intelligent, nous pourrions plutôt lancer des fake news. »

« Je pourrais commencer par une new sur vous. »

« Ah bon ? Et qu’est-ce que vous avez à raconter sur moi ? »

« Par exemple que vous créez des sujets de polémique comme la place que doit occuper le distributeur d’eau dans le couloir. »

« Ce n’est tout de même pas normal qu’il soit positionné le plus loin possible de mon bureau. C’est toujours les mêmes qui sont favorisés. »

« Vous avez raison, c’est beaucoup plus intéressant que les 4 ou 5 jours de travail à l’école. »

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