Archive pour novembre, 2018

Un saint ?

8 novembre, 2018

« Je vais me faire béatifier. »

« Vous êtes au courant que c’est le pape qui décide d’une éventuelle béatification ? »

« Oui, mais j’ai un bon dossier. Il l’a sûrement remarqué. »

« On peut savoir ? »

« J’ai été sympa et gentil avec tout le monde. J’ai donné aux Resto. J’ai aidé autour de moi, même Dugenou qui me doit toujours 100 balles. »

« C’est peut-être un peu juste. Pour être bienheureux, il faut montrer des vertus de manière exemplaire ou héroïque. »

« Si vous croyez que c’est facile de se montrer sympa avec le patron ou offrir des fleurs à sa secrétaire Mademoiselle Patouillard. Et prêter de l’argent à Dugenou, ce n’est pas héroïque ça ? »

« Non, pas tellement. Vous avez fait ce que tout le monde fait. Moi aussi, je suis bien obligé de faire des sourires à mon patron. »

« Ah bon ? Vous donnez aux Restos aussi ? Vous aidez les vieilles personnes à traverser les rues ? »

« Tout à fait. »

« Je me trouve quand même héroïque parce que je suis gentil avec tout le monde, et l’inverse n’est pas vrai. Regardez… J’ai aidé Mollard à déménager… Eh bien, il vient de me piquer un dossier !  Figurez-vous qu’il m’a demandé pourquoi je lui faisais la gueule ! »

« Pour être béatifier, non seulement il faut faire le bien, mais il faut aussi accepter avec une égalité d’âme qu’on vous fasse du mal. »

« Bon… Si je comprends bien, je ne dois pas casser la figure à Mollard. Voilà qui tombe bien, il est plus costaud que moi. »

« En plus, vos petites histoires de bureau n’intéressent absolument pas le pape. Il faut faire quelque chose d’extraordinaire. Par exemple, partez au bout du monde pour sauver des enfants de la maladie ou de l’ignorance. »

« D’accord, mais alors il faudrait me payer l’hôtel et le voyage. »

« Vous rigolez ! Vous devez souffrir autant que ceux que vous sauvez et peut-être plus encore. »

« Alors, si on se donne du mal pour faire du bien à mon voisin de bureau, ça ne compte pour rien ? »

« Si !  Ça compte. Vous vous sentez mieux. Vous avez bonne conscience ! »

« J’aurais la conscience encore plus libre quand Dugenou me rendra mon fric. »

« Soyez généreux. Un bienfait n’appelle pas forcément un bienfait en contrepartie. Il ne faut pas attendre de récompense de vos bonnes actions. »

« C’est un peu décourageant. »

« Certes, mais vous montrerez que vous êtes fait d’un autre bois que ces misérables tâcherons cupides, égoïstes et mesquins qui vous entourent. »

« Et pour se faire canoniser, c’est compliqué ? »

Mais si !

7 novembre, 2018

Messire,

Ces messagers

Messins

Ne sont pas le messie,

Mais c’est pas le diable non plus.

Ces messieurs

Sont des mécènes.

Avec eux, allons à la messe.

Ma doctrine

6 novembre, 2018

« Moi, j’ai créé une doctrine. »

« Vous, non ! »

« Et pourquoi, non ! »

« Une doctrine, c’est une école de pensée qui a vocation à devenir universelle. Karl Marx, par exemple, a créé une doctrine ou alors Auguste Blanqui. Il faut être très intelligent pour créer une doctrine. »

« Ah bon ? Et quand je pense quelque chose, ce n’est pas une doctrine ? »

« Non, c’est une opinion personnelle, tout au plus ! Votre opinion, c’est votre opinion, mais ce n’est pas une explication du monde qui vous entoure. »

« Par exemple, si je dis que Dugenou et mes collègues de travail cherchent à briller comme des hypocrites devant le patron pour obtenir une promotion, ça n’explique pas le monde ? »

« Non ce qui explique la marche du monde, c’est que les hommes se déchirent entre eux depuis la nuit des temps pour obtenir des avantages, bien dérisoires la plupart du temps. »

« Et l’hypocrisie, ce n’est pas une doctrine ? »

« Non plus, c’est le résultat d’une combinaison : on se bat comme des chiens les uns contre les autres, mais on fait comme si on était copains, parce que la civilisation n’admet plus les combats à mort. »

« Bon, alors si je ne peux pas créer de doctrine, il faudrait que j’en choisisse une qui me fixe une ligne de conduite. Qu’est-ce que vous me conseillez ? »

« C’est-à-dire qu’il y en a beaucoup et aucune qui soit meilleure qu’une autre ! »

« Par exemple, je pourrais essayer le naturisme qui enseigne que l’homme doit physiquement s’intégrer à la nature, mais je ne veux pas me mettre tout nu. J’ai ma pudeur quand même ! »

« Euh… Désolé, mais le naturisme habillé, je ne sais pas si ça existe. »

« Je pourrais être monarchiste, peut-être ? »

« C’est original, il en faut, mais je vous signale que nous ne sommes pas près de voir revenir un roi sur le trône de France ! »

« Et l’hénologie ? Personne ne connait, je n’ai rien compris, mais je pourrais dire que c’est ma doctrine. »

De part en part

5 novembre, 2018

Parmi

Les particuliers

De Paris,

Une partie

Est partie,

Après une party,

Par ici

Ou Par là.

C’est parfait.

C’est mal !

4 novembre, 2018

Quelle malchance !

Malborough

Malbouffe.

Ce malandrin

Est bien malavisé.

Il a pris un malaise,

Ce n’est pas un malabar.

C’est un mâle

Malformé.

Chanson du capitaine Haddock

2 novembre, 2018

Près des docks

J’ai bu trop de bocks.

J’ai fait le coq.

J’ai pris des poques.

Je suis en loques.

Tu te moques ?

Mais je suis comme un roc.

Ce n’est pas du toc.

Problème de voisinage

1 novembre, 2018

« Vous déménagez ? »

« Oui, vous n’êtes pas un voisin très agréable. Vous m’avez cassé ma tondeuse à gazon. Et en plus, vous ne m’avez pas invité à votre barbecue du 14 juillet. »

« Le quartier va être enfin débarrassé de votre présence ? »

« Vous allez peut-être avoir pire comme voisin, mais je m’en fiche. De toute façon, avec ma famille, j’ai besoin d’une maison plus grande. »

« Avec une chambre pour chaque enfant, je suppose. Quand je pense que chez mon père, on dormait tous dans la cuisine. »

« C’est ce qui vous a probablement aigri le caractère. Moi, chaque fois qu’un de mes gamins est déplaisant, je veux pouvoir lui dire : file dans ta chambre ! »

« Vous avez raison, vos gamins sont -dans l’ensemble – assez mal élevés. Et pour les salles de bains ? »

« Je veux deux salles de bains dont une pour moi. Comme ça, je pourrai mettre des flaques d’eau parterre ou laisser des traces de dentifrice sur le lavabo sans que Josiane en face toute une histoire. »

« Quand je pense que lorsque j’étais enfant, on allait se débarbouiller à la fontaine municipale, à l’eau froide, bien entendu. Ça vous forme un homme, ça ! »

« Oui, et puis j’aurai une grande cuisine. Josiane a horreur que je la gêne quand elle se met aux fourneaux. »

« Ha ! ha ! De mon temps, la cuisine, la salle à manger, le salon … et l’écurie pendant que j’y suis… Tout ça s’était mélangé ! Les vaches nous regardaient manger et vice-versa ! »

« Bien entendu nous aurons une grande pelouse de 3000 mètres carrés. Josiane tient à faire un potager et moi je veux que mes enfants s’ébattent au grand air ! »

« Vous avez dû vous mettre un sacré crédit sur le dos. Ce n’est pas ce qui va adoucir votre caractère ! »

« Pensez-vous ! Un petit crédit sur 65 ans. C’est très facile ! »

« Comme ça, vos enfants, petits-enfants et autres sont solidement endettés jusqu’à la quatrième génération, c’est-à-dire à un moment où votre maison commencera à tomber en ruines. »

« Et alors ? Vous vivez bien dans une ruine, vous ! D’ailleurs, ça attire les corbeaux dont les croassements gênent ma sieste. »

« Oui, mais moi au moins, je ne paie pas le banquier pour avoir le droit de vivre dans ma ruine. »

« Bon, vous pourriez m’aider à charger le camion de déménagement. Pour une fois, vous me seriez utile. »

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