Lot de consolation

« Il faut me consoler. »

« Pourquoi ? Qu’est-ce qui vous arrive ? »

« Rien de spécial. Mais je trouve que ma vie est triste. Métro-boulot-dodo, et le lendemain ça recommence. Un peu de compassion ne me ferait pas de mal. »

« Oh, ma pauvre ! Vous voilà bien morose ! Mais vous savez on en est tous plus ou moins au même point. »

« Vous ne consolez pas très bien. Le fait de savoir que tout le monde est déprimé par la monotonie de la vie moderne ne me console pas tellement. »

« Bon, il vous faudrait peut-être huit jours de repos. Allez voir votre médecin, il vous arrêtera surement quelques jours, tout en vous prescrivant un petit remontant. »

« C’est que je ne veux pas être arrêté, c’est encore plus dur de reprendre. C’est comme quand vous arrêtez le vélo et que vous reprenez huit mois plus tard. Un vrai supplice. »

« Je vois ce que c’est, il vous faudrait un grand projet exaltant ! Quitter votre mari pour de nouvelles aventures ! »

« Georges va râler ! »

« On s’en fout. Vous voguerez vers d’autres horizons. »

« Euh… vous n’auriez rien de moins risqué. Si je me casse la figure, je vais être encore plus déprimée que déprimée. »

« Euh… Eh bien, cultivez-vous. Lisez, écoutez de la musique, allez dans les musées, ça vous ouvre l’esprit ! »

« Je veux bien aller dans les musées, mais il faut que j’aille chercher le gamin à l’école à 16 heures 30, sinon j’ai un tas d’histoires avec la directrice. Consolez-moi mieux. »

« Pfff… c’est compliqué avec vous ? »

« Vous en avez de bonnes ! Vous n’avez jamais besoin d’être consolée, vous ? Nous pourrions échanger nos consolations ! Vous sauriez l’impression que ça fait d’être mal consolée. »

« Oh moi, ça va ! Maurice me fait la gueule, les gamins sont infernaux, le dernier a une angine, mon patron me harcèle, mais globalement ça va… »

« Vous en avez de la chance ! Moi, pour couronner le tout, la carosserie de ma voiture a été rayée et aujourd’hui, c’est le jour de choucroute à la cantine ! » 

« En effet, ma pauvre, rien ne vous sera épargné. »

« Voilà, ça, c’est mieux consolé. J’aime comme considère comme victime d’un mauvais sort qui s’acharne sur moi. »

« Excusez-moi ! C’est vrai qu’avec tous les soucis que vous avez, il ferait beau voir que vous soyez mal consolée ! »

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