Archive pour avril, 2018

Ôtez-vous de là !

21 avril, 2018

C’est une nouveauté.

J’ai fait une potée

Qui a mijoté

Er des patates sautées.

Tout a capoté.

Ma beauté

A à peine chipoté

Puis elle a sangloté.

Elle ne m’a pas dorloté,

Car de la plaque, j’étais à côté.

Les créateurs

19 avril, 2018

« Quand on voit tout ce que l’intelligence humaine a créé, il a de quoi être optimiste pour l’avenir : l’imprimerie, la Joconde, les Trois mousquetaires, le palais de Versailles, l’ordinateur, la télé, le téléphone portable… »

« Le problème, c’est qu’il n’y a qu’une élite de créateurs qui créent, les autres regardent. Ils, prennent le métro chaque matin et vont s’ennuyer ferme dans les entreprises. »

« Pour bien faire, il faudrait que chaque travailleur puisse exprimer ses potentialités créatrices quel que soit le domaine. Il se sentirait sûrement mieux. »

« Tout ça, c’est bien beau, mais quand Dumoulin me donne un dossier à traiter dans les trois jours, je ne crée pas grand-chose. En mettant les choses au mieux, j’applique des règles.»

« Autrement dit, il a des millions de salariés qui abandonnent leurs facultés de création contre un bon salaire. »

« Vous exagérez ! Quand ils ont fini de travailler, les gens peuvent faire des choses intéressantes. »

« Comme regarder des émissions débiles à la télé ou alors aller hurler comme des crétins au stade municipal. C’est très valorisant. On se demande ce que fait le ministère de la Culture. »

« Je n’en sais rien, tout ce que je sais, c’est qu’il faut que je passe le prochain dimanche, chez ma belle-mère, ça va être gai ! »

« Vous devriez faire comme Dugenou qui voyage dès qu’il peut ! C’est instructif, ça. »

« Oui, enfin sauf qu’il a dormi trois jours par terre dans un aéroport asiatique à cause le grève des pilotes. »

« Bon, alors créez votre entreprise, ça se fait. »

« Pour payer des taxes au gouvernement, merci bien ! »

« Vous pourriez vendre des idées intelligentes pour les salariés qui en manquent après leur travail. Ce serait de l’after-work ! »

« Si je comprends bien, quand les gens sortent de l’aliénation de votre travail, vous voudriez qu’ils soient soumis à une autre injonction : celle de faire quelque chose d’intelligent. Et ceux qui ne veulent rien faire ? Je ne vois pas pourquoi il serait interdit de vouloir rien faire. Que faites-vous de la liberté individuelle ?»

« Bon d’accord, vous pourriez dans votre entreprise expliquer comment on glande. Un stage de glandouille serait surement très couru. »

« Vu comme ça, pourquoi pas. Je commencerai par un chapitre « Comment glander sans culpabiliser. »

« C’est vrai. L’auto-culpabilisation est le mal du siècle. On la subit dans tous les cas de figure. Quand on bosse, on sent coupable de ne pas s’occuper de sa famille. Quand on ne fait rien, on se culpabilise aussi en pensant qu’on pourrait faire quelque chose. »

C’est cher !

18 avril, 2018

Ce chercheur

Bien chair

A une chaire

Dans le Cher

Ainsi qu’un rocking-chair

Acheté cher

Par sa tendre et chère

Aux enchères.

La faute d’Albert

17 avril, 2018

« Finalement, cher voisin, pourquoi entourons-nous de clôtures nos jardins respectifs ? »

« Une clôture, c’est fait pour empêcher ceux qui sont dehors de rentrer dans le domaine de celui qui est dedans. Je n’ai aucune envie que vous vous serviez de la balançoire de mes gamins ou que vous me voliez mes carottes. »

« Donc, cette clôture témoigne d’une grande méfiance entre nous. »

« Oui, tout à fait. Je me méfie de vous et des Autres. La clôture est un concept général. Elle empêche les brigands emprisonnés de sortir de leur cellule pour attaquer les honnêtes citoyens. Ou alors lorsqu’il y a un cordon sanitaire, elle empêche la maladie de s’étendre aux alentours de la zone infectée. »

« Si je comprends bien, le fait de poser des murs, c’est non seulement un indicateur de méfiance, mais aussi le témoin de l’existence d’une violence potentielle. »

« Tout à fait. Suivez-moi bien : la population est divisée en deux. Il y a les « dedans » et les « dehors ». Les « dedans » et les « dehors » sont comme deux tribus qui ne s’aiment pas beaucoup. Si je vous aimais bien, j’enlèverais la clôture entre mon jardin et le vôtre. »

« Remarquez que je suis votre « dehors », mais je suis aussi votre « dedans » par rapport à vous qui êtes mon « dehors ». On est tous le « dehors » de quelqu’un.  Voilà qui explique pourquoi je ne vous aime pas beaucoup non plus. »

« Notez que le problème va bien au-delà de nos modestes personnes. S’il y a des frontières à notre pays, c’est que nous nous méfions un peu des « dehors », en clair des étrangers. »

« On a bien raison. Regardez un peu l’Histoire… »

« Si je poursuis la métaphore, je pourrais aussi vous dire que votre enveloppe corporelle définit un « dedans » et un « dehors ». Chaque fois que vous me parlez vous mettez un pied en dehors de votre « dedans », en prenant quelques risques. »

« Mais croyez-vous, Maître, que l’on puisse bâtir une civilisation sur une méfiance permanente entre les « dedans » et les « dehors » »

« Sûrement pas, mon ami. C’est pour ça qu’on a besoin d’un espace public non clos qui n’appartient à personne et à tout le monde. Quand je mets un pied dans la rue, je vais « dehors », mais il n’y a pas de « dedans », donc ça me rassure… »

« Mais les « dedans » pourraient aussi accueillir gentiment les « dehors » surtout si ceux-ci n’ont plus de « dedans ». Imaginons par exemple que je vous invite à dîner. C’est une hypothèse. Eh bien, vous seriez aussi rassuré. »

« Certes, mais je me demanderais ce que vous voulez en échange… »

« Donc, résumons-nous. Pour se protéger des Autres, il existe des murs de briques et les murs de la méfiance. »

« C’est de la faute d’Albert. »

« Qui c’est Albert ? »

« On en parle jamais, c’est le second homme sur Terre, arrivé après Adam. Ce dernier a très mal accepté l’arrivée d’Albert et a inventé les murs physiques et virtuels. »

A la queue-leu-leu

16 avril, 2018

A la Queue-en- Brie,

Le maître queux

A queue de cheval

Qui joue du piano à queue,

Est venu en queue de pie.

Attention, c’est un belliqueux.

Cette histoire sans queue ni tête.

Finit en queue de poisson.

Bon ! Qu’est-ce qu’on fait ?

15 avril, 2018

« Quand on voit tout ce que l’intelligence humaine a créé, il a de quoi être optimiste pour l’avenir : l’imprimerie, la Joconde, les Trois mousquetaires, le palais de Versailles, l’ordinateur, la télé, le téléphone portable… »

« Le problème, c’est qu’il n’y a qu’une élite de créateurs qui créent, les autres regardent. Ils, prennent le métro chaque matin et vont s’ennuyer ferme dans les entreprises. »

« Pour bien faire, il faudrait que chaque travailleur puisse exprimer ses potentialités créatrices quel que soit le domaine. Il se sentirait sûrement mieux. »

« Tout ça, c’est bien beau, mais quand Dumoulin me donne un dossier çà traiter dans les trois jours, je ne crée pas grand-chose. En mettant les choses au mieux, j’applique des règles.»

« Autrement dit, il a des millions de salariés qui abandonnent leurs facultés de création contre un bon salaire. »

« Vous exagérez ! Quand ils ont fini de travailler, les gens peuvent faire des choses intéressantes. »

« Comme regarder des émissions débiles à la télé ou alors aller hurler comme des crétins au stade municipal. C’est très valorisant. On se demande ce que fait le ministère de la Culture. »

« Je n’en sais rien, tout ce que je sais, c’est qu’il faut que je passe le prochain dimanche, chez ma belle-mère, ça va être gai ! »

« Vous devriez faire comme Dugenou qui voyage dès qu’il peut ! C’est instructif, ça. »

« Oui, enfin sauf qu’il a dormi trois jours par terre dans un aéroport asiatique à cause le grève des pilotes. »

« Bon, alors créez votre entreprise, ça se fait. »

« Pour payer des taxes au gouvernement, merci bien ! »

« Vous pourriez vendre des idées intelligentes pour les salariés qui en manquent après leur travail. Ce serait de l’after-work ! »

« Si je comprends bien, quand les gens sortent de l’aliénation de votre travail, vous voudriez qu’ils soient soumis à une autre injonction : celle de faire quelque chose d’intelligent. Et ceux qui ne veulent rien faire ? Je ne vois pas pourquoi il serait interdit de vouloir rien faire. Que faites-vous de la liberté individuelle ?»

« Bon d’accord, vous pourriez dans votre entreprise expliquer comment on glande. Un stage de glandouille serait surement très couru. »

« Vu comme ça, pourquoi pas. Je commencerai par un chapitre « Comment glander sans culpabiliser. »

« C’est vrai. L’auto-culpabilisation est le mal du siècle. Quand on bosse, on sent coupable de ne pas s’occuper de sa famille. Quand on ne fait rien, on se culpabilise aussi en pensant qu’on pourrait faire quelque chose. »

Une drôle de reine

14 avril, 2018

Une reine

Saine

Et sans haine

Vit à Rennes.

Et parfois dans le Maine.

Avec sa gaine

De laine,

Elle monte sur scène,

Sans peine,

Pour lire du Taine.

La basse-cour

13 avril, 2018

C’est la fête !

Le cochon revient d’Inde.

La cocotte sent la cocotte.

Le bouc, lui, ne se sent plus.

Le canard s’est mis de la laque.

La mule a enfilé les siennes.

La vache n’est plus enragée.

Le lapin ne prend plus de poses.

Le coq a préparé des pâtes.

Le dindon fera des farces.

L’avenir du ciseau à ongle.

12 avril, 2018

« Il y a des objets qui ont une supériorité sur nous, c’est qu’ils sont éternels. Ils seront encore là quand nous n’y serons plus. »

« Par exemple ? »

« Par exemple, le cintre. C’est une structure très simple, le cintre. On ne voit pas bien comment en 2500, on pourra se passer de cintres pour accrocher ses vêtements. Certes, me direz-vous, un cintre peut se détériorer, mais le concept sera toujours d’actualité ! »

« C’est vrai, il faudra que je laisse un message à mes cintres au bénéfice des générations futures. »

« Dans le même style, vous avez la boule de pétanque. Comment nos arrières-arrières-petits-enfants pourront-ils jouer à la pétanque sans boules ? »

« En effet, je me pose la question. Je vois mal nos gouvernants du futur interdire par lois ou ordonnances de jouer à la pétanque et donc décréter la fin de la boule. Encore qu’avec les politiciens, on peut s’attendre à tout ! »

« Le progrès ne pourra donc pas tout remplacer par des bidules informatiques ! »

« Il y a quand même des incertitudes ! Quel est l’avenir du gobelet à café, par exemple ? »

« En effet, il peut y avoir un débat. Si l’on imagine la fin du gobelet à café dans les entreprises, c’est la mort de la machine à café, seul endroit où l’on peut encore dire n’importe quoi et glander un peu avant de reprendre le boulot. Je ne sais pas si vous imaginez bien le stress que ça engendrera dans les bureaux. »

« Oui, nous serons peut-être obligés de prendre le café en pastilles sans se déplacer. C’est nettement moins motivant ! Et le téléphone portable, il sera éternel aussi ? »

« Non, pas du tout. Comme tout sera connecté, vous pourrez très bien vous adresser à votre femme en parlant à votre pull qui sera infestée de micro-technologies ! »

« Je n’ai pas ce genre de contact avec mes vêtements, mais il faudra s’y faire ! »

« Par contre, je vois un très bel avenir au ciseau, et notamment au ciseau à ongles. Quelque soit l’avenir de l’homme, j’ai du mal à penser que ses ongles arrêteront de pousser. Donc, sauf à avoir l’air d’un monstre aux mains crochues, il lui faudra toujours un ciseau. »

« C’est vrai. C’est un geste éternel. La prochaine fois que je le ferai, je penserai que Jules César et Saint Louis se coupaient les ongles aussi. »

« Par contre, on peut s’interroger sur l’avenir de la brosse à dents ! »

« Nous n’aurons plus de dents ? »

« Si, mais on pourra peut-être se laver les dents en suçant une pastille. Le problème, c’est qu’il faudra trouver le moyen de dissoudre les saletés qui s’incrustent entre les dents. Je pense que ce n’est pas évident de dissoudre une feuille de salade sans emporter une bonne partie de la bouche. »

« Faisons confiance à nos scientifiques, Maître ! »

Hue, cocotte !

11 avril, 2018

Hugues

Un hussard

Humain

Et humaniste

Hue

Huguette

Qui hurle

Depuis sa hutte

Sans humour.

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