Archive pour le 8 mars, 2018

Gloria

8 mars, 2018

« Vous êtes merveilleuse, Gloria. »

« C’est tout ? »

« Vous êtes exceptionnelle, admirable, unique, inouïe, incroyable. »

« Décrivez-moi mieux que ça ! »

« Votre chevelure flamboyante aux reflets d’acajou irradie les foules sur votre passage et laisse derrière vous des nuées de fragrances musquées et enivrantes. »

« Vous trouvez que je mets trop de parfum ? »

« Pas du tout. Je suis subjugué. Et que dire de votre visage aux traits fins et délicats qui évoque celui de la Madone, tout en dégageant une impression paradoxale de douceur et de fermeté. »

« Et mes yeux, comment ils sont mes yeux ? »

« Diaphanes comme deux perles de rosée accrochées aux premiers bourgeons d’un matin de printemps. Quant à vos lèvres, j’en parle avant que vous me posiez la question, ce sont deux pétales de rose qui s’épanouissent parfois en découvrant deux rangées de perles de nacre, prêtes à mordre le premier importun qui viendrait à se comporter en fâcheux. »

« Bon, ce n’est pas mal. Un peu poétique, mais enfin pas mal. Et mon cou ? »

« Votre port de tête, chère Gloria n’a d’égal que l’élégance et la délicatesse féline d’une reine. La perfection du dessin de vos épaules éblouit les soupirants les plus blasés… enfin, ceux qui ne se sont pas trouvés pitoyablement écartés par le mépris superbe et glacé de l’unique regard que vous leur avez accordé. »

« On progresse. Vous n’allez tout de même pas me parler de ma poitrine, ça ne se fait pas. »

« Je n’y ai même pas pensé, chère Gloria. Je n’ai observé que la fraîcheur de votre décolleté parsemé de taches d’or qui bouleversent l’ordre naturel des sens… »

« Ne nous attardons pas sur mon décolleté… »

« Votre silhouette aux courbes voluptueuses et sensuelles suscitent des vagues d’émotion et des frissons de trouble dès que vous entrez… que dis-je … dès que vous apparaissez sublime et nimbée de l’aura de votre beauté virginale. »

« Oui, mais enfin, je ne voudrais pas être prise pour une molle du genou. »

« Votre allure résolue et votre pas hardi enlaidissent les démarches hésitantes et maladroites de tous ceux qui osent encore vous côtoyer. »

« Et mes mains ?»

« Vos mains sont, chère Gloria, comme deux papillons rose qui butinent de fleurs en fleurs dans un chaud soleil d’été. »

« Et mes jambes ? »

« Là, il faudrait que vous souleviez votre robe, chère Gloria. »