Archive pour le 4 mars, 2018

Un garnement

4 mars, 2018

« Je dois vous réprimander. »

« Ah bon ! Qu’est-ce que j’ai fait ? »

« Vous préférez peut-être que je vous admoneste ou alors que je vous morigène ? »

« Je n’ai pas vraiment de préférence, mais je ne sais toujours pas ce que j’ai fait de mal. »

« Moi non plus, mais vous avez sûrement fait quelque chose de mal aujourd’hui.  Sinon, ça veut dire que vous êtes le Bon Dieu. »

« Je ne pense pas l’être, ce qui n’empêche pas que je me conduis toujours bien. »

« Non, ce n’est pas possible. Vous avez fait un écart quelque part. Par exemple, vous avez certainement oublié de descendre la poubelle en partant de chez vous, ce matin. Volontairement, évidemment. En espérant que votre épouse le fera. »

« Mince ! Comment vous le savez ? »

« C’est le numéro 1 au palmarès des écarts journaliers. »

« Ensuite, vous avez traversé en dehors des passages protégés, ce qui est formellement interdit par la loi. »

« Oui… c’est pas très grave… et puis il n’y avait pas de flic. »

« Au bureau, vous avez commencé par un stage auprès de la machine à café, dont la durée a largement empiété sur votre temps de travail. »

« Vous en avez de bonnes. Si on veut être au courant des derniers potins, il faut savoir s’informer aux bons endroits. »

« Don je vous houspille. Et encore … je passe sur la manière désinvolte dont vous avez demandé à Juliette de faire vos photocopies en prétextant que vous n’avez pas le temps, alors que vous avez passé un quart d’heure à lire le journal. »

« Tant que ça ? »

« Et hier soir, quand vous avez prétendu que vous étiez trop fatigué pour aider votre femme à la cuisine. »

« Il faut dire que ça me pompe un peu. J’ai besoin de toute mon énergie.  Euh… petite question : est-ce que tout ça vous regarde ? »

« Evidemment ! Si tout le monde fait comme vous, où va-t-on ? Tous ces petites fautes finissent par en faire de très grosses !  Donc, je vous dispute pour que vous vous comportiez un peu mieux ! »

« Je vous remercie de m’aider, mais vous m’énervez un peu. »

« Et voilà ! En plus, vous vous dressez contre les leçons de morale que je me donne la peine de vous administrer. Mais qu’allons-nous pouvoir faire de vous mon pauvre ? »

« Ma maman se posait déjà la question… »