Archive pour décembre, 2017

Et dix de der

11 décembre, 2017

Le disc-jockey

Ne fait pas de discours.

Discret

Et pas discourtois,

Il vit dans sa discothèque

Sans discontinuer.

Avec lui pas de discorde,

Pas de discrimination,

Il passe toujours le même disque.

Pour rire ou sourire

10 décembre, 2017

« Je souris finement ! »

« Vous souriez en me voyant ! Dois-je en conclure que vous vous moquez de moi ? »

« Pas du tout ! Si je me moquais de vous, je ricanerais grossièrement, en relevant le coin des joues, tout en émettant un bruit grinçant. »

« Remarquez, j’ai l’habitude : avec moi tout le monde rigole à gorges déployées. Les gens me trouvent comique. »

« C’est bien qu’ils rigolent ! »

« Ah bon ? Et pourquoi ? »

« Ils pourraient se marrer, ce qui est beaucoup plus vulgaire. Ils pourraient même se marrer comme des bossus, ce qui n’est pas très sympathique pour cette population. »

« Vous avez raison. Mais certains pourraient être plus discrets. Je me contenterais volontiers d’un léger gloussement de joie. »

« Là, nous sommes danse le luxe ! Pourquoi un murmure de contentement pendant que vous y êtes ? »

« Je n’en suis pas là. Dès que j’ouvre la bouche, les gens se bidonnent. »

« Attention, ils se bidonnent ou ils se fendent la poire ? »

« Je ne vois pas la différence. »

« Se bidonner n’est pas très élégant. Se fendre la poire est beaucoup plus convivial : on voit tout de suite le visage de votre interlocuteur s’illuminer d’un immense sourire. »

« Dans tous les cas, le gens me considèrent comme un rigolo. Certains disent même un vrai bouffon ! »

« C’est vrai, mais ‘rigolo’ ou ‘bouffon’ sont des termes assez désobligeants. Il serait préférable de dire que vous êtes un joyeux compagnon. »

« Je ne vous fait pas mourir de rire, vous ? »

« Je préfère rester en bonne santé, si ça ne vous fait rien. Si vous pouviez vous contentez d’être cocasse avec moi, ça m’arrangerait. »

« C’est embêtant. Il faut toujours que je m’adapte à la façon de chacun de rigoler ! Par exemple, avec Dugenou, il faut que je sois poilant. Il faut dire qu’il n’est pas aussi cultivé que vous. Avec Martin, je dois être simplement amusant… »

« Ah bon ? Il est comment lui ? »

« Lui, il se prétend tordant ! Il ne supporte pas qu’on le soit plus que lui. Remarquez… je m’en fous. Lorsqu’il est là, je ne passe pas pour un plaisantin. »

« Ce n’est pas donné à tout le monde d’amuser les autres. C’est une noble tâche. Vous êtes drôle ! »

Rien que des filles

9 décembre, 2017

Manon conduit son ânon

Chez Eugénie, celle qui a du génie

Et Ambre qui garde la chambre.

Odette, celle qui a des dettes

Et Agathe qui la gâte

Arrivent avec Hélène, hors d’haleine.

Margot qui parle l’argot

Est venu avec Madeleine et son bas de laine,

Pour voir la mine de Jasmine

Et l’aura de Laura.

C’est du vent !

8 décembre, 2017

Le dieu Eole

Habite à La Réole

C’est un idéologue

Et un géologue

Qui parle le créole.

Il a gagné son auréole

Et la rubéole

En geôle.

Les extra-terrestres débarquent

7 décembre, 2017

« Et si demain des extra-terrestres atterrissent dans votre jardin, vous faites quoi ? »

« J’essaie d’entrer en contact pacifiquement. »

« Ils vous mettent en joue avec leurs rayons lasers ! Vous êtes toujours pacifique ? »

« Je reviens à nos anciennes pratiques : j’offre des cadeaux. De l’argent, des victuailles, mes yaourts bio, mon béret basque, les dessins de mon gamin, ma femme…. Enfin quelque chose qui me permette d’établir un lien. »

« Vous feriez mieux de vous enfermer chez vous, parce que vos présents, ils n’en ont rien à faire. Ils ne se sont pas donné la peine de venir de si loin pour manger des yaourts à la fraise ou coiffer votre vieux béret ! »

« C’est une erreur ! Il faut installer de la confiance entre nous, sinon ils vont s’énerver tout de suite. Soyons astucieux : parlons avec eux, évaluons leur armement, et puis après on décide. »

« A mon avis, comme ce sont eux qui sont venus chez nous, c’est que leurs technologies sont bien plus avancées que les nôtres. A partir de là, il est probable qu’ils disposent d’armes d’une puissance dont nous n’avons même pas idée. »

« Raison de plus pour entamer un dialogue immédiat. »

« Vous pourriez tout de même leur faire remarquer qu’en posant leur soucoupe dans votre jardin, ils ont bafoué les lois sur la propriété et le survol du territoire. »

« Ce serait maladroit de commencer comme ça, surtout qu’ils ne connaissent pas nos lois. Je débuterai plutôt l’entretien par leur demander d’où ils viennent, si le voyage s’est bien passé, s’ils n’ont pas trop chaud ou trop froid… ça s’appelle la courtoisie et le bon accueil. »

« Et s’ils vous réduisent en esclavage ? »

« Pourquoi pas ? Toutes les civilisations sont passées par là. Ces gens ont sans doute quelque chose à nous apporter. Il faut les écouter et éventuellement leur donner les manettes du pouvoir. Et vous qui êtes si malin, vous faites quoi ? »

« Moi, je fonce dans le tas. Si j’y laisse ma peau, je serais au moins mort libre. »

« Et voilà ! Je suppose que vous vous croyez courageux ! Pour moi le courage, ce sera de chercher comment on peut s’arranger avec ces nouveaux venus sans pour autant les zigouiller. L’étranger n’est pas forcément un ennemi ! »

« Qu’est ce que vous voulez que je vous dise ! Moi, je ne suis pas disposé à me faire des copains parmi des petits êtres métalliques capables de me ratatiner avec leur canon à laser au premier coup d’œil. »

« Ce ne sont pas forcément des petits êtres métalliques. Ce seront peut-être des hommes comme vous et moi ! »

« C’est encore pire. Entre hommes, ça s’est toujours mal passé. Chacun défend son territoire un couteau entre les dents. Au propre comme au figuré. Voyez un peu ce qu’il se passe au bureau ! »

C’est très long !

6 décembre, 2017

Odilon

Ce wallon

A gagné ses galons

En jouant au ballon

Dans son salon.

Il a le melon.

Il a trouvé le filon

Ce félon,

Qui joue du violon.

Encore un extrémiste !

5 décembre, 2017

« Dans le temps, quand on voulait s’enrichir indûment, on envahissait une ville, on pillait toutes les maisons et on s’appropriait le butin trouvé. »

« Aujourd’hui, il est interdit de s’emparer du bien d’autrui par la violence ou pas. Cela s’appelle du vol. C’est puni par la loi. »

« Il reste quand même des moyens de s’emparer du bien d’autrui sans en foutre une rame. Par exemple, en jouant au Loto. Si vous gagnez, vous vous gobergez avec l’argent des autres. Au passage, l’Etat en pique un peu. Finalement, l’Etat et les gagnants forment une espèce de gang légal. »

« Vous avez raison. Anciennement, les ennemis qui vous dévalisaient profitaient de la faiblesse physique de votre défense. Aujourd’hui, l’ennemi profite de la faiblesse intellectuelle de ceux qui croient qu’ils vont faire partie des gagnants et devenir eux-mêmes des profiteurs. »

« On est bien obligés de constater qu’il n’existe plus beaucoup de moyens pour s’approprier le bien des autres. Tout est fait pour nous pousser à travailler contre salaire de manière à acheter des trucs que les autres vont produire pour vous, moyennant salaire aussi.»

« Eh oui, c’est le grand cycle économique dans lequel chacun de nous n’est qu’un petit engrenage prié d’accomplir sa fonction de petit engrenage, de façon à ce que la machine fonctionne correctement. »

« Vous trouvez que j’ai une tête de petit engrenage. »

« Vous ne seriez pas un vieux révolutionnaire, vous ?  C’est complètement dépassé. Vous devez travailler, c’est comme ça que vous allez vous réaliser et vivre heureux. »

« Ah bon ? Je ne peux pas vivre heureux en cultivant mon jardin, en peignant et en glandant quand j’en ai envie ? »

« Non, c’est interdit. Vous extraire du circuit économique n’est pas permis. Vous devez contribuer à la production nationale, sinon c’est du vol. »

« Si je comprends bien, je suis astreint à bosser comme les serfs étaient censés travailler sur les chemins du seigneur au Moyen-Age, sauf qu’aujourd’hui, on ne sait pas trop qui est le seigneur. »

« La différence, c’est que vous recevez un salaire qui vous permet de vivre décemment, alors que le pauvre serf… »

« Je vois. En fait, le Seigneur, c’est vous, c’est moi. Tout ça, ça marche parce qu’on a des besoins de trucs à faire produire par les autres, qui ont les mêmes besoins. On a réussi à conserver le système féodal, en escamotant la personne physique du Seigneur. La géniale invention, c’est de se faire exploiter par nous-même. »

« J’en étais sûr, vous n’êtes qu’un extrémiste qui met en cause notre modèle de consommation qui nous permet de nous enrichir collectivement. J’appelle les forces de l’ordre tout de suite ! »

Ma soeur sort

4 décembre, 2017

Ce sorcier

Qui sort

De la Sorbonne

A un jeté un sort

Sordide

A ma sœur

Qui raconte des sornettes

Et n’est pas sortable.

Causons !

3 décembre, 2017

« Charles, vous marmonnez ! »

« Comment ça, je marmonne ? »

« Vous murmurez des mots dans la barbe que vous ne portez pas et on n’entend rien, si ce n’est qu’un léger ronronnement furtif. »

« Eh bien, vous, Georges, vous vous bredouillez ! C’est pire que murmurer, vous prononcez des mots tellement vite qu’ils s’entrechoquent, ils se montent les uns sur les autres et au final, on entend des sons, mais on ne comprend pas. »

« Ne vous en faites pas, c’est toujours mieux que Désiré qui, lui, balbutie. Vous vous avez l’air sûr de ce que vous dites, tandis que Désiré articule des syllabes qu’on comprend, mais le problème, c’est qu’il hésite, bute, se reprends sur chacune d’entre elles. Au final, il faut que son interlocuteur reconstruise son discours pour le comprendre ! C’est usant ! »

« Et vous avez déjà discuté avec Alphonse ? »

« Qu’est-ce qu’il a Alphonse, il balbutie aussi ? »

« Non, il bafouille ! C’est une espèce de mélange entre bredouiller et balbutier ! Alors, je ne vous dit pas le résultat ! Alphonse articule certes, mais très mal et en plus il n’enchaîne pas les syllabes, il hésite comme Désiré qui balbutie. »

« On pourrait le comparer avec Louison qui annone. »

« Bon, enfin on peut toujours parler avec Jeanne ! »

« Non pas du tout ! Elle, elle bégaye. Elle répète des syllabes et des mots ! Il ne faut pas se moquer, c’est une pathologie ! »

« Remarque, ce sont des gens avec qui on peut discuter. Ce n’est pas comme avec Boris qui pérore. Il est tellement long qu’on ne peut jamais en placer une ! »

« Avec Victor, par contre, on peut parler, les discussions sont interminables et sont en général sans intérêt. Ce sont des vrais palabres ! »

« La meilleur pour vous baratiner, c’est Louise. Elle parle beaucoup et j’ai toujours du mal à retenir quelque chose de son discours. »

« J’aime encore mieux Pauline. Avec elle, on peut parler de n’importe quoi. On sait dès le départ qu’on va dire des vétilles. Bref, c’est reposant : on papote. »

« C’est marrant quand deux personnes du peuple causent entre elle, elles bavardent. Quand ce sont des présidents, ils tiennent un entretien. Et quand c’est le pape, il accorde une audience. »

« Remarque je ne connais personne qui a papoté avec le pape. »

« Tu connais Mauricette ? Elle ne papote pas. Elle dit quand même n’importe quoi, mais elle n’a pas besoin de réplique : elle jacasse. »

« Et nous, là, on fait quoi ? »

Les belles

2 décembre, 2017

La belle

Et rebelle

Isabelle

Ecrit un libelle

Cruel

Contre Annabelle

Qui fait sa vaisselle

Et rentre son échelle

Avant le gel.

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