Archive pour août, 2017

Sans !

11 août, 2017

C’était un sans-culotte,

Sang-mêlé,

Sans-grade,

Sans-papier,

Mais sans-souci,

Avec du sang-froid

Et du sent-bon.

Fin comme un pur-sang.

Un commerçant avisé

10 août, 2017

« Je fabrique et je vends des banderoles pour manifs. »

« C’est intéressant, ça marche bien ? »

« Pas en ce moment. Tout le monde est d’accord avec le Président, alors il n’y a pas tellement de manifs. »

« Quelle sont les modèles favoris ? »

« J’ai celui-ci qui est bien : A bas les riches ! »

« Il est vrai que ça peut servir à beaucoup de choses. Je suppose que vous n’avez pas : A bas les pauvres !. »

« Non, mais j’ai : les chômeurs au boulot, ou bien : les SDF dehors. Mais les manifestants n’ont pas toujours le sens de l’humour. »

« Et celle-ci, je suppose que ça marche toujours : Trop d’impôts. »

« Oui, j’arrive à la glisser dans toutes manifs. »

« Je suppose que vous marchez par location. Les vendre doit coûter beaucoup trop cher. »

« C’est vrai, surtout celles qui résistent à la pluie qui demandent un revêtement spécial. »

« On vous les rapporte toujours ces banderoles louées ? »

« Non, c’est pourquoi je demande une caution. Il y en a qui me les ramènent complètement déchirées parce qu’ils s’en sont servi pour taper sur les CRS. »

« Et celle-là : A bas… »

« C’est un de nos meilleurs articles, les clients peuvent le compléter grâce aux lettres spéciales que je mets à leur disposition. »

« Vous êtes très prévoyant. »

« Très. Dès qu’il y a une manif, je prévoie la contre-manif. Par exemple, je vends la banderole : Vive le Président, et le lendemain je vends : Dehors le président ! »

« Vous manifestez vous-même ?

« Je teste le matériel. Par exemple, pour les défilés de retraités, il ne faut pas de banderoles trop lourdes à porter. Pour les enseignants, il faut des textes spirituels. » 

« Vous n’avez pas trop de concurrents ?»

« Non, sauf ceux qui écrivent leur message sur leurs propres corps. Je suis obligé de répliquer en envoyant des mannequins que je tatoue de revendications adaptées. »

« Et en été, il n’y a pas beaucoup de manifs ? Qu’est-ce que vous faites ? »

« C’est vrai l’activité est en berne. J’en profite pour démarcher tous ceux qui sont mécontents  du gouvernements : les agriculteurs, les étudiants,  les chauffeurs, etc… A la rentrée, ils sont bien contents de trouver nos banderoles déjà prêtes ! »

Sale gosse !

9 août, 2017

Gérard

C’est un moutard,

Vantard,

Et fêtard.

Ce bâtard

Est un routard,

Ringard.

Je l’attends dans le Gard

Sans retard.

Le changement, c’est maintenant !

8 août, 2017

« Il faut du changement. On ne peut plus continuer comme ça. »

« Ah bon ? »

« Oui. A bas le statu quo. »

« Remarquez, moi ça fait cinquante ans que je change. »

« On s’en fout. Si vous changez sans le dire ça ne compte pas. Avec la mondialisation et tout ça, il faut savoir s’adapter et le faire savoir. »

« Vous voulez dire que tous ceux qui ne clament pas leur amour pour le changement, ne changent pas »

« Arrêtez de faire le malin. Je vous dis qu’il faut changer. »

« Bon, je vais essayer. Oh hisse ! Là, ça va ? »

« Pas du tout. Il faut de la mobilité ! Bougez ! Quand on est immobile, on n’avance pas. Progressons dans le progrès ! »

« Je suis convaincu ! »

« Il faut tout dépoussiérer et passer à autre chose. En voilà assez ! »

« Remarquez, ce n’était pas si mal que ça avant. On en a survécu. »

« Je vois ce que c’est ! Des résistances au changement, c’est classique, mais le monde change, mon cher, il faut se bouger pour ne pas rester ankylosé. »

« Je sais… je sais… il y a ceux qui changent et les loosers… »

« Parfaitement ! Il faut choisir son camp ! C’est le moment !  Il faut tout revoir du sol au plafond. Une transformation profonde est nécessaire grâce aux nouvelles technologies. »

« On pourrait quand même sauvegarder ce qui a bien marché. On ne sait jamais, ça peut encore servir. »

« Vous n’êtes pas très moderne. Plus de demi-mesures. D’ailleurs, les gens ne supportent plus le bricolage. »

« Vous allez me dire qu’il faut aller de l’avant. En même temps, on ne peut pas aller en arrière. On n’a pas encore inventé la machine à remonter le temps. »

« Rénovons-nous et réveillons-nous avec enthousiasme. Pensons un peu aux nouvelles générations. Il faut leur donner du sens et de l’espoir. »

« Vous ne m’avez pas encore traité de conservateur ? »

« C’est tant pis pour vous. Vous êtes complètement ‘has been’. Vous refusez de vous confronter aux défis du temps modernes. Vous regardez dans le rétroviseur. »

« C’est bon là ? Vous avez passé en revue tous les poncifs sur les vertus du changement ? On peut peut-être discuter maintenant. »

Oh ! Oh ! Oh !

7 août, 2017

Plein le dos

De ce faux

Beau,

Sot 

Et haut

Comme un seau.

En un mot,

C’est un veau.

Réunion de travail

6 août, 2017

« Excusez-moi de mon retard, il ne fallait pas hésiter à commencer la réunion sans moi. Nous aurions gagné du temps. »

« Si justement, j’hésitais un peu dans la mesure où nous avions un rendez-vous en tête-à-tête, je ne me voyais pas commencer la réunion seul. »

« Ah bon ? Vous ne faites pas comme les autres ? »

« Comment font-ils les autres ? »

« Toutes les réunions sont une juxtaposition de monologues. Donc, vous pouviez très bien placé le vôtre sans m’attendre. En plus, vous étiez tranquille, ce n’est pas moi qui vous aurait contrarié. Ah ! Excusez-moi, un appel … C’est ma secrétaire…. Comment ? Oui, Julia… Eh bien, vous vous démerdez, je ne peux pas être partout… Excusez-moi, vous savez ce que c’est, avec le petit personnel, il faut s’occuper de tout ! »

« Euh… on peut aussi tenir des réunions qui sont des échanges de point de vue. C’est assez constructif. J’écoute vos arguments et vous écoutez les miens. Après, on regarde si on peut faire une synthèse. Tout ça, dans le calme, sans téléphoner. »

« Ah bon, ce que j’ai à dire vous intéresse ? C’est assez original. Vous n’allez même pas téléphoner à votre mère ou à votre dentiste pendant que je parle. C’est pourtant habituel. Que ferait-on sans téléphone ? »

« Non, moi je coupe mon téléphone et je vous prête attention. C’est respectueux. Dans le temps, les anciens savaient converser. »

« Au XVIIème siècle peut-être… »

« Et en plus je regarde les gens qui me parlent ! »

« Alors là, je n’en reviens pas. Moi, en réunion, je téléphone, je prends mes rendez-vous, je fais mon courrier. Bref, je n’ai pas le temps de regarder mon interlocuteur… Il faut dire que je suis quelqu’un de très occupé. A propos, ça ne vous dérange pas que je termine mon rapport pendant qu’on parle ? »

« Si un peu… Vous vous intéressez à vos réunions aussi ? »

« Une fois que j’ai placé mon monologue, ce n’est pas la peine. Il ne faut pas que je prenne le risque qu’un autre monologue me fasse changer d’avis. Oh ! Excusez-moi, il faut que je réponde à ce texto. »

« Bon… Désolé, moi, je ne réponds à rien. »

« Très bien, où en étions-nous de notre réunion… Ah…zut… Excusez-moi, c’est mon patron ! Vous savez ce que c’est, il faut que je réponde !  Comment ça ?…. Vous partez avant la fin de la réunion ? Comment voulez-vous qu’on travaille dans ces conditions ? … Bon, très bien, vous me laissez tout seul… Je vais pouvoir vous exposer mon point de vue sans être interrompu. Je suis content de cette réunion qui va me permettre de vous dire ce que je pense de votre projet, mon vieux… je ne suis pas du tout d’accord… »

Ce n’est pas du morse

5 août, 2017

Le corse

S’efforce

De bomber le torse

Avec force,

Malgré son entorse.

Il s’est construit une écorce.

Il amorce

Son divorce.

Sec et humide

4 août, 2017

C’est un pète-sec

Qui a fait cul-sec

A Noisy-le-Sec

En cinq-sec.

Il a un tempérament en acier trempé.

Il sait mouiller la chemise,

Sans se mouiller.

Ce sont les autres qui prennent une douche froide.

Le fort et le faible

3 août, 2017

« J’ai l’air fragile, c’est parce que je le suis. »

« Pour affronter les aléas de la vie, il faut être fort. Comme moi. Voilà quarante ans que je suis considéré comme quelqu’un de fort. »

« Félicitations. Moi, je fais partie des fragiles. Un rien me déstabilise, alors faites un peu attention à ce que vous me dites au lieu de faire le malin. »

« Il y a longtemps que vous êtes comme ça ? »

« Déjà à l’école primaire, je faisais partie des faiblards qui n’arrivaient pas à monter à la corde. C’était un signal pour les autres : on pouvait m’attaquer à la récréation sans trop de risques. »

« Si on ne peut rien vous dire, vous êtes invivable. »

« C’est pourtant simple : il suffit de ne pas mettre l’accent sur mes nombreuses faiblesses pour ne pas m’énerver. »

« Et vous, vous pouvez dire n’importe quoi aux autres ? Notamment aux plus forts que vous ? »

« Evidemment, je dois pouvoir vous dire que vous êtes un homme envieux, prétentieux, infatué et vous devez l’accepter puisque vous, vous n’êtes pas fragile. »

« C’est assez injuste. »

« Peut-être, mais moralement, il vous est interdit de vous attaquer à plus faible que vous, tandis que le contraire n’est pas exclu. Que la plus faible attaque le plus fort, non seulement c’est permis, mais c’est considéré comme plutôt sympathique. »

« Bon, alors, je vais me mettre dans les rangs des faibles. »

« Ce n’est pas donné à tout le monde d’être fragile. Il faut avoir peur de tout. Avec votre air tranquille et supérieur, ça ne va pas du tout. »

« Si vous croyez que c’est marrant d’être classé dans les forts. Il faut toujours faire semblant de ne pas s’affoler quoiqu’il vous arrive. C’est assez stressant. »

« J’ai une idée : essayez de vous caser dans la famille des gens raisonnables. »

« Qu’est-ce à dire ? »

« Les gens raisonnables, ce sont ceux qui sont assez adultes pour affronter les épreuves de la vie, tout en gardant une certaine capacité à s’émotionner devant des situations hors du commun. »

« C’est encore plus compliqué que d’être dans la catégorie des gens forts. »

« Oui, mais enfin, c’est ce qu’on appelle être humain. Il faudrait que vous ayez un petit côté vulnérable pour rassurer les vôtres. »

« Qu’est-ce que vous ne racontez ? Vous êtes un être faible, vous ne pouvez donc pas donner un conseil à un fort comme moi.  C’est le monde à l’envers. »

Or donc…

2 août, 2017

A Orange

Oriane

Est dans l’ornière.

Par orgueil,

Elle a mis l’orteil

Dans une orgie

Organisée

A Orly,

Par une ordure

Originale

Couverte d’or.

 

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