Archive pour le 24 août, 2017

Le malheur des uns…

24 août, 2017

« Qui c’est qui pourrait me consoler ? »

« Qu’est-ce qui vous arrive ? »

« Mon copain m’a largué, j’ai échoué à mon examen, je suis au chômage, je n’arrive pas à perdre du poids. Bref, il faudrait me consoler. »

« Ma pauvre, il faudrait vous reprendre en mains. Ne vous laisse pas aller. »

« C’est dur. Tout me tombe sur la tête. »

« En gros, ça s’appelle la vie. Il faut affronter l’adversité, c’est le seul moyen de se donner une chance de retrouver une éclaircie. »

« Ce que vous me dites, c’est qu’il faut accepter ce qui m’arrive comme la pluie ou le soleil. Je trouve que vous ne consolez pas bien. »

« Bon, alors, faites un bilan sur vous-même : où sont vos points forts, vos points faibles. Après il sera plus facile de travailler sur les points faibles. »

« Pour les points faibles, je vois bien. Pour les points forts, j’ai des interrogations. Mais votre comptabilité ne me console toujours pas. »

« Je ne vais pas vous dire : ah ! Ma pauvre, je compatis à vos malheurs ! Vous avez bien raison, tout le monde vous en veut ! … Ce ne serait pas une façon de vous aider ! »

« Vous ne pourriez même pas pleurnicher un peu avec moi sur mon sort ?»

« Non, ce serait des larmes de crocodile. Je vous dis de travailler sur vous-même pour mieux vous intégrer socialement. »

« Et voilà, j’en étais sûre ! Il faut adopter les bons codes. Pleurer sur soi-même n’est pas permis dans cette société. Et visiblement, pleurer sur le sort de quelqu’un qui pleure sur son sort, c’est interdit aussi. »

« Bon, moi je veux bien pleurer, mais ce n’est pas ce qui vous fait avancer. »

« Je préférerais faire un peu de surplace si ça ne vous dérange pas. Je suis habituée à mes malheurs. »

« Bon, alors essayons autre chose. Mes gamins ne fichent rien à l’école, mon patron me harcèle, mon mari s’en fout, mes parents m’exaspèrent… »

« Ah ben, voilà qui est plus intéressant ! Vous en avez aussi, ma pauvre des malheurs ! Je vous plains beaucoup ! Je sens que je vais verser une larme ! »

« Si je comprends bien, un malheureux est moins malheureux quand il s’aperçoit que tout le monde est malheureux. »

« Vous êtes marrante, on se sent moins seule ! Être malheureux avec des malheureux, c’est plus consolant que s’entendre dire qu’il faut se prendre en mains pour être moins malheureux. »

« Finalement vous avez raison, mes malheurs me semblent d’un coup plus légers. »