Archive pour le 20 août, 2017

Le jour du mariage

20 août, 2017

« J’aime bien les mariages. »

« Ah bon ! Vous êtes marié ? »

« Non, pas du tout ! Mais ça n’empêche pas ! Je parle du jour de la cérémonie évidemment, ce qui se passe après c’est une autre histoire. »

« Alors ! Qu’est-ce que vous aimez dans le mariage ? La robe blanche de la mariée ? Sa mine rose et ravissante ? »

« Oui, mais pas seulement.  Ce qu’il y a sympa dans les mariages, c’est que tout le monde a l’air content. Ce n’est pas si fréquent que ça : un moment où chaque invité est souriant ! La situation diamétralement opposée, c’est ce qui se passe dans l’ascenseur du bureau, le lundi matin, quand tout le monde fait la gueule. »

« C’est vrai que voir que des gens heureux, ça peut rendre heureux et sympathique. »

« Vous vous rendez compte, il y a pourtant plein de gens qui n’ont pas spécialement de raisons d’être heureux. Le père de la mariée qui a payé la note. Le témoin, mort de frousse à l’idée d’avoir peut-être perdu la bague, l’invité moyen qui s’est engueulé avec sa femme dans la voiture, celui qui se dit qu’il y avait tout de même plus de monde à son propre mariage… »

« Et puis les mariés qui s’embarquent dans une aventure, en se débrouillant pour ne pas écouter la petite voix qui leur demande s’ils sont bien sûrs de ce qu’ils font. »

« Aucune importance. Même si on est inquiet, on fait semblant de ne pas l’être et on s’amuse comme des fous. »

« Euh…. On s’amuse, si on veut. C’est là qu’il y en a qui s’enivrent parce qu’ils n’ont rien d’autre à faire dans la vie. C’est là aussi que les célibataires qui se fichent des mariés sont venus dans la seule intention de draguer les demoiselles d’honneur. C’est là que je prends mal au cœur à force d’enfourner des pâtisseries. C’est là que les serveurs circulent en prenant l’air compatissant de ceux qui savent comment un mariage « normal » se termine… A commencer par le leur. »

« Vous voyez tout en noir. Amusez-vous que diable ! »

« J’ai sacrifié un week-end, j’ai été obligé de m’acheter un habit de cérémonie que je ne remettrai pas de sitôt, j’ai fait la bise à plein de gens que je ne connais pas ou que j’aime pas. J’ai été à la messe pour solliciter une divinité qui ne pense pas souvent à moi. A part ça, tout va bien. »

« Il faut respecter les rites sociaux. Il y a des moments où il faut se réunir pour célébrer quelque chose dans la joie et la bonne humeur, ça fait du bien à tout le monde. Si vous faites la gueule, personne ne vous invitera plus. »

« J’espère bien, mais ce n’est même pas sûr. Il y a des pervers qui continuent à me convier pour augmenter leur nombre d’invités ou pour me coller en face d’une cousine dont ils ne savent pas quoi faire. Merci bien ! »

« Je vais vous faire plaisir : je ne vous inviterai pas au mien ! »