Archive pour mai, 2017

Un modéré

21 mai, 2017

« Je suis d’accord avec vous. »

« Mais je n’ai encore rien dit ! »

« Aucune importance, je suis d’accord avec tout le monde. J’aime toutes les idées d’où qu’elles viennent. Si quelqu’un a une idée, ça revient à dire qu’il s’est fatigué pour la construire, c’est respectable. »

« Ce qui revient à dire que vous n’avez pas d’idées personnelles et que vous vous en fichez complètement. »

« Non, au contraire. Je suis d’avis que toutes les idées se valent. Je ne vois pas pourquoi mes idées seraient meilleures que les vôtres, ou vice-versa. »

« Vous pourriez essayer de me convaincre de vos opinions. »

« C’est risqué. Imaginez un peu que mes idées soient mauvaises, je vous mettrais dans l’embarras et vous m’en voudriez beaucoup. »

« Mais vous avez peut-être des arguments auxquels je n’ai pas pensé. »

« Peut-être, mais si vous n’y avez pas pensé, c’est que vous ne les trouvez pas bons. »

« Vous préférez donc ne pas discuter. »

« Non, j’ai dit que j’étais d’accord avec vous. C’est-à-dire que je considère que votre avis a le droit d’exister qu’il soit bon ou mauvais. Je ne méprise personne. »

« Donc, dans votre système, si je me trompe, personne ne me le dira. »

« Imaginons que je vous dise que votre avis est erroné.  De deux choses l’une, ou bien vous admettez vous être trompé et il n’y a plus de débat. Ou bien, vous vous énervez et il n’y a plus de débat non plus, puisque je serai obligé de m’énerver aussi. »

« Avec ce genre de raisonnement, il n’y a plus de discussion possible ! Ou alors sur la pluie ou le beau temps. »

« Si vous me dites qu’il fait beau, alors qu’il pleut, je continuerais à vous dire que vous avez raison et que je suis d’accord avec vous. A partir de là, nous pouvons disserter sur les motifs qui vous donnent raison. A priori, on a le droit d’aimer davantage la pluie que le soleil. »

« Résumons-nous : je peux dire n’importe quoi et vous serez d’accord ? »

« Oui, comme ça, vous me regarderez d’un œil favorable et non comme un adversaire, ce qui permet d’avoir un dialogue serein. Au cours de la discussion, vous pourrez alors évoluer en douceur sans perdre la face. »

« Nous y voilà. Avec vous, il ne faut pas que ça fasse de vagues ! Vous ne seriez pas un peu centriste par hasard ? »

« C’est quand même mieux que de vous cassez la figure sous le prétexte que vos idées ne me conviennent pas du tout ! »

C’est l’écho !

20 mai, 2017

L’écossais

Ecolo

Et économe

Ne paie ni l’écotaxe

Ni son écot.

Il est éconduit

De l’école.

Bref, il écope.

Georges bosse dans son garage

19 mai, 2017

Georges a la rage.

Il n’est pas dans le cirage.

Avant l’orage,

Il met du cœur à l’ouvrage

Dans son garage,

Pour éviter les commérages

Et les outrages

De son entourage.

Soirée électorale

18 mai, 2017

« Il faut être prudent en interprétant les premiers résultats, mais les premiers indices montrent bien que la force politique que je représente l’emporte nettement. On peut parler d’une vague populaire. »

« Je vous fais tout de même remarquer que c’est nous qui venons en tête dans de nombreuses circonscriptions, cher ami. Nous restons le premier mouvement de France. »

« Evidemment. Vous ajoutez à votre propre score celui de vagues alliés dont vous n’êtes même pas sûr. Comparons ce qui est comparable. Allons, allons. »

« Justement, notre score – par rapport aux dernières élections –  explose ! »

« Soyons sérieux, les circonstances politiques étaient complètement différentes. Vous feriez mieux de regarder les résultats dans la tranche des 18-25 ans. Nous triomphons nettement. L’avenir, c’est nous. »

« Vous voulez rire ! Il faut regarder les choses sur le long terme. Si on prend les élections de 2002 comme référence, vous vous effondrez cher ami, il n’y a pas d’autres termes. J’en suis désolé pour vous. »

« C’est bien un raisonnement de votre parti, ça ! Je vous signale qu’en nombre de voix, nous n’avons jamais été aussi bons. Notre parti attire tous ceux que vous avez déçus. Quelle arrogance dans vos manière d’interpréter les résultats ! »

« Vous vous rendez compte de ce que vous dites ? Le peuple s’est exprimé en notre faveur et vous vous déclarez vainqueur ! »

« Evidemment, compte tenu des obstacles que le système a opposé à notre campagne, le score que nous obtenons montre bien que les électeurs ne sont pas dupes de vos manigances et soutiennent activement notre programme. »

« Le niveau de l’abstention dans votre circonscription est certes regrettable, mais il témoigne du fait que votre offre politique ne répond pas à l’attente des citoyens. »

« Ah ! Ah ! Je me gausse. Si on ajoute les abstentionnistes à notre nombre de voix, vous êtes minoritaires, cher ami. Il va falloir vous y faire, minoritaires ! »

« Nous l’emportons même en zone rurale. La France profonde a entendu notre message. Les français nous ont fait confiance ! »

« Ah oui ? Dans vos fiefs électoraux, vous ne progressez pas ! Nous, nous conquérons de nouveaux territoires tout en confortant nos scores dans nos circonscriptions traditionnelles. La nouvelle géographie électorale montre que nos idées se répandent, tandis que les vôtres stagnent péniblement. »

« C’est la meilleure ! Vous êtes en train de démontrer que vous avez gagné tout en étant minoritaire. »

« Evidemment ! Nous l’avons emporté ! J’ai rencontré d’immenses foules lors de ma campagne qui l’ont clairement démontré. De toute façon, minoritaires ou pas on va vous pourrir la vie. »

Le jardin des prénoms

17 mai, 2017

Dame-jeanne

L’a désiré.

Elle crie victoire.

Dans son jardin prospèrent

Des fleurs

Surtout des roses,

Des prunes,

Des fruits sans pépin,

Et des salades romaines.

Eh ! Dites !

C’est parfait.

Cher voisin !

16 mai, 2017

« Vous êtes très riche, cher voisin. »

« Comment le savez-vous ? »

« J’ai été consulté votre déclaration d’impôts, j’ai le droit. »

« C’est terriblement indiscret. »

« Oui, c’est pour ça que c’est intéressant. Et la dame que vous recevez tous les mardis pendant que votre femme est à son club de bridge, qui est-ce ? »

« Mais ça ne vous regarde pas ! »

« Ah ! Ah ! J’en déduis que vous batifolez dans le dos de madame. »

« Qu’est-ce que vous allez chercher ? Cette dame est mon infirmière qui vient me faire ma piqure hebdomadaire ! »

« Vous avez donc des ennuis de santé, cher voisin ! Mon Dieu ! Pourvu que ça ne soit pas trop grave. Si vous avez besoin de quelque chose, vous pouvez compter sur moi. Heureusement que je suis là, pour vous ! »

« En effet ! Bon ! On a fait le tour ? Je vais vous faire reconduire par Victor, mon majordome ! »

« Il est déclaré régulièrement ? Parce que vous savez que l’URSSAF ne rigole pas avec l’emploi clandestin, maintenant ! »

« Oui, ne craignez rien. Victor n’est pas un travailleur au noir. »

« Je vous fais confiance. Par contre, il faudrait qu’il évite de passer la tondeuse à gazon le dimanche. D’une part, ça me dérange et d’autre part, c’est interdit. Nous n’allons tout de même pas nous dénoncer à la mairie entre voisins. »

« Je suis d’accord. Evitons-nous les ennuis inutiles. »

« Et pour votre piscine, on fait comment ? »

« Comment ça, comment ? »

« Oui, vous avez oublié de la déclarer au service compétent du fisc. C’est ennuyeux. A moins que je puisse prendre des bains en juillet et en aout évidemment. »

« Mais vous êtes chez vous, cher voisin. »

« Pour votre barbecue du 14 juillet, je pense que je viendrais en famille. J’ai parlé de vous à mes cousins qui voudraient vous connaitre. »

« Mais comment donc ! Je suis flatté de l’intérêt de vous cousins.»

« Et si nous abattions la haie qui sépare nos propriétés ? Ce serait beaucoup plus sympa. Je pourrais voir ce qui se passe chez vous et intervenir en cas de danger. »

« Euh… non, je ne tiens pas à savoir ce qui se passe chez vous ! »

Histoire lorraine

15 mai, 2017

A Toul

La foule

S’écoule

Comme la houle

Sur les moules,

Comme une poule

Soûle

Qui roule.

 

Un nouveau vent de révolte

14 mai, 2017

« Ah, les chiffres ! Vous avez remarqué : nous sommes dans une civilisation où l’on ne peut pas se passer de chiffres ! »

« Est-on plus heureux pour autant ? » 

« Je n’en sais rien, mais nos aïeux ne connaissaient pas forcément leur âge exact à 5 ans près. Pour autant, ça ne les a pas empêchés de vivre ! »

« Tout ça, c’est d’autant plus curieux que les gens ne manipulent pas bien les chiffres. Pour commencer parler des ‘chiffres du chômage’ est une erreur. Les chiffres sont les signes de 0 à 9, qui constituent les nombres. »

« Les journalistes devraient donc dire : et voici les nombres du chômage ! »

« En fait la question qui revient le plus souvent dans nos conversations civilisées c’est : combien ? Combien de chômeurs ? Combien je vous dois ? Combien d’enfants avez-vous ? Combien de fois allez-vous au dentiste ? Combien de femmes avez-vous eues ? Combien d’impôts payez-vous ? »

« C’est vrai ! Bientôt, il faudra résumer sa vie dans un tableau de statistiques. C’est un peu stressant. Je ne me résume pas à quelques nombres ! »

« Et avec la prolifération des sondages, c’est pire. Non seulement, votre personnalité va disparaitre derrière un tableau de statistiques, mais ce que vous pensez va être quantifié grâce à la réponse de vos concitoyens qui ne connaissent rien de vous. »

« Il faudrait se révolter avant qu’il ne soit trop tard ! »

« Oui, par exemple, je propose que le montant de mes impôts ne soit plus quantifié. Rien que de voir leur montant, ça me démolit le moral.  Nous devrions donner au fisc ce que nous aurions envie de donner ! »

« Ce serait plus sympa ! Moi, je voudrais une balance personnelle qui ne donne plus mon poids. Elle donnerait quelques indications comme : pas mal, légèrement enveloppé, franchement exagéré, rouleau compresseur… Ce serait plus marrant. »

« Une république sans chiffre ! Voilà ce qu’il nous faut ! Les citoyens ne pourraient plus se comparer entre eux. Nous éliminerions beaucoup de souffrances. Les plus petits ou les plus mauvais ne sauraient pas qu’ils sont les plus petits ou les plus mauvais. »

« Et puis les plus gros ou les plus forts arrêteraient de la ramener puisqu’ils ne sauraient pas au courant de leur suprématie. »

« On supprimerait les cours de maths à l’école, ça supprimerait une multitude de nullards sur les bancs scolaires. »

« Et puis, on supprimerait le nombre de jours de congés. On partirait en vacances pour une durée d’autant plus indéterminée que personne ne saurait la mesurer ! »

« Et pour les salaires ? »

« Il n’y a plus de salaire, plus de coût. Tout serait gratuit. Le seul chiffre appris à l’école serait le zéro. »

Hou ! Hou !

13 mai, 2017

Le loup

A de la toux

Et des poux.

Il est à bout.

Son cou

Roux

Est doux.

C’est fou !

Poissons de mai

12 mai, 2017

Sans l’ombre d’un doute,

Le mulet

A mené Colin

Au bar.

Julienne,

Très vive,

Lui tend la perche, 

D’un ton ferme :

Sors de ce lieu !

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