Archive pour le 29 mai, 2017

Georges ne comprend rien

29 mai, 2017

« Tu m’aimes ? »

« Ou, bien sûr ! »

« Et comment tu m’aimes ? »

« Euh … enfin, je t’aime…. Comme on aime ! Quelle question ! »

« Et mes petits pieds, tu les aimes ? »

« Mais évidemment que j’aime tes pieds ! »

« Et mes orteils ? On ne dirait pas que ce sont des pétales de roses ? Surtout le petit ? »

« Va pour des pétales de roses ! »

« Ma mère avait bien raison. »

« Qu’est-ce qu’elle a encore dit ta mère ? »

« Vous les hommes, vous ne savez pas dire des choses romantiques. On n’a l’impression que ça vous écorche la bouche. Par exemple, tu ne m’as jamais rien dit sur mes yeux. »

« Tes yeux … tes yeux…. »

« … Sont des perles de rosée… Et tu ne m’as jamais fait de poème. »

« Ecoute Gisèle, je bosse 60 heures par semaine, comment veux-tu que je trouve le temps de te faire un poème ! Il faut trouver des mots, compter les syllabes, tout ça… »

« Le mari de Paulette lui en fait. »

« Le mari de Paulette est chômeur. Et puis, je voudrais bien voir ses poèmes, ça doit être quelque chose ! »

« Et le voyage à Venise que tu m’avais promis ? »

« Le voyage à Venise ? Qu’est-ce que c’est encore que ce truc ? L’été dernier, on a passé 15 jours au Grau-du-Roi, ça ne peut pas faire l’affaire ? »

« Il n’y a pas la même ambiance, Georges. »

« Bon ! Allez ! C’est d’accord pour tes doigts de pied et Venise. J’espère qu’il y a du réseau là-bas pour que je puisse bosser un peu ! »

« T’es jaloux, Georges, quand les autres hommes me regardent ? »

« Parce qu’il y a d’autres hommes qui te regardent ? »

« Au bureau, Martinot n’arrête pas d’aller me chercher un café. »

« Il n’a rien à faire ? »

« Il n’est pas mal, Martinot. Plein d’humour, yeux bleus, épaules larges, barbe faussement négligée… »

« Bon, si tu aimes les négligés, je peux essayer de faire un effort. »

« Georges, tu ne comprends rien ! »