Archive pour le 25 mai, 2017

Réunion de direction

25 mai, 2017

« Georgette ! Vous n’êtes pas la femme de ménage, vous êtes mon assistante de direction. »

« Bien, monsieur le directeur de la maison. Alors, je propose une réunion de service. »

« A quel sujet ? »

« Le tiroir à chaussettes. »

« Qu’est-ce qu’il a le tiroir à chaussettes ? »

« Il ne contient pas que des chaussettes. »

« En effet, c’est un problème que vous faites bien de me signaler. Je vais constituer un groupe de travail qui procèdera à une expertise. »

« Je vous rappelle aussi, monsieur le directeur, le rapport que je vous ai remis sur les croquettes du chat. Il se plaint beaucoup, il préfèrerait saumon. »

« Ecoutez, Georgette, je ne peux pas accéder aux caprices de tous les employés, tout de même ! Nous verrons cela au prochain conseil d’administration. Autre chose ? »

« Oui, votre fille Laura vient de déposer les statuts de son syndicat. »

« Un syndicat ? Ils sont combien ? »

« Pour le moment, elle est toute seule, mais elle en a parlé au facteur et à la concierge. Il semble qu’elle arrive à mobiliser. »

« A 10 ans ? Qu’est-ce qu’elle veut ? Elle a tout. »

« Justement, elle pense qu’un parent normal devrait lui imposer des limites, de façon à ce qu’elle puisse exprimer sa rébellion juvénile. »

« Pff… Il va encore falloir ouvrir des négociations. Proposez-lui une rencontre paritaire au Mac Do du quartier sur la base de son cahier de revendications. Et après ? »

« Euh… votre femme vous fait remarquer qu’elle est en congé maladie. »

« Ah bon ? Voilà qui va encore faire grimper mon taux d’absentéisme ! On peut peut-être chercher une intérimaire. »

« C’est un poste très particulier, ça ne se fait pas, monsieur le directeur. Et puis, ça peut coûter très cher…. Euh, ce n’est pas fini, monsieur…. Pour la réunion de demain dans la buanderie, le réparateur s’est désisté… Il dit qu’il ne va pas encore  se déplacer pour une machine pourrie. »

« De mieux en mieux ! Puisqu’il en est ainsi, nous allons dénoncer notre contrat ! Si les sous-traitants commencent à avoir des états d’âme, où allons-nous ? »

« Il y aussi notre découvert bancaire. Le chargé de clientèle vous fait savoir qu’il n’a jamais vu un fonds de roulement aussi négatif que le vôtre. »

« Et voilà. Quand on a besoin des banques pour relancer l’économie nationale, il n’y a plus personne !… Bon, Joséphine, bordez-moi et racontez-moi une histoire. »