Archive pour mai, 2017

Mal m’en a pris

27 mai, 2017

Un mâle

Maltais

Malotru

Vit dans une malle.

Il est malingre

Et sans malice.

C’est malsain

Et très mal.

Des hauts et des bas

26 mai, 2017

Ici-bas

Au Pays-Bas

Dans les bas-fonds

Une pin-up

Fait un hold-up.

Là-haut

Le Très-Haut

Prend de haut

Ce coup bas.

Réunion de direction

25 mai, 2017

« Georgette ! Vous n’êtes pas la femme de ménage, vous êtes mon assistante de direction. »

« Bien, monsieur le directeur de la maison. Alors, je propose une réunion de service. »

« A quel sujet ? »

« Le tiroir à chaussettes. »

« Qu’est-ce qu’il a le tiroir à chaussettes ? »

« Il ne contient pas que des chaussettes. »

« En effet, c’est un problème que vous faites bien de me signaler. Je vais constituer un groupe de travail qui procèdera à une expertise. »

« Je vous rappelle aussi, monsieur le directeur, le rapport que je vous ai remis sur les croquettes du chat. Il se plaint beaucoup, il préfèrerait saumon. »

« Ecoutez, Georgette, je ne peux pas accéder aux caprices de tous les employés, tout de même ! Nous verrons cela au prochain conseil d’administration. Autre chose ? »

« Oui, votre fille Laura vient de déposer les statuts de son syndicat. »

« Un syndicat ? Ils sont combien ? »

« Pour le moment, elle est toute seule, mais elle en a parlé au facteur et à la concierge. Il semble qu’elle arrive à mobiliser. »

« A 10 ans ? Qu’est-ce qu’elle veut ? Elle a tout. »

« Justement, elle pense qu’un parent normal devrait lui imposer des limites, de façon à ce qu’elle puisse exprimer sa rébellion juvénile. »

« Pff… Il va encore falloir ouvrir des négociations. Proposez-lui une rencontre paritaire au Mac Do du quartier sur la base de son cahier de revendications. Et après ? »

« Euh… votre femme vous fait remarquer qu’elle est en congé maladie. »

« Ah bon ? Voilà qui va encore faire grimper mon taux d’absentéisme ! On peut peut-être chercher une intérimaire. »

« C’est un poste très particulier, ça ne se fait pas, monsieur le directeur. Et puis, ça peut coûter très cher…. Euh, ce n’est pas fini, monsieur…. Pour la réunion de demain dans la buanderie, le réparateur s’est désisté… Il dit qu’il ne va pas encore  se déplacer pour une machine pourrie. »

« De mieux en mieux ! Puisqu’il en est ainsi, nous allons dénoncer notre contrat ! Si les sous-traitants commencent à avoir des états d’âme, où allons-nous ? »

« Il y aussi notre découvert bancaire. Le chargé de clientèle vous fait savoir qu’il n’a jamais vu un fonds de roulement aussi négatif que le vôtre. »

« Et voilà. Quand on a besoin des banques pour relancer l’économie nationale, il n’y a plus personne !… Bon, Joséphine, bordez-moi et racontez-moi une histoire. »

Han ! Han !

24 mai, 2017

Au Mans

Sur un banc

Il a un coup de sang

Car il a une dent

Contre Alban

Qui a quitté son camp

En lui mettant un vent.

Et Pan !

Un chargé de lui-même

23 mai, 2017

« Voilà, ça y est, j’ai obtenu un prêt de ma banque pour acheter ma bagnole. 10 000 euros pendant 4 ans à 5%. C’est un peu de l’arnaque, mais cela aurait pu être pire ! »

« Ça n’a pas été trop dur ?»

« Si, il a fallu négocier serré. Le chargé de clientèle voulait toutes sortes de garanties. Il m’a imposé plein de formalités. C’est tous les mêmes ! Ils vous demandent de la paperasse encore de la paperasse. Je me demande à quoi ça leur sert. »

« Mais en même temps, c’est vous le chargé de clientèle de la banque. »

« Si vous croyez que c’est plus facile. D’accord, je connaissais bien le dossier, mais il faut être très dur avec soi-même pour l’être avec les autres. C’est obligatoire. Sinon, c’est la porte ouverte aux excès. Je pourrais me consentir un prêt tous les huit jours ! L’un pour rembourser l’autre ! »

« Si je comprends bien, c’est de l’autonégociation. »

« Oui, j’ai dû batailler ferme pour me faire lâcher des conditions avantageuses. Avec la veine que j’ai, je suis tombé sur le plus dur des chargés de clientèle. Je me suis tellement énervé que j’ai bien cru que j’allais m’envoyer tout le dossier à la figure. Avec la mère Duboulot, ça aurait été plus simple.»

« Et depuis, vous allez mieux avec vous-même ? »

« Pas tellement. Je suis obligé de me harceler tous les jours à cause de mon découvert bancaire. »

« Comment faites-vous ? »

« Je me téléphone, mais comme par hasard je tombe toujours sur mon répondeur. Je vais être obligé de m’envoyer un recommandé ! »

« C’est troublant, en effet. »

« Il faut dire que mon salaire à la banque n’est pas très élevé. Je l’ai dit à mon chargé de clientèle qui m’a répondu qu’il était bien d’accord, mais que ce n’était pas son affaire. Heureusement, je viens de toucher une prime de fin d’année… »

« … que vous allez immédiatement placer en suivant les recommandations de votre chargé de clientèle. »

« Non, je me méfie, il va encore essayer de me refiler un placement sur lequel il perçoit une commission. Je suis bien placé pour le savoir. Ces gens-là pensent à leur profit d’abord au lieu de s’intéresser au client ! »

« Bon, alors finalement, vous me conseillez cette banque, oui ou non ? »

« C’est-à-dire qu’entre 9 heures et 18 heures, ce serait plutôt ‘oui’. Après ou avant, ce serait plutôt ‘non’. Vous comprenez ? »

« J’essaie, mais j’ai du mal. »

Un fantôme

22 mai, 2017

« Je suis rien. »

« Comment ça, rien ? »

« Rien du tout, je vous dis. D’ailleurs, je me demande comment vous pouvez parler avec un rien du tout, ça me déstabilise. »

« Je vous parle comme à un être humain. »

« C’est une erreur. Je ne suis pas un humain, je suis une huitre. Je ne l’ouvre jamais. Je n’ai rien à dire. Je suis un être falot, sans intérêt. Depuis, que vous vous adressez à moi, je suis complètement désarçonné. »

« Mais enfin, vous avez l’allure d’un homme… »

« Je suis complètement transparent. Regardez bien. Vous ne voyez rien à travers moi ? Comment faites-vous pour apercevoir de ma présence ? »

« Euh… j’observe. »

« C’est bien mon problème. Je ne fais pourtant aucun effort pour me mettre en valeur. Je n’ai aucune conversation. Je ne suis pas amusant du tout. »

« Mais pourquoi faites-vous ça ? »

« Je ne tiens pas à être repéré. Je suis tranquille comme ça. Je suis personne. »

« Pourtant vous êtes bien obligé de coexister avec d’autres. »

« Oui. Au travail, je suis dans le même bureau que Dugenou. Je ne suis pas sûr qu’il se soit aperçu de mon existence devant lui. Quand je pars en congés, personne ne s’en aperçoit. Tout le monde a oublié mes attributions. Moi aussi. »

« Je suis sûr que vous parlez de temps à autre. »

« Quand je parle, les autres continuent à parler entre eux. Ils ne comprennent pas ce que je dis. D’ailleurs, moi-même je ne suis pas certain de me comprendre. »

« Vous avez quand même des dossiers administratifs. Au minimum, vous êtes repéré par l’Administration ! »

« Même pas.  A la Sécu, ils ont perdu mon dossier. Aux Impôts, on m’a certifié que je n’existe pas. Je suis dispensé de taxes locales parce que la Mairie n’arrive pas à me prendre en considération. »

« Mais vous avez sûrement des soucis qui vous mettent en contact avec des gens. »

« Non. Comme je ne suis rien, il ne m’arrive jamais rien. Je ne souffre de rien. Sauf un jour où j’ai failli devenir quelque chose. »

« Ah ! Vous voyez ! »

« C’était une femme : Marie. Elle s’est adressé à moi par erreur. Mais il faut dire qu’elle aussi, c’était une rien du tout. »

Un modéré

21 mai, 2017

« Je suis d’accord avec vous. »

« Mais je n’ai encore rien dit ! »

« Aucune importance, je suis d’accord avec tout le monde. J’aime toutes les idées d’où qu’elles viennent. Si quelqu’un a une idée, ça revient à dire qu’il s’est fatigué pour la construire, c’est respectable. »

« Ce qui revient à dire que vous n’avez pas d’idées personnelles et que vous vous en fichez complètement. »

« Non, au contraire. Je suis d’avis que toutes les idées se valent. Je ne vois pas pourquoi mes idées seraient meilleures que les vôtres, ou vice-versa. »

« Vous pourriez essayer de me convaincre de vos opinions. »

« C’est risqué. Imaginez un peu que mes idées soient mauvaises, je vous mettrais dans l’embarras et vous m’en voudriez beaucoup. »

« Mais vous avez peut-être des arguments auxquels je n’ai pas pensé. »

« Peut-être, mais si vous n’y avez pas pensé, c’est que vous ne les trouvez pas bons. »

« Vous préférez donc ne pas discuter. »

« Non, j’ai dit que j’étais d’accord avec vous. C’est-à-dire que je considère que votre avis a le droit d’exister qu’il soit bon ou mauvais. Je ne méprise personne. »

« Donc, dans votre système, si je me trompe, personne ne me le dira. »

« Imaginons que je vous dise que votre avis est erroné.  De deux choses l’une, ou bien vous admettez vous être trompé et il n’y a plus de débat. Ou bien, vous vous énervez et il n’y a plus de débat non plus, puisque je serai obligé de m’énerver aussi. »

« Avec ce genre de raisonnement, il n’y a plus de discussion possible ! Ou alors sur la pluie ou le beau temps. »

« Si vous me dites qu’il fait beau, alors qu’il pleut, je continuerais à vous dire que vous avez raison et que je suis d’accord avec vous. A partir de là, nous pouvons disserter sur les motifs qui vous donnent raison. A priori, on a le droit d’aimer davantage la pluie que le soleil. »

« Résumons-nous : je peux dire n’importe quoi et vous serez d’accord ? »

« Oui, comme ça, vous me regarderez d’un œil favorable et non comme un adversaire, ce qui permet d’avoir un dialogue serein. Au cours de la discussion, vous pourrez alors évoluer en douceur sans perdre la face. »

« Nous y voilà. Avec vous, il ne faut pas que ça fasse de vagues ! Vous ne seriez pas un peu centriste par hasard ? »

« C’est quand même mieux que de vous cassez la figure sous le prétexte que vos idées ne me conviennent pas du tout ! »

C’est l’écho !

20 mai, 2017

L’écossais

Ecolo

Et économe

Ne paie ni l’écotaxe

Ni son écot.

Il est éconduit

De l’école.

Bref, il écope.

Georges bosse dans son garage

19 mai, 2017

Georges a la rage.

Il n’est pas dans le cirage.

Avant l’orage,

Il met du cœur à l’ouvrage

Dans son garage,

Pour éviter les commérages

Et les outrages

De son entourage.

Soirée électorale

18 mai, 2017

« Il faut être prudent en interprétant les premiers résultats, mais les premiers indices montrent bien que la force politique que je représente l’emporte nettement. On peut parler d’une vague populaire. »

« Je vous fais tout de même remarquer que c’est nous qui venons en tête dans de nombreuses circonscriptions, cher ami. Nous restons le premier mouvement de France. »

« Evidemment. Vous ajoutez à votre propre score celui de vagues alliés dont vous n’êtes même pas sûr. Comparons ce qui est comparable. Allons, allons. »

« Justement, notre score – par rapport aux dernières élections –  explose ! »

« Soyons sérieux, les circonstances politiques étaient complètement différentes. Vous feriez mieux de regarder les résultats dans la tranche des 18-25 ans. Nous triomphons nettement. L’avenir, c’est nous. »

« Vous voulez rire ! Il faut regarder les choses sur le long terme. Si on prend les élections de 2002 comme référence, vous vous effondrez cher ami, il n’y a pas d’autres termes. J’en suis désolé pour vous. »

« C’est bien un raisonnement de votre parti, ça ! Je vous signale qu’en nombre de voix, nous n’avons jamais été aussi bons. Notre parti attire tous ceux que vous avez déçus. Quelle arrogance dans vos manière d’interpréter les résultats ! »

« Vous vous rendez compte de ce que vous dites ? Le peuple s’est exprimé en notre faveur et vous vous déclarez vainqueur ! »

« Evidemment, compte tenu des obstacles que le système a opposé à notre campagne, le score que nous obtenons montre bien que les électeurs ne sont pas dupes de vos manigances et soutiennent activement notre programme. »

« Le niveau de l’abstention dans votre circonscription est certes regrettable, mais il témoigne du fait que votre offre politique ne répond pas à l’attente des citoyens. »

« Ah ! Ah ! Je me gausse. Si on ajoute les abstentionnistes à notre nombre de voix, vous êtes minoritaires, cher ami. Il va falloir vous y faire, minoritaires ! »

« Nous l’emportons même en zone rurale. La France profonde a entendu notre message. Les français nous ont fait confiance ! »

« Ah oui ? Dans vos fiefs électoraux, vous ne progressez pas ! Nous, nous conquérons de nouveaux territoires tout en confortant nos scores dans nos circonscriptions traditionnelles. La nouvelle géographie électorale montre que nos idées se répandent, tandis que les vôtres stagnent péniblement. »

« C’est la meilleure ! Vous êtes en train de démontrer que vous avez gagné tout en étant minoritaire. »

« Evidemment ! Nous l’avons emporté ! J’ai rencontré d’immenses foules lors de ma campagne qui l’ont clairement démontré. De toute façon, minoritaires ou pas on va vous pourrir la vie. »

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