Archive pour septembre, 2016

Euh…!

10 septembre, 2016

Matthieu

Mon neveu

Vend des pneus

Depuis peu.

Avec ses yeux bleus

Il est beau comme un Dieu.

Louise lui en a fait l’aveu.

Ce n’est pas un jeu.

Elle le rejoint dès qu’elle peut.

De se réjouir, il y a lieu.

Encore une histoire de basse-cour

9 septembre, 2016

Jeanne vit dans sa bicoque

Elle ne s’occupe pas d’autrui.

Elle a une queue-de-cheval.

En mangeant une banane,

Elle joue de sa cravache.

Elle sait changer une ampoule

Et préparer des godiveaux.

Elle possède un passeport.

Mégalo

8 septembre, 2016

« Je suis mégalomane. »

« Et ça ne vous dérange pas ? »

« Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Dès que je rencontre une personne, je suis sidéré par sa petitesse, je me sens tout de suite supérieur. »

« Mais vous vous trompez peut-être sur la personne ? »

« Non, ce n’est pas possible, compte-tenu de mon intelligence, je ne peux pas me tromper. »

« Et si vous rencontrez quelqu’un d’encore plus mégalomane que vous, qu’est-ce qu’il va se passer ? »

« Rien, on ne va pas se parler, puisque – par définition – un mégalomane ne s’intéresse qu’à lui-même. Donc il ou elle va ne s’intéresser qu’à lui ou elle, et moi à moi. »

« Faites attention, on peut vous manipuler. Les petits sont parfois sournois : ils peuvent vous dire que vous êtes le plus grand, le plus fort pour vous contenter et soutirer un avantage de vous. »

« Ce serait assez déplaisant de sa part. De toute façon, c’est interdit. Les gens n’ont pas à se prononcer sur mes talents, je suis seul en mesure de les apprécier. »

« Plus personne ne va oser vous parler. »

« Je crois que ça vaut mieux pour tout le monde. Je n’aime pas donner l’impression d’écraser les autres, ça pourrait ressembler à de la bassesse. Et puis, toute conversation avec moi est vouée à l’échec puisque je suis complètement inculte. »

« Ah bon ? Vous êtes inculte ? »

« Oui, c’est logique. Réfléchissez un petit peu. Puisque je ne m’intéresse qu’à ce que je produis, je ne peux pas prendre en considération ce que font les autres et encore moins à admirer leur œuvre. »

« Essayez au moins d’aller voir une exposition de peinture. »

« J’ai essayé. A part les petits fours, il n’y avait rien de bon. J’ai proposé mes tableaux au propriétaire de la galerie, il n’en a pas voulu, ce qui prouve bien sa petitesse. »

« Vous vous rendez compte que vous êtes agaçant. »

« Oui ! Mégalomane, inculte et agaçant. Et alors ? Vous vous n’êtes pas très intéressant non plus. Est-ce que je vous en fait le reproche ? Non. Vous me direz que pour vous reprocher quelque chose, il faudrait que je me donne la peine d’examiner votre cas, ce qui n’est pas possible pour un mégalo. Ma mégalomanie a au moins un avantage, c’est que je vous fous la paix puisque nous ne jouons pas dans le même championnat. »

« C’est vrai. Je vous remercie de votre indulgence. »

« De rien, mais n’essayez pas de me comprendre. Moi-même, je n’y parviens pas. Alors, pour vous, c’est impensable. »

Revoilà le W !

7 septembre, 2016

Près de Washington

William

Qui est un wallon

Tourne un western.

Le week-end,

Il joue au whist,

En buvant du whisky

En écoutant Wagner

Sur le web

Bordel.

6 septembre, 2016

« Je suis bordélique. Pourquoi devrais-je mettre de l’ordre dans mes affaires ? »

« C’est plus simple de les retrouver. »

« Non. Il faut un container pour chaque chose. Le container pouvant être un tiroir, une boite, un classeur. La difficulté devient de se souvenir ce que contient le container et dans quel endroit on l’a rangé. »

« Il faut écrire précisément le contenu sur une étiquette collée sur le container. »

« Bon d’accord, mais après il faut avoir prévu toutes les cas de figure. Il y a toujours quelque chose qui ne rentre dans aucun container. Je suis alors obligé de constituer un container « divers » qui finit par grossir lorsque je n’ai pas le courage de chercher le bon container. »

« Le problème du ‘divers’ est effectivement le principal obstacle, mais ce n’est pas une raison pour tout laisser traîner. Quel avantage en tirez-vous ? »

« Celui de ne pas perdre de temps à ranger, ni à me demander comment je vais ranger. Et puis j’ai une parade au désordre : la technique des ‘tas’. »

« Ah bon, ça marche comment ? »

« Finalement, c’est assez proche de la technique des containers, mais sans containers. C’est basé sur le fait que l’affaire (le dossier, le vêtement ou n’importe quoi) dont vous avez besoin à un moment donné, vous l’avez le plus souvent eu en mains la veille ou quelques jours avant. La chose se trouve donc sur le dessus du monticule d’affaires le plus récent, celui sur lequel vous avez tout jeter n’importe comment, ces derniers jours. »

« Vous devez avoir constitué plusieurs tas. Comment faites-vous si vous cherchez quelque chose dans les tas anciens ? »

« Je m’énerve un peu. Mais je rends visite de temps à autre à tous mes tas pour savoir ce qu’il y a dedans. En général, étant doté d’une bonne mémoire visuelle, je sais retrouver le bon tas. Sinon, je rachète. »

« Quand même… Ce n’est pas très agréable d’aller chez vous, c’est un vrai souk ! »

« Oui, mais ce n’est pas grave : ça ne choque pas ceux qui entretiennent un autre souk chez eux. Quant aux gens qui aiment l’ordre, ils éprouvent un sentiment de domination en constatant qu’il existe encore des pauvres mecs qui ne seront jamais aussi efficaces qu’eux-mêmes. »

« Et ça ne vous fait pas honte ? »

« Non. En plus, il y a une espèce de consubstantialité entre mon enveloppe charnelle et mon monde de tas inorganisés, telle que je me sens bien et que je deviens donc efficace. Dans un monde aseptisé, je me sens complètement perdu. »

« Bon, je vous donne dix minutes pour retrouver le dossier Duglandu. »

« Tout de suite, Monsieur le Directeur. Il est sûrement dans le quatrième tas sur votre gauche. »

Tour de France

5 septembre, 2016

Hier, j’étais à Hyères.

A cette heure, dans l’Eure.

A l’Aube, j’irai dans l’Aube,

Dimanche dans la Manche.

A Agen, je serai à jeun.

A Aiguebelle, auprès de ma belle

Qui sera gironde en Gironde.

A Blois, nous irons dans les bois.

Dans l’Aveyron, nous verrons.

Dans le Doubs, ce sera doux.

Un peu de volonté, que diable !

4 septembre, 2016

 « Dans l’ensemble, je suis assez négligé. Par exemple, je laisse traîner de la vaisselle sale dans l’évier. »

« Et vous êtes en êtes content ?  Pourquoi faites-vous ça ? »

« Je ne sais pas. C’est sûrement la faute de mon inconscient qui ne peut s’empêcher d’imaginer qu’un phénomène mystérieux va se produire dans la cuisine, tel qu’un bol usagé dans l’évier se transforme en bol propre soigneusement rangé, sans la moindre intervention humaine. »

« Votre inconscient a beaucoup d’imagination. »

« Oui, il ne s’en fait pas trop. C’est comme mon aspirateur qui refuse systématiquement de se propulser sous les meubles, là où la poussière ne se voit pas. »

« En effet, c’est un coquin ! »

« Et puis, il y a ces vitres qui restent maculées, très contentes d’elles-mêmes. Tant qu’on peut voir à travers, elles ne comprennent pas pourquoi elles devraient s’auto nettoyer. »

« Je compatis. »

« Vous avez raison, voilà trois mois que ma bagnole ne va pas à la révision toute seule. Vous comprenez : il faut prendre rendez-vous, la facture va être salée, tout ça… »

« Oui, oui, je comprends, votre voiture est débordée ! »

« Absolument. Personne ne m’aide. Le plat à gratin, je ne peux plus le voir, il fait exprès de rester encrassé, mes souliers ne se cirent pas, dans la salle de bains les résidus de cheveux ne disparaissent pas. Ils pourraient tout de même se prendre en mains et s’éliminer eux-mêmes. Un vrai complot. Comment voulez-vous que je sois soigneux dans ces conditions ? »

« Bon, mais tout ça vous laisse du temps pour faire des choses intéressantes. »

« Même pas ! Tout le monde se ligue contre moi. Je m’efforce de faire du sport : foot à la télé, marche jusqu’à la boulangerie, escalier du salon à ma chambre… Eh bien, il n’y a pas moyen, mes abdominaux refusent de prendre la position tablettes de chocolat ! »

« Vous êtes sûr d’avoir de la volonté ? »

« Bien entendu ! Ce n’est de ma faute, s’il faut boire un coup avec le facteur, puis un verre en arrivant au bureau, un autre à midi, faire un crochet au bistrot pour voir les copains, prendre l’apéro, tout est fait pour que ma femme me reproche de picoler. Ce serait quand même plus facile si l’alcool ne rendait pas les gens complètement bourrés. J’ai l’air de quoi ? »

« Il parait que vous allez embaucher une femme de ménage. »

« Ah bon ? Elle ne peut pas s’embaucher toute seule ? »

C’est le cas de le dire

3 septembre, 2016

Erik

Est un black

Qui a un look

Rock.

Au ski

Et au poker

C’est un king

Mangeur de steak.

Ceci n’est pas un sketch.

A notre rayon boucherie

2 septembre, 2016

Georges est un soupirant à la noix

Qui a peur des souris

Et des araignées.

La police lui a mis la main au collet.

Elle l’a pris dans ses filets,

Alors qu’il taillait une bavette

Avec son amourette.

Elle ne s’est pas mise en travers.

Qu’est-ce qu’une horloge ?

1 septembre, 2016

« Je suis une horloge qui n’indique pas l’heure. »

« Donc, vous ne fonctionnez pas. »

« Je m’y attendais, encore un rationaliste ! Si, monsieur ! Je suis une horloge qui marche sauf que je n’indique rien. Surtout pas l’heure. »

«Vous n’indiquez même pas l’heure juste ? »

« Si, à l’heure juste, le coucou sort pour chanter. Sauf que rien ne montre l’heure pour laquelle il chante. Il faut interpréter grâce à la position du soleil, quand il brille, pour avoir une estimation approximative de l’heure qu’il est. »

« Pouvez-vous me donner votre utilité dans ces conditions ? »

« D’abord, je suis dans un monde où il n’est pas nécessaire d’être utile pour exister, ce qui doit vous changer du vôtre. Ensuite, j’ai quand même une caractéristique, celle d’égrener le temps. Mon tic-tac est de très bonne qualité. Il concrétise très bien le temps qui passe. Lorsqu’on entend le lourd ronronnement de mon balancier, on ressent charnellement son déroulement. Je m’entends très bien avec le chat de la maison qui ne s’en lasse pas. Allez donc ressentir une telle émotion avec votre montre électronique. »

« Et si je vous faisais réparer ? »

« Ce n’est pas possible, j’ai toujours été comme çà. Incapable de donner l’heure. D’ailleurs, ça ne m’intéresse pas. Mon truc, c’est de ronronner. Lorsque vous vous asseyiez au coin du feu en plein hiver votre regard est littéralement fasciné par la flamme et votre ouïe est obnubilée par le doux murmure de mon balancier. Et hop ! Vous voilà dans un autre monde ! »

« C’est donc ça votre utilité : endormir les gens pour leur faire croire qu’un autre monde existe. »

« Oui, un monde, où ils n’ont pas à s’inquiéter de leur utilité, ni de l’heure qu’il est. « 

« Je vous signale quand même qu’il est 10 heures 24. En général, c’est un renseignement qui interpelle les horloges normales. »

« Je m’en fous complètement. Je n’ai jamais compté mon temps. Vous n’en savez rien, mais l’heure donnée par les horloges que vous appelez normales, c’est une option. C’est comme l’allume-cigare dans votre voiture. C’est un petit « plus » pour épater le client. Mais toutes les horloges « normales » sont construites pour égrener le temps, non pas pour le donner. Evidemment, il y a les contrefaçons qui nous viennent d’Extrême-Orient. »

« Et alors, Qu’est-ce qu’elles ont ? »

« Comme les orientaux n’ont rien compris, leurs horloges indiquent l’heure, les minutes et même les secondes ! Vous vous rendez compte les secondes ! Mais qu’est-ce qu’on en a à faire des secondes ? »

« C’est donc pour ça qu’on achète des horloges chinoises, aujourd’hui ? »

« Les gens n’ont pas encore compris leur défaut. »

« Lequel ? »

« Elles ne ronronnent pas. Leur balancier ne fait pas ce bruit obsédant et si doux à l’ouïe. Quand vous tendez l’oreille, vous n’entendez rien. Votre pause au coin du feu ne ressemble à rien. Votre chat n’est absolument pas intéressé. Ce n’est donc pas une horloge. »

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