Conversation romaine

« Ave, belle Julia, mes esclaves ont ramassé ce beau bouquet de fleurs pour toi. »

« Tu remercieras tes esclaves, Marcus. »

« Non, ça ne se fait pas tellement chez nous…Ce ne sont que des serviteurs… Nous pourrions sortir, ce soir. Il y a de très beaux gladiateurs au cirque et quelques lions affamés de mendiants récalcitrants. En prime, quelques prisonniers seront joliment torturés. »

« Je n’aime pas beaucoup tous ces meurtres donnés en spectacle, on ne peut pas faire plus délicat ? »

« J’aime beaucoup tes idées humanistes. Je peux demander à mes esclaves d’organiser un spectacle comique. Ceux qui ne seront pas drôles seront fouettés. Ce sera du dernier drôle, nous rirons beaucoup. »

« Je me gondole déjà. »

« Je pourrais aussi exiger que mes gens préparent un festin digne d’une reine. Nous nous roulerons dans la nourriture et le vin jusqu’à l’aube avant de nous retrouver nus et complètement bourrés dans une couche commune. Il y a longtemps que je n’ai pas fait une telle orgie. Mes esclaves s’occuperont des détails bien entendu. »

« Je suis désolée, mais j’ai oublié de dire à tes esclaves que je ne couche pas le premier soir. Je ne voudrais pas les déranger pour rien. »

« Déranger des esclaves ? Je ris, belle Flavia. »

« Non, moi c’est Julia »

« Soit, mais permets moi de te dire que l’idée ne me serait jamais venu de « déranger » un esclave ! Enfin, bref… Nous pourrions peut-être nous promener la main dans la main le long du fleuve à la clarté de la lune. Mes domestiques nous ramèneront en char. J’ai fait attelé une paire de bœufs. »

« Je suppose que ce sera l’orgie en rentrant ? »

« Comme tu es impatiente, belle Lucia. Non, j’ai beaucoup mieux. Nous pourrions aller aux thermes. La chaleur enveloppera nos corps nus, excitant nos sens enflammés, puis mes esclaves nous masseront à l’aide d’huiles rares et nous parfumeront d’essences voluptueuses, enfin lorsque nous n’en pourrons plus de désir inassouvi, nous connaitrons le pays des mille merveilles jusqu’au matin. A l’aube, le chant du coq te surprendra dans mes bras, abandonnée, repue de tant d’amour. »

« C’est complètement ringard, ton truc, mon pauvre Marcus. »

« Alors, on fait quoi ? J’en ai marre de me casser pour trouver quelque chose. Ne serais-tu pas un peu capricieuse, belle Augusta ? Ta coquetterie n’est-elle pas destinée à me faire attendre plus longtemps ton corps pulpeux ? Ne sois pas si cruelle belle Agrippa ! Commande et mes esclaves obéiront ! »

« Eh bien, justement Marcus, comment s’appelle ce bel esclave égyptien, là-bas ? »

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