Un agent très spécial

« Monsieur, vous êtes un félon ! Vous vous êtes mis au service de mon adversaire. »

« C’est-à-dire que vous êtes en mauvaise posture. Je préfère tout de même être du côté du vainqueur. C’est plus confortable. »

« Vous avez mis votre épée à son service, c’est de la traitrise. »

« Mon épée, c’est un grand mot. J’ai horreur de la violence. Je préfère lui dispenser des conseils avisés sur votre système de défense. »

« C’est bien ce que je disais : un traître. Le bourreau va avoir du boulot. Je vais être obligé de vous supplicier. »

« Non. »

« Comment ça non ? « 

« Non, parce que je peux vous livrer des informations sur le système de défense de votre ennemi. Quand on est traite, le danger c’est de l’être à moitié. Si on trahit les deux camps, on ne risque rien. »

« Et vous êtes content de vous ? »

« Pas spécialement. Mais lorsqu’on n’est pas très courageux, on essaie de s’en tirer comme on peut par ces temps de guerre. »

« Et qu’est-ce qui me dit que vous trahissez mon adversaire correctement ? Peut-être allez-vous me fournir des informations complètement fausses sur son armée. »

« Mais peut-être que je lui ai donné des renseignements erronés sur votre potentiel et votre stratégie. L’intérêt d’être un double traitre, c’est que vous êtes obligé de me croire sur parole. »

« Bon. J’ai une idée : le triple traitre. Vous allez lui dire, comme à moi, que vous m’avez fait croire que vous êtes un double traitre pour avoir la vie sauve. Ensuite, vous lui direz que c’est faux et que vous n’êtes qu’un simple traitre qui agit en sa faveur. Et là, vous lui fourguer des informations erronées que je vous aurais donné en échange sur d’infos sur la situation de son armée. »

« C’est compliqué, mais ça se tient. Mais qu’est-ce qui me dit que vous n’allez pas m’intoxiquer avec de faux renseignements de façon à tromper votre adversaire auquel cas vous me mettez dans une situation difficile. Vous avez pensé au danger que vous me faites courir ? »

« Vous ne voulez pas que je vous plaigne. La vie de traitre est une existence de danger permanent. Je ne vais pas employer un traitre pour qu’il glande tranquillement dans son coin. »

« Bon résumons-nous. Je vous ai fait croire que je suis un double traitre et que vous avez besoin de moi. Mais en fait, je vous trahis, c’est-à-dire que je trahis trois fois. Et pourquoi pas une quatrième, pendant qu’on y est ? »

« Garde ! Allez me chercher le bourreau ! »

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