Archive pour le 12 juillet, 2016

J’ai dit une bétise ?

12 juillet, 2016

« Parfois, je dis des choses sans réfléchir. »

« Ce n’est pas grave, ça arrive à tout le monde. »

« Oui, mais quand je sors une ânerie, les gens me prennent pout un idiot. »

« Ce n’est pas sûr. Il faut encore que les gens aient conscience que vous avez dit une ânerie. En fait, c’est un bon moyen pour savoir si vous avez affaire à un idiot ou un hypocrite »

« Quelle différence ? »

« L’idiot, c’est celui qui n’a pas compris que vous venez de dire une ânerie et qui vous répondra par une autre ânerie. L’hypocrite, c’est celui qui a très bien compris que vous venez de sortir une ânerie et qui va se débrouiller pour vous dire que votre remarque est très intelligente. »

« J’aime bien l’idiot parce que je suis sûr d’être à son niveau. Mais j’aime bien aussi l’hypocrite, parce que s’il me flatte, c’est qu’il a quelque chose à me demander. »

« Ou bien, il se fiche de votre figure. »

« Remarquez, il y a parfois de quoi. Mes remarques à l’emporte-pièce ne sont pas toujours fameuses. Ceci dit, parfois je sors des choses très pertinentes sans réfléchir. »

« Et alors ? »

« Les gens ont l’air surpris. Moi aussi. Mais après je réfléchis et je comprends que ma remarque était intéressante. Le mieux, c’est tout de même de prendre le temps de réfléchir à ce qu’on dit. »

« Ce n’est pas sûr. Sortir une imbécillité après avoir réfléchi, c’est plus grave qu’une ânerie émise spontanément. »

« Bon, alors, je fais comment ? Je réfléchis à ce que je dis ou pas ? »

« Le mieux, c’est d’abord d’écouter les remarques des autres. Si elles sont complètement idiotes, lâchez-vous. Vous ne pourrez pas faire pire. Si elles sont de haut niveau, il faut bucher préalablement le sujet. A défaut vous pouvez aussi lâcher une bêtise, pour jouer à l’iconoclaste, c’est-à-dire à celui qui sait ramener sur terre de conversations trop abstraites. »

« Et comme ça, vous êtes sûr que personne ne me prendra pour un crétin ? »

« Non, je suis sûr de rien. Il faut tenir compte de l’existence de gangsters intellectuels qui vous font croire que vous êtes un être très fin, alors que vous sortez des imbécillités, ou alors qui vous prennent pour un idiot, même si vous émettez des avis très documentés. »

« Il devrait y avoir une police de la conversation. »

« Il n’y a pas, c’est-à-vous de savoir à qui vous avez à faire. »

« Oui, mais c’est compliqué. Je n’aime pas avoir une bonne opinion de quelqu’un qui a mauvaise opinion de moi parce qu’il se trompe sûrement. Je n’aime pas non plus avoir mauvaise opinion de quelqu’un qui a bonne opinion de moi, j’ai l’impression qu’il se fiche de moi. »