Archive pour février, 2016

C’est l’heure !

19 février, 2016

Remettons les pendules à l’heure.

Il vit dans le Midi.

Il n’en est pas encore à sa dernière heure.

Il n’a pas bu le bouillon de onze heures.

Il ne cherche pas midi à quatorze heures

Et connait encore de petits cinq à sept.

Chaque jour, il déguste son quatre heures

Et prend parfois un bain de minuit.

Comment ça va ?

18 février, 2016

« Vous avez vu : cette semaine tout va bien ! »

« Incroyable ! »

« Si. Aucun homme politique n’a dit que les français doivent faire un effort aujourd’hui pour bénéficier de lendemains qui chantent. »

« Oui, en même temps, le gens ont tellement bien intégré le fait de faire des efforts que ce n’est plus la peine de leur dire. »

« Tous les SDF sont relogés. Vous n’allez pas me dire que c’est une mauvaise nouvelle ! »

« Relogés temporairement. Ce qui leur permet de goûter le confort d’un toit et d’être encore plus amers lorsqu’ils en sortiront. »

« Oui, un mois à l’abri c’est toujours ça… Et puis on a un français en huitième de finale de Rolland-Garros… »

« Les Suisses, les Espagnols, les Anglais en ont trois ou quatre…. Pendant que vous y êtes, vous devriez chanter victoire puisqu’il y a un français dans les quinze premiers du Tour de France ! »

« Le chômage augmente moins que l’année dernière… »

« Oui, mais il n’y a pas de quoi se taper sur les cuisses : il augmente tout de même. »

« Hier soir, j’ai vu un film original à la télé ! »

« Ah bon ? Il existe donc un film qu’ils ont oublié de se refiler d’une chaine à l’autre ? »

« Ce matin, le paquet de café n’était pas vide quand j’ai voulu le préparer pour ma petite famille… »

« C’est pas grave. Encore deux ou trois jours comme ça, et vous allez sûrement oublier d’en racheter. Vous venez de repousser une crise conjugale. Bravo ! »

« Mon patron m’a félicité pour mon exposé d’hier. »

« Il a besoin de vous pour une mission emmerdante. Vous venez de parfaitement vous positionner ! Félicitations ! »

« Voilà déjà trois jours que je n’ai pas été au collège pour me faire engueuler par la directrice à cause des frasques du môme. »

« Etes-vous bien sûr que votre gamin y va –lui – au collège ? »

« J’ai trouvé mes pantoufles facilement en me levant. Je n’ai pas eu besoin de les chercher à tâtons en me cognant dans tous les meubles. »

« Les cacher ne doit plus beaucoup amuser votre chien. »

« A part ça, vous ça va ? »

« Vous voulez rire ! »

Histoire internationale

17 février, 2016

En conduisant sa grosse allemande

Il écoute la Rapsodie Hongroise.

Il n’a pas les portugaises ensablées.

Sa femme, une petite espagnolette

Porte une grosse canadienne

Et un bonnet d’où émergent ses anglaises.

Elle mange un pain russe.

Bientôt, ils dineront d’une omelette norvégienne.

Une page de pub

16 février, 2016

« Moi, j’aime bien la publicité à la télé. Par exemple quand la ménagère, tout sourire sert un plat de lasagne surgelé au cheval. La famille est ivre de joie ;  elle se régale au goût du plat suffisamment salé pour masquer le reste. »

« C’est intéressant. Moi, j’aime bien quand l’opérateur téléphonique vous promet un forfait à un prix défiant toute concurrence pour appeler les jours pairs des années bissextiles, quand il ne pleut pas et quand votre interlocuteur réside dans le même canton que vous. »

« Et quand le savon Machin, met en scène une jolie femme complètement nue que j’ai envie de suivre dans son bain ? Qu’est-ce que vous en pensez ? »

« Euh, c’est un peu sexiste ! Moi, je préfère quand un jeune homme vante les lames de rasoir truc. On ne comprend pas bien pourquoi il est super-baraqué et encore moins la raison pour laquelle il a des abdos en béton, style ‘tablette de chocolat’, mais enfin ça donne tout de suite envie de se raser. »

« Vous avez aussi la bagnole qui fonce sur des routes de montagnes sinueuses avec souplesse. C’est pas comme quand je pars dans les Alpes, il y a toujours de la neige, je n’arrive pas à monter mes chaines, c’est toujours le bazar… mais pas dans la pub ! Il y a donc un autre monde où vous n’avez jamais d’ennuis avec votre bagnole. »

« Vous avez raison. C’est le monde dans lequel le conducteur trouve toujours une place vide devant l’immeuble où il doit se rendre au lieu de tourner trois quart d’heures comme un imbécile pour pouvoir se garer. »

« Et la pub pour la Compagnie aérienne Bidule ? A l’aéroport, c’est le même monde idéal. Il n’y a absolument pas la queue à l’enregistrement. Tout le personnel sourit. Dans l’avion, vous avez de la place. Votre voisin ne s’effondre pas sur vous. Et en plus, il est de charmante compagnie. »

« Ça me rappelle la pub pour le site de rencontres XXX. C’est le seule site où tous les gens sont beaux. On ne tombe jamais sur un thon à forts problèmes existentiels. »

« C’est vrai. Dans ce monde idéal, tout le monde est content, même lorsqu’il s’agit d’aller signer une convention pour ses propres obsèques. Là, c’est quasiment du délire. »

« Bon ! Et le shampoing, démêlant, épaississant, colorant, qui met de la lumière et de la souplesse dans votre élégante chevelure, vous l’avez déjà vu en magasin ? »

« Non, je n’arrive pas à le trouver, mais s’il en parle à la télé, c’est bien que ça doit être vrai. Comme le dentifrice qui combat les caries, tout  en réglant son compte à la plaque dentaire et en renforçant les gencives, sans oublier de vous faire les dents blanches ! »

« Et le chocolat qui fait pas grossir ? »

« Et le yaourt avec des vrais morceaux de fruits ? »

« Et l’eau minérale qui vous donne un physique de champion du monde. »

« Bon…Il faudrait qu’il fasse aussi de la pub pour des trucs qu’on peut acheter avec nos salaires de tarés. »

Nos mauvais poèmes

15 février, 2016

A Paladru

Ma bru

Cette espèce de grue

Qui est à la rue,

A rencontré un malotru

Ventru

Qui mange chez Lustucru.

Il s’est comporté de manière incongrue

Sous une pluie qui tombait drue.

Tout le monde a le droit de laisser une trace dans l’Histoire

14 février, 2016

« Il y a des jours où je ne sais pas quoi dire. »

« Ce n’est peut-être pas nécessaire de dire quelque chose. »

« En fait, j’ai toujours l’impression d’avoir quelque chose à dire, mais je ne trouve pas toujours le sujet qui me tarabuste, ni les mots pour le raconter. »

« Vous le trouverez un autre jour. »

« Peut-être, mais je crains que ce soit trop tard. Et puis je ne voudrais pas disparaitre avant d’avoir dit tout ce que j’ai à dire dans ce monde. »

« Vous avez encore de la marge. »

« Euh… on ne sait pas. Il faudrait que vous vous souveniez de tout ce que j’ai dit pour le répéter en cas de malheur. »

« C’est-à-dire que tout n’est pas intéressant. »

«C’est certain, mais même quand c’est idiot, comme c’est souvent le cas, c’est l’expression de ma liberté individuelle. Personne n’est intelligent vingt-quatre heures sur vingt-quatre. On a tous un coefficient d’imbécillité. »

« C’est vrai. »

« C’est pourquoi j’aimerais qu’il reste une trace de moi-même, même et surtout quand j’ai été complètement nul. Finalement, c’est ce qu’il y a de plus intéressant chez un homme, ça peut servir de leçon aux autres. »

« Il faudrait donc que je m’applique à être médiocre. Comment fait-on ? »

« Vous, ça va être difficile, on voit que vous réfléchissez avant de parler. C’est très déstabilisant pour tous ceux qui disent n’importe quoi. »

« J’en suis navré. »

« Votre coefficient d’ânerie est très bas, mais celui de votre prétention remonte le niveau. Rien n’est perdu.  Moi, je voudrais rester dans l’histoire comme un homme intellectuellement médiocre qui parlerait de tout sans rien connaitre, mais qui ne prétendait à rien. »

« C’est très sage, il n’y a pas beaucoup de concurrence. Je vais essayer de noter tout ce que vous dites pour que rien ne se perde. »

« Notez surtout les nombreux lieux communs que j’utilise, les expressions qui tombent mal à propos, le vocabulaire que j’emploi sans maîtrise… Il ne faudrait pas que quelqu’un s’avise de me trouver un quelconque intérêt. »

« A priori ça ne risque pas. »

« Vous voyez qu’il faudrait absolument  que je dise quelque chose aujourd’hui pour être sûr que je suis toujours en dessous de tout. »

« Pas de problème, c’est fait. Je témoignerai. »

Un casseur

13 février, 2016

Jules me casse les pieds

Et les oreilles.

Pourtant, il ne casse rien.

Il casse du sucre sur le dos des autres,

Qui lui cassent la figure parfois.

Il ne pense qu’à casser la croûte.

C’est un vrai casse-tête.

Vivement qu’il casse sa pipe.

Nos mauvais poèmes

12 février, 2016

Bérangère

N’est pas une mégère

Ni une étrangère.

C’est une bonne ménagère.

C’est aussi ma boulangère.

Son magasin, elle gère.

Ses miches sont légères,

Je les digère.

L’obsédé de l’ascenseur

11 février, 2016

« J’aime bien monter dans l’ascenseur avec les autres. »

« Ah bon ? Pourquoi ? »                             

« C’est le seul moment où on est collé. C’est la loterie. On peut être près de quelqu’un qu’on n’aime pas, ou alors d’une belle femme qui sent bon. »

« Quand vous n’aimez pas votre voisin, c’est très gênant. »

« Pour lui aussi, je lui lance un faisceau d’ondes négatives pour lui faire bien sentir ma détestation. Il ne peut éviter les foudres de mon regard. »

« En général, il regarde le bout de ses chaussures. »

« C’est encore pire : il baisse les yeux, accablé par le poids de mes reproches implicites. D’ailleurs, la plupart du temps, il ne monte pas dans le même ascenseur que moi, certain du châtiment bien mérité qu’il va recevoir. »

« Si tout le monde le déteste, il fait comment ? »

« Il prend l’escalier sous le fallacieux prétexte de faire du sport, mais ça ne trompe personne. »

« Et quand vous êtes à côté d’une belle femme. »

« Je ne la colle pas bien entendu. Et je me débrouille pour qu’elle comprenne que je fais des efforts pour ne pas coller, de façon à ce qu’elle sache que je suis un vrai gentleman. »

« Et elle ? »

« Elle fait celle qui fait semblant de ne pas avoir remarqué qu’elle est matée de toutes parts. Le mieux pour elle, c’est de consulter son téléphone. Elle a sûrement plein de sms qui l’attendent. »

« C’est frustrant. »

« Oui, mais c’est mieux que rien. Je peux m’enivrer de son parfum pendant une minute trente. Humer, ça ne la dérange pas, puisque si on vous hume vous ne pouvez pas le remarquer. »

« Vous ne la frôlez pas un peu ? »

« Si, si j’ai la chance de descendre avant elle, je fais semblant d’être un peu maladroit et de la bousculer légèrement de l’épaule. Pendant une fraction de seconde, je rêve de moments délicieux. »

« Vous êtes un obsédé de l’ascenseur ! »

« C’est un moment de vérité humaine. Etre une demi-douzaine d’êtres humains, debout dans six mètres carrés, sans qu’il ne se passe rien, ce n’est pas possible. »

« On peut toujours se dire bonjour et parler du temps. »

« Pff.. ce n’est pas très intéressant de monter avec vous, allez ! Je prends l’escalier ! »

Idées

10 février, 2016

Aux ides de mars

Un caïd,

Bel hidalgo,

Nommé Rachid,

A eu l’idée

D’offrir une orchidée,

A sa belle au visage ovoïde

Qui n’était pas hideux.

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